(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Un scandale français [microforme] : la vérité concernant l'affaire Hébert"

CIHM 
Microfiche 
Séries 
(l\/lonographs) 



ICI\1H 

Collection de 
microfiches 
(monographies) 




Canadisn Institut* for Historical Microraproduction» / Ins.'tut canadian da microraproducticns historiquas 






Technical and Bibliographie Notes / Notes technique et bibliographiques 



The Institute has attempted to obtain the best original 
copy available (or filming. Fealures of this copy which 
may be bibllographically unique, which may aller any of 
the images in the reproduction, or which may 
significantly change the usual nnethod of filming are 
checked below. 



D 

D 

D 

D 
D 
D 

D 

D 

D 

D 

D 



Coloured covers / 
Couverture de couleur 

Covers damaged/ 
Couverture endommagée 

Covers restored and/or laminated / 
Couverture restaurée et/ou pellicutée 

Cover title missing / Le titre de couverture manque 

Coloured maps / Cartes géographiques en couleur 

Coloured ink (i.e. other than blue or black) / 
Encre de couleur (i.e. autre que bleue ou noire) 

Coloured plates and/or illustrations / 
Planches et/ou illustrations en couleur 

Bound with other material / 
Relié avec d'autres documents 

Only édition available / 
Seule édition disponible 

Tight binding may cause shadows or distortion 
along interior margin / La reliure serrée peut 
causer de l'ombre ou de la distorsion le long de 
la marge Intérieure. 

Blank leaves added during rer*.orattons may appear 
wlthin the text. Whenever possible, thèse hâve 
been omitted from filming / Il se peut que certaines 
pages blanches ajoutées lors d'une restauration 
apparaissent dans le texte, mais, kxsque cela était 
possible, ces pages n'ont pas été filmées. 



L'Institut a microfilmé te meilleur examplaire qu'il lui a 
été possible de se procurer. Les détails de cet exem- 
plaire qui sont peut-être uniques du po.nt de vue bibli- 
ographique, qui peuvent modifier une image reproduite, 
ou qui peuvent exiger une modifications dans la méth- 
ode nomiale de filmage sont Indiqués ci-dessous. 

I I Coteured pages / Pages de couleur 

I I Pages damaged / Pages endommagées 

I I Pages restored and/or laminated / 
' — ' Pages restaurées et/ou pelliculées 



Q 

D 

E 

D 

D 



D 



Pages discoloured, stained or foxed / 
Pages décolorées, tachetées ou piquées 

Pages detached / Pages détachées 

Showthrough / Transparence 

Qualiry of print varies / 
Qu^ité inégale de l'impression 

Inctudcs su|:^mentary material / 
Comprend du matériel supplémentaire 

Pages wholly or partially obscured by errata 
slips, tlssues, etc., hâve been refilmed to 
ensure the best possible image / Les pages 
totalement ou partiellement obscurcies par un 
feuillet d'errata, une pelure, etc., ont été filmées 
à nouveau de façon à obtenir la meilleure 
image possible. 

Opposing pages with varying colouration or 
discolou rations are filmed twice to ensure the 
best possible image / Les pages s'opposant 
ayant des colorations variat>les ou des décol- 
orations sont filmées deux fois afin d'obtenir la 
meilleur Image possible. 



D 



Addrtional comments / 
Ccmimentaires st^splémentaires: 



This ittm n film«d at tlic réduction ratio checkMl below/ 
Ce document e«t filmé au taux de réduction irtdiqué ci-dessoi' 
ICX 14X 18X 



y 



20X 



Th« eopv filmad hara hu bcan raproducad thanki 
to tha ganaroiity of : 

National Library of Canada 



L'axamplaira film4 fut raproduit grica à la 
généralité da: 

Bibliothèque nationale du Canada 



Tha imaga* appaaring hara ara tha baat quality 
poasibla conaidaring tha condition and lagibility 
of tha original copy and in kaaping with tha 
fllming eontract (pacificationa. 



Original copiaa in printad papor covara ara fllmad 
baginning with tha front eovar and anding on 
tha iaat paga with a printad or illuatratad impraa- 
(ion, or tha back eovar whan appropriata. AH 
othar original copiaa ara filmad baginning on tha 
firtt paga with a printad or illuatratad impraa- 
sion, and anding on tha Iaat paga with a printad 
or illuatratad impraaaion. 



Tha Iaat racordad frama on aach microficha 
ihall contain tha aymboi -^ Imaaning "CON- 
TINUEO"), or tha lymbol V (maaning "END"), 
whichavar appliaa. 

Mapa, plataa, charu. atc, may ba filinad at 
diffarant raduction ratioa. Thoaa too larga to ba 
antiraly includad in ona axpoaura ara filmad 
baginning in tha uppar lafl hand cornar, laft to 
right and top to bottom, aa many framaa aa 
raquirad. Tha following diagrama illuatrata tha 
mathod: 



Laa imagaa luivantat ont été raproduitai avac la 
plua grand soin, compta tanu da la condition at 
da la nattaté da l'axamplaira filmé, at an 
conformité avac laa conditiona du contrat da 
filmaga. 

Laa aaamplairaa originaux dont la couvartura an 
papiar aat impriméa aont filméi an commançani 
par la pramiar plat at an tarminant aoit par la 
darniéra paga qui comporta una amprainta 
d'impraaaion ou d'illuatration, loit par la lacond 
plat, aalon la caa. Toua laa autrai axamplairas 
originaux aont filméa an commançant par la 
pramiéra paga qui comporta una amprainta 
d'impraaaion ou d'illuatration at »n tarminant par 
la darniéra paga qui comporta una taila 
amprainta. 

Un daa aymbolaa suivanta apparaîtra sur la 
darniéra imaga da chaqua microficha, talon la 
caa. la symbola ^» aignifia "A SUIVRE", la 
aymbola ▼ aignifia "FIN". 

Laa cartaa. planchaa. tablaaux. atc. pauvant être 
filméa é daa taux da réduction différents. 
Lorsque la document aat trop grand pour être 
reproduit an un aaul cliché, il eat filmé é partir 
da l'angle aupériaur gauche, de gauche é droite. 
et de haut an baa, an prenant le nombre 
d'imagea nécaaaaira. Lea diagrammes suivents 
illustrent la méthode. 



1 


2 


3 




1 


2 


3 


4 


5 


6 



Miaiocon nsoiuTioN im chmt 

lANSI ond ISO TEST CHART No. 2) 




|2J 



12.2 



^ m 



II 



1.8 



l^li^l 



1.6 



^ APPLIED IM/IGE In, 



7t6) *B2 - 0300 - 



UN SCANDALE FRANÇAIS 



UN SCANDALE FRANÇAIS 

LA VERITE CONCERNANT LAFFAIRE HEBERT 



PAR 

P. Z. HEBERT, M. D. 



Toi» dtoilt Téatnét. 



M. A. LEGAULT 

21 rue Notre Dame de Lourciei 
MONTREAL. 
1911 



Knri'Bisln'. cinf,,!-, 
"Klil 'lu i:aiia,l;i. r,i 
f Z. Il.'liori, an III 



''■■l"';ill a la l„i ,l„ |,;,r|,,. 
" .'" I I--M .,,1,.'. ,,a, 



( 



V li K F A C K 



L''»ffaiTe extraordinaire dont on trouvera dans le« pages qui sui- 
vent un iiécit fidèle et simple est encore plus ou inoiM prtente à la 
mémoire des lecteurs français. Les roraaiciera de nos jours ont sou- 
vent décrit le danger auquel le médecin est exposé à être impliqué 
dans des affaire» criminellet, ainsi que l'élément surprenant d'aTentu- 
iç qui peut à tout moment tro 1er le calme de sa vie professionnelle. 
Cependant il eet permis de douter s: le romancier a janiaiii conçu une 
situation plus romantique que celle dans ' uelle l'auteur de ce récit 
fut placé il y a quelques années. Attir. .ar de» escrocs experts et 
«rtiatiques, dans une entreprise qui présentait tous les aspects d'une 
affaire honnête, il se trouva soudain en butte aux coups de r;ïolvcr 
d'un assassin, mais tout grave que fut cette épreuve, ce ne fut cepen- 
dant que le commencement d'une série daventures non moins inté- 
ressantes au lecteur que pénibles à la victime. 

L'administration de la justice en France est notoirement défec- 
tueuse, mais, considérant que la fameuse affaire Dreyfu* fut essen- 
tiellement un cas de justice nùlitaire, on peut douter qu'elle ait jamais 
été exposée si déplorablement que dans ce bref recit de l'expérience 
personnelle que j'en ai eue. 

Quoique c sjà plusieurs années se soient écoulées depuis qu- je fus 
victime de ceite lâche tentative de meurtre, à Bois-le-Roi, en France 
et aussi des conséquences étranges qu; en résultèrent, n'ai encore' 
jusqu ICI, fait aucun récit des faite, qui ont ét^ dénaturée par tant de 
«rsions différentes de cette affaire, pari^ci dans la presse. Le long 
litige dans lequel j'ai fté engagé, depuis, ea Angleterre, au sujet de 
cetteaJfaire, m'a empêché de le faire plus tôt, ayant eu à considérer 
la néoessité de m adresser i plusieurs fonctionnain's de la Cour et 
«ailleurs en France, pour obtenir les documents nécessaires et autres 
|.reuves concernant cette affaire, qui m'étaient iudi .pensables pour le 
succès de ce litige, et que je ne pouvais espérer ot.tenir sans le bon 
vouloir de la plupart de ces fonctionnaires. On nourrait objecter 



" l'UEfAVS 

que l'uff.ire que je iiK liropow <k. «coiiIlt « iiiaiiiUium IhmJii -on 
intérêi pour le public, à «ium <1u t«nip. <tui «'«i «oulé depui. ,|u.- le. 
Kèn,-nwuu ont eu lieu, et lo trop grand nonilire .le rréit» .|ui tn ont 
.l«ji *ti fait» «u public dan» la prosuc; niai» je me pr..iK«e de racon- 
ter <ie» fait* d'une iinpiirtanoo ineontwlablc. in^lit», et <|ue le» tonc- 
tmnnaire» a<linini«trali(. engajtiw dam la comluiu. de .nu. affaire 
"Ut tout intérî.t A laiaeer <lan« l'oubli. Ce qui a jMru «Uns la pr.*i!'j 
•ou» legide de m fonctionnairt» est une ïeraion lombinée de fat'on 
à <«cher «rapuleusenient 1™ erreur» et irréitularitéa de l'adminiatra- 
t ion et (le le» attribuer A n'importe qui nu delior», et, autant .nic 
l«»«.ble, a la vicliiMc de c* erreur» et de «•« irrégularité*. C" nue je 
me |,ro,m„. de fairi" <lan> le» chapitre, qui suivent e«t d'eiposer le» 
priKid* intérieur, do l'adn.iniatration ; de divulguer l« vérité» qu'on 
. efforce de tenir, ecréte»; de mettre »ou» le. veu, du public le» bévu. 
<U, ..ertain» onctioniiaire» et d'indiquer ta méthode qu'il» ont adopté» 
pour «.1er leur incompétence; et j'entrepr,..id» cette tâche avec ta 
profonde com-iction que le «ujct offre plu» <l'intérêt et d'importance 

."éjà"'"!' "* '"'"'"' '"^"""' ''"" ''""" '°"' "■ '•'"' '" P""^ » 

„„r„!!'J'!?;™"' ''? a"irmaiioD8 que je devrai faire dan» cet e.po»é 
paraitr-mt «an» doute, au.,i mvrai.erablable» que le parurent, à une 
cer aine «,»,,ue, nie» dénégation», au sujet de» publication, ditfa- 
malo.r,.» ,p,i parurent dan» la pre»»e contre moi, et m« plainte- con- 
cernan le.» erreur» du rré,Iit L.vonnai» ; maU j'opère pcuvoiT montrer 
.n tciii,,, op|K,r un I exactitude et la v^éracité de ce que j'affirmerai 
-an. <.t e»»a,, d'une manière au«i claire. .u«»i convaincinte me"è 
ont le. nombreuae» victoire» légale» par moi rempotHée.. qui démon- 
trent, mamtenant, combien j'avai» mi»on dan, îne» dénLtionTêt 
me. plainte», au »ujet de «■» diffamations et de ce» erreura 

I)e même que le Crédit Lyonnais - dan, le» poursuite» que j'ai 

L' 3 H 1 'T-."r' "" *f* -I«°«abilité de »; part, pu" 

cposut phi» tani .,0 ■„.„» sterling au tribunal comme cora^eLa 

tion toujours c, r..f„»„nt dans sa défense, d'admettre »a Tnon 

sab, ite; ensuite admettant «,„ erreur, mai» no,, «a ~abi1^é et 

ça,*» intéressées que j attaque k,,, me combattront ,K,i„t par point 



j 



l'iiKf.u h: 



vii 



lu ,„..,„„ .m.rK,o. JUu, „,„i,„..,u,n<, j-„i ^,„„„. ,„ ,,„,;, ',,, ,'ti^ 
ontendr,., ,lro„ ,|„i. ju«,„-i..i ,„•„ M ,l,„i.. .1. I,.„r r ra Z> r 

«u.„„..U ,.|i« auront ra.„ur«; j,. ,l«„il,.rai .,„„.- I,, m ,« „„v. H 
■•mplouTon, ;v.,».r.. .„,<, ,„,. l«.,c.urH „r,,l„i. h fn,,,,,,, ,.,1,1 " 

_ tViM'miant il existe. j-,„ ,ui» ooiivuImu. Miul^rré tout r^ -,u« 
Fmn™ u„ sr«n,l nombre .le ,,er.onn« ,|ui n,o <ompr..n,l«,nt et au^ 

Du rf»t.., je no <Iv.i» rien à ji^rsonne ,|„e la v.'.riiC-; j.. ne «lemande- 
«la. moia je n aj kwiin de In iiitié de in.psnnnc 

Mon d,.voir est ,1e ^présenter le» fait. «„ l,v„.„r, ,,ui .^ra le juie 
du n,er.te <1,. nu. eau». .« ,„„! ce ,p,e je den.an.l,. eV. ,,'. UZ 
me poit rendue. ' ju»ii<e 



Les photosraphles de r.e,bron pl .1,. Pe,„pi ,„. ,, .„„...-..... j 



TABLE DES MAÏIEKES 



Préface 

i Prologue (citation de Shakespeare). .' . ' ' ' 

s I. Court exfosi de mes relatiom avec le couple Cesbron-Pesnel 

L affaire d exportation de lait 

Antécédents de Pesncl ••..'..'' 

Antécédents du C'esbron ....'' 

i Ij'autour 

! lie projet matrimonial .... 

I -Ma première visite à Versailles . . . . ' 

; -Ma seconde visite à Versailles ..'.'..' 

IVriiuiaition iwlicière ■ . . . 

n. tiois-k-RoL Tcnlative de meurtre sur ma personne. 

W-.l riiôpilal Lariboisière 

Ifcnsonses et diffamations dans la presse 
-Mon séjour à l'hôpital .... 
Ma dette de reconnaissance envers le i)ersonnel du service 
de I Hôpital 

IV. Transféré à Versailles 



V-.n prison 

Fuite, arrestation et contradictions de 'la femnie p'esnel' 

-Ma première confrontation avec la femme l'esnel 

M. -Mangin Rocquet et la ;,lainte \\\m\ 

Ln ma.ïistrat (|ui ne dit pas la vérité 

Uttre de Mr. Wood. . . • ■ . . 

i f^'f'". ''"'""•!■■ "' '"■"t»'» 'iont je fus traité 'en prison .' 
I Ijettro a Manpn Bocquet 

I Xoiivellcs confrontations avec la femn'ie Pesnel 

\ Autre demande de mise en liberté, et ,|uestion de désintél 

J resser T,alère et Sudre .... 

I Barbarie de civilisés 

I Oalerie féroce .... 

I V. Les témoins 

I Opinion de M. Mangin Bocquet sur la bonne foi des té- 

I moins français .... 

I Témoignage de Lalère ••...' 



XIV 

1 
1 

4 



13 
13 

n 



;ii 



34 



34 
3.5 
37 
37 
38 
40 
40 
41 
41 

43 
44 
44 

47 
47 



TAULE Vli!< MATIEIIEH 



Témoignage de Brune 
Mon témoignage 



On m'impose de déclare- que' jai'ét.'. imprudent 
tnti<,ue des témoignages de Lalère et de Brunet 
.le demande qu'on nje renvoie à Urilmisière 



lettre à Mangin Bocquet 

Kffet de ma demande 

Attitude du juge d'instruetion'en face des témoignage- 

lalere et de Brunet ... * * 

ïérjioignage de Sudre 
<,)uelques.unes de mes misères 
Le eas contre Dr. Hainer 
-Mon clièque de 8,(1(10 frs refusé 



VI. A'( 



^oupçoniié d'être fou 

On retrouve l'argent 

Fou quand même ... 

E.xamen de mon état mental 

Première visite du médecin aliéiiiste 

I-etlre au Consul liritannique 

I)i-u.xième et troisième visites du médecin ali, 

lA Stupidité des étrangers à Paris 

I*ttre à Mangin Bocquet . 



leniste 



VII. Autres accusations. 



t anada en France, 



On m'accuse de meurtre, et ion refuse mon élargissement 
'Demandez, et vous recevrez." . ë^'^eiocni. 

Ix?ttrc il l'Ambassacfeur Britannique, 
lettre du Consul Britannique 
Lettre de l'Amba-ssadeur Britnnni(]uc 
Uttrc du Commissaire (ién.'ral du ( 

Mangin Bocquet . 
I-ettre ù Me Allain '''■■■ 

Conclusions de Me A. Salmon,' qui'demande mon élargi. 

Amené devant le Procureur'de la République ' ' 
Accusation d'esf nnage 

Me F.' Allain.'"-. ''''."'™ '''t"'"" ''" '* c;édit'Lyonnai 
Ix-s prétendaes preuves de mon espionnage 
VIII. Les derniers moments de ma détention. 
T*tlre à M. Clemenceau, Président du Conseil 



PAOB 

50 
51 
53 
55 

58 
59 
00 

60 
«3 
64 
66 
67 



70 
71 

73 
73 
74 
75 
77 
77 



79 
79 
«3 
83 
83 

84 
85 

85 
86 
87 
88 
90 
90 

91 

91 



50 
SI 
53 
56 

38 
59 
00 

60 
(i-i 
64 
66 
67 



70 
71 
73 
73 
74 
73 
77 
77 



TABLf; DEH ilAlIEHIiS li 

CHAP. PAUE 

"Les Persécutés" (Manie) 93 

La manie des Persécuteurs 95 

Autres conclusions deniamlant ma mise en liljerté . . 96 

nencontre de Me A. Salmon et de Me F. Allain . 97 

Kecherches au sujet de Tespionna^je. ... , , 97 

Un méiiccin spécialiste appelé pour me voir . . : 98 

Elargi 99 

IX. Libre emorr une fois. . . 100 

Lettre de Me Salmon. au sujet du Crédit LyonnaLs . . 100 

Correspondance subséquente avec Me Allain . . 101 

.\nnonep de mon renvoi au tribunal correctionnel . . 104 

Ordonnance de non-lieu 107 

M. ^^angin Boeqnet publie l'ordonnance de non-lieu dans 

le Journal 108 

X. Affaire d'escroquerie contre la femme Pesnel . . . 110 

Remarques sur l'audience du 11 et du 13 juillet 1907 111 

îjes contradictions de I^lère 111 

A la Coui d'Appel de Paris: le jugement de Versailles 

infirmé X15 

Remarques sur ce jugement et sur les amendes pour adul- 
tère 118 

Lettre à M. Fallières, Président de la République Française 119 

XL La femme Pesnel aux assise» pour la tentative de meurtre 

sur ma personne log 

Reconstitution du crime et confrontation .... 122 

Mon témoignage à l'audience 125 

Témoignage de Brunet 130 

Condamnation de Cesbron 132 

XII. A Londres I33 

Les annonces diffamatoires I33 

Arrangement hors Cour et apologies I33 

XIII. Remarques sur l'administration de la justice en France. 138 

Dreyfu.i 13g 

Visiteur? dans Paris disparaissent d'avec leurs amis 139 

Ija Fran« à court d'hommes compétents .... 140 



XII 

CHAP. 



TAlil.E i)^^ M.rriEHEt 



Opinion ,1,. .M. Barthou 

Appropriation ,|c Duez ' ' ' " 

lluu an., le ;,n,<o„,x,„r„n Magistrat ' 

Artiolt. par Samt-Sinionin ' 

Lath«riodeMar3de,a„den.(;o.pa™i;„n)- 
^^^ ■ Les juges jugés . 

I;fon Mangin Bocquet . 



PAUE 




J«.__(^..tion„e,afen,™ePesne.p„„rMOO,rsi„.uffi- 
p! J'i"'^'™"»" injn3tifial,lo ;'■•■• 

-oi;t°;i:ter;nt""^ ''"■'^""'"' «--P-nna^e p„„r 
'"s':,/"".""'" P"» ">^' '«-e'.>^«inté«.-s./La„re cl 
ôo. L'incident de «Galerie f-iroce'^ ' ' ' ' • 

«o. Ses réponses singulières . ' ' • • 

90. Lno leçon à la p^ase anglaise ' ' ' ' • 

no. T附ig„ageTBr"not """" '"°'* "" "-'ien 

"^^":i:r:„r:;ri:i-^-.i-^. : 

France . . étrangers qm visitent la 




PAQE 

■ 140 

• 140 

• 141 

• 141 

• 141 

• 14S 

• 142 

• U(i 
■ 147 
. 148 

150 
l.VJ 

Isa 

153 
154 
157 
157 
1(50 

16S 
102 



165 
166 
167 
171 

173 



«.IIAP. 



f'^lilE VEi^ MATiailE^ 



S;:\tj^:-.S^ -------- 

Ho. Jlungjn Bocnutt me fit ni,,- i ' ,' 
Son "I{ï.,|uisitoirc Dé/initif '''■■•• 

'ïô'M:";;";:ir"«f;'"'-"-'"«.rr^„na.io„: : 
pr^u.„i;?e''iiTe„:"t's,rj'"™a'rr r^"- ^^ 

imprudence '-r<^i""'tt et ma iiretendue grande 

Canard à la maison Ijiffitte ' ' ' ' ' ' 

''m^,k"rZdi^'rr^" "' '!'«™' '"- »- ■- 

i-»l.ai. me m'^riere; ^Ir?;? "'"'"'^'' "^ "^"^ «i- 
;e:^tr;:;;eS!^P™^<'^^^^Ce*on-.,ait.n 

dans l'affaire du lait ' ^ ^"'^" *"" '"•?™* 

femme Pesnrfep^l'a'rorr"' "'■''™'^' "^ ' "^ 
pabilit^ PouvaKnt que faire eroire à ma cul- 

^ZlTt^:: '°"*"' *• «'"<'»n.né-p„„; le meurl 

'"-XK"li* ''!'''''''' "^ >«" '^^- 

fo. Comment la correspondance ou» ,-1 „^j ■'■ ' / 

seule dVtablir mon inn«.en« ^ ■" """''""'' 1*™" 

M. Fabre de Parrel ..,'■■ • • 

Son "immense crédulité" ' ' ' ' ' • 

M. Worms . . ''■••■. 

Citation du /o„nM/ <fM Wiafe-' ■■''■• 
roints en sa faveur ''■■■• 

Remarques. . *''■■•. 



PAGE 
180 

18a 

183 
183 
184 
184 
185 
186 
186 
186 



190 
198 



197 
197 

199 
800 
203 



204 
206 
207 
208 
208 
211 
212 



PH0 1,()(i L'K 
Uni nJ'iV^". '"''"■ "»»*' '«' "ûosells 

tl /lue celui-là me parle de 'patience 

■'l Vil'rrponTd: 'nM?,'""" ?"■»"» '"« "'^ ">'""» 
tLi V '^^'P'^"'^ "J*? point en point. 

Ure^r '„"""■'""'• " «""'«'"ail de guérir 
kt/lï^"^ f"' """ nx'lecinc de préceolo» 
D enchaîner la lolle avec un III de sole 

«ntonl.! ""'"'""' ""'''' P"" h»"' 1"« tes conseils. 

Lé...!.: ''° " "'• "'' """'""» ""^ ""^"-ent en rien des enfanls. 
Tais-toi. Je serai chair et os 
Jamais philosophe n'exista 

«•iriî,''"p7.^rvr J%^»;.Vd7s« dTe'u'r-' 

•"""■■"*"■' "Beaucoup de bruit pour rien", v. I. 

Le crapaud sous la herse 
Sait bien exactement 
Où les pointes le percent 
Le papillon joyeux 
Prêche le contentement 
A ce crapaud piteux. 



UN SCANDALE FRANÇAIS 

LA VERITE CONCERNANT L'AFFAIRE HEBERT 

CHAPITRE I. 

EXPOSE œxciS DE MES HELATIO.VS AVEC LE COUPLE 
CESBIiOX-PESXEU tOUPLE 

Ij Exporlaiion du hait. 

lai( par un prc^,] ,„'„„ fou^Uit ' »nscrvatio„ du 

,/.nerb„i,rK il Londres. Mais n, u, vunS^i ]„ ? , '^' '""" '«" Jours de 
auspices d'un d„cl,.„r en renom On ?.?■« '1 ""'"•= " Londres so.is les 
.nira.rcs. Celle-ci es, IrH hnmZio"" Z^ «!■'""' ''T ""'"""K'z le' 
a c^m cajiilal, rier, que votre ree.fmmand-il on' J:',"^ "T''^'' * '""'"i' 
lolre pan seraient Ir.'.s lmnorl»n,« „T"„.!.""> /' J."'' h-'n^llecs pour 



olre oari séri.nï ,;V , '™ .''''^'"nmandallon 
■■par an" "' '"" '"'n»"»"'». pas moins de 38 



pour 

iO.OOO francs 



la proposition qu'on me faisait e !•««.„; °'*'""* '''"'' 

au Canada, A <,ui une .ffairet c ^nre auraU o^à'^f' "'""" 
«■t qu, parle an^lai. et français, (tandis que nTc^ttr -'V™^?""' 
oonnaieseient la JanCTc nnriai^^^ ,.* ■ . «-«'l-'on n. Pesnel no 

affaire aussitôt or» jo 7ll' L™?' T T '*^'^' ''' «"'" 
rondez-vous chez To, a M cXon """' ''■"'^' ™ ''™»'^t 

lionne. '^'■''™" !"""■ '^•^'""""''- '-■■ projet y men- 

Un homme et une femme se présentèrent S ri,.,„= ■ j- • 

I* "Mon^ienr" «t«it hien habillé, de taille moyenne. Il ^it 



r.V.vr.|.vai/,/i'A7,M.Vr,|/.y 

«va. .„ l^n'Lciirv:^::'; 'r?- - -"- «■'"'• ■^■'« 

twit. ff,x«i,.,^. 1,.., "évo„ bn r ? '"'*' ""'■ ''«"™ '''"^. '!« 
indiquait un.. .xp,ri;noocon,hiTr, ,,""'■ """"'"' ''^ '*'""'"<' 1"' 
-ul.nir lu c^SmZ. "'"■^"'"''''''' •'" "'"«l*- Kilo ». cl,«r«ea de 

'1h nranuoinèr..nt nu'ik ,-.t,ii,.Mi „,.,ri-.. ■. i' ■ , • 

>'■'•'" que jr„V.„.J a™" IW,""* .i'""^?'">'ni^ leur but- mai, 
néanmoins en «arde Ztr ''''''"•''f"»"'" <' "tre assassiné, j'étais 
teté. ""''' '^"^"^ ™^ '"' '» possibilité de leur ^io^ 

<i>.i j°^irofrr:.:,i:„t".r„a'nMc?: "r*-" ""^-^-^'^ •- 

c-éd^-ta: """""' '" '"' "-"lové „ ncs Je leurs anté- ; 

Justine Pesnel. 
<Volr » photo,„ph,. ,„ ]. oouvmur.) 

différent, ten.ps, e/né^llf;;;: t^nZ::^^^' '^' ""»«*' * 

<ieoo.tot™;;:,tt:!!:fc d:ï;L:r •■''*''-"-*-= <i- -nture» 

forento» ««,,,!„'„, o "« 1 Lto ire " """" '' ^""^ ''"""''"^ * ^■ 
-n sujet; mais „„ pe r« HMa . .™"^r ''"''"^ " "'«'»'^' * 
«Ment», daprès ks'^berX ' i ^'itT lit """'"^ "" "' ''"*^ 
n.on,ent do l'instruction de l'affa r. Il t l"^ '" '™ "^P*^ »'' 
l.ar la sûreté et par L, autorîté. [,! ™' ''""'"™ '^''»» "^^ récit 

-- journau. et dans' l'e dtiér Ve'l'rt^SHo^n"^ ^"" ^"'"'°''™ -^- 

:^:^r:z^:::^tri:i:;^r'£""^ 

meurtre sur ma personne ^ longtemps après la tentative de 

*-^:^t'dc"^::;;%s:;«^;f ''-"'-fT- -"^ p-^*-^ ^« 

ITO?. Elle compte? ™nn«TâJ?r.'''"i'' "'^'* ""ff'»'* "n 

fameux ..aire'do' S ilTe .^^ ;™ ^f ?™ P-el H,„He,„,„, 

iu', uit eile, fit beaucoup de dommage 



/..l 



V HUIT h; fO.WK 



'ly.isr y/. I /.■/■■. I 



de cire et 
ii|uille. Il 

'■■ht. Elle 
■arrée, dee 
aii^^ie qui 
ïlittr^ea de 

ent d'éco- 

'étaiâ loin 
lui ne re- 
Jut- mais 
K j'étais, 
oalhonnê* 

hles avec 
urs antë- 



lllf IIEIERT .1 



Madame 
rrogés à 

ventures 
a à dif. 
entées à 
es anté- 
ïipte ar 
L'O réci' 
t'e dauîi 

ils, que 
us, jus- 
Jminis- 
tive de 

id Stre 
lise en 
lelonp, 
Timage 



.V..n.vurTouué,„„n<Ie ' '"""'™° '^'^ len«i«nement de 
Kll'! adopta un grand nombr,. ,1 ,-,ti,.r, . j.-,,., ,;, , „ 

Kttd?;\i:tx X -r- --{ra Jl/itur: 

-I-.io„ qui I., r.„di" taise ' """ "''P^»"'-»»» ''»■>.' l'oc- 

n.atr[monlal2'\'p:r!:i"^:"',lf"" '"^Wi'. «"e-mème un. a«enoe 
police. En c „sIurncr,lo ■ ' "" ™''""' '"'''"'"*« ">« la 

Can^r -uve„ttr"n:;t.rnre::""™e'":ùi«' "'"'™'"'%'"' 
«ieun, foia et y retourna anr^ «vaI ^ '* """ ''*>'' P'"" 

Miian, Florence, Bruxelles, e^ e" ■^"^'*'""''"-' «P'oi"* Home, 

engagée par elle ^ur «tr k "i dt' l"-" "^"''' ^^ '^'«'"»"'1'« 
fortune de 8,000,0M francs "^"""''' ™"*'» P°^" ^ 

-entéo'*ar;o;'',i:|«w"'^'' '*'"'" "*''"'" "' '" i^"« «P<"«« '"' Pré- 
P«nel reçut une commission de 100 000 franco r „ • 

iiuriape '"" ''•"' ?<>"■■«"'« pour annuler son 

queue a reçues ponr bigamie, escroquerie, etc., etc., 



travaux f,„w, quV,l ,i ''.rj;''''' "' ''"'• "'"'"' "" ** -'"«'■• <i« 
clam la U.„„„il l! ,t '< r^"'"'"™'' ■*"'"" f»" ''" •^"'l^Wit* 

Son oinpriMnncin<.nt. onrèg tout ...,„l, ' . , 

««■ompljswnicnt de sa vio. """"■ "* '' I''"' «"^«l 

KMé Auguêle Cabro.:. 

iV-ir » l.hou„r«pl,l. ,„ 1. co„i„r,.„) | 

furent puWii, à «o^îî^ei.. P""' ' ■"»'" '^"' ''^'«i'' -'"'vant* 

subi "^"' !:,nLT:;;:^;:2;c,^'r "" '-"" '^ ^"'""' ■>>»- 

«fe 8 moi», en 1808 ' ""'"'•"""«™n' [«ur c«ro,,ucri,., le dernier 
dWroquerie rt de -''urtre "" l'cTécution „e se. plan. 



de lait au So. 85 rue de Mauh^Mr;^ p ' *■ '""^'"'' ""' '"'"« 
ciés. C<,pen<lant, elle intéra a|t^ f,' ^'™' *"■« ''<"'•'' "^ troi. asse- 
nai", dans le but de troZr d'autrs "■°""°°'™ ''""' "'^ ■'°"- 
di«ieuJtà,ev« sesaaB^r&aotlls ""*"'' ^" '"^ ™' "^'-"^ 

.ais.a'^eel'^cLtoTrpt'raissir-: ^TT ""'^"-^ «' '» "»- 
Xo. 4, rue Cavendiah PaT'T-'fT . ,'' '"" """ ""■" '"i "" 
alors, bientôt abandonnl '^ ''" '" ""«^ * "»*="«' '"t. 

c^rdeso.a.io„.d.escr;\?ertuet'un'.'^'°'*'^'"^"' dans le „ut de , 

ap,«rtement avec un élw T '" ' î^""''''^'" ^ meubler un 1 

«tait remplie de meubirXs et d'IT^'l''^"'- I*" '-'«îdence | 

En »ême temp.. r vi.Ttlil £' ^■^f',"^ «'^ dispendieux, i 
I v,„ta,ent Londres, à la red.erehe de corn- 



u 



■ i uii total 
* annét'i de 
' i'ul|>abilité 
il lin t.ptui 

[ilm grand 



•AV»//; ro.XVEU.XA.vr LAtr.UHE UKIŒUr 



i 



.mT,.nt, >„„n.nt, I.. Café ^i„„;^„ ''"'™' "''■ Ba.vsw.tcr, et -i- 

l'n JDiir, ilj ilenrandèrfiit nu m'.ranl ri,. .,. <• f ■ , 
imiii.T ,|i,..l,,u'un » Ixm.lrH > ™"' , " ^''f^-"" 'I' I».urraient 
-.,. ,.,;,„. |„ , hiL- " 7r ''"'"' '""'■■"''• «•>■"" •'"" '«-ne 






icc. ayant 
p dernier 



i'auî y.. Hébert. 



ruait, son 
istrumcnt 
ses plans 



'onserver 
e affaire 
oi^ aeso- 
•^ Jour- 
(jrtainps 

la con- 

Ini an 

ige fut, 

^rent à 
but de 

l'i. par 
1er un 
idence 
dieux. 
com- 



' mai lH4!t, à 



peu 



„r™ '!' ""-M '"'^" '"■''""'l"". n* ^n t'ana.la, le i 
pre» M nulles nu ,„d de Montréal 

i Morri,«>n." ' ""«''• *'"<'™"> «'^^'«rt. P^«g. St. John and 

; cino nr„î!:S::'S^' '"'""'"'^' ^""--- «^^- «ie -nédo. 

.aire'nuCi.trd-IîtS"- '™^ """"""^ """-"» «"'- 

^ ''-Jf 7x^:^:v^-^™r:^tnd:r'^--^•- 
I lement depuis I879! '^ ^""' *"' "«^™'"' * Lo'"<«« continuel- 



f.v ncA.Mr.ii.t: ^«.i.vr.i/.s 

J'ai auMi (ait partie il« pluiioun ■ociit^m aciviitifiquca nim-nK'- 
dieulcs et j'ai écrit pluticun articlet aur difréroots auji-ta pour plu- I 
fii'uri* journaux. ^ 

Apriw que l'e»nel "t Ceiibroii ne "ment ainii iiitruduito chez moi, 
noua eÛMiM pluaieura entrevue* et, fioalcnieut, noua aignimca un con- 
rat proviaoire pur l«|uel ji' m'engageais à ap]H>rter à la aotiùé me» 
connati'i^anL'OM et tri<in coneoura actif pour le Itou fonctionnement «le 
l'enf'priw. et t'ealron, l'idée de l'affaire, et un p^o^^Odé i>our la 
conaervalion du luit, (|ue y' devais préaeuter au publie ^oua mon nom. 
I>e plus cliaijiie partie a'en|;ageait, soua iwine de gro.^ do:nniagea et 
intért'ta. à ne ]ni>^ ^>tablir d'autre aociété, ni ucc]uérir aucun intérêt 
ilana aucune affaire pour ta conservation ou la vente du lait, aana 
l'autorisation <<Titc do l'autre. Mon parent pouvait reiuplir toutes 
cea conditiona facilement. 

Aprèa avoir «igné le contrat, je Ie« invitai à venir déjctiner avec î 
moi le dimanche auivant. Je leur demandai commert ils avaient su I 
mon ,idre¥ae et mon nom, et ila me répondirent qu'iU avaient entendu 
parler de moi par une jeune dame de leur eonnaia«aDce, qui leur 
apprit Hieei que je parloi.s le français. Je leur dis alors qu'ils me 
feraien: plaisir en in-vitant cette jeune dame à les accompagner, et 
i venir léjeuner avec eux. lU vinrent donc tous trois le dimanche 
suivant, et cetti' jeune dame, c'était Marj- Smitll, dont nous reparle- 
rons; itiais je ne l'avais jamais vue. 

Plu- tard, Ceabron me communiqua la nature de son procédé de 
conwrvar ion, qui .onsietait prinei<paltmient dans l'uaa^, comme pré- 
se. vatif, du formol, substance interdite en France peur cet usage. 

N'"- relations, cepemlant, ne furent pas interrompues, cai je 
m'enga+reai à faire des cxpériencr-s pour dt'couvrir un meilleur pro- 
cédé. |)endant que Ceebron s'occupait de chercher les capitaux n.w-- 
saires pour lancer l'affaire. Il alla succcsaiv;'ment i\ Alcni;on, i\ Trou- 
ville, il rislc-Adam, d'oii il m'écrivit et je lui répondt que j'avais 
déjà «..tenu de bons résultata dans me.< rechc-ches. 11 m'écrivit 
alors, tu date du 11 juillet 1905, la lettre suivante: 

".le no suis pas surpris de voire prompte niussif- cepondiint Je n<' 
"m nttriKtaj» pas à un si beau et si rapide n«Hult;it.. Nous allons nou-* 
"Installer à proximitiî de Trouvllle. qui so trouve en iiiAme temps dans 1" 
"voisinaue de no» futurs associ.is, et, quand nous sirons Installés et an- 
"voua «Tcz au point, si vous pouvci distraire quci.iues Jours dé rpp..s 
vous nnus ferlez grand plaisir de venir partager notre paisible et rr- . 
"destc villiigiature '. 

Le 19 juillet 1906, il m'écriTit ce qui suit : 



A.» VEliitE COSi'EliSAST l.AFhAlIti: nKhh'liT 7 

"J'ai l'ii II» plHlHir tli! rrrt'Vttir. hUr. in- fiitui» .i-n.icD^M ti (It'JfuriiT. 
vt Je i.um vi.UH (llr..- .jm* Imit vu IiIimi; II» m'otit i]<-riiatii|.\ eh..W' fai-lle 



"à eitiii[iri-nilre, cjut'liiiiei* nuiiiM ixiur : 
"liectaliilllt^ 

"Jf pense quo viiux vuiiiln-i bien (»<■ din- 'ni îN du 
"n'uMMirtr (|ii«- vuii>* iMifK lit) (liu'liMir H.^rlfux. h>iri<ir.ti'l<- 
"Londrvii a«'|)uiii tt\ aim. Aprèii ft-lu. 1» riM>H>> c-t fit 
"JMOO fraiipti, i:>,U0i) pour l"iifrnirf. ï5,(nio ihmip nc.tis 

"i;i'» incHitlfiirM VI. un ofrn'Ml I''» irn'iiiis r. f. t.ii.ti.. l'iui <l''ux vhI 
■K.'li.lrc d'un .l/furil .loch'ur .].■ Thm^jU,.. •lui a\:.it l.i iv|miUIi<iii d'un 
"nelte philanthnipt". 



t«urer d«; \<>ir»' tiim n'eiu* rt-n 



l'iit l'iTin pour 
roriiiu, liubituiil 
. J'iti dt'iimnd)' 



DnnM une iHtrt' Aativ Au M juillet, il ilit 



"J'' peiihe que riiiUN pmirrdiiti U-i'n pr»ichiÉiN''riniit itubllr une bativ 
"pnup le cct>\ tlniinder de l'affaire, Je rnilf-, et je penv que vous ttcre» 
"di> mon avid, qu'il eni prOft^rahlp de fonder une Snci'-'i^ en participatinn 
"nu capital de fioo.ooo fm, divlKi' en l.ïOO actlonn de 500 frit l'une, ce 
"qui pernipltra de rt>trlbucr ces mensleurtt tout en n^cervant notre quule- 
"part (l'aetlonii libt^rOeh mir lett fond» verst^n; nouN pn-léverons une Bomme 
"en eitp^ce'- 'ur noH fralH cl i^tudei " 

Je réi»()D<lis ù «Me lettre le II août, et iii'opfwsant ù ce qu'on 
«'u<lresi*ût au public (wur ftouscriro le capital nw-i'SBaire. I)è« lorâ 
il en abandonna riiéo. 

Ir "> jût, je reçus une lettre d'un M. Fertlinand Blin Lintz, com- 
me 1 ù Honfleur, me <leman<iart, en toute franthipe, ce que je 
[x-m^ le l'affairo. 

"Je is. dil-ll, en rapport avee M, et .Ntnie Cesbroii. Us m'ont apprif 
"Hu'ilM ttv. .it traité avec vous pour le lait qui serait vendu sous voh aiis- 
"plccs comme lait nn^dical; niui» je Heraijt charKt* de« aehats et île» expt*- 
"ilitiontt Hur Londre», apn'*ti y avoir mlH le produit eouservateur; J'ai donc 
•'besoin, avant de commetn'ei', de nie mettre bien iiu roiiratit de toute 
"i'>'tte affaire". 

Jo lui réponili!* <|U4' je croyiii^ au succV ^ie ruffuïrc, >.i clic îtait 
'lien orpinirtce et l)icn coiiduite; iimis je lui fi- coin prendre 
• [w chiK-nii devait ju^er pour sni-m.mc de !a )»n.lwd)ilité du succc-, 
et pren-dro ^ur soi la n'î^ponsabilité de sa décifijin. 

Dans une autre lettre du !» août lOOr), Cesbron m'informe que: 

"Diuis quelques Jours, nous saurons nettement si. oui on non, nou» 
"(levons compter sur ces mesfileurs. Soyez bie.i assurO que, quoi qu'il 
'advienne, je resterai votre tld*''le allitî, et que nos relations ne peuvent 
"que se resserrer, pour nutïe mutuel avantage". 



A la date du i(i août, il m? fait encore les rcmar^jucs suivantes : 

"Ainsi que Je le pressentais, mon ultimatum a rt^usni à m't^clalrcr sur 
"le véritable t^tat d'esprit de ces messieurs, que leur lenteur et leurs ter- 
"iriverRationR m'avalent d^JJ» fait pressentir. 

"Il faut refaire des expériences, mettre l'affaire au point; que de 
"temps perdu r 



UN HCASDALE FRANÇAIS 



Le S3 du même mois, il m'écrivait : 



joinrlrcMi» a „„lre ,w1p iino ri,,,,,, ^i mi,:, ' •^"'™"' >"lrc d,'sir, nous 
Jl" """" '^"^° "" '^'^ 1-'*™"-. il f-t les ob«rvati«™ 

;;.sMrfr,l"''ri,^™:;-,,;'"po,',T7'eLtoii/;?'s7V,;n" "'•'", '■■™«"von»-n„us I, 
bon ,|,ic v.,,,8 fassiez ,,„ comlmZMÏ r> ï, ""'"'■ "" ■"■«>«'• " serai- 
mal» alors, la chose ^"/aTSVt ■an '^-t'"''' "" '"'"'«'iO'^ ''«^ Paris; 
imit.-e «ans q„'„„ puisse IvZocher îe vo,,hIÏi'''' '"'^''"'' J'^'-u^. e 

; vos r,'ll,.xl„ns sur (oui ceei Tt "m M, i= ["" ""■'':"' '" ''''"'lli" de 
n...,s ,.r..„,.r„n., les arra„.e„,e'n.rS„îoi" l^'^'Zrl^'IS^:!^' ^^' 

l'o>,rs„ivan. .. corrc.,«„,lance, il éori,, , la , atc du « ,„ars IDOO- ' 

;;dem™,e";,',:,r■''l^,'^e^rL':L''Te'';ois'rnLV?!^° """ '» «""-■• °" -e 
eon,b,nei à 1 ,Hal liquide „ iÛinmeil^ .7. "'"""'• ""es-moi si vous 

C^aS^;.?:.'"''''' '"'-'^ '^"^ - •» "ôr„r;,e\Tn Sn^^ 

des capitalistes 'cui ^i m ".Lt bn d '4" """"'T ™ l"'""'^ 

£« Pro;'f( matrimonial. 

ïAr ''^''™'"»'^-' i^ ^«:- I» '»ttre suivante, en date du 1, 
"Cher nionsieur, 

de prodigue; puis son nCre lui ni rtl,„!:; ' " ""'"" «l'abord une vie 
seu but de le marier. I,,%a,^„?' esf ,m,"". ?"'.'" J"1i«i"ire, daSs le 
.."I^"""'»'''' '-<'"'"•«»• » Pb"?ine^%t forl rleh^" " """i' "'" t-'urenee 
slerlinit. S, cela va bien il rn,.rr,iL . ,'"'■ »" "">'"' 20,000 livres 
Peu.-etre son père vous éorl^a-t-U "d^nrei^e/"'"" "' ""'« "oeiéte 
••nlf.. "'■''•,""' '"' P'^er du lait ("San," e,l s. ?''". 'î ''°""' ''"' '"i 
n,tes Bculemenl que vous afiên.!;, i. • ■. ' """birne dans le texiel 
son nom, pour eoïnpVnTe ê d™i ll°s'ai?l"'.£n!i'- ■■».'*"• '« "''''et 
na encore él,! faite auprès de vou, rnmm. ?"*" ""«"""ne démarche 
vous pouvez lui servir de (utÔur et sï„T,ïïr * J"""" ""» "' orpheline 



1 







F 
i 



la licpRCP 
'sir, nous 
itioDS en 



-nous ]i* 
il serai'. 
le Paris; 
r:;.ux. et 
iiltat de 
t'ilf^chip, 
nimun". 

90G: 

; on me 
si vous 
envoyer 
uveaux 



, mais 
ésence 
S s'ils 
Ht pas 



lu 15 



[ui se 

e vie 

na le 

fence 

ivres 

îiéttî. 

e lui 

xte). 

c'est 

rche 

Une. 

alité 

aide 



qui 



LA VElilTE CONCERNANT L'AFFAlliE ilEHEUT M 

Toute porsniino sans prévention verra par cette jiliras<^' ijue je ne sa- 
vais pas ({ue Pednel conduisait une agence niatrimouiale; car bien 
[u'elle eût fait la fonnai:-ianee de Lalêri' par k- moyen d'une an- 

I nonce dans les journaux, ooninie Ijilère le dâ-lara hii-niême. sous 
«rnient, elle prit toutes les précautions possiWos jxjur nie le cacher 
en me disant qu'elle avait été mise en rapport avec lui par un ami de 
. VorsailIe=^. 

Elle continue : "Il mena d'aWrd une vie de prodigue, puis son père 
lui fit donner un conseil judiciaire dans h seul Ijiit dr le marier. Iji 
fiancée est une amie à moi, Miss Lawrence Xorthcliff, de Londres, 
iirplieliiic. et riche d'au moins 'iOjOno livres sterling'." 

On voit que M. l^lère va so marier et. de cette manière, se sous- 
traire au eon.seil de famille. Klle me dit que Miss Xorthcliff est une 
amie à elle, pour se «jarder contre tout soupçon ipie je pourrais avoir 
de son agence matrimoniale. Cette amie est une orpheline, ce qui ne 
veut pas dire qu'elle est t'ille naturelle, comme l'esncl l'a affirmé à 
j l'instruction et comme on l'a tant de fois supjiosé. 
[ Mlle procède plus loin: "Si cela va bien, il fournira tous les fonds 
j (if notre société." 

Ici encore, le principal but. en autant que cela paraît me concerner. 
est d'organiser la société de lait. Je n'ai rien du tout à faire avec 
le mariage. 

Knsuite, elle dit: 'Tomme la jeune fille est orpheline, vous pou- 
vez lui servir de tuteur et stipuler que ce Monsieur en qualité d'as- 
-ocié, mettra le-s fonds dans nos affaires de lait. Avec votre aide 
intelligente et loyale nous réussirons." 

Il est tout-à-fait éviÛent par cet!» lettre que je ne connais pas Miss 
Xorthcliff ; bien que Pesnel ait affirmé à l'instruction que j'avais été 
POU tuteur depuis 8 ans. Je ne auis pas son tuteur, puisque Pesnel 
me demande de l'être ou plutôt suggère que je pourrais l'être. Elle 
prend la peine de me dire que Miss Northcliff est son amie à elle 
quelle est orpheline, qu'elle demeure à Ijondres, qu'elle a une for- 
tune de 20,000 livres sterling, etc., etc. 

Si j'étais son tuteur ou son parent, je saurais tout cela et ce ne se- 
rait pas nécessaire de me le dire. Mê>me ai je la connaissais tant soit 
peu. il n'y aurait aucune nécessité de me dire qu'elle demeure à Lon- 
dres. 

Ensuite dans une lettre datée du 23 juin, Cesbron m'annonce Tar- 
rivée à Londres de sa femme," qui va, dit-il. s'occuper du mariage 
<le ce M. Lalère avec la jeune Mias No^thc^iff ', M. Lalère ajoute-il," 
Mt tout-à-fait disposé pour faire marcher notre affaire de lait. 

Xaturellement, je fus persuadé que le mariage de M. Tjalèro était 



UN dCANDALE FRANÇAIS 



complètement arranir» To „> 

«.in de ma permisstn onlZoTlV'" '"" ^^ ^-'^'^ «'ait be-' 
nage et i»rtir pour une lum. i'f»"'n« poi"- céWrer sun ma- 

qu'ild&iraitme?:ir™j, ":,;;"!';'■, /^' "'?'"« I™ n^^me l'idée 
nage, et puisqu'il étlit tùu à Z ?'"''' '^™'" 'l' '»'' ™'- 
ncrtre affaire de lait, il n> avait ôl, T' " ^"'^ -""-«her 

lation non p,u. ,u'e de'^.e v ï." T? '""*"" '* ''''' ^^^ «"P"' 
d'êtretuteur,8ug^éparIaietLH •"•^•"r; pu,s,|ue le seul but 
pulor que Lalère WnTa le ' fÔl ) "'^ f," ^' •>"'"' ^^'^ ^ '^■ 
que je «mpris par eette" utitfot ft?.'"""™. ''' '>"• ''•■>»' » 
«.lier Miss Northdiff de lïTZtll Tuv'"'' ^'"'""^*'' ^« ""'■ 
pas consentir à <..|a. P<^™<!ttTe à Ulere; mais je ne voulus 

D'un autre côlc, Lalère et Si„i,v, ,fr ■ 
truotion qu'ils avaient fa" il eonti^teTp ""1 *™''" ' ''''^ 
« de mariage dans les journauT *"*' î*' ™« »™»"- 

Quelques jours plus tard, je vis entn>r 1 , 
moiselle en question, qu'elfe me DrS^„^ "T" ^<'*°^' «^«« '» de- 
rfiff. "Je ne puis e^mme Zf i """ '" """" <»« «« North- 

Pesnel, être le ïute'urTe'^t^'lt'^cW'''-^'^ t" ' '" '«"^o ^ 
cette personne possède la fori^nt»; ■ ""PT'""- ^'' ™ «««'- i 
if l«i« et les «.utunjT d^In^le.rre avo"' ''"f."' *"' ''«"' «^'o" 

pla«*souslasurveilIanœderaCoupVlaI"° ""*'"' "" ^'^ 
vez aueune autorité pour modifier en 1„ '^^''«"«''""■e. et vous n'a- | 

n,ej,.s^e^.nts sans IWtimenretl"-- l ^^-i;; -- I 

;^^s:sejt-^ vîé? -^- 1'^^- rs 

ie lui prêtais), d'une eunVf le 'ui " T:.:™ '^ f«»'^'-"™ 0- 
Cependant, je l'eusse eonseiliéWervonn- '"""' '" ?"■<""'"" f™«- 
possible, sur ce qu'elle pouvait dés™'"" "!i "''"^' ^"^ **'" "'«ai* 
simplement l'idée de la femme ptTnefJr '""'"'^*'- J" -^^ardais 
m ne connais^it pa, les loiTet fesuL^^ '■*°*'" ''''"'* P«™Me 
nerait, dès l'instant où on lu fera 2S1a ^^, ?' <!"' ''«'=«''^<'- 
cable. '"»'' comprendre qu'elle était iraprati- 

Nous conversions depuis une do™i i, 
entendit sonner. C'étaS « momtrotT ^ ™ ""' ''*""' '<»»^'''»'' 
de m',mproviser "tuteur". AnS k f '" ^^'T* l'impossibilité 

- ^i:: ™^X^-' ■: ^ f ?s s<4^^r 



re avait be- 
t-T son ma- 
lènio l'idée 
de ëon ma- 
rna rcher 
e de Btipu- 
soul but 
'■&à <de sti- 
'l'out ce 
it àe con- 
ne voulus 

it à l'ioB- 
le annon- 

'ec la de- 
e North- 
i femme 
en effet, 
'it, selon i 
ou être ] 
0U8 n'a- \ 
irrange- | 
t*e", ou 'i 

français | 
signifie ; | 
de me if 
^n que h 
re fois. I ; 
m'était ^ 
fardais 
rsonne 
indon- 
iprati- 

<)u'on 
ibilité 
îrier: 
tfflis, 
voir 
[âme 



LA YEHITE CONCEI{N.L\r VAFFAIIΠIIEBKUT 11 

Guérin" nom sous iequd on Ja coai>ai«ait à ce moment-là .\ous 
.ortnnes ou, deu. de la pièce, elle et moi, pour le r«Zi . Klle I 

n-Iti „ "" f^''"- •'" '*'^"" "■'= Protestafons. disant quel 
neta.8 pas son tuteur, ma.s que j'étais tout dispo-é à luiTu-T 1 ,' 
conseils qu'elle me demanderait, chose ..ue je rixx-ui nl„,i™^ f 
pendant la conversation, en pr^enee de Z U^Xt'^^JZ 
nte rompu par la verbosité Je la femme P«nel. PendanT!.™" ° 

pr.s. Quant a la femme Pesnel tout ee que nous disions ett^ Z- 
merge sous le flux de ses parn , "^ 

L^ qu'elle m'avait i«rit précé<lemment, e.i qu'elle dit alors de M 
Ulère qui v-isita avec Miss Northclift et Pcsnel différente attrao 
Mioîd Âf^^' \^-^^-^ - th^tre, au resS^^, fZ'- 
hAition de Madame Tussaud. à l'Exhibition de Earls Court etc ete 

, Ltw •teTi^rr.-"^ '"" "'""^"-'^ ^'»'»^- ^^ ^'^ 

Ils partirent tous ensemble, vingt minutes environ après l'arriv«. 
J M Ulere, me laissant réfléchir à l'étrange vpisod,. auquel L. 
nais d assister; mais je ne pensai nullement à mettre eu dou?è la Lne 
foi et l'honorabilité de la femme Pesnel ou des deux autr^p rs™!" 
ges de cette affaire Au surplus, eela ne me touchait point puiZe t 
n avais jamais vu Miss Northoliff auparavant. Je «"T l'ai d' illëuil 
jamais revue depuis. ^. ' "i u ameurs, 

JJuelque temps après, la femme Pesnel me c^onfi. que M Lalère 
s était mal conduit vis-ii-vis de Mi^ Nortcliff ; a™nt Jris Z^J^ 

: t 'TT.^'i,'": "■'•'^"' '"**»' P'^'^t» qu'Tura TfX 
et Miss .Northcliff, de chagrin, en pleurait du matin au .oi ' ' 

\ers le commencement d'août, lorsque M. Lalère eut gaspillé f„n 
»r^nt en cadeaux, fêtes, et... il vint me tmuver avec M Brun t 

ul me pre,,enta comme son avocat, et me demanda où il pourrai ™i^: 
M,Bs Aortheliff. Pesnel m'ayant dit qu'elle était en villogiat e 
je repondis que je ne savais pas où elle était . ,Te ne eotnaiSis ^s' 
jon adresse, et je lui enjoignis de s'adresser à la femmrpêsnT ajmi 

nt qu ,1 aurait bien pu m'étire pour me demander un r™de .™" 
oar Jetais moi-meme en train de me préparer à aller à la -amnaCTe' 
Is s'en retournèrent, et au moment de l'instruction, ils furCtorl 
™gcs a part et se contredirent dans leurs témoignages contre moi Te 
ossède un e.xemplaire officiel de leur deux témoignages, dont Te fera 
la critique en temps et lieu, * ' ™' 

eée''lTM'"ci^'.^' i* ^'"""' '"r"*' ''™ ^''^ ""y Smith était fian- 
oée à no M, Sudre, docteur en droit, et qn'ik devaient « marier bien- 



1-3 



Vy .iC.lXO.llE FHAXÇ.U8 



elle me fit une visito. ac«|,n,aîr,>TO ,1c lui «t Jo Mary Smith 

I lus tard, vers le 83 a,.ut 11»0«, jeus eneore sa visite un aprte- 
"".1., toujours acTOmpa^rmc Je Mary Suiitli. Je les invitai à rester 
l;r,.n,lre le tl,e avec moi, iv .|uV.lle.- a.eo|,tèr,-nt : .mais, au „,o,nenl où 
Ion ,<ervfl,t M. budre et sa mère firent leur «loarition, de connivence 
avec lesnel, qui no mon avait pas soufflé un mot. 

II n-.v eu, aucune mention de tuteur entre Sudr,. et moi; mais la 
fenmie Icsnel déclara que j étais son (ruide et celui de son amie Mary 
hmi , et quelle suivrai! mon avis i»ur la rédaction du contrat vu 
•lue le ..-norait les lu;l,iludes suivies en Anjjlet.Tre à ce sujet. ,Ie ré- 

.er pour la r«laet.on du contrat, de peur qu'on pensât que cela ™ 
concerna.l. ( e que je pensais qu'Us devraient faire, c'est que chacune 
les parties f,t faire un projet de contrat par son notaire et que cm 
derniers auraient liientô* fait de rédiger le contrat 

Il fut coiivem, avani i,ur départ que .Sudre, à son retour en France, 
ferait les premières démarches et consulterait Me Jonet, son notaire 
a Angers, et qu il enverrait une copie de .son projet à Pesnel, qui à son 
or consulterait un solliciteur Anglais, mais on m'appri , ilansT 
Buite, que Sudre n'avait ,«a envoyé de projet comme il avaii été sug! 

Knviron un mois après cette visite de Sudre et de sa mère Pesnel 
e ai encore en voyage à rx>ndres. C'était au mois de septembr ■ 1906. 
et elle passa me vmr plusieurs fois pour parler de l'affaire du lait 
tantôt seule, tantM accompagnée de Mary Smith ' 

Elle m'assura que Mary Smith me voyait d'un oeil très favorable 
et m engagea à lui prêter plus d'attention. «vorame, 

Etant donné la différence d'âge entre nous, je ne voulus oas 
croire que Ma,,- Smith voudrait réellement, ou P^rsisterlit 'ïvoT ^ 

aiec Sudre que je considérais n'être que temporaire. Elle m'assura 

et quelle me donnerait une preuve sérieuse de r..-istence de cette 
fortune, au moyen des numé^s des certificats de ces c^n^lidt 

Comme je ne connaissais pas la famille de Mary Smith et one 
Peenel avait, jusque là, évité de me donner son adreL j'iuis d&i 
re,« de savoir qui elle était, vu « que Pesnel m'avaitlit'dtlle 
~i, 1 'i.?™? «""tanimcM en vue l'affaire du lait, dont je considé- 
rais la réalisation con-me probable avec le temps, et je™ e prorsais 
^ur l'avantage et la sauvegarde du parent ,'ué je 'désTrais ' f",^ 
ent«,r, lu, assurer un intérêt, non-seulement dans l'administra ion d" 



Là vKiiiTi'j coMJciiXAyr L'Ainwutt: Ni:iiKtrr i:t 

l'affain?, maïs aussi daus rin.<>tallatiun <ju'il faudrait ital^lir en France. 
Kn t'ffet, sans cet intérêt ilans l'installation, k-s autrca associées au- 
raient aiscMiont ])U nous éliminor, mon parent H moi, une foi- qu'ils 
<e seraient liit-n familiarisé!- avec mon procédé de prt'Servation. 

Je conclus qu'il me serait nécessaire, pour plusiours rait^ns, d'ou- 
irir un compte avec le l'rédit Lvonnai:* ûv Paris, ce (pii nie jioriiu't- 
trait de payer par eliètpie les dé^KHirs nécessaires et, ea même temps, 
(!"olitonir les renscifrnoments que ju désirais sur les associés et sut les 
autres, .l'aurais ainsi droit de client, siins avoir à dépendre enlière- 
mont des noiius que Pesnel voudrait me donner pour référence. J'ou- 
vris donc ur mpte au ('rt»dit Lyonnais, et y déposai den fonJa pour 
moi et pour mon parent. 

.le ne wirnaissais rien alors de l'agence matrimoniale de Pesnel, 
cl je ne viis. (comme beaucoup do j)ersonnL'S auraient [M le taire, après 
r'iup) rien d'extraordinaire à ce que IVsnel eût deux amies di'si- 
rant ?c marier, à pou près à la même époque . 

Pesncl m'avait déjà proposé d'acheter le Tiail de ma maison de 
York Place, mais elle iii-i^tait pour (pie son notaire de Paris vît 
mes tîtros de propriété, pour s'assurer de leur authenticité, et être en 
mesure d'es.tiiner la valeur du bail. 

,Io vérifiai, dans un directoire Bottin de Paris, l'exactitufle du 
nom et de l'ailrcsse du notaire ({u'elle me donna, et, étant dunné (pie 
mes titres vtaient ('nre;;istn's à Middiesex et (pie je me proposais d'aller 
;'i Paris sous peu. je les lui laissai emporter, avec d'autres pièces d'iden- 
tité, etc., pour les faire voir à son notaire. Je eomiitais les rem|Kirter à 
mon retour de Paris. Cet incident eut lieu le 28 septembre 190(i. Je 
ne pensais nullement, à ce moment-là, à la possibilité d'être assas- 
siné. 



Afa prpmifire vùtite à VersaiUes. 



Dès le départ de Pesnel, je commeni^aî à éprouver quelque înqui.- 
tude au sujet de ces papiers. Je songai que j'aurais dû attendre le 
moment de mon voyage à Paris pour les emporter moi-même. J'avais 
aussi né^djrré. jusque là de me renseigner sur leur com])te. J'avais 
toujoxiTs remis cela à mon voyage à Paris, car je préférais prendre 
(les informations d'une source indépendante, plutôt que de leur de- 
mander les noms des personnes à qui jo pourrais m'adresser |)Our pren- 
flre des informations, jjersonnes que je ne connaîtrais probabîemciit 
pas pins qu'eux. Mon anxiété augmenta vite, et je .pri.s le parti de 
hâter mon départ pour Paris, «fin de faire une visite rapide à Versail- 
les, pour me rendre oomp+e de l'endroit où était située leur demeure, 



VX SV.iXUALK FUAXr.ilu 



et pren,lr.> A-* inforraaiioni mwssaircs sur Ici.r ]vs|K.vtabiliu:.. Je me 
rendu al.ir* u l>ans. le (liinaiH'hc soir, :lll iKm-nil.re lIKili. 

I« lomlcmain, lundi, lor nctoliro, au matin .j'éprouvai une forto 
cramto: ,1 so |»uvait .pie la fciiimo l'i-snel nVût point quitta Lon- 
dres, et quaveo mes japiers. et les nnseijrne.iuMits que je lui avais 
donnes elle pût tenter do retirer tout ou partie ile mon argent du 
.redit Lyonnais de I/)ndrcs. .\ussi je me renilis de iioniK- heure au 
bureau central du frMit Lyonnais de Paris, Boulcv.ird des lialiens 
et je demandai que l'on téléphonât à ramenée de Londrw. 10. Lombard 
Street, h. V.. ,k. ne rien payer, à qui que ce soit, sur mon c-ompte, 
jusqu a mon retour. 

.V forée d'insistance, ils consentirent, à condition que je payasse 
es frais de la eommunication, ce que je fis volontiers; mais ils me 
laissèrent entenilre que, d'après eu.v. mes soupçons leur paraissaient 
mal tontes, de mime que. plus tard, beaucoup d'autres «ens, pleins 
dassurance osalenieii dans leur iijnorance des faits, qu'ils ne consi- 
déraient ,iws comme néceisaires pour pouvoir juKer d'une affaire 
curent aussi la conviition que je n'avais pas été assez méfiant. 

Cependant. i,cu satisfait <lii ri^ultflt do cette communication je 
me rendis à un bureau de poste, d'.n', je téléfrrapliiai le même mes- 
sage au bur.>au du Crédit Lyonnais de Londres. 

Je nie rendis ensuite à Versailles, et avant de me présenter chez 
les Le,*TOn je pris des renseignements sur eux à la mairie, où l'on 
me donna d excellentes références, et certains détails : Cesbron était 
rentier. Il vivait d'ewmomics ama.ssces comme pharmacien ou chi- 
miste. Le fonctionnaire me donna aussi leur adresse exacte, que 
J avais évite de lui donner, pour voir s'ils étaient bien connue. 

.Te me rendis ensuite chez eux, et ils ra'awueillirent le plus gra- 
ciou-sement du monde . U sincérité apparente de leur cordialité la 
somptuosité de leur a|.partenient. l'aise dans laquelle ils paraissaient 
vivre et. surtout, les Ixmnes références qu'on m'en a, ait donnc-s à li 
mairie joint à l'opinion des employé,, du Crédit Lvonnais sur mon 
excès de soup<;on. tout me fit penser que probablement, j'avais eu 
grand tort le matin de soupçonner leur honnêteté. Je me sentis mé- 
content ,1e moi-même d'avoir montré si peu de confiance, et fait preu- 
ve de SI pou de eonsidcration. 

Quand je leur dis que je retournais à Londres l'après-midi, ils 
.parurent fort desapipointés que je ne me fusse pas préparé J rester 
nne semaine ou deux. Miss Mary Smith, m'assurèrent-ile, serait très 
contrariée de ne m'avoir point vu. Pourquoi ne les avoir pas awrtis 
que ma visite devait être .si courte ? Ils l'auraient avertîTelIe, de 
l'heure do mon arrivée. II me fallut donc, d'urgence, leur promet- 



LA VEIiîTE VO.WElîSAST L'AFFAllîl-J UElltnn' 15 



irt' dt' revenir bientôt, et, tTtte fois, prépart' ù rester plus longtemps. 
Je demapitai alor^i qu'on me rendit nies impierd, faisant reniar- 
')iu'r que le notaire devait nvnir eu le temps de le^* examiner et d'y 
prendre les note.s dont il a\ait I)e?oin. KUe nie rJpniidii que quelques- 
uiLS des docunicnta étaient eneori' entre les mains du notaire, qui en 
avait encore besoin, et (pie les autres étaient dan?; son coffre-fort ; maid 
Mary Smitb en avait la clef, parce qu'elle y avait enfermée ses con- 
-l'iidéis, qu'elle n'avait pas eu le temps de dé|>oser au Crtnlit Lyonnais. 
Kt il était imjwssilde de voir ilary Smith ce jour-là, puisque je ne les 
avais pas avertis à l'avance. 

Je dus donc m'en retourner à Tjondros sans mes documenté. 
Apri^ mon retour à T^mlres, je reçus plusieurs lettres des Ces- 
l'ron, renouvelant leur invitation, et me pressant de leur rendre vi- 
j^ite et de <lemeur<?r chez eux pendant une couple do semaines. J'y 
vis alors une iwnne occasion de rencontrer ces capitalistes avec qui il^ 
me disaic'nt être en relations, afin de m'aspurer par moi-même de ce 
qu'ils se proposaient de faire. 

Je pourrais en iiu'nie ti'uips soumettre à l'examen des échan- 
tillons de lait stérilisé |>ar mon procédé, comme je le leur avais déjà 
proposé. Comme ils n'avaient pas accepté mes conditions de payer 
nies dépenses de voyage, je résolue de ne plus insister sur cette condi- 
tion, et partis afin de leur montrer les résultats de mon procédé. 



^41 



h; 



Ma seconde visite à Versailles. 



Plein de confiance danj* la bonne foi fies Cesbpon. rassuré par la 
tournure de l'incident du 1er octobre, et les bonnes références que 
j'avais re<;ues d'eux, à la mairie. ,)e me rendis à Paris le 16 octobre, 
«[«portant avec moi toutes les matières nécessaires pour produire dea 
tVliantillons de lait stérilisé en présence des capitalistes. Cesbron 
m'attendait à la jjare. Tl me pressa vivement d'aller directement chez 
lui et je m'y laissai entraîner. ,îe fus encore reçu à Itras ouverts. Je 
liur dis <]ue je m'étais préparé à produire les échantillons qu'ils m'a- 
vaient demandés dans leur lettre (iu 27 mars, s'il m'était possible de 
loncontrer les capitalistes et de m'entendre avec eu.x. Pesne! me répon- 
ilit que c'était impossihle pour le momcut, Ice capitalistes demeurant 
Ml Normandie, aux environs d';\lençon et de Trouvillc, mais que noua 
pourrions les voir dans quelques jours. 

Pans l'intervalle, nous pourrions voir Marj" Smith le lendemain, 
et. peut-être pourrions-nous noue entendre avec elle. Marj- Smith, 
«Inondant ne vint point, mais je reçus des lettres d'elle, ou quie je 
froyais venir d'elle, et auxquelles je répondis. 



*!!f^. 



'•■v ■'<(.L\r>.iu: fHA.\XAis 



™«l,ate.„c.n, aj,rfe notre Jnà^ '" '""'"' """' ""^ '«^ "'■"•■'ttre im- 
d^n,lo,erre ,,„„. ,, io„s„i;„' , '' , n'j ^''' T ■''" '" •■™^'" 

'«Ila.t alors <«„,„I,er lo c'ÔLul I H„ ?" """ * «"'«'"lam. Il 
acrompapner, co que je fi, «""«n'I-, et elle me pria de 1\ 

-"-^-ulMuUai.^aitlI ner. t"i : J^ï """\«'"™». •■V..„it elle, j 

.le me rendre ,„e» I.a,,,iers, 0,^1!,'";'? '''^"v" ""''''•™ ■■>'?-■!■»«, 

Çuse, b,en définies ,,„ur „,e re,, ett?; r . r r"'''" '""J""" ''*« <■^■ 
»<Ire le retour de Jfarv Sm^* iVeW I ' '' t '*^*'*'» « ■"■ 
<i.,a,t-elle. mettrait tout eela à Lô 1 "'" '""'■''-fort, ee qui, 

vait rien faire avant; ctt'it W ul ''"""™' •^'""' 1"'"" »» P™ 
ment., restaient impuisintr """ '"'"' "'"^"^ '«'l'-elle les ,r^. 

affaire était une mv,iifioation y elnri! Vn 1"" ^'""''- '""'" 
^ta.t véritable, e'était une eh^e" bie7ej r „ ?"*■ ''" '"''' ^' '' -^^'l" 

r i r ;:^^ '' -- ^•■•™ ^^otnr'5^„r^4 "^;: 
;^o..;^.v ;::Snr!e""::::i./'r::;s"^ t^^^ * '^™"- 

h... o„t abandonner et m'en n-tournërTîi d '"'™""' 'l"''' '»'" 

«"f^:;::t^^^:it^'^fr ^:r^-; r ^^ "» -^ -^ 

1". to a le révoquer en,uto s'H^ e^ fai/j';; 1"^"' ™^ ''^-"andait. 
T' ^"'f ■ "" '«"«^e représentation de a trt """""^ ""'" ^ «'"'f 
'a me.neure manière ^reeouv.r", cL 1 «t^ ""■ '' -"-"'' ^*»'' 



ùocument 
' Cesbpon, 

'l'H'unipnt, 
iK'trre im- 

<!<• Mnry i 
'i' Consul 

faire U. J 
1*1'; mais 
dam. Il 
ia de l'y 



JU. J'y 
file, et 
et don- 
rt'prisee, 
ire à ce 
des ex- 
ta à at- 
fe qui. 
le pou- 
9 ar^\i- 

voulait 
- toute 
si elle 
l'avais 
t pour 

■onncs 
1 fal- 
le vis 
tirer 

e r^ 
idait. 
»vajt 
était 



lA VEUn-K COyCEUXANT LAt'FAllΠUEUEHT 17 

ttrqumlioH policière. 

I Vers ee temps-là, eut lieu un autre incident étrange Lc« Ce»- 

Imn reçurent une visite de la j.oliec le samedi, « oitolire ISOii à la 
suite d'une plainte porti* contre .ux par M. Ulère. le riancé de' Miss 
Northeliff, pour se faire rendre les présents ,|u'il lui avait faits 

Je fiK questionné par le juge d'instruction, Jl. Mangin Boequet, 
au sujet des Cesbron. Je répondis qu« j'étais en relation d'affain-s 
avec eux au sujet d'un procédé de conservation de lait, et que je les 
croyais honnêtes et respectables. Je rejetai k |,eu pri's ce que le fonc- 
tionnaire de la mairie m'en avait dit. Plus tard, naturellement, cela 
fut considère comme très mal de ma part. (Quoique ce fût tK^s bien 
de la .part du fonctionnaire de la mairie.) 

I.e ju){c d'instruction, cependant, «n'assura «lu'il n'v avait mienne 
plainte contre moi dans la plainte de .M. I.olère. 

U femme Pesncl avait i produire une caution de (l.dOn frs mou- 
lant d une facture, produite au juge d'instruction, imur l'achat de 
deux Iwgues par M. IMm pour Miss Xortlieliff. U femme Pesncl 
me demanda de lui avancer cette somme jusqu'au retour de '\rarv 
Smith, quand elle pourriit ouvrir son coffre-fort et me rendre eet 
argent. En même temps, tous les jours je recevais de« lettres â<,i- 
disant de JIiss Mary Smith, dans leur «ms. 

J'étais convaincu ipi'iis avaient aoi honnêtmeiit envers M La- 
lere. Ils me firent voir une de ses Iet..es dans hi.|ii,.|le il rompait 
-on enpigement avw- Mis- Xortheliff. Dan- ces conditions selon 
moi, c'était M. I^ilère qui s'était mis <l„iis son tort et rendu passible 
dune action en domina<;es-intérêta iwiir repturc de promesse de ma- 
riage. En Angleterre, bs présents entre fianet-s ne sont pas retonr- 
iinhles, a moins qu'il ne soit entendu ipie tel, pivs,.n|s .levnmt être ren- 
dus an cas où le miiiiage n'aurait pas lieu. Je pensais que Jf. i,„];,ri, 
a;:issait par dépit et qu'il serait débouté .le sa demande. 

Cependant je conseillai de rendre les jirésents. et Pesnel fei^rnit 
.1 approuver mon conseil. Je pensais qu'en représentant à h. je'^ino 
lille (Mise Northcliff) les complications pro<luit,.s par son entêtement, 
et en lui fai.sant toucher du iloijt celte niternali e: ou de rendre les 
lirésents, ou de voir son nom et son adresse doiin,- au jut-e ell^ serait 
anxieuse de se rendre immédiatement. Considérant la fortune qu'on 
hii supposait, je ne pouvais attribuer son obstination qu'à la colère 
ou au dépit de la rupture de l'engagement par If. lanière. 

En outre, la somptuosité de la demeure, du mobilier, qu'ils di- 
-aunt avoir .payé onmptant, et dont ils a\aient les reçus dans leur cof- 
fre-fort avec des obligations pour une somme île irn.noo frs.. au por- 



IM 



i.\ .ii'.iyjj.lj.i; t'HAXÇAlU 



tvuri uno uut«mul.ik. ,fc lo à la.uou franc-s, dam laquelle iU me pto- 
mauu,;n («riout, tout cela .„. fit .roiro ,|u'.l, me r..ul,uur*raient 
uans ,|u..l.|i;oi jours i-,,,,,,,,*, ,U, ,„« !„ p.omettaient. 11 est vrai que je 
n avais pas vu 1« oUigatioM, ma» la rCsiJencc «omptucuao. l'automo. 
|ik-, etc., .lie firent eroiR. que leurs clwlaration, au sujet <le3 HO,- 
("10 francs .talent vraies également. 

Cn autre ixjiat im,H)rtant iwur moi, e'était la caution île 6,000 
iranes (f.lO), .leinan.kv par le ju^e il'iustruetion, et représentant 
e prix exact, rocOamé par Ulère, dea deux baguea, d'aprèa 1» fac- 
tur,., produites par lui; je ne feu, paa ,«nétré de l'idée que le jui™ 
dinstruetion attachât lx.auco^p d'iraportanee au déUt dont P^nel 
était accu**: cette somme ne représentait que la dette civile en quea- 
iion puisque, », |>..snel devait être jii^.'.e n^sponsable à l'audience, cela 
ne lamsait sulMister aucun crime. 

'l'outes c-K considérations me rassurèrent sur son coiiiiile- n™n- 
moins. je refusai, et répondis qu'elle ne devait pas compter sur moi 
pour ]m ava-çer cet argent. Elle prot™ta que ce n'était qu'une avan- 
co momentanée; je vis lA une occasion .le vérifier la ri;«lit;. de la 
. donation, et. eii même temps, de prendre le» précantiona nécessaires 
pour m assuivr le tcmtoursement de l'arsent que je lui avancerais. 

f,„„ -M ''^>''"? '^'"'' *' *"° ""'*'* "« «""««f ««' «Ole de dona- 
tion quelle m avait montré, je lui avanceraia la somme contre pro- 
messe «rit<. pa«e en due forme. Je croyais qu'elle n'en ferait rien 
et que je jwurrais ainsi éviter de lui avancer cet argent. Nous ver^ 
rom, me d,sais-je. Si elle me confie l'acte, c'est qu'elle agit en traî- 
re*,e v.s-à-vis de Mary .Smith, ou qu'elle se conduit comme un im- 
posteur. .Si elle n en fait non, ,^ sera bon signe. Dan* tous les cas 
voil,\ ma condition, et je n'en démordrai pas. Kilo pr„t«,tn qu'elle 
ne iKiiivait pas faire une chose Mireille, et que, quand bien même elle 
k voudrait. Cesbron n'y coaseatirait pas. Je persistai, sans vouloir 
nen changer a ma condiiton. 

Ce|«,.ndant le juge d'in.struction la talonnai;. .Te me rendis en- 
core avec elle, e dimanche, ,\ la gendarmerie, pour m'assurer que la 

L, W,r-T, '"•■""*'",':>'' <'<' * '•'■■xi™ à Tendres pour chercher 
les bagues. On me rôpondit que oui. 

tin,!,'^""" ^"^^^"I ^' '"" "'«"'«'*'" "n Wllet promissoire sur papier 
F«e ™ r"*^""' a rembourser l'argent dans un mois avec inKrêt. 
Elle me le remit avec l'acte de donation et prit l'argent, qu'eUe déposa 
comme caution e même jour, dimanche, 88 octobre 1906, pour Tvoir 

meTouT'"" * '*"''"^' "' '""" ^™"*'"*» V«^"^ '<""^ 

Cependant, elle n'alU pas directement à Londres voir Mias North- 



LÀ VEHITE COXCERSAM' L'AVFMÏiK liEtlElîT V^ 

f tliff, floiis prétexte (juVlle déairait voir Mi« Mary Smith auparavant, 
i iifin H'obtt'nir d'elle la elef de ëon coffre-fort [wur me rendre meg do- 
^ < liment*» et l'argent (|ireUe m'avait emprunté . Klle prétenflit encore 
; m.' montrer lee numéros de contKjlidtf de Mary Smith. 

Je ne faisais plua attention > se» histoire.-', car je voyais que c'6- 

Mit une impostcuîH'; wpendant je eroyais pouvoir aisément les faire 

piiyiT leur dette, indéniable, grAce au hillel promissoire en lionne for- 

-, nu'. en prenant h« mo-,ena légaux approprit'*» et en faisant saisir leur* 

- effets. 

Mon but princiiMïl alora était de ravoir mes papier» et de m'en 
^ n'tournor à Ijondro.-. puisique mes réelnnmtions répétées n'avaient eu 
] nul effet. 

î Je désirais aussi rencontrer quelques-uns des capitalistes, s'il y 

) en avait, tout au moins 416 parler à M. Ferdinand Blin Lintz, de 
■ Uonfleur, qui m'avait écrit à la date du 5 août, afin d'apprendre de 
lui ce qu'il savait d'eux, de« Ceabron et do leur projet, et ce fut sur ma 
; réitération de ce d^r qu'elle sembla se décider à partir pour Aîençon, 
en Normandie, près de l'endroit où les capitalistes étaient censés de- 
meurer, et à peu de distance de Honfleur, domicile légal -de M. Blin 
Lintz. Je m'y rendis avec eux. 

Quand je leur parlai de consulter les capitalistes, ils me répondi- 
rent qu'il.i désiraient d'almrd trouver un emplacement où l'on pût 
rt'cueillir le lait des fermes environnantes et le préparer pour l'ex- 
|)édition, et ils se mirent à chercher la propriété convenable. 

Une des propriétés qu'ils avaient visitées somlJaient leur convenir 
.-'ils pouvaient s'y procurer l'ea" m-cessaire pour le nettoyage des 
ustensiles on usage; main il n'y avait pas, me dirent-ils, de puits dans 
la propriété. Ceebron engagea des ouvriers, qu'il aurveilla, «t fit 
creuser un trou dans le jardin, pour s'assurer s'il pouvait y obtenir 
une i>rovi8ion d'oau suffisante . Sans aucun doute, cette excavation 
était destinée à me servir de tombe à la première occasion. 

Pendant tout œ temps, ils prétendaient attendre l'arrivée dâ Mary 
Smith, et tous les jours je recevais à l'hôtel, par la poste, des lettre* 
of-nsi-es venir d'elle. Quand je ne faisais pas assez attention à ces 
lettres, et que je les pressais de faire naître l'occasion de rencontrer 
Ips capitalistes, ib, faisaient semblant d'apporter tout leur zèle à l'af- 
faire du lait, et me demandaiert de les ?(x:ompagner pour choisir une 
maison ou une propriété convenable. a jour, nous sortîmes tons 
trois en voiture, et ils proposèrent de revenir à travers un bois, très 
tard dans la nuit, dans l'intention, j'en suis convaincu maintenant, 
de m'asaassiner en route en passant dans le bois, mais leurs plans fu- 
rent déjoués par ma décision de revenir à l'hôtel par chemin de fer. 



(0 



fiV HCAMJAlt' FHAAXAla 



CHAPITRE II, 
Boiê-Lt-Roi. 

TtnlaUM d> Meurtre ,„r Ma Permise. 

, r'zr "ïir'ii'S-^mlir"'' ^7"^^'"' "™ ■"«"« »' >»'«' 

pour ,„o ,l«er„.i„>.r à renoont^ M„n "„,' J^ .""«"P^^"- -"o" 
to .lorniM- «ait allée à Fontainobe,?, T • n ,'""'™ l"' <*'■ 

quVll. ,l«irai, le prend" ,Z ,„«»,*• ,"?" J'' '"""• * P^^"t. 
nvant ,c tomps-l,',, et il, pourraient "tendaient à „,on r..|,„;r 

<l'"tté Alençon FHe me ' -l""' "'','''"' '""*• '''-'«'^ """-'"^ 'l'^v,^ 

rrn- ïè-^^^^rdr;:;;'^^" r^- --":^.!! 

Po^ren qn«ti„„„rtT«n sJtlmtt' '"J ^'f '' "'"'■^" ''''- 
mo <I«idai, dono d'y aller confrontant avec eux. ,Te 

vireoM "i;.rrei:;^ r;;:'":™ "^ t"i:- '••■"-' '* ■"«■ ■<■ -•• 



au 
p«l 

p(H 



pul 



flie 
rièi 

l'or 

Mo 



dit- 



dan 



Vil 
\t ] 
n'in 
T 
ftaî 



pin 

Vai: 



LA rSRITH VOKVSKXAA'T LAfFAlHH llHUtlHf II 



4 
partif 1 

>nnunt ) 
Parif, 1 
effort ] 

ne cet- I 

3 tcîn- 
venir 

? pour ij 

, si If I 

■ésent, 

re, et 

s qlip 
■l'Ioiir 
trdc 

■c fll- 

ntiit 

s'être 

iivrir 

Man 

Je 



rait, 
con- 



InnùMu i»! lecheiiim. Nom pirtiuiM en oiuiiibua juoju'à Charcatoo, 
nou» prliiiM (Im \MeU pour lleluii. et Je là, au lii'u île lonlinuiT 
]M le méiue train jiwpi'à Boi»-le-Boi, noua prium d'autrei btUeta 
pour C'hartrette», qui ae Irouïe à IH ou 8 kilométrai de Villa Mont- 
lourt; tandis i|u<' la ((are tU- l«oi»-le.|liii n'est ipi'à ircii* iiLiiiui.M ,1e 
marelle de Villa Montcourt. lia, Ceibron aoui attendait pour noua 
montrer le chemin juiqu'i la N'illi. 

Durant ce Kiya^e, elle «'effiirga do ne |iai attirer ralteiiiiiin du 
public. A l'harentnn, où il fallut attendre quel.|ue temps |«)ur le 
train, elle me suggéra d'entrer dana la chamljre d'attente ; "Il y a tant 
lie mnn<le (jui noua regarde, ici," dit-elle. 

.Voua marehâniw de Chartpctte» A Bois-le-Roi. guidé» par Cea- 
!t*)Ii. et bien qu'il fflixait trè't noir, nou.s ne >»iiivîrnes \u\< le jirand 
elicinin iwur arriver à Villa .Moneourt; mais noua poaaâmea en ar- 
rière de* maisons sur lu (fauche, [Mur descendre au grand chc-min à 
T'ipiioeé de la Villa. 

Comme nou.s cntrnrae» la grille, quelqu'un sortit de chez M. 
Mi>ntcourt, <|m demeun' lie l'autr' côté du chemin, lor«i|ue Pwnel 
-t-eria avec imputii'nee: Pounpioi ces gens devaient-ils sortir juste au 
niiiiTU'nt cii'i nous entrons ? Mais l'obscurité intense les aura cer- 
Lriinemcnt eminVIié de it,>us voir, au moins, de voir combien d. per- 
sennes nous étions; car Cesliron était déji'i entré dans !<■ jardin. 

N'oiis mtrfimes dans la maison et Pe-snel me recommanda de ne 
l'as allumer le feu dan» ma chambre, ni d'y faire de lumière; car 
'l;l-ellf, M. \lnnlcourt c.ui couche à la maison voisine, pourrait p"'.- 
SOI (|ee noti.. (nnsunuii.s lio,i de lumière électrique. A minuit cepcn- 
ilnnt. Marv Hmith n'était pas venue et nous nous couchâmes. 

T^ jour srivjint. iundi. 19 novembre, Madame Montcourt. qui 
m'avait vu avec 6ui ii ma première visite i Bois-le-Roi, entra à la 
Villa et, dans le cours de sa conversation avec PesncI, lui demanda si 
1" Docteur pnslais étui; revenu avec eui. Pcsnel lui réjxindit que 
rim ! 

Pesncl nie remit encore une lettre, supposée de Mary Smith, qui 
ftait censée être à l'IiStel "Aigle Noir" i Fontainebleau, et dan» la- 
lurlli' ille fnis.ii! des cj.cuses pour n'être pas venue le soir précédent 
ft promettcit de venir le soir même, sans faute. 

Dans le cours de la journée, ils tirent venir le sujet de comparer 
niM forces. Klle affirma qu'elle pouvait l'emporter sur un homme avec 
■il force musculaire, et nous en vînmes è essayer la force de nos bras 
"t de nos poignets. Noua tirâmes aux poignets, c'est-à-dire, nous ap- 
puyâmes nos coudes sur une table et, prenant nos mains, l'une dans 
l'autre, nous tirAmes vers noua-mêmea, pour voir qui renverserait 



22 



t'A' aUANVALE FKANÇAIH 



l'autre, l'osnel essaya avec moi et je la rehversai facilement, je lui 
i'is mettre ses deux mains <-ontre moi une et je la renversai encore ai- 
sément. Alors, elle ref . s' ^ mains en disant, que vous êtes fort • 
essaie donc, Cesbron, pour voir si tu peui le renverser. Ceebron ne 
voulut pas essayer. 

CVti, je sui.*; convaincu, était une épreuve préparatoire pour s'as- 
surer de ce qu'ils auraient à faire si leur première balle manquait eon 
but, et s'ils avaient à me faire face en vie. après le jiremici- coup <]-> 
revolver. Je crois que l'impression que cet essai de ma force fit sur 
C«ebron, fut une des raisons qui le fit prendre la fuite, après avoir 
tiré sur moi ipiand je m'élançai sur lui, de peur que je ne l'empoi- 
gnas-se. 

Ija journée se passa en toute tranquilité . Pesnel se fit très at- 
tentive envers moi et je lui fis la remarque que son déjeuner était 
préférable à celui de l'Hôtel. 

La Sûreté découvrit subséquenunent, comme on le venu plus 
tard, des préparatifs élaborés poux m'assassiner, qu'ils avaient faits, 
pendant mon séjour avec eux à Versailles, dans u^.j vielle maison, 
qu'ils proposaient d'acheter à Glatigny, dans les environs de V'creail- 
les et qu'ils m'induisirent à visiter; mais leur projet fut probablement 
déjoué par la perquisition policière mentionnée plus haut. 

I.eurs nouveaux efforts à .Alençon n'avaient amené aucun résul- 
tat, ce qui était, en grande partie, dû à ce «ju'ils n'avaient pas de raaisou 
à leur disposition; car à l'hôtel, nous occupions des chamTjres séparées 
et sur différents étages ; nuiis, à Villa Montcourt, toutes ces difficultés 
n'existaient pas. Ils avaient fait envoyer une grande malle de Ver- 
sailles à Bois-le-Roi, destinée, selon l'opinion de la police, à iwevoir 
mon cadavre pour en disposer. Ils avaient loué la Villa pour un mois 
et. quand ils la quittèrent pour aller à Alençon, ils donnèrent des or- 
dres de faire vider la fosse d'aisance pen<lant leur absence; probable- 
ment comme une alternative pour la disposition de mon cadavre. 

La Villa était éloignée du grand chemin par l'espace du jardin, dont 
l'entrée était gardée par un mur et deux grilles en fer. On n'y aurait 
pas entendu un ibruit léger. Une fois les grilles fennées à clef, per- 
sonne n'aurait pti entrer dans la Villa. Après le diner, il n'y avait 
pas de serviteu;. et nous étions tous trois seuls, dans la maison ! C'é- 
tait un lieu idéal pour y commettre un meurtre pendant la nuit. 
On aurait pu en effacer toutes les traces, laver les taches de sang et 
disposer du cadavrç avant le jour. 

Mary Smith n'était pas venue, j'annonçai au couple mon inten- 
tion de lui écrire que je viendrais à Fontainebleau le jour suivant à 
l'Hôtel "Aigle Noir" pour la voir. 



LA VEUtTE COyCEHy.iM LWFF.MlîE llEilEIlT 2;î 

Naturellement, ils virent que j'allais d('v'.:ii,i :■ !ir uup^iature, car 
Mary Smith n'était pas à 'TAigle Noir., I . avaient qu<' j a.-i s dans 
ma valisp^ doux carnets de chètiues dans lesqi U 's m'-iva^'o, vu écri- 
re des chèques, et ils s'aperçurent qu'en attei Axii plut longi ;inps, ils 
perdraient leur occftfiion. 

Avec ces deux carnets en leur posbession, ils pourraient contre- 
faire ma signature en faux et s'ingénier à retirer mes fonds du Cré- 
dit Lyonnais", et ils résolurent d'en faire refisai. 

Cesbron était « se avoir un froid et Pesnel lui prépara un grog 
chauti. Elle m'en ofl , aussi, mais je refusai. Sage prudence, peut- 
être. A ce moment, ^e m'aperçus qu'elle devint trt> escit^'e; elle 
entrait et sortait de la chambre suibitement et paraissait troublée. Elle 
feignit d'approuver que j'écrivisse à Mary Smith et me pressa d'écri- 
re de suite. Nous entrâmes dans la salle à dîner. La lumière élec- 
trique était éteinte à ce moment, mais il y avait un petit bout de 
ehandelle qui brûlait dans un chandelier ^ur la petite table près du 
calorifère, où je m'assis. 

Ils prirent la peine de placer un damier devant moi, sur le côté 
opposé de la tal)le, afin, dirent-iL«, que les voisins ne voient pas la 
lumière à une heure si avancée, ila tête était ainpï placée dans un 
carré dt hmiièrc, le reste de la chambre étant comparativement dans 
l'obscurité. Même à ce moment, je n'eus aucun soupçon qu'ils 
avaient l'intention de m'assaasiner. 

Je commençai à écrire ma lettre et, après quelques minutes, ayant 
remarqué que Cesbron était dans la chambre avec moi, mais n'y voyant 
pas Pesnel, je regardai à ma montre. Il était minuit et vingt minutes 
du matin, le yO novembre. 

Presqu'auesittit après avoir recommencé à écrire, je reçus une 
balle. Je sentis la poudre, que je pris d'abord pour la senteur de 
vulcanite brûlée, comme venant de mon stylographe qui m'échappa 
de la main; mes lunettes tombèrent à mes pieds. Ija balle m'avait 
frappé derrière l'oreille gauche, avait pénétré le pharynx, traversé la 
base de la langue et fracassé six dents de la mâchoire supérieuire 
droite. 

Je regardai aussitôt vers la porte du corridor, et y vis Cesbron, 
dans l'attitude du chasseur, un revolver fumant à la main, comme 
s'il eut voulu ol*erver l'efM de son coup de feu. Je bondis aussitôt, 
et m'élançai sur lui, et. bien que je n'eusse aucune arme, le lâche se 
sauva dans le jardin avec son revolver, et je courus après lui ; arrivé 
à la grande porte, Pobscurité était telle, que, ne pouvant rien distin- 
guer, je me dâiigeai vers la petite grille. Trouvant oelle-ci fermée 
à clef, je tentai d'earaJader le mur au-dessus de la grille j et, lorsque 



i 



nvr 



*'' ''-^ '^V-iyjlAl.li FIlAXÇ.tlti 

ma tête apparût au-de..u. du mur, formant cible en no,r sur le ciel 
je R^s une autre balle «ur le sommet de la tête 

d, L,n. .-, ""*" "'^ «'■'«" " l'int«"eur du jardiu, mais 

rMomber, et ne déchargeât son arme au pied du mur, à l'endroit où 
}^>p je me traînai immédiatement ju^u'à l'autre «trêS 1 la 
grande grille, et me blottis derrière les huissons 

f,-,t ■! ^''"1' f "°'''' ''"'■' ''"" impossible d'apercevoir qui que ce 
fut, étendu à terre, et il est probable que, dan sa surexcitltrn U 
r^n,^ que j'ava,. franchi le „,„.. Je .demeurai immob^e dans^tte 
postfon pendant quelques minutes. Tout était sUence; ie n'entn! 
qu'l^s'icr''""""""^'"--' chuchotement, absolument rfen Jus- 
^ualors je nava.s moi-même articulé aucune sj-llablc, ni jeté aucune 

me tirât trois ou quatre coups de révolyer de ..uite pour m'immoser 
Mleneo .Te compris que. si je ne fai,s„i. „„.„„ [;„;, X™ 
serait désireux de n'en pa. faire lui-même, ,„ de me tin- le mZ 

Il y arait un moyen facile de m'échapper à travers le jardin sur 

direct on; ma,, je son.^ai soudain que Cesbmn y était peut-être déjà 
a ni attendre, ,.„r me tirer une autre l«Ile au moment où je travS! 
crais quelque endroit mieux Maire du jardin, et. en même ZZ 
je me souvins d'un mur bas à ma droite, en arrière de Ta S' 
Me sentant sauvé, je criai: Lâche! ! Lâche ' I I ,'„ fZ l-' 
le petit mur d'un bond et me trouvai dans ît ttraii 'va^c d et;! 

«îJ\^7; f ^t '"• '" "'«""' f«*''*»™t '» 8""dc route en créant 

Lâche ! ! ! Au meurtre I ! ! Au meurtre I I !" et j'«r"™î à 

la gare rapidement ■' ""^'^ * 

nolii^ '^T'"'^'' '" "^f* ^' 8"* ''" P""™'' m'indiqner la station de 
police la frfus rapprochée; il me répondit <,u'il y avait bien unW 

trl-fr r/' 'T "' «"'^-'«-«"i. ™ qu'il serait pix>tahleS 
b en difficile de le trouver à cette heure de la nuit, taodis que i~ 
raia trouver un bureau de gendarmerie ouvert t^ute la ndt 4 Fot 
tamebleau, où je résolus enfin d'aller. 

et er»?!?^'!^"*' "' '''"""* ""' '" '^'^'^ ^^ *^''"** ^' "«» W-s»"".,, 
■ ••- i*"^"" *^" ''"'S " P™f"*'oii, j'écrivis immédiatement une courte 



i.l VEimii VONCURSAST l'AFFAlHE UEBEltT 25 

déclaratiun sur du |Mpier <|ue me procura le chef de gare. J'y indi- 
■luai mon nom, mon adro&se, les noms que je connaissais des c4bron, 
iour adresse a \cT,-^dles, et jy retraçai leur attentai sur moi. Je 
remis cette déclaration au chef de gare. 

Il me témoigna Iwaucoup d'attention et de svmpathie me fit 
entrer dans son cahnict ■ t a.s9eoir près du feu. J'avais la tête nue 
ot mon ^ng coulait i fl.„ de mes blessures, saturant mon pardessus' 
autour du oou et sur les épaules. .\loi^ j'empruntai, à l'un des 
euiploves ,Io la Rare, ur, essuic-niains en grosse toile, que je pre.«ai sur 
mes blessures jmur tâcl.er d'en arrêter Thémorrhagie. 

Quelques minutes après, un train de marchandises entra en gare 
et on me perm.t d'y monter jwur me rendre à Fontainebleau. Arrivé 
a la station, jo ne pus trouver de voiture, à cette heuro tanlive, pour 
l..e conduire a la ville, qu, se trouve à deux ou trois kilomètres de là 
et je du., attendre près d'une heure avant de prendre l'omnibus du che- 
min de fer Je me procurai, pendant ce temps, du papier dans un 
bureau de la gare, et j écrivis ma déposition en attendant l'omnibus 

Knfin, je me rendis, en omnibus, à la gendarmerie, où je remis 
ma déposition toute prête. Après avoir répondu ,\ quelques questions 
<|uon me posa, je retournai à la gare par le même omnibus; mais 
1 agent de iwlice qui avait reçu ma déposition insista iwur que le 

lieirres de repos. 11 donnr, ordre au c«.her de se présenter à l'-'Hôtel 
lirunet pris de la gare, et de demander au propriétaire, en son nom 
a titre de faveur personnelle, de n.e préparer un lit pour quelques 
heures ;naturellement, je dus le paver pour son dérangement. Le 
propriétaire repondit d'une fenêtre de l'étage supérieur, et lorsque le 
cocher lui eût expliqué les circonstances où je me trouvais, il s'excusa 
<.sant quin avait pas de place. Il va sans dire que quelques-uns 
<le ces hôteliers ne se soucient pas de se donner trop de peine En 
>ons.quenec, jo me rendis à la gare pour m'embarquer pour Paris- 
mais, avant même que j'eusse le temps de prendre mon billet \^ 
■leux gendarmes que j'avais vus à la gendarmerie arrivèrent et me 
prièrent de les accompagner à Bois-le-Roi. J'y consentis. 

De Bois-le-Boi, je télégraphiai au Crédit Lyonnais que mon ca> 
net de chèques n'étant pas en ma possession, on ne devrait rien parer 
ju.squ à nouvel ordre. Je craignais que Cesbron ne s'en fût emVaré 
et ne se présentât à la banque, de bonne heure, le matin, avec un chè^ 
que contrefait, avant que j'aie eu le tempe d'avertir. 

Mais, lorsqu'on fit les recherches dans la villa, nous vîme.. nue 
<■ couple avait pris la fuite en abandonnant tout derrière lui Je re- 
trouvai donc mes malles et tout leur contenu, et les repris avec moi 



26 



f.v aciXD.iLt: FH.iyç.us 



Au bout de deux heures de rei,<« à n.ûtel, „ù je couvris de mn. 
le bt et le, creiUex,, le m«ledn légWe m'exa'nûuaret ni W " 

dont rTe te,r ï^""": 1° ™ ^"^'^ '^'^'^-^'^'^ H^^t^ 
donner le temps à un autre fonctionnaire de venir me questionner- 
ma.» je me sentais à bout de for™, ,,ar suite, de la grn^ S ^^,'; 
que , aval, subie, et je leur répondisse je ne ,« vt-^^^^a en !r? 
qu . fallait que je me rendi^e à Pans, in. délai, po^^ en?rër à ric 
p.tal avant que mee forces m'abandonnent tout-à-Wt, afe d'y recë 
von- les soins dont j'avais besoin; je p,«mis au eon^i^dam^r a 

Je pajai done ma note d'hôtel, et pria le train pour Pari» 

Pital n fait ri,^' '^^'"'' "^ *'''■"" P^ exactement à quel hô- 
P tal 11 fallait aller, ma première idée fut d'aller consulter un chirur- 
gienque je oonnai^s, au moins de nom, puk d'aller à rhZ„l ôn'i 
m .cliquerait. Je pria une voiture, et m; fis «ndui^ à S" Z 
pouvoir changer de foulard, le mien étant imbibé, ne pouva^rprus Se 

.Te mVdressai à plus de douze hôtels, vingt, peut-être- n«i ,i„ 
n accepta de me recevoir. Je faisais pitié, avec Tout « l.'cCur 
ou qui me coulait en rivière sur la figu're, dan« le cou/et Z^mS.' 
lard et mes mouchoirs, ne suffisaient plus à étanchér ^ 

Le cocher me conseilla d'aUer du côté de la gare Saint-Lazare 
0. j auraia quelque chance d'être admis ,:«na un hôtel angWs S 
Idée me frappa comme u« témoignage remarquable de k sulrior 
d« sent.™ent6 humains du peuple anglaia. Nous allâme^ de'^e S« 
Quelques hotele me refusèrent encore; mai, quand Zs arrTvâmes 
au Britanma Hôtel, ce nom me fit teUement battre le Zr ?Z^r 
que, malgré toutes lee rebuffades que j'avais anbies, jeTe fiu^^I' 
ment surpris d'y être admis sans la Lindre objiC „i Iser It 

Je pris une chambre me lavai la figure, enlevai autant de sang ^ 
ou humide que je pus de mon parde.su. et do mes cheveux pri"cl^ 
un pharmacien du coton hydrophile, do l'emplStre adhésif e^fava^ 

Z; w res-Sur '""'" ''''-'''^- "«■" ^ '^ ^^ 

Je m'achetai aussi un foulard neuf, et revins à mon hôtel Je 
me f« encore un nouveau layage, car le »ng continuait ton o„™ à 
couler; j'apjjiqna. m pansement retenu ,^r un cmpCadh*» 
ew el^eune de mes plaiea, que j'enveloppai'Tnaudie deCrno^t u 

Ain» fagotté, je me pr&entai deqi f»i,, à court interralle, che. 



l^A VEUrVE CONVEmANT L'AFFAIKE IIEHEUT 27 

un thirurgi™. maison médit qu'il n'était nas th.-7 l„i II • . 

Je retournai au "Britannia Hôtel" où i,. „„ . u 

camn,c l'ont prétendu certains journaux de ]wue ^! ? ''""'; 
mes blessures à Fontainebleau tu TBoisl'lSTie'me Lf^ 



'î)'- \ 






m 



f.v avAxiULt: yu.iyç.iiii 



CHAPITKE m. 

A l'Hôpital Lariboisiére. 

Le loiiJemain matin, 21 novembre, j'écTivia au commandant de 
la gendarmerie de Fontainebleau, ipour lui dire i|ue j'étaia en traite- 
ment à Ijarilwisière, et le pur suivant, •« novembre. M. Hamard, 
chef lie la Sûreté de Paris, ayant rc<;u des instructions de Fontaine- 
bleau, vint me questionner à l'hôpital. Mais le professeur Poirier ne 
voulut pas le permettre, à cause de letat de fièvre intense dans le- 
quel il me trouva. 

Mensonges et diffamations dans la presse. 

Cependant, dans l'intcrvall,-, la femme PesncI avait et.:- .nrrétée, 
le 21 novembre, à Versailles, à deux heures du matin. On l'interrogea 
ce jour-là, et le lendemain, S8. A ces dcu.x dates, les journaux de 
Paris furent remplis du "Mystère" de ma soi-disant disparition. .Je 
m'étais éclipsé mystérieusement, disaient-ib; mais quelques jour- 
naux, comme compensation, formulèrent l'espoir qu'on retrouve ma 
trace, en réfléchissant qu'un liomiTie qui a deu.\ balles dans la titc no 
peut guère échapper longtemps aux recherches officielles. 

Ils semblaient croire qu'un homme n'ayant que dera balles dans 
la tête, laissant ]>artout des traces de sang "sur son passage, et allant 
8e cacher dans un hôpital public, après en avoir informé""!!! police et 
avoir donné son nom, son signalement, son adresse exacts, devrait 
être coupable de quelque crime horiible, et s'efforcer de se soustraire 
i toute enquête ; sinon, pourquoi ne s'être point fait connaître »ui 
journalistes, qui sont, en France, si renommés pour leur véracité, si 
dignes de la confiance qu'on peut placer en eux, et sur qui on peut 
ei Wen compter pour retracer les faits avec exactitude. 

Peut-être quelqu'un des plus avisés d'entre eux avait-il été à 
Bois-le-Boi ou y avait-il télégraphié pour avoir des renseignements. 
et, ne me trouvant pas exactement à l'endroit où j'avais été attaqué, 
s'écria-t-il triomphalement que j'étais caché dans quelque coin, peut- 



On no 
Janiâig 



■ictime d'un drame 



A.i iA7.7ï7i coxctm.y.ixr laffmhi-: heheiit «ii 

ftre en Chine, |icut^tre ailleurs, inaccessible au monde civilisé: et il 
est i)rolialile <jw lo grand effort intellectuel qu'une déduction auiiai 
laborieuse lui toilta, lui fit croire que si on ii.c découvrit à l'hôpital 
LanlKiisièrc, lorsque j'en avais informé la iwlice de Fontainebleau 
(■était larjîcnient prfice à la sagacité de sa méthode <le recherches. 
C'est coiniii.' les cii(|s, qui eroii'nt (|ue leur chaiii nuuiiial fait lever 
le soleil. 

!.!■ l'itit ./ounial du S3, déclare : 
"i-e dinliiir lléliert n'a jias reparu, 
"dans aucun hôpital, dans aucun hôtel, 
"ne se dissimula avec mitant de .soin." 

l/aiiteur aurait donné plus de sel à son récit, si. apr(« le mot 
"jamais'', pour raccourcir le temps, il avait intercalé : "depuis la mort 
d'Abel." 

Va journal <lo Londres, le -fi. dans ses nouvelles do Paris de la 
veille, mercredi, ïl novembre, raconte : 

"Pour airrcîtr.. 1,. m.vsléiv, le docteur Iléb.Tt hii-méiue a dis- 
■'parii lui aussi. Il parlil pour l'aris ce malin pour trouver un hôpital 
"privé où il pfu recevoir les soins nm'ssit.s par ses blessures, proinet- 
••tant de téléf;rapliier son adresse à la i»licc. mai.s les recherches les 
"plus dilifrcntes, jusqu'à ee soir, n'ont ])U réussir à dréouvrir son 
f.'îte. 

Je supiMse que niêiue le eorrcsjjondant lui-même s'imairina ijuc 
lo tenqK était plutôt court, depuis l'avant midi jusqu'au soir, pour se 
rendre à Paris, se faire admettre dans un hôpital, écriiv à Fintaine- 
Meaii, recevoir nno répon.sc de Paris, et lui apporter la nouvelle à son 
bureau, or il employa l'expression "télégra|)hier", co .pii est complète- 
uiont de «m crû: car j'avais riu au eoiumandant do jrenclarmerie que 
je lui écrirais, et il n'a été fait entre nous aucune mention de télé- 
graphe, Pouripioi faire, téléfrraphier ? 

En outre, les recborchos les plus diligentes dont |iarle l'auteur. 
■ mt dô eommoncor avant le crime, car. jo partis avant midi do Fon- 
fainebloau ou de Bois-le-î!oi. quel délai aecnrdc-t-il donc jiour la ré- 
ception de ma lettre et la réponse, avant de commencer .ses recher- 
ches, puisque j'ai écrit lo n au matin au commandant de gendarmerie 
de Fontainebleau ? Précisément au moment où le publie li.sait scb 
lignes, Jf, TIaniard, chef do la Snn?té h Pari», entrait à l'Hôpital le 
■33. avec des instructions de Fontainebleau pour m'interroger. 

Toutefois, que cette conclusion idiote soit le résultat de l'igno- 
rance ou de la Jiêtiso, ee fut le point do départ de cette opinion, répan- 
due dans lo publie, que j'étais impliqué dans quelque vilenie, et de 
cette supposition que je me cachais par honte de la publier. 



^ Ce jour-là, j,. fu« ra.liosr«|.l>ié, ,l,„„ le |,ut dt- localiwr la bulle, 
qu on me s,,, p,„a,l loRée .lana ,|ucl<|ue iiailie do la tête. Ni l'une 
Uutpe do» d<ux position» dan, lc«.,uclleH je fu, pris ne révéla U pr*. 
«açc dau.-une 1„JI... v.lu- opération ne .ervit <iu'à me donner un 
mal do te.e intense, cjui dura deux jours. 

l.-.h.!nT- '" *''■'*"■ *'" '"-'' "'* '«"»P«-rat"re atteignit près de 104o 
dol'Zt? l' ','"■ ?»••"•""""• •"•"•" tVntl^raJe; pIusieL médecin» 
do Ihop.ia étaient en tram <le me questionner, (|uand japercus par- 
mi eux un horn,,,,.. d'aspect mongolien, <|ui me posa eerta,n« questions 
«ns aucun rapport avec mon traitement, tnais ajant trait aux circons- 
tances qu. i.rec.KJcrent l'attentat, et. comme et* questions lui étaient 
iMp.rée* par la fausse histoire que l\wl avait raconte le jour pre- 
eédent, et que j ignorais, je me sentis trop épuisé par k fièvre pour 
entrer dan» la moindre diN;u«.ion de c^es questions, et je répondis que 
pour le moment, je désirai.^ n'êt,^ interrogé uniquement que sur lei 
matières se rap,«rtant à mon traitement, et je .etueai de répondre à 
«s questions. r ° 

Bien que cet individu connût mon haut degré de fièvre, rassuré 
«ur mon compte par mon apparence calme, qu'il prit pour une pruden- 
ce exagérée, et par mon absence d'agitation, ainsi qu'U le déclara plus 
tard II ne vit dan,, mon refus de répondre, qu'une intention bien 
arre ee de cacher la vente et de dissimuler et son ignorance lui fit 
coKliire qu il n'y avait en moi qu'hésitation, mystère énigme II 
« figura.; que mon tt.,t me iiermettait d'être examiné par le méd'ecin, 
ft ensuit .s.,„mi8 à un long interrogatoire par lui, et qu'il suffisait de 
me réveiller (t de me brusquer pour me décider. Ceci avait lieu le 
même jour que la première visite de M. Hamard, chef de la sûreté 
â qu. le professeur l'oirier ne voulut déjà point permettre de m'in- 
«erroger. I>a conduite de cet Iwmme me rappela, dans l'histoire de 
la médecine, la brutalité avec laquelle la princ«w Conti fut traité». 
mr son l.t de mort, quaml on la boHit à mort, dans le but de l'éveiller 
a une attaque d apoplexie. 

Cet homme n'était autre qu'un correspondant du Matin 
et, b.cn sûr, le jour suivant, S3 novembre, il parut naturellement dans 
ee journal un soi^.sant "interview" de moi, consistant en question, et 
«réponses les unes et 1(^ autres fournies par le malin correspondant 
Im-meme, et enjolivées de détails de son imagination, à la Pesncl don- 
liant une couleur de vérité, sans aucun fait subetantiel. .Te recom- 
mande cet article à toutes les personnes curieuses de Toir ce que les 
pands phUosophes de nos jours ont jusqu'ici déclaré impossible: 
le spécimen de quelque chose tiré de rien. 

Les récits contradidoirea qui paraissent dans les journaux pour- 



L.l VEUITH VO.WHliNAAr lAfKUUi: llEUHltr 31 

raivut être extivmuim'nt ainu«ams, si leurs sujet* nelaienl i>.n ,|ucl- 
quefois pathétiques. On n'en est pas étonné, «i l'on considère qu'une 
partie des rorre»pondante du personnel de I4 preaw ordinaire se com- 
pose de jeunes novices, qui possèdent une soif insatiable de paraître 
luut savoir et qui attachent !«aucoup plus d'importance à fleurir 
fcur langage de phrases attrayantes ou <!e (scènes palpitaufs, qu'à 
donner un simple récit des faits. 

Dans son numéro du -fi novembre, le correspondant d'un autre 
journal de Londres, trouve qu'il y a beaucoup d'incohérence dana 
mon récit de l'attentat, et prétend le raconter avec pleine connais- 
Mnce dœ faits; mais il prouve plutôt l'inconsdstance de son -nvrai- 
«inblable histoire. 11 raconte : 

'■Il (Hébert) grimpa sur le haut du mur, et tomba dans les 
■■IniHsons. Comme la nuit était très obscure, t'csbron perdit sa vic- 
"timo de vue et en abandonna la iwursuite. C'est un peu étrange 
l'cette lustoire du docteur : si Cesbron avait réellement l'intention 
de le tuer, pourquoi n'a-t-il pas santé par-deasus le mur, cherché à 
lutons sa voie iwrmi les buissons, et fini sa besogne ':" 

Xaturellement, ce correspondant savait que Cesbron n'avait pas 
réellement l'intention de me tuer; rien que deur balles dans la tête ! 
(«•la ne suffisait pas pour l'indiquer; cela aurait fort bien pu se faire 
l'il jouant, i-t avec de Iwnnes intentions. D'ailleurs, sans aller plus 
loin, il ne pouvait concevoir qu'il y eût eu lieu pour Cesbron d'éprou- 
ver hi moindre anxiété, la moindre crainte d'être pris en flagrant 
délit, la moindre hésitation même. Ce <]iii aurait surpris le plus 
«•t e»prit pénétrant, cet écrivain judicicu.x. aurait été que Cesbron 
pat faire preuve de la moindre agitation, et qu'il ne sautât pas par 
Jessus le mur [wur finir sa besogne. 

Ensuite, avec une telle conception des faits, il traite ceux dont 
il parle, de dujies, de niais, ou de menteurs, mais il faudrait écrire 
des volumes de commentaires, pour réfuter toutes les inconséquences 
tous les faux raisonnements et toutes les inexactitudes qui ont paru 
dans la presse au sujet de cette misérable affaire. Cependant je dois 
.-.vouer que certains journaux ont fait exception par la réeervc et la 
prudence exemplaire dont ils ont fait preuve. 



i^-l 



Mon séjour à l'Hôpital. 

le 23 novembre, M. Hamard, Chef de la Sûreté à Paria, vint' 
m interroger sur les circonstances qui précédèrent l'attentat Le 
Dmly Chromde du 24, affirma que mes déclarations remplirent tren- 
te pages de papier ministre. Je ne les ai pas comptée». 



m 



:ïv 



t'y SCAMKILI-: fli.[.\CAlS 



IVmlunt U'fl quelijuc» jour» <jvu auivircnt tvlte t-ntrevue, ma U'in- 
pt-ratur»! inontn, t't rt-i^tu tri-s ék'vw. IVmIaut «; U,*mp«, j« ine rap- 
pelle avoir vn (U-o rt'w^ ni:cou\\ta)invé [l'IialliK-iiiatiuiiH, iiiCuit' )M'uiiaui 
Iv jour. 

Mu L-liaiiilirt' .s'illuniiiiuit H>U(lain. on un kaU''iil<k!<'0))t' tie desAÏnt 
svmttriqui's. cnj^ilivi'.i lUs plus lirillanU'»* coulf'Urs. J'étaifi tous le 
charnip, rt jr nu- ilciniimlai.-* si j*' rC'\al*t, ou fti (luyUiu'un ne prmluigait 
!«.•* à (U-Hîtin ('e^* pliénoruèiifs datif* ma cliamliro; il int.' nemblait iiuelque- 
fois ([ue U'H impressions (juc j'olw^rvais ttaiont la n'tH'tition de (piel- 
<|Uf vIhis*' <|ui nu- t^L'iTiit arrivé lon^iti-mpH auiwrav.ii, 

•II' n*' v(tudrai> iia^", ct'iH'ndant, <]unn |irit a\anta;,'e d*- cetU w- 
niar(|ne pour un arirument en favour de la doctrine de la réincarna- 
tion, et que l'on crut que jo me rappelais rt-ellemont certains événe- 
ments d'une \ie pass^-u . Mon interpri'tation personnelle de ce phéno- 
mène est que mon cerveau enfiévré rapfH'laît en moi certainti étala de 
conscience qui ^"étaient reprodui-lH plusieurs foi** dans mon esprit 
les joufj* prt'-cédentp, et (pie je me méprenai-s sur le temps (|Ui s'était 
écoulé depuifl que j'avai* commencé à éprouver ces impres»*ion.; ; d'ail- 
leurs, je me rendis tour '"s c'omj)te que j'étais u Paris, t't j'ai toujours 
(*upiH)sé que ces évèicr s'- pasi^é*», que je me fijrurai** me rappeler, 
eurent toujours lieu à iam. 

Vn jour que j'étais assis sur mon lit, pensant ou rêvassant à la 
façon dont le? choses se présentaient à mon cerveau, par suite des 
halles que j'avais reçues, il me semlda <]ue mon crâne s'était détnclié 
de ma fi^ire. A ce moment un des meuitires du corps médical entra 
dan>^ ma chambre, et me demanda comment j'allais. Je tiu-hai de |i;i 
explii|uer ce qui se jwiwait alors dans mon esprit, et de lui fair.-^ com- 
prendre cette sensation d'étiranlement dans le eràne. et je m'efforçai 
de la lui rendre intellijrihie en supposant que, par l'effet des ballft! 
mon crâne s'était élarfri. et se trouvait comme t-certé de la fii;ure. et 
je teirniniii mon ré-cit par le mot "(Vart". voulant exprimer cet élur- 
pi-!Soment. Sur ce, le mé^lecin seonua la tète, et s'en alla en disant: 
"Très hi^^n. très hiei ': ceci me fit sortir de ma rêverie, et je m'a.iMT- 
çxis. au moment oii le médecin disparaissait, que je venais de raconter 
quelque ehow de stupide. 

.Te suivis avec attintion raii;mientation de ma tciiipérnture. i\\t': 
atteicrnit 105o Fahr. J/c 27 novembre. le Professeur Poirier se décidii 
à m'opérer. pour enlever les fra<rnients d'os et de dents qui nie res- 
taient encore dans la mâclioire. et l>our exécuter une jxrforation qui 
flttoijmit le sinus maxillaire, qui s'était infecté, afin de pouvoir \ 
faire des lavafres antiseptiques. 

Tjc Professeur Poirier et d'autres médecins du service de Vh'- 
pjtal entrèrent dans ma chambre, et l'un d'eux me plaça un inhalateiir 



LA VEiiim coycKHXAxr j.:utAiiiH iikhhht m 

•Irvant la figure. Je /!« alors la remarque que je reconnaixMiia l'o- 
.•>iir du chloroforme. Quelque» tempu aprê*, j'ouvri» Iw jeux et, ne 
Kjjant que l'infirnuère près <lo moi, je lui Jeiuanilai : "Sont-il« 
partis :- Ne vont-il» pa» m'oiwrer ! Oli ! fit-i'lle, tout va bien; 
noua voua avon» tranaporté dans la lalle d'optTation ; le l'rofesiour 
l'oirier a terminé l'opération, et noua vou» avons retmnii(iorté ici. 
.\li ! que c'ent admirable ' (inc c'est aini bic ! lui dig-je. Jo 
[lortai la main A ma mâclioiro malude, et pu» constater qu'on y avait 
fait IxMucoup de bien. Vw'i» je m'endormis profondément. 

Ma température diminua viaibleraent après cette op»Tation, et 
j'.diai de mieux en mieui, sou» l'influence d'injections d'eau oxigénée 
dans le sinus maxillaire, j uiti(|Uéca réjndièrcmcnt toute!- les six heu- 
res, jour et nuit. 

.le ne pourrais jamais a.«8e2 louer la bonté, le dévouement, l'at- 
tention avec lesquels j'ai été traité à I-aritioisière, non seulement par 
!i' Professeur l'oirier, ù la *-i"nce et k l'habileté duquel je dois la vie. 
et dont je <lép!ore ami^rement la mort rcjfrettable, (|iii survint, depuis, 
mais aussi par tous les mcmhres du service de l'hôpital chargés du 
foin de mon traitement, et notamment Madame Devallois, qui ne ae 
Lissa pas de pourvoir à tous mes besoins en fait de nourriture, d« 
friandises, de Imissons refraichissantes, ei aussi la lionne infirmière 
Kiijrénie. ciei rendit mtm séjour à I.nriboisiérc très confortable, par 
ses attentions et son dévouement. .Te nie rappelle aussi la bonté d'une 
lame charitable. Madame Mérigo. qui. sans être atta<-hé'e à l'hôpital, 
simplement imhue de principes d'humanité et de bienveillance, viei- 
taît tous les jours l'hôpital, apportant quelques mets délicats, soit 
des fruits bien préparés, soit d'autres friandises propres à éveiller 
l'appétit, qu'elle distribuait aux malades. Elle refusait avec pcrei»- 
tance toutes les rémunérations qu'on lui offrait en retour, et je dois 
aiouer que moi-même, j'ai plus d'une fois succomW à la tentation 
iraccepter ses bontés. 

Que no imis-je décerner à tous ceux avec qui j'ai été en contact 
en France les mêmes louanges que je décerne sans réserve aux mem- 
bres du service de l'hôpital Ijariboisière, qui le» méritent si largement 
pour la bonté, l'attention, et le dévouement qu'ils m'ont prodigué» 
en me ramenant à la santé, et envers qui j'ai contracté une dette de 
reconnaissance dont je ne saurais m'aequitter. 

■Vers la fin de la première semaine de décemhre, l'infection du 
finus avait presque disparu; mais une pharyngo-rhinito se développa 
et nécessita encore d'autres traitements; je devins très faible; à peine 
pouvais-je me tenir debout, et ce ne fut que vers la fin de décembre 
que. deux ou trois fois tout au plus, je pus sortir dans la cour, soutenu 
par l'infirmière ou par quelque autre membre du service. 



34 



l'.V HCAMIALK flUXiAia 



CHAPlTtti: IV. 

Tmmfirt à Versailles. 

I* 88 .l^ombro, dtux hoinmos se prAmiitèront à l'hSpitiil pour 
«n'emmener i Versailles, pour y être interro);» jwr le juge d'instruc- 
tion, .le me fi(turiii.< il'iiljorj i|uc j.< [murrai* aller faire ma iléposi- 
iion, et revenir k l'hôpit»! le soir même, et je leur dis que j'irai» dé- 
poser liien volontiers mais, les voyant se préparer à emporter nu» 
effet», j'objectai que je n'étais pas suffisamment pétaWi pour quitter 
l'hftpital et oes.«T tout traitement. 

Il» me donnèrent plusieurs raisons, ou plutôt plusieup» excuses, 
et persistèrent ù emporter avec eux mes malles et tout ce qui m'appar- 
tenait. Finalement, je cédai. Avec l'aide de« deux hommes, qui me 
«outinn>nt. ji^ parvins A entrer Jan.s une voiture, et noua purtîm.< 
pour Versailles. Ce ne fut qu'à notre arrivée à l'entrée du Palais de 
Justice qu'i ■ me présentèrent un mandat m'informant qu'une accu- 
•ation do complicité dans les (?scro<|ueries de la femme Pcencl était 
porti'o contre moi. .Te n'en savais rien auparavant. 

I-c mandat iwrtait deux date» ; celle du 20 novembre, qui est le 
jour do l'attentat commis sur moi; l'autre du 87 décembre 1906, on 
le jouT précéilent celui où l'on mo «nduisit à Versailles. Il portait 
«usai deux sijçnaturos Mangin Bocquet, et ,1. Costi. 

En Prison. 

.Te fus appelé devant M. Mangin Bocquet, juge d'instruction, et 
fus interrogé. ,Te niai, naturellement, avoir participé en quoi que ce 
fût aux eacroqueriea de la femme Pesnel, ni à aucun de ses projets 
Taatrimoniain; mais j'étais si épuisé par la fatigue du voyage, par 
mon attente forcée dans la loge du concierge, où l'on dut m'apportor 
quelque dio.sc à manger, et enfin par l'interrogatoire du juge d'instruc- 
tion, que je m'aperçus que j'allais défaillir si cet interpogabire se 
prolongeait plus longtemps sans quelque repos .préalable. L'interroga- 
toire, en réalité, ne fut pas très long, mais son résultat fut mon incar- 
cération. 



Fuilt. Arrtttation ,1 Contndietioiu dt !• 
ftmmt l'tttul. 

.«irl: ,3 1";," ■»"'"•■-—■. i ..... h.™. 1.1... ,11. 
.■,«.-1. . Aît," ■ ;..*r,s*".'. ; t; '- '•-<•'' 

snn compère. Ifriieirt' «iir mni avec 

j'aurais proclamé son innocence ' ' " ' ""'" '■'^"' 

™i« lorsqu'elle apprit que j'allais mi«a, elle chanLa encore T ' 
'"-, et porta contre „,oi tontes sortes' d'acctZL'r^on,/™: 






36 



VN SCANDALE FRANÇAIS 



Elle prétendit se décharger le coeur, et tout confceser. Cette préten- 
due confession éuit une autre invention, que M. Mangin Bocquet 
pr.t au sericuï. et qu'il crut vraie. II est fort dommage qu'il le fût 
à nios dépens. Le fait que la femme Pesnel admettait d'être coupa- 
ble d«8eroquerie-ce qu'elle ne faisait que pour se mettre en garde 
contre 1 accusation d'assassinat-fit croire à M. Mangin Bocque: qu'el- 
le _e a,t en veine de véracité, et il fut tout disposé à croire tout ce 
qu elle pourrait dire sur le compte d'autrui, sous le manteau de la con- 
foM.on; cest tout l'opposé de ce qui n lieu dans les cours de justice 
d Angleterre, ou la déclaration d'un prisonnier pourrait l'incriminer 
lui-memc, mais n'est d'aucun poids contre une autre personne 

Une des raisons majeures du couple, pour me faire disparaître 
était que je me trouvais sur le point de dévoiler leur imposture et 
quils s apercevaient qu'ils ne pouvaient plus s'évader des vérifica- 
tions que je leur demandais. J'avais dit à Cesbron que certaine» 
contradictions de Madame demandaient d'être éclaircies. 

Une autre raison était, qu'avec les carnets de chèques qu'ils sa- 
vaient être en ma possession, ik pouvaient imiter en faux ma signa- 
turc, dont ils avaient plusieurs exemples dans mes lettres, et retirer 
en tout ou en partie, les dépôts d'argent que j'avais au Crédit Lyon- 
nais. Ils auraient pu de cette manière satisfaire les «'■clamationi de 
Sudre et de LaJère et les apaiser, peut-être en jetant le blâme sur moi. 
Si j étais mort de mes blessures, elle aurait prétendu que mon té- 
moignage l'eOt eionorée de tout blâme, de tout soupçon dans cette 
affaire voyant que j'en réchappais, elle s'imagina m'intimider en 
portant de fausses accusations contre moi, et en me menaçant d'au- 
très encore si je l'accusais, moi, d'avoir pris part à l'attentat sur 
moi; et elle entassa contre moi tout ce que son imagination fertile put 
concevoir. ' 

Il me semble que c'est une infamie que de tels scandaleux men- 
songes se répandant impunément dans la presse, grâce aux dire» 
d'une femme accusée de tentative de meurtre, lorsque l'accusation «t 
basée sur des faits aussi olairemcnt étaiblis, lorsque la femme est re- 
connue pour avoir mené une vie criminelle, lorsqu'elle a été, pour e«cro. 
qiiene, bigamie, etc.. condamnée, dans l'enscmblo. â plus de If, an< <li' 
prison. Mais ce qui me surpasse davantage encore, c'est qu'à de sem- 
hlables mensong«.s puissent s'en ajouter d'autres de même nature 
venant de certaines autorités judiciaires chargées spécialement du soin 
de découvrir la vérité, comme nous le verrons plus tard dans ce ré- 
nt. 



i^A VERITE CONCERNANT L'AFFAIRE HEBERT 37 



Ma première confrontation avec la femme Pesnel. 



J'avais <é 



îerrogé 



M. M«n(rin à. ^rZ%''Zj^f^^T°*' P" '" J"»» d'instruction 
liberté "fr caution n,Va1 » "? ' ''**'■ ^'^ ''™'""'° '^' "'»« » 
a^ec la femme Pesneï! 'nterrogata.re, je fu. confronté 

vança'^^^ïiSlnTv^/r 'l "''T' "V""^" <^'i-'"<'tioa. elle s'a- 

lontiondcjàîong^reTinrste ?^^/^, ^^" o" '«"» «e-naines ma dé- 
...0 .emanL oncCti'^'rîa^; ruXsiot':!'^ Tla .^"^ 

IVui" Ant:r:.itv;"^ "i "^ -r ^-~ 

moi, je vais tou d re' Tl W ?"' "" '^''■^- ^^ ''•«'" 

et i;ii, ';„tî t:^ lU^L'viztiZti:7i'' n™"- 

.on ^^t:;:^;^3i:2f ^^Lâïs^T ""^"^*' °" 
™:â:^er^t-t.^^B^'--^^^^^ 

:£HHF— ^^^^^-^^ 

il^. Mangin Bocguet et la plainte Wooi. 
euMe"^""^ * P'*'"^*' '* l"*"™ <>» '" Pl'i-te de M. Wood fnt dia- 

qui pût leur donner quelque apparence de vérité ' 

ohc. mon ban<,u,er, ce que je fi, pour eUe, et je M en verii le'^ô" 



38 



VN SCANDALE FRANÇAIS 



tant à la tenque même, où elle était venue avec moi pour le toucher. 

A cet interrogatoire, elle .prétendit que j'avais gardé pour moi le 
montant de ce chèque, comme part de bénéfices dans ses ti^nsactiont 
matnmomalea (voir plus loin le texte d'une apologie publiée dans 
le Daily Oraphic du 29 août 1908. 

Je dois ici m'écarter momentanément de mon sujet. J'v revien- 
draj en temps voulu. 

Le 3 juillet 1908, d'après un rapport du Daily Chronide du 4 
pendant la discussion, i la Chambre des Députés de France, du projet 
de loi pour l'abolition de la peine de mort déposé par le Gouvernement 
français, on fit appel au sentiment du public, et on attira son atten- 
tion sur oe tait que depuis l'introduction de ce projet de loi un ac- 
croissement effrayant des cas d'homicide en France s'en était suivi 
tels, par exemple, les meurtres commis depuis par Soleilland et par 
d autres. M. Reinach alors, dans un long discours, étudia le cas en 
faveur de l'abolition de la peine de mort. Il attribua l'augmen- 
tation des crimes de violence, à l'ivrognerie. Il se plaignit 
de la grande publicité accordée au crime, par la presse publique et 
de 1 attitude des juges d'inetruction qui communiquaient tout aux 
journalistes. Le motif pour lequel je fais allusion à ce débat est quo 
je veux citer une autorité incontestable, et affirmer que les juges 
d instruction en France, donnent à la presse, des détails de ce qui est 
censé être une enquête privée, et que quelques-uns d'entre eux sou- 
cieux de se ménager la presse et l'opinion publique, leur fournirent 
dans un but tout-à-fait personnel, des nouvelles ou détails absolument 
contraires i la vérité. 

Un Magistrat qui ne dit pas la vérité. 

O! ^iJlt af^rmet il 
viriti lu Joniu-t-OH fa» au mtnivHfi. 

Shakespeare, "Mar. de Venise." I. 3. 

Le 28 novembre 1906 parut, dans [.lusieurs journeaux de la prw- 
ee anglaise, le rapport suivant, extrait du Petit Temps, de Paris : 

„„. " *f- Mangin Boequet, le juge d'instruction, commença 

1 interrogatoire en présence de Me .'ilbcrt Crémieux. Tout d'a.l»rcl 
il interrogea Pesnel au sujet des plaintes portées par un Anglais 
nommé W. . ., et par MM. Lalère et Sudre, les trois principales 

victimes de l'agence matrimoniale. Le cas de M. W fut exami- 

"né le premier. 

"Dans une lettre au juk d'instruction, qu'on a lue à l'inculpée 
"M. W. . . . déclara qu'étant entré en relations avec Mme Ouérin et 



LA VERITE CONCERNANT L'AFFAIRE HEBERT 39 

"îe Dr. Hébert pour arranger un mariage, on lui proposa une jeune 

"fille anglaise, nommée Lucy D Plusieure entrevu** s'cnsui- 

"virent avec cette jeune femme, et tout semblait aller à merveille. En 
"effet, lee choses étaient si avancées, qu'une petite villa avait été 
"louée par Marie Gnérin, à St-Pierre de Vauvray, |X)ur leur lune de 
"miel, quand soudain Lucy D... disparut, et il ne put obtenir au- 
"cune indication sur son adresse. Comme il avait déboursé £120 
"pour acheter des bijoux à sa fiancée, il porta plainte à la iwlice." 

Naturellement, tous ceux qui lurent ce rapport dans les journeaux 
conclurent, très logiquement, que je devais être mêlé en quelque chosi» 
à cette imposture, et que je devais quant aux con8t<|uencee, être res- 
ponsable. 

Comme j'étais à l'hôpital à ce moment-là, je ne le sus que long- 
temps après mon retour à Londres; mais le point important est ce- 
lui-d : cette communication à la presse fut faite au moment oli mes 
malles venaient d'être saisies et examinées par le Parquet de Versail- 
les, et la presse, frappée de ce fait que le contenu de mes malles, y 
compris les lettres qu'on y trouva, prouvait logiquement que j'avais 
été victime, et non complice, publia hautement qu'on abandonnerait 
toutes lies accusations portée contre moi. Il fallut bien alors que 
M. Mangin Bocquet, — quel motif personnel l'y pous<^, nous le ver- 
rons plus tard — présentât à la presse et au public une autre déclara- 
tion, qui piit détruire l'impression, créé par cette publication, que 
j'étais innocent, de sorte qu'il associa mon nom à celui de Guério, 
(alias Peenel) dans l'affaire Wood, et il put alors continuer «on ins- 
truction avec une certaine plausibilité. tandis qu'il aurait dû l'aban- 
donner immédiatement, et s'occuper sans délai de l'affaire d'assas- 
sinat, vu que ce juge d'instruction ne pouvait avoir en sa possession, 
à ce moment-là, de témoignage plus écrasant contre Peenel que se» 
propres lettres. 

Ije Daily Chronicle du 24 novembre 1906, cependant, publia qu'il 
ne m'avait jamais vu, ni eu aucun rapport avec moi. Longtemps après 
mon retour à Londres, la citation du Petit Temps dans plusieurs jour- 
naux anglais me tomba sous la main. Depuis ce temps, j'ai fait plu- 
sieurs efforts infructueux pour obtenir du juge d'instruction, du Par- 
quet de Versailles, de la Cour d'Appel de Paris, de Fontainebleau et 
de Melun, une copie de la lettre de M. Wood, car j'étais certain 
que, puisque je ne connaissais pas M. Wood, ne l'avais jamais vu, 
n'en avals même jamais entendu parler jusqu'au moment de l'instmo- 
tion, il était impossible qu'il eût fait semblable diéclaration dans m 
lettre. 

Enfin, par l'entremise de la hanqne sur laquelle il avait tii* m 



m 



40 



VX SCANDALE FRASÇAIH 



fa«ite de £5U en faveur de P«ncl, j'écrivis à M. Wood, lui deman- 
dant ua rendez-vous, que j'eus avec lui pour la première fois le 9 
mai 1908. 

Il me parla dans les même» termes que dans son "intoniew" 
avec le Daily Chronich et je reproduis, ici, une lettre que j'ai reçue 
de M. Wood à ce sujet, en observant sa recommandation de ne publier 
ni ses initiales, ni son adresse : 

P. Z. HEBEnr. ESQ., ''°°''"'' ' '"'"=' '""■ 

■"l^lier monsieur, 

..n„.,v'.^r '■'■'X'"^» * *?"•" '«""•« fe ce Jour, j'ai vu dans les Journaux la 

nouvelle concernant la sentence prononcée contre la femme Pesnel. 

..H. ■.»." "V." "^ "'?» conmjunJcalioiis au juge d'instruolion au moment 

-.5f ',""«l."i°n de Pesnel. un examen des communications en quesllon 

..nin. "■ "«'".'""•■'' "ic <"'"lc. le 'ait que Je n'ai mentionné votre nom 

••„!?.. V ° i" """' '*"'■'''• '"""' '" "'"'P'» ™'»°" IKc Je ne vous con- 

_ naissais pas ù ce moment-là, que Je no vous avals Jamais vu, que Je 

n» ■ 'S Jamais entendo parler de vous avant de voir voire nom dans les 

Jo. "aux a 1 ocoasior. de l'affaire de Bols— le-Rol 

",.,, ",/,oo''ir!""i'' '"'^ ''.'"' ^'' '"'"' "' ""'■ '"' "" "i»'» de mai de celte 

"Moi"' *v.„? J •„ h'".'" ■'," ""'' '"'^ *■""' ''»''' «" réponse à voire Invita- 

..»„, A """ '''""■ J° "*> ^'"'» "^'Is Jamais écrit, Je n'étais Jamais 

cnlrc avec vous en aucune communication d'aucune sorte et. Jusqu'à 

"Lff i"'" °" '■°."'î "'"" "" ■ncn"'"in<i <lans les Journaux. Je n'étais même 
"pas au courant do votre existence. • J ' ■-""= intsuii. 

..„»,»?' '.'î, *,"*", fi nstrucllon possède encore mes lettres. Je ne doute 
•■rd"e'ssr,"se'?i;iSl'em;"n^'éX'; '™"" '"' »^ '^'*^=' ="» "*«'-"'" 
"Votre dévoué, 

(Signé) ". . . WOOD". 

Mnmère barbare et brutale dont je fus traité m prison. 

Dès le commencement de ma détention, je me plaignis amère- 
iiiiMit ilu froi.l. Ix-.s pertes de sang de mes bicssutes et la douleur m'a- 
vaient rendu si faible et si débile que mon état ne permettait pas 
quon me laissât seul dans une chambre, sans feu, sans garde-malade 
eans soins d aucune sorte; et je considère que c'est la chose la plu^ 
inhumaine, la plus barbare qu'on puisse faire, que de traiter quelqu'un 
comme j'ai été traité là. 

Ma cellule était quelqtiefois un peu réchauffée par de l'air (pas 
de la vapeur) qui entrait par une ouverture de quatre à cinq centimè- 
tres carres, dans nn coin du plancher, et ce n'était, tout au plus, que 
vers le soir, qu'une petite chaleur se faisait sentir dans la cellule cha- 
leur que la moindre ventilation dissipait en un instant 

On ne chauffait pas pendant la nuit, et auj première» 
lieurn. du matin, je commençais à frisaonner, sans parvenir i me 



/.l lElUTJi CONCERNAXT VAFFAIRE UEBBRT 41 

de la journée où elle était le mieux <Z.m "T^t'T T™"' 
-'y trouvaient tr« .bien eux-même^AatureltÔenf ™hr T'"" 

JWnvi, alors au juge d'instruction comme suit: 

. „ „,^,^ Versailles, le 4 Janvier 1907 

A M. MANOIN BOOQUET, Juge dlnstruellon. 
"Monsieur le Juge, 

:;ç.>'pS;Tr,iis'eii':rprr\T îz7^z:::t\'^'' """- »"" 

impossible u avoir assez chaud dans ceûrî^.i.fil. chaudement, il m'est 
"je SUIS glac^, de me couJhër poîr me rechiu&r ^' '"'' °'"'»«' '"'•°'' 

:* un'LS""erbiVsr„t? !sïïr[.?r "'»«""'= ^-™" -«-« 

"perdue avant que mes KùrS fuiseToanséT""", "f '""» ""« j" 
loureuse maladie qui en fut la con8,fm.S!„.î ' ",' '" '""«"^ =' <lou- 

'un milieu comme oelul-cl e«™er une température normale dans 

::rols','':er?hi?ch^e";\„''i'itrm"e%tC''î2 'r".™""'»""'' =' «"»■'- 

;;j'al autanj beioln ''maSe„Tn"'q":?a " "p'oq'u''e"ÔS'?e V'"","""' »°'°» ^"^^ 
réellement inquiet pour ma sanw »i 1. . ■ . '? "" > 'rouva s. Je suis 
elrets de mon séjour dan™ ois cellSli ■ n „ "'° sérieusement les funesfél 
ration, s'ensuivre une malad" 51 ate n'o.^n'ï,"-''''^' P»"'"*'™. sans eiagé' 
les balles du revolver de Bois-le «ol m?, -î *^= "« ^eniml pas, alors 
Séjour ici. Et Je suis, hélai ° Iniocènl de tllëf «' '"*' "»" "'«" ">»» 

"porte contre mol. Quelle étrange faUlUél" '"' '"='="»»"°°s lue l'on 

■eJugr,'ï.'i!<;'reTslord'eTu7rnt'eVpe''cl''''''"'''''" '' ««^^«^ «»""«« 

"P. Z. HEBERT". 
I/obetructioD insurmontable dont je parle dans ma lettre dnm 

Nouvelle» confrontation» avec la femme Peenel. 

!„• ..^ ''"^r"' '» "°^« qu'auparavant, con«6t. à inventwd^ 2 
cu8.t.ons contre moi et à me menacer d'en inventer encordav.nt.!^' 

quittait e couvent, que j'arais été son tntenr pendant huit X ^ one 
^connaisse,, parfaitement «t mèr«, tandis <,uCd.n, nne cttre tJk 
«ÇU3 d'elle peu de jours avant leur visite à totrte, deax ""vT]^ 



42 



UN SCANDALE FRAiiÇAlS 



lalère une heure après, et dont on parla dans la suite, elle m'infor- 
mait que Mi«« NorthcliH était une amie i elle, qu'elle se proposait de 
me la présenter dans quelques jours et alors que je n'ai vu Miss North- 
cliff qu'une seule et unique fois de ma vie, et que j"ai toujours ignoré 
qui était sa mère. 

Comme elle avait auparavant refusé de donner les adresses de 
Miss Northcliff et de Miss Mary Smith, à moins d'y être autorisée 
par moi, je déclarai que, non-seulement je l'autorisais à les donner, 
mais que j'insistais pour qu'elle les donnât, car je ne les connaissais 
pas moi-même, elle répliqua qu'elle s'en faisait un cas de conscience, 
et refusa de les donner. 

Elle affirma que j'avais donné à Sudre une liste des obligations 
qui composaient la fortune de Mary Smith, ce que Sudre affirma aussi 
dans sa déposition ; mais, plus tard, il se rétracta, en disant que c'était 
Pesnel elle-même qui la lui avait donnée. 

Elle affirma que j'avais montré à Sudre mon coffre-fort ouvert, 
en lui disant qu'il contenait la fortune de Mary Smith, ce que Sudre, 
pdus tard, nia catégoriquement. Je protestai avec véhémence, à ce 
moment-là, d'être confronté avec les yarolea que Pesnel prêtait aux 
autres, et je demandai que l'on me confrontât avec les auteui-s eux- 
mêmes de ces prétendues affirmations ; mais je protestais en vain : le 
juge d'instruction me dit qu'il me fallait répondre aux on-dit. 

Elle fit ensuite une allusion au Maroc, que je ne compris pas, 
car ce n'était que le commencement d'une histoire d'espionnage qu'elle 
inventait pour en tirer une accusation contre moi. 

Elle demanda aussi que mon coffre-fort, ou "mes" coffres-forts, 
à ce qu'elle dit, fussent ouverts en présence de l'Ambassade française. 
Je n'y vis aucune objection, pourvu que je tusse présent. 

Le mardi, 8 janvier, Mme Fouilloux, ancienne servante des Ces- 
bron, fut interrogée par le juge d'instruction sur le fait que, peu de 
temps avant la tentative d'assassinat de Bois-le-Roi, Pesnel la pria 
d'expédier de Versailles à la gare Saint-I.iazare une grande malle, que 
les agents de police découvrirent ensuite à Bois-le-Itoi. M. Hamard, 
Chef de la Sûreté, exprima la conviction que cette malle était desti- 
née à recevoir mon cadavre après l'accomplissement du crime que les 
Cesbron avaient en vue pendant la nuit du 19 au 20 novembre 1906, 
à Bois-le-Boi. 

La fille de ce dernier témoin, Mlle A. Fouilloux, fut interrogée 
aussi. Elle déclara que c'était elle l'intermédiaire par laquelle les 
lettrw supposées venir de Mary Smith, étaient mises à la poste. Elle 
les recevait directement de la femme Pesnel tout adressées et tim- 
brées, et elle les mettait à la poste à Paris. Elle reçut aussi des textes 



LA VEIilTE CONCERNANT L'AFFAiHE lIEBEIîT 43 

de télégrammes, qu'elle recopiait eur les formules impriméet: du gou- 
vernement, et qu'elle expédiait. 

Autre demande de mise en liberté, et question de désintéres-^er 
Lalère et Sudre, 



A cet époque, mon avocat avait fait plusieurs demandes pt.ur ma 
mise en liberté, et il renouvela ses instances. Le juge d'instruction 
alors, l'air en colère, me dit que. MM. Lalère et Sudre ayant '^ ee- 
croquéfi, uniquement par suite de mon imprudence, ^i je ne faisai» 
pas une proposition eérieuse, ou un arrangement précis pour les in- 
demniser, il ne pouvait entendre parler d'aucune demande de mise 
en liberté; mais il m'affirma que si je les déâintéiesî-ais, il m'accorde- 
rait mon éïargissement. Je lui répondis que, pour rester vivant, je 
consentais à tout ce qu'il demandait. 

Après avoir consulté mon avocat. Me SaJmon. jo signai un chè- 
que de 8,000 francs le 8 janvier, afin de voir ce que nous pourrions 
faire avec cette somme; mais Sudre réclamait 8,000 francs pour lui 
seul, et Lalère 10,400 francs. Me Salmon espérait cependant les 
satisfaire tous les deux avec le montant du chèque, sinon, il propose- 
rait au juge d'instruction, ou d'accepter la somme en dépôt, comme 
caution, en attendant la décision du juge à l'audience, ou de retirer 
plus d'argent de la banque s'il le fallait. 

Il était nécessaire, cependant, d'obtenir la sanction du Procureur 
de la République pour l'encaissement de ce choque au Crédit Lyonnais, 
car une saisie-arrêt avait tté placée *.ur mes fonds, et i! fallait atten- 
dre cette décision quelques jours. Xous attendîmes alors le résultat. 

Certaines personnes, (qui n'étaient pas en prison, qui n'avaient 
pas reçu deux iballea dans la tête et n'avaient point b. redouter le dan- 
ger d'être déconsidérées aux yeux des fanatiques ou des incom[>étenta. 
mais toujours dispost-es k se montrer chevaleresques quand cola ne leur 
demande aucun sacrifice), insinuèrent que mon consentement à dé- 
sintéresser I-.alère et Sudre, constituait un aveu de ma participation 
aux escroqueries et de ma culpabilité, et que, si je voulais prouver mon 
innocence, je n'aurais pas dû le faire. 

Je ne cherchai point à savoir ce que ces chevaliers d'honneur à 
bon marché et ces moralistes qui professent de si hauts principes à 
l'occasion, auraient fait dana <les mêmes circonstances. Je me bor- 
nerai à rappeler que la puissante Angleterre elle-même a payé *20,- 
000 de rançon ipour tirer Kaid MacLean des mains du bandit Rai«ulî, 
sans reconnaître la moindre dette envers ce rusé bandit, et je deman- 
derai quelle est la différence ? Je sentais que je mourrais des traite- 
ments brutaux auxquels on me soumettait, et j'étais bien content de 



44 



UN SCANDALE FHANÇAIii 



coneentir à racheter ma vie dea mains de ces capteurs ignorants, aveu- 
gles, »ane coeur, quel que soit le prix demanda par le juge d^iostruc* 



BaH>ane de civiliêés. 

Le 10 janvier j'eua une autre confrontation avec la femme Pea- 
nel dans le cabinet du juge d'instruction. Elle avait eenti ^immense 
influence qu'elle exen lit -îur la crédulité de M. Mangin Bocquet. 
Elle lui apporta un document de plus de quinze pages de grand papier 
qu'elle avait écrit comme compte rendu de l'affaire en question; mais 
ce n'était qu'un tiiisu de mensonges du commencement jusqu'à la 
fin, et n'ayant aucun rapport avec l'instruction. 

Elle y prétendait que je n'avais pa^ de conscience, pas de patro- 
tiâme, pas de respect pour la vie humaine, pas de sentiment de jubJ- 
ce, etc. (Quelle compétence, pour juger de ces nobles sentianents !) 
C'était un véritable amphigouri, qui ferait la honte d'un magistrat 
en Angleterre, s'il accueillait jamais semblable déposition et en auto- 
risait la publication dans la presse. Pareille licence no fut jamais, 
que je sache, tolérée dans aucune Cour de Justice anglaise. 

Galerie féroce. 

Pendant le cours de l'interrogatoire, on lui permettait d'aller et 
venir dans le cabinet du juge d'instruction, librement. J'étais debout 
près de la cheminée. P'ile s'avança vers moi, me saisit, et tenta de 
m'embrasser (ou de m'étrangler, je ne sais au juste) ; mais, tout fai- 
ble et épuisé que j'étais, (car il fallait encore me faire soutenir par 
les aesistants pour me rendre au caibinet du juge d'instruction) et les 
coudes appurâ au mur derrière moi, j'eus juste le temps de repousser 
cette gi*088e charpente avec mes mains. 

Personne ne s'avisa d'intervenir, personne ne protesta d'aucune 
manière. Le magistrat, le gendarme, ainsi que les autres personnes 
présentes, manifestèrent leur vif intérêt de l'incident, qu'ils regardè- 
rent comme une excellente plaisanterie. Pour moi, ils me firent l'ef- 
fet d'un tas de caravaniers, s'amusant à lancer des chiens sur un ours 
muselé, et cela me sembla d'un burlesque bien étrange pour une Cour 
de Justice. Je m'attendrais, je crois, à trouver plus de dignité dans 
une cérémonie d'enquête organisée par le brigand Raisuli ou par quel- 
que tribu sauvage. 

Cet incident iparait incroyable à toutes les mentalités anglaises, à 
tel point que je cite le rapport qui en fut fait par le Daily Ckronich 
du il janvier 1907, relation qui, sans doute, fut inspiré par M. Man- 



LA VKRITH CONCERNANT L'AFFAIRE UEBEUT 45 



gin Bocquet daiu n> bavurdagcs accoutumée avec les correapoudants 
de la presae. 

"Paris, jeudi soir. La nouvelle confrontation <jui eut lieu au- 
"jouril'hui entre lladanic Ouérin et le Docteur Hébert, tut touihante. 
"Dans un lieM>in d'épanchenient, elle temlit la main au docteur. Au 
"grand amusement de l'audience et à la consternation du docteur 
"Hébert, elle essaya de l'embrasser. Le greffier, dans son effort pour 
"dissimuler un rire irrépressible, en laissa tomber sa plume, et le juge 
"d'instruction Ini-iuême ne put s'empcchcr de sourire.'' 

Ije corre«|)ondant aurait pu ajouter <|ue Je juge d'instruction 
semblait désireux de transformer son cabinut en une arène do cirque, 
et de s'v bien divertir . Aucun des assistants, saut moi. ne semblait 
penser qu'il y eût autre chose qu'une comédie dans toute l'affaire. 
Tous s'amusèrent énormément, .l'étais le seul de l'assemlblée qui 
eût, comme le veau gras en présence du boucher, au retour de l'enfant 
prodigue, une mine attristée et pitoyable. Quelle honte jwur la 
France civilisée, de voir la façon grossière dont ses fonctionnaires trai- 
tèrent un homme dont ils sont forcés de reconnaître maintenant l'in- 
aoccnce ! 

La femme Pesnel affirma aussi q>ie je devais recevoir de Sudro 
la somme de 100,000 francs, quand il aurait épousé Mary Smith. 
Sudre, naturellement, nia rela dans sa déposition. 

Dans une autre occasion, lorsqu'elle fut confrontée avec Soleil et 
moi, elle affirma que j'avais prêté la somme de .'iOO.OOO francs A une 
certaine Esther Laurence, que Soleil devait épouser. Je répondis an 
juge d'instruction que je ne connai-ssais personne du nom d'Esther 
Laurence, que je n'avais jamais prêté .100,000 frs à qui que ce tût, 
et que je n'avais jamais eu pareille somme à prêter à personne. 

Dans ce kaléidoscope de versions différentes et d'affirmations 
diverses, tout n'était qu'invention pure de sa part, pour embrouiller 
le juge d'instruction et l'égarer; et il «muta tout, ouvrit une enquête 
sur tou , avec une gravité imposante, qui eût semblé risible, si le su- 
jet n'en eût pas été -profondément pénible. 

Le juge d'instruction ne jugeait pas satisfaisantes mes dénéga- 
tions au sujet des mensonges qu'elle racontait; il considérait comme 
ntécessaire que je fisse face à ses histoires et à ses insultes. Dans la 
condition d'épuisement où je me trouvais, l'effort moral et physique 
que ces confrontations m'imposaient était plus que je ne pouvais sup- 
porter. Aussi perdis- je le peu de forces qui me restaient au lieu de 
me rétablir, de sorte que, à la suite de ces séances, lorsque je ren- 
trais dans la cellule, j'avais des accès d'éipuisement et de défaillance 
qui duraient quelquefois un temps considérable. 

lies autorités semblèreiit tout à fait ignorer mon état; tout au 



4« 



UN SCANDALE FRANÇAIS 



moiiu y furcnt-elIcB indifférentes, ou bien incapablee de se rendre 
compte de l'état de faiblesse où je me truuraii*. Elles s'abandonnèrent 
au plaisir de me voir aux prUea avec ces difficultés, et elles s'amusè- 
rent du conflit avec une joie sauvage. 

IjC fait est qu'en semblable occurrence, tous leurs efforts tendent 
k arracher une confession, et les investigateurr^ serrent les vis à pres- 
sion de tous les côtés pour extorquer cette confession à l'aocusé, par 
une méthode moderniaée de la vielle inquisition. Ils ont plusieurs 
fois réussi avec la femme Pesnel, mais peut-être ont-ils vu, grâce à 
elle, qu'il est tout-à-fait aussi facile de faire une fausse confession 
que d'en faire une véritaible, et, neuf fois sur dix, quand un juge d'ins- 
truction s'efforce de prendre en faute un accusé, il court le risque d'ê- 
tre trompé lui-même par lui, surtout si celui-ci a quelque expérience 
de la procédure française. 



LA VERITE CONCERNANT L'AFFAIRE IIEUEHT 47 



CHAPITRE V. 



Lea témoinê. 



Opinion de M. Mangin Rocquet sur Ja bonne foi dus témoins français. 

I 

On discuta encore une fois le sujet de ma mise en liberté. Le 
juge d'instruction soutenait qu'il vaudrait mieux attendre que Sudre 
et Lalère eussent donné leur tt'moijma^, parce quo. di«ait-il, toutea 
les autre» dupes me réclameraient des doranuges intérêts, si l'on sa- 
vait que j'euaeo désintéroisé Lalère et Sudre, 

Mais, lui di«-je, je n'ai jamais vu que ces deux-là. 

Cela ne fait rien, ajouta-t-il. Chacun d'eux jurera qu'il a eu 
affaire à voua, pour obtenir de voua des dommage» intérêts. D'après ce 
qu'ils me dirent, lui et mon avocat, j'en vins à cette convic- 
tion qu'en France, il n'y a qu'à instruire un plaideur qu'il lui suffit 
d'apporter un témoignage de telle ou telle nature pour gagner son 
proct», et qu'on peut être certain que ce témoignage eera produit. 

Je songeai alors que, avec des gêna de cette espèce, et un juge 
d'instruction complaisant, s'il est possible de détenir un inculi)é sans 
aucune preuve ni aucun motif, ce serait une méthode excellente, com- 
mode et san.s danger pour de« escrocs, pour forcer d'honnêtes gens 
à payer, et les dévaliser, sans avoir à leur braquer de revolver sous 
le ner. Cela deviendrait inutile, avec l'aide bienveillante du juge 
(l'instruction et du geôlier, qui. tous deux, chacun de leur côté, bra- 
queraient le revolver figurât ivement parlant. 

D'ailleurs, ajouta le juge d'instruction, si Sudre et Lalère étaient 
désintéressés, cela pourrait bien loe empêcher de dire ce qu'ils savent 
de l'affaire. 

Mais alors, répondis-je, si "e que vous dites est vrai, il est bien 
plus probable qu'ils diraient la vérité franchement s'ils étaient désin- 
téressa, -que si l'obtention dos drmTnages-intérêts après lesquels ila 
courent, et dont ils savent que je ne suis pas responsable, dépend de 
leur témoignage. 

Bref, le juge d'instruction décida d'entendre Lalère et Sudt«, 



48 



VN aCÀNOALS FRANÇAIS 



conacnUnt à m'iccorder inâ mÎM i>n liberté «i leur t^oignage n'indi- 
quait contre moi <jue de riniprudeooe de ma part, pounu que je le* 
d^int^reuaMe lorsqu'on aurait débattu \v montant de« dominagei 
♦tuii)i« par eux. l'es dommag«^ soraicnt pay^ti. i*oit avec l'argent wiNi 
flu l'Kdit Lyonnais, «oit en dé|)oitant '^O.iioo frs jKJur couvrir ce qu'ila 
ri-clameraient. ainsi que los frais |K)ë8ibIes. 

\a discussion fut encore ajournée, mais ct-tte cfu i-ivation à pro- 
pos dos faux témoins m'avait ibeaucoup afftTtt-, «.t m'avait prédis- 
posé A payer n'importe (|iioi pour ni. .;,!.■>»' t-n liberté, d'autant plua 
qu'en aucune circonstaiRv je ne rt't,.!- :v moindre encouragement me 
donnant l'esiwir de n^eevoir juHtice d'eux. 

Cette justice, à leur v'^çard, ne pouvait agir que conformément 
à leurs décisions. C'était réglé comme du papier à mu8i(]ue. 

Dana la matinée du 14 janvier, jour où on devait entendre le té- 
moignage de 1ère, j'eus une conversation avec mon conseil, qui 
me dit qu'il avait eu une entrevue avec M. Brunct, l'avocat de ï^lère, 
"t qu'il '^"r»iaDdait que je signasse une lettre consentant à payer les 
d TU'.' jg-int^'W^t* réclam^'fl par son client, sous Ja convention verbale 
qiî'MM. une déposition préjudiciable ne serait fuite contre moi. Je no 
vouiua pas accepter cette proposition, que Me Salmon lui-même, mon 
conseil, désapprouvait. I* «ujet principal de notre discussion était 
le montant des dommages, que nous voulions faire ei^tinier à prix 
exact, et en bonne forme, et d'offrir de déposer cette somme comme 
caution pour ma mise en liberté. 

Je doutais extrêmement que Tjalère et Brunet vinssent prêter 
serment sur ce qu^ils savaient ne pas être la vérité, bien que le juge 
d'instruction m'ei\t dit qu'ils le feraient. Je tentai l'aventure. 

J'ai en ma possession un exemplaire officiel du procès-verbal 
de l'instruction, par le secrétaire du Procureur de la R**pubKque au 
Parquet de Versailles, et les citations de témoignages qui suivent 
sont extraites de cet exemplaire. 

Témoignage de LaUre. 

Lee principaux point* du témoignage de Tjalère sont : 
lo. Que la femme Pesnel (Madame Guérin, comme il l'ap- 
pelait) lui avait parfaitement bien affirmé, depuis longtemps, que 
j'étais bien le tuteur de Miss Northcliff. Il avait pria des rensei- 
gnamente sur moi (eanfl que je l'ai su ni approuvé) chez un M. Ooron 
avant de venir à Londres. Il ajouta qu'il fut parfaitement satisfait 
de «8 renseignementa, et que ce furent eux qui l'entraînèrent dans 
cette histoire avec Misa Norlhcliff; et l'eûcouragèrent à lui faire de^ 
pir^ntfl. 



LA VERITE CONCERNAIT LAFFAIHE HEBERT 49 



2o. Qu'il donn* formellement la parole à Minii Northcliff au roi- 
taurant Uatti, 1« jour précédent celui où il me vit pour la première 
foi»; maia, dana une autre partie de ton témoignage îl dit: 

3o. Qu'à notre première entrevue, Madame (luérin ou lui, (il 
ne sait pai le<)ucl) me demanda la permÎMi 'ii te w fiancer & Misa 
Northcliff. 

4o. Que l'e^nel me présenta À lui comme le tuteur de Mîm 
Northcliff, mais qu'il n'avait pa« entendu ma protoAlation contre 
cetie appellation, bien qu'il reconnût ni'avoir entendu dire que je 
lui donnerais des conseils si elle m'en demandait, et mâme me l'avoir 
entendu répéter à plusieurs reprises. 

5o. Que je ne lui ai jamais dit que yét&'iê le tuteur de Miss 
Northcliff, mais que j*en avais l'air. 

60. Interrogé sur le fait de «avoir Bi Miss Northcliff demeurait 
chez moi. il affirma que, lorsqu'il la vit chez moi, elle était coiffée 
ft habillée de la même façon qu'à leur première entrevue au Crite- 
rion, et que la veille, quand ils se fiancèrent. 

Interrogé sur le fait de «avoir si Miss Northcliff avait changé 
de robe chez moi avant de sortir avec lui, il répondit: "Ce que je 
"puis dire, c'est que je suis certain qu'étant donné le temps que nous 
"avons passé ensemble, elle n'a pea eu le temps moral de se désha- 
biller, car nous «>mmes eortia .prcsqu 'aussitôt.'* 

7o. Qu'à Toccaeion de sa visite avec M. Brunet, il affirma 
"quMl me l'avait présenté comme ayant autorité pour discuter les 
''questions d'intérêt à la place de sa famille," et que je lui ai dit que 
"Misa Northcliff «Hait à Ixindres." 

80. Que, pondant ma conversation en anglais avec M. Bninet, 
"il entendit le mot Guardian," (le témoignage ne dit pas qu'il m'a 
entendu dire le mot "Guardian") qu'il prononça "Gouardiane," et 
il expliqua, à un interrogatoire postérieur, que c'était M. Brunet qui, 
après avoir quitté ma maison, avait api*elé êon attention sur ce que le 
mot guuardianfi avait été prononcé pendant notre conversation, que 
j'interrompie, disant que c'était mal à nous de parler anglais, puisque 
M. Lelère ne comprenait pas, et qu'ensuite, nous conversâmes en 
français. 

9o. Qu'il me dit qu'il n*avait aucune confiance en Madame 
Ouérin, et qu'il préférait traiter les affaires sérieuses avec moi, et 
lue je lui ré^rondis "Vous avez ibien tort, il faut toujours avoir con- 
fiance dans les dames; je ne peux ni ne veux rien faire moi-même." 
Tl ajou-H qu'il me répéta pli',$kur= fois la qrrfçtion, et qu^ jo h'-'- ré- 
pondis toujours de même, ajoutant toujours :"Voyez Madame Gué- 
rin." 



50 



UJX SCANDALE FRANÇAIS 



lOo. Que j'ajoutai que, s'il avait l>.».)in de n'écrire, il n'avait 
qu'à le taire, et que je lui répondrais . 

llo. Que je lui dis que je partais en voyage, et qu'il se retira 
plutôt froidement. 

12o. Le reste du témoignage de M. Lalère consiste principale- 
ment en déclarationa qail m'attribue, hypnotisé qu'il était par la 
femme Pesnel, comme on peut facilement le voir par cet aveu qu'elle 
lui avait bien précisé, depuis longtemps, que j'étais bien le tuteur de 
Miss Nortclitf. 11 en était devenu si persuadé, avant même de m'a- 
ïoir jamaia vu, qu'il ne put se rendre compte de oe que j« lui disais, 
ni comprendre les protestations que je lui fis contre cette appellation, 
protestations que je considérais tout-à-fait suffisantes pour rendre la 
chose compréhensible à n'importa quel homme d'intelligence ordinaire, 
et iMur le peu de temps qu'il passa avec moi. J'ajoutai que pas un an- 
glais n'aurait cru nécessaire de le lui répéter davantage dans ces cir- 
constances. 

Témoignage de Brunei. 

Les points les plus importants du témoignage do Brunet sont : 

lo. Que M. Ijalère lui demanda s'il voulait l'accompagner à Lon- 
dres, et, comme il devait justement aller en Angleterre, il accepta, à 
titre purement amical. (Ijégalement, c'aurait été un acte répréhen- 
sible de sa part, comme avocat, d'accompagner un client pour recueil- 
lir le témoignage d'un adversaire contre ce dernier. 

2o. Qu'ils allèrent à llichmond, et apprirent qu'il n'y avait jamais 
eu là de couvent tel que la femme Pesnel l'avait indiqué. 

ùo. Que lorsqu'il entra chez moi, ils turent introduits dans un 
salon de réception au rez-de-chaussée d'une petite maison particulière. 

4o. Qu'il n'y avait aucun client. 

5o. Que j'eus le soin de m'asseoir sur un fauteuil à contre-jour. 

(îo. Que M. Lalère me le présenta comme un de ses amis exerçant 
la .profession d'avocat à Paria. 

To. Que la conversation eut lieu en anglais et en français, mais 
surtout en français. 

80. Qu'il me demanda que M. Lalère tut admis à voir Mlle North- 
cliff, et que je lui répondis qu'elle était en voyage; que M. Lalère 
aurait dû prévenir Mme Guérin, s'il voulait voir la jeune fille; que, 
moi-même, d'ailleurs, je partais en voyage le soir menu». 

9o. Que M. Ijaîère me dit que c'était avec moi qu'il entendait trai- 
ter la question, et non pas avec Mme Guérin, et que je lui expliquai 
d'un ton sarcastique qu'il avait tort, car on devait toujours avoir con- 



LA VERITE CONCERNANT L'AFFAIRE HEBERT 51 

fiance dans les femmes, et que je prononçai ensuite plusieurs fois les 
mot* "guardiau" ut tuteur s'appliquant à mon rôle vis-à-vis de Mlle 
Northcliff, que j'ai appelé plusieurâ fois ma pupille. (Ce qui se tra- 
duit par le mot "ward" en anglais; mais Brunct n'a paa pu donner 
d'autre mot que "pupille" pour le mot anglais (^u'il prétendit que j'a- 
vais employé, tandis que le mot '-pupil" en anglais, veut dire tout au- 
tre chose, à savoir: élève, écolière, etc.) 

lOo. Que j'ai dit i-ncore que, dès l'instant où Sllle Xorthcliff 
manifesterait le désir <i cpouser M. Lalère, mon autorisation lui était 
acquise, et que j'ajoutai «iue M. Lalère était au courant des questions 
de fortune concernant Mlle Northcliff. et <iue nous nous sommes quit- 
tés sur cette conversation. 

Lorsqu'il eut rendu le témoignage ci-dessus, je me levai et, me 
tournant vers lui, je fis appel à son honneur, le priant de dire la vé- 
rité, et de rectifier ce qu'il venait de dire, qu'il savait ne pas être la 
vérité. 

Il répondit qu'il avait dit la \ rite. 

Je me tournai alors vers le juge d'instruction et lui dis que je 
jurais qu'il ne disait pas la vérité. 

11 répondit en jurant qu'il avait dit la vérité. 

Alors je m'adressai à lui, en lui disant : "Je suis surpris qu'un 
*'horamo de votre condition vienne ici affirmer sous la foi du ser- 
"ment, ce que vous savez être absolument faux." 

II me répondit : *'Vou3 êtes un inculpé, je ne vous écoute pas.* 



Mon témoignage. 



Mon témoignage à moi sur les faits, le voici ; 

Au moment où Ijalère et Brunet me firent visite, j'étais occupé 
à me préparer pour me rendre hors de la ville, lorsque j'entendis son- 
ner à la porte. Ils furent introduits dans la salle de réception du rez- 
'de<'hau8ï»ée. Je me présentai à eux au bout d'à peu près dix minu- 
tes. M. Lalère me présenta son compagnon comme avocat, celui qui 
s'occupait des affaires de sa famille, ce qui me surprit un peu, car je 
ne m'attendais pas à leur visite. 

Brunet s'adressa à moi en anglais, faisant quelques remarques sur 
Londres. Je lui répondis en anglais, puis parlai français immédia- 
tement, faisant remarquer que nous devions parler français, puisque 
M. Lalère ne comprenait pas ''anglais. 

Il n'y avait aucune raison pour converser en anglais au sujet des 
affaires de M. Lalère, celui-ci présent, lorsqu'il ne pouvait parier un 



88 UN SCANDALE FRANÇAIS 

teiil mot d'angla», d'autant plus que je comprenaiB le français de M. 
Brunet bien mieui que «on anglais. 

Je regardai cet effort de M. Brunet comme une vanité pardon- 
rable chez un français dcsireui de montrer qu'il pouvait dire quelque 
chose en anglais. 

M. Lalère me demanda où il pourrait voir Miss Northcliff. Je 
lui répondis que je ne savais pas où elle était. Je pensais qu'elle était 
en vacances, car la femme Pesncl me l'avait dit ; mais je lui fis obser- 
ver qu'il aurait dû m'écrirc pour me donner un rendez-vous avant de 
venir, chez moi, s'il désirait me demander quelque renseignement, et 
je lai aurais répondu ; car, en ce moment, j'avais besoin de me prépa- 
rer pour me rendre hors de la ville, et j'étais obligé de le renvoyer 
à la femme Peenel, car je ne pouvais pas moi-même lui donner les 
renseignements qu'il me demandait, n'en sachant rien. 

Brunet me lit qu'ils avaient été à Hichmond et Kcw Gardons, 
mais ils n'avaient pu trouver l'adresse de Miss Northcliff; c'est pour- 
quoi ils étaient venus chez moi. Je lui répondis que je ne connaissais 
pas son adresse, mais tout naturellement, cela voulait dire selon lui 
pour certain que j'essayais de les tromper. 

Je ne savais pas non plus que Lalère eût dépensé le moindre ar- 
gent pour sa fiancée. Ils ne me dirent rien à ce sujet, et, comme j'ai 
souvent ent«ndu parler d'amoureux qui se brouillent et se raccom- 
modent ensuite ; en conséquence, je considérais que j'aurais tort d'in- 
tervenir en quoi que ce fût. 

M. Lalère me dit qu'il n'avait confiance ni dans la femme Pesnel, 
ni dans les femmes en général, et qu'il préférait traiter avec moi pour 
son mariage. 

Je lui répondis que je ne pouvais ni ne voulais m'occuper de rien 
dans cette affaire, et je lui répétai plusieurs fois, comme il le dit dans 
son témoignage, d'aller trouver la femme Pesnel, car cette affaire ne 
me regardait pas. 

De plus, s'il avait l'intention de se marier, il fallait qu'il eût con- 
fiance en quelques femmes, car il ne pouvait pas facilement, sans le 
concours de quelques-unes d'elles, se marier. 

Tout ce que je pourrais faire en cette affaire serait de donner des 
conseils à Miss Nortcliff dans son propre intérêt, si elle me le deman- 
dait, et cela, non pas en ce qui concernait ses propres sentiments en- 
vers lui, ce qu'elle devait décider toute seule, ca:' je ne pouvais rien 
avoir à y voir. 

Je leur rappelai, alors, que j'avais à sortir, et je les renvoyai 
encore nne fois à la femme Pesnel. Ils partirent brusquement, et mé- 
contents, comme le dit M. Lalère dans son témoignage : ils se retiré- 



LA VERITE COSCEBNANT L'AFFAIRE HEBERT 



63 



rent plutôt froidement, parce que, comme il le dit auiai, je ne pouvais 
et ne voulais traiter avec eux, et que je ne pouvais pas leur donner 
l'adresse de Miss Northdiff. 

Aucun des mots "guardian",, "tuteur", et "pupille", m aucun 
autre de signification semblable, ne furent jamais prononcés par au- 
cun de nous pendant notre entrevue, et l'affirmation qu'un de ces mots 
ait été mentionné est contraire au fait. ^ 

Ce n'était pas dans ce but là qu'ils venaient chez moi, mais c e- 
tait avec l'idée d'obtenir de moi l'adresse do Miss Norlhcliff, nfin de 
se passer de Pesnel, peut-être, si j'avais voulu traiter l'affaire avec eux. 

J'avouai qu'au moment de la première visite Je Lalère chea moi, 
Pesnel me l'introduisit comme le fiancé de Miss Northcliff, et moi, 
à lui, comme son tuteur; mais j'affirmai que je lui avais dit plusieurs 
fois que je n'étais pas son tuteur, tout on offrant, comme une sorte 
d'alternative, à lui donner des conseils si elle me le demandait. 

A la fin de ma confrontation avec Ulère, on me présenta un do- 
cument à signer, par lequel je reconnaîtrais avoir été imprudent. 
C'était la condition sine qua non de ma mise en lilicrté, en outre des 
conditions, pour désintéresser Lalère et Sudre, mentionnées plus haut. 
J'hésitai à déclarer directement que j'avais été imprudent. Après y 
avoir introduit qu Iques modifications, autant que mes efforts dans ce 
sens purent prévaloir, et par anticipation de ma mise en liberté, qu'ils 
faisaient miroiter i mes yeux pour m'induire à le signer, et devant 
leurs affirmations répétées, comme si c'était une ordonnance judi- 
ciaire venant d'eux-mêmes, que j'avais été imprudent, le document fut 
reconstruit et inséré dans les minutes de mon témoignage sous la forme 
de réponse à une question du juge d'instruction comme suit : 

"Tout en protestant de mon innocence, je reconnais aujourd'hui 
"d'après tout ce que j'ai lu et tout ce que j'ai entendu, que je me suis 
"prêté sans le savoir à des manoeuvres d'escroquerie que j'ignorais 
"complètement et auxquelles j'étais absolument étranger. Mais si 
"je n'ai pas protesté plus énergiquement contre le qualificatif de tu- 
"tenr que l'on m'a prêté pendant la conversation, c'est parce que, 
"ayant protesté dès le commencement, j'ai cru inutile de recommen- 
"cer mes protestations au cours de la conversation. Mais comme je 
"reconnais que cette im;radence a pu motiver les versements, par M. 
"lalère, de bijoux et autres objets dont je n'ai pas profité, je veux que 
"M. Lalère soit dédommagé et que, après discus-iion contradictoire, le 
"montant du dommage subi par lui, lui soit donné avec l'argent saisi 
"au Crédit Lvonnais." 

(Signé) P. Z. HEBERT 



84 



f'.V SCANDALE FRANÇAIS 



Cette iltcls ration me fut imposée eorame un sine qiui non pour 
m"aceorder iiia liberté proviso.re, que je considérais absolument né- 
cessaire pour sauver ma vie, comme on peut le voir par mes lettres 
au juge d'instruction; quoiqu'il pensait ou prétendait penser que j« 
feignais d'être malade. On me demanda de reconnaître que j'avais 
été un instrument qui ])ermit à l'esnel descroquer l^alère. 

Xaturellemcnt, je vis que Pesnel avait fait usage de mon nom pour 
en imposer à Lalère et le juge d'instruction prétendait que j'étais 
responsable pour les dommages civils subis par Lalère; mais je ne 
considérais pas que j'avais élé imprudent, parce que je ne le savais 
pas et j'insistai à répéter trois ou quatre l'ois dans cette déclaration 
que je ne le savais pas, parce que je considérais qu^ b's gens intelli- 
gents verraient que je n'avais pas été imprudent si je ne savais pas 
que l'esnel avait tait usage de mon ■■ m pour en imimser à I-alère. le 
Parquet soutenait que j'avais été imprudent— pas moi— afin de m» 
faire désintéresser Ijalèrc et Sudre, ce que je voulais bien faire pour 
obtenir ma mise en liberté. 

Mais examinons ce que le paragraplii' veut dire quand on l'in- 
terprète comme il doit l'être. 

Toul ni protestant df mon innocence, ne demande aucune expli- 
cation. Cetie phrase est réduite à sa plus simple expression. 

On verra de plus que j'ai insisté sur le fait que je ne savais pas 
que Pesnel avait fait usage de mon nom pour en imposer à L.ilère et 
je l'ai répété trois fois dans cette déclaration. J'y ai aussi affirmé 
deux ou trois fois que j'avais protesiî contre la qualification de tu 
teur. 

I<a question, maintenant devant nous à décider est. combien da 
fois j'aurais dû protester pour qu'on me considérât prudent. I.*s 
auteurs de ma détention concluaient que j'aurais dû protester plus 
de fois que je ne l'ai fait. Disons cinq ou six fois. 

Très tien, alors, si cela me procure ma mise en liberté, je con- 
céderai que j'aurais dû protestx-'r cinq ou six fois; mais dans mon es- 
prit, bien que j'aie protest'é deux ou trois fois, je considère qu'une fois 
aurait dû suffire à dire à un homme que je n'avais jamais vu de ma 
vie auparavant, qui vint chez moi sans mon invitation, sans m'avoir 
averti de sa visite et qui resta en ma présence seulement vingt minutes 
Une fois dans vingt minutes je considérais suffisant. Le Parquet a 
pensé que j'aurais dû le faire cinq ou six fois. Très bien, à ce compte, 
il *«t "évident" que j'ai été imprudent et je consens à payer 'pour ol>- 
tenir -na mise en liberté. 

Mais e^t-ce que le juge d'instruction et le Parquet croyaient réel- 
lement que j'avais été imprudent? Non, ils ne le croyaient pas ; 



LA VEHITE CONCERNANT L'AFFAUΠHEBERT 55 

parce que 3V4 mois plus tard, après avoir eu le temps <le reconsidérer 
la question. Us ne me firent même pas de procès et je bénéficiai d'une 
ordonnance de non-lieu; mais ce qui va encore plus au fait, et prouve 
ma contention conclusivement, c'est qu'ils me rendirent tout !e mon- 
tant de ma caution d'argent, sans en payer un sou à Lalère ou à Su- 
dre; bien qu'ils eussent ma déclaration signée dans le dossier. N'est- 
ce pas suffisant pour prouver qu'ils ne croyaient plus que j'avais été 
imprudent ? 

En outre, la Cour d'Appel de Paris, àDq ou six mois plus tard 
encore, alla plus loin que le Parquet de Versailles. Elle me reçut 
comme "partie civile" ce que le Tribunal de Versailles avait refusé 
de faire pour moi. Elle m'accorda des dommages contre Pesnel et 
me rendit les 8,000 francs que j'avais dii déposer comme garantie des 
frais possibles, dans le cas ou j'aurais perdu l'appel. 

Une admission comme "partie civile' est un procédé de la Cour 
en France, qui dans les circonstances où je me trouvais, allait plus 
loin qu'un non-lieu en ma faveur et changeait ma position de défen- 
dant en celle de plaignant. C'était une décharge complète de toute 
culpabilité de ma part, par la Cour d'Appel de Paris. 

Critique des témoignages de LaUre et de Bmnei. 



Si l'on compare le témoignage de Lalère avec celui de Brunet, 
au sujet de leur visite chez moi, il ne parait pas que les deux témoins 
racontent le même incident. Les contradictions sont évidentes et des 
plus impi rtantes, mais si l'on admet que Lalère ait déformé mes dé- 
ilarations à cause de l'état de suggestion dans lequel l'avait plac« 
Pesml, «en témoignage et le mien peuvent facilement se concilier, 
le I Smoignage de Brunet, lui, ne peut s'accorder avec ni l'un ni l'au- 
tre. 

itrurct affirma que j'avais dit que dès l'instant où Miss North- 
cliff mauiftsterait le désir d'épouser M. Lalère, mon autorisation lui 
était ociiu.'se. M. Lalère. au contraire déclara qu'ayant proposé de 
traiter les affaires sérieuses avec moi au lieu de Pesnel, je lui répondis 
que je ne pouvais ni ne voulais rien faire moi-même et que, bien qu'il 
me répétSt plusieurs fois la question, je lui répondis toujours de mê- 
me, ajoutant toujours ; "Voyez Madame Guérin" ; 

Brunet affirma que j'avais déclaré plusieurs fois en leur présen- 
ce en anglais et en français, mais surtout en français, que j'étais le 
gardien, le tuteur de Miss Northcliff et qu'elle était ma pupille. Au 
oontraire, M. Lalère déclara qu'il n'avait pas entendu ces mots en 



ta 



UN SCANDALE FHÀNÇÀIS 



français, nuù que M. Brunet appela son attention, après être sortis 
de ctiez moi, sur le mot "gouardîano" qui aurait été prononcé pendant 
notre conversation en anglais, sans pouvoir dire qui l'aurait prononcé. 

Mais je demande quel aurait pu être le motif de Brunet en de- 
mandant à Lfilèrc, à leur sortie de chez moi, s'il avait entendu le mot 
"gouardiano" pendant notre conversation en anglais, étant donné que 
M. Lalère ne comprend pas du tout cette langue, si c'était vrai que je 
leur avais aussi déclaré plusieurs fois en français, la langue maternel- 
le de Lalère, que j'étais le tuteu.- de Miss Northclitf et qu'elle était 
ma pupille, ce que Brunet affirma, mais que nie Lalère. 

N'est-ce pas là une preuve concluante que le témoignage de Bru- 
net est une distortion de faits qui s'est développée par degrés dans son 
esprit ? N'est-il pa« évident qu'à ce moment-là, Brunet n'avait pas 
dans ridée de dire que j'avais mentionné ces mots en français, et que 
ceci ne lui vint que plus tard ? 

Seule, il me semble, la perspicacité pénétrante et Imaginative 
d'un Mangin Bocquet était capable de trouver une vraisemblance 
quelconque dans un labyrinthe de contradiction tel que le témoignage 
do Brunet, où il enregistra des impressions et des désirs que Mangin 
Bocquet accepta comme faits positifs. 

D'autres contradictions entre leurs témoignages, bien que moins 
importantes, ne sont pas moins remarquables ; par exemple, Brunet 
dit que Lalère me le présenta comme un de ses amia. Lalère, lui, dit 
qu'il me le présenta comme un homme qualifié pour discuter les af- 
faires d'intérêt de sa famille ; cela voudrait dire qu'il l'amena chez 
moi pour lui rendre un service professionel. Lalère confirme cette 
opinion dans son témoignage quand il relève Brunet, (sans doute sur 
la demande de ce dernier) du devoir du secret professionnel envers 
lui, ce qui découvre le jeu de Brunet, quand celui-ci dit qu'il accom- 
pagna Lalère purement en ami. 

Brunet, au commencement de son témoignage, est visiblement 
insinuant et injuste. Par eiemple, il dit qu'à l'occasion de leur visite 
chez moi, on les fit entrer dans un salon de réception au rez-de-ehaus- 
sée d'une petite maison particulière; qu'il n'y avait aucun client; que 
j'eus le soin de me placer sur un fauteuil à contre-jour, etc. 

Puisqu'il faut être précis la pièce dans laquelle ils furent intro- 
duit» est un salon, au rez-de-chauesée, de 7 mètres 20 de long sur 5 
mètres de large. Le plafond est à 4 mètres au-dessus du parquet. 
D'ailleurs, ça n'indique pas beaucoup d'égards pour l'exactitude, que 
d appeler n'importe laquelle des maisons Géorgiennes de York Place, 



LA VERITE CONCERNANT L'AFFAIRE HEBERT 57 

"une peite maison particulière"'. La mienne, comme c'est indiqué sur 
la façade, est l'ancienne résidence de William Pitt. 

Du reste, en France, le mot "petite maison" est un terme de mé- 
pris. Que connaissait-il de ma maison, pour en parler avec mépris, 
sous le sceau du serment, en qualité de ténioin ? I! en connaissait 
seulement les bonnes références que lalère avait obtenues sur mon 
compte chez M. Goron ; 

I« comédie aurait été complète si j'avais réclamé des dommages- 
intérêts à M. (îoron, qui m'est tout-à-fait inconnu, pour avoir dit à 
Lalère, sans ma permission et à mon insu, que j'étais un homme hono- 
rable et honnête, ce qui donna le moyen à Pesnel, à mon insu égale- 
ment, d'escroquer Lalère. qui me rixilama de le dédommager en con- 
séquence, et ce qui fit supposer aux sages autorités de Versailles que 
j'étais un criminel; mais Brunet n'a pas réussi à inspirer l'esprit de 
son idée à Lalère, dont la naïveté fit échouer sa barque. 

Tout ce que Lalère put indiquer par son témoignage, c'est qu'il 
était sous l'impression que j'étais le tuteur de Miss Northcliff ou 
qu'il le croyait; mais il montra aussi visiblement que son impression 
avait sa source dans les suggestions de la femme Pesnel et non dans 
les miennes. 

Mais Ijalère qui, comme Sudre, avait fait la connaissance de Pes- 
nel par le moyen d'une annonce de mariage dans les journaux, aurait 
dû être sur ses gardes contre elle et me demander des renseignements 
sur ce qu'elle lui avait dit de moi. Au contraire, Pesnel m'avait don- 
né à entendre à moi que Miss Xortheliff et Miss Smith étaient ses 
propres amies, qu'elle chaperonnait. 

D'ailleurs, la description singulière que Pesnel m'avait donnée 
de M. lialère ne me rendit pas anxieux de faire sa connaissance au mo- 
ment oii elle me rendit visite avec lui. Je n'ai pas besoin de répéter 
tout ce qu'elle me dit de lui, excepté ce qu'elle en répéta dans son té- 
moignage du 27 Novembre 1906, qui est comme suit : 

"Quand à M. Lalère, c'est un homme éteint qui ne retrouve ses 
facultés mentales et autres que dans des circonstances particulières. . . 
De plus, il est atteint d'une ] orversion de goût extraordinaire; c'est 
ainsi qu'après un très bon repas chez Paillard ou dans un Restaurant 
à la mode, il allait manger chez un boulanger des colifichets peur oi- 
seaux, des résidus de biscuits, même, comme je l'ai vu faire à Londres, 
•les biscuits pour chiens (un témoignage tout-à-fait singulier d'une 
accusée pour faire partie d'une instruction judiciaire). 

Pesnel pouvait imaginer tout cela, eimplement en regardant un 
homme qu'elle verrait pour la première fois, sans aucune preuve de 



Sg VS SVANDALE FHÀiSÇAlU 

fait, et elle pouvait l'aflirmer eou. serment avec lapparcMe de con- 
viction U'un nouveau converti à l'Islamisme. Elle pourrait allirmer 
queluue chose semblable de qui que soit si cela lui était de quelque 
utilité de le faire. Elle le faisait tout simplement pour en imposer 
au juge d'instruction. _ , , 

Aucune autre mention de tuteur ou de mariage ne m avait ja- 
mais été faite par l'esnel que ce que j'ai mentionné ici. Je ne savais 
rien du tout de ses transactions matrimoniales avec Ulére, comme on 
peut le voir par les lettres qu'elle m'avait écrites et Lalèrc ne m en 
dit rien du tout. Comment, alors, auraia-jc pu imaginer que Ulere 
s'attendait i\ recevoir ma .permission pour se marier '! Tout ce <iue 
je désirais était de le voir parti de chez moi, et je ne fis plus que peu 
attention à ce qu'il disait, le laissant à Pesnel une grande pai :ie des 
vingt minutes qu'il passa dans mon domicile. 

Je demande qu'un me renvoie à Lariboisière. 

Je m'étais senti très malade jusqu'au moment de ma confronta- 
tion avec Lalère et Brunet, mais je fis un effort suprême pour y faire 
face, soutenu par l'espoir qu'ils témoigneraient conformément à la 
vérité des faits, et par anticipation de ma mise en liberté, qui me don- 
nerait les moyens de recevoir le traitement convenable et les soins dont 
j'avais tant besoin; car jusqu'à ce moment, mon état avait plutôt 
empiré que pris du mieux. Je devenais de plus en plus faible au lieu 
de reprendre mes forces. J'avais eu plusieurs accès d'épuisement et 
d'évanouissement, surtout après les épreuves pénibles de confronta- 
tion. J'en avais pnrlé plusieurs fois à Mangin Bocquet pendant mes 
entrevues avec lui et je craignais ne jamais pouvoir sortir en vie de 
cette prison. 

Ces accès s'iunonçaient par une aggravation des bourdonnements 
d'oreilles. La lumière artificielle dans ma cclluk paraissait quelque- 
fois être le point de départ d'une attaque; j'avais le vertige et des 
éblouisfcmenis ; mes yeux étaient d'une sensibilité extrême à la lu- 
mière et j'avais nnc grande difficulté à distinguer les objets devant 
moi. Ces symptômes quelquefois disparaissaient graduellement ou 
bien s'augmentaient jasii . A défaillance complète et perte de connais- 
sance. 

Ma confrontation avec Lalère et Brnnct avait été longue et ha- 
rassante plus f,ue de raison, étant donné l'état d'épuisement où je me 
trouvais. Quand je retournai dans ma cellule, supporté par les gen- 
darmée, je ne pus prendre aucune nourriture, et, après quelques mo- 



LA VEHITE CONCERNANT L'AFFAIRE HEBERT 59 

m«ntâ, j'eus un acccii dVvanouÎBaenient, la plus grave que j'aie éprou- 
vé dans cette prison. J^élaid assié sur inun lit tt je tombui eu avant 
sur le plancher. Impossible de nie mouvoir pour regagner mon lit. 
Je «entais ma gorge sèthe et brûlante. Je i)en^ui ijuc la vie iuj quit- 
tait. 

Quelque temps aprè:», (je n'eus aucun moyen d'estime- combien 
(le temps) je réussis à mo traîner jusqu'à m<m lit, où je demeurai 
tout épuisé ju!*f|u'au matin, sans me déshabilkr. 

A mon lever, je trouvai du chocolat (pie j'avais ordonné le jour 
pricédent et le bus avec avidité, ce (jui me remit un peu. 

Ensuite j'wriviB la lettre suivante à Man^in Boequet, qui, j'en 
étais BÛr, la lirait, o^r, à Bon point de vue. toute communication de 
moi pouvait être la ronfession de culpabilité qu'il cherchait toujours 
à obtenir, avec un zèle "féroce." 



Versailles, le 15 Janvier 1907. 
A M. MANOIN BOCOl'ET, Juge d'inBlruction. 
"Monsieur le Juge, 

"Je crains de vous ennuyer en venant encore vous parler de mes 
"misères. Je df^slrerais entrer k l'hApital demain, si vous vouliez me le 
"permeltre. Je pourrai» venir à l'Inlerrogatoire vendredi (Jour (Ix»^ pour 
"le t<>nioifrna(re de Sudre). La raison en est que la balle qui m'a blessfî 
*'n'a pas «'tii retrouvt^e, bien qu'on ait fait des efforts pour la localiser à 
"Lariboisl^re, et j'ai une douleur persistante dans la joue, apparemment 
"clans l'os. La lèvre, et une partie de la joue, sont paralysies de ce crtti^, 
"ft c'est ce qui m'empi^che de parler aussi distinctement qu'auparavant. 
"Je dt^sirerais que les médecins, y compris plusieurs spécialistes qui ont 
"Kuivi mon cas jusqu'Ici, voient ma condition présente. Je pense qu'ils 
"9ont en état de former une opinion plus exacte de ma condition que tout 
"autre médecin qui ne m'aurait pas encore vu, et je crains qu'en tardant 
"davantage, on ne rende cette paralysie permanente, 

"De plus, mon ouïe est affectée; une des halles que j'ai reçues a tra- 
"versé la trompe d'Eustache d'un côté, et J'entends des bourdonnements 
"presque continuels dans cette oreille, ce qui me gène beaucoup pour 
"entendre et, quelquefois, m'en empêche complètement. Plus je tarde, 
"plus les difficultés de remédier k ces conséquences de mes blessures 
"s'accentuent. 

"Je remarque, aussi, que la rhinite dont j'ai souffert pendant mon 
"séjour à l'hflpital menace de reparaître, surtout les joîirs de froid. Je 
"pourrais ajouter que mes forces ne se récupèrent pas. Je ne dors presque 
"pas; Je ressens toujours une fatigue extrême. Toutefois, pour rentrer b 
"l'hOpltal Lariboislère, il me faudrait bien de l'argent pour régler la petite 
"note que Je leur dois déjà. 

"Voudriez-vous aussi me permettre de prendre un peu de linge dans 
"mes malles, et en particulier des mouchoirs et des chemises propres?" 
(Ma prière précédpnte, dans ma lettre du 4 Janvier, de me permettre 
d'extraire des flanelles de mes malles pour me couvrir plus chaudement, 
n'avait encore reçu aucune réponse). 

"Voudriez-vous aussi, puisque ma demande de mise en liberté m'a 
"été refusée, me rendre le chèque de 8,000 frs que J'ai fait en faveur de 
"M. L. Mouthiers? 

"M. le gardien-cbef m'a parlé hier d'un dépdt d'argent qu'il demande 



VN SCANDALE FRANÇAIH 



60 

"pour moi. allmenlatlon; J« di.lrer.l. ^ul donner ..llitaoliun .u.ilWl que 
•ïoun aiirei reçu le» ^U0 tni ilu CriM l Lyonnai». 

"Enrln. v .1. Irouverei. ci-lnclu», la reponae k 1 une de ««"?""'',• 
■•quP.n„n.ac Madame Pe.nel que •'"''' rT\T'T'l',?.'r Lit Z nouî 
•Tlnlerrùgalolrc à la lin de la t.'aiire de Jeudi deriuer, mal» que nou. 

"°'""na'lZ".,"Mo„"'reur le )u,e, aecefler l'a^urance de n.on prot.nl 

""'■'"' (SIgn.M P. Z- IlEBEBT". 

Effet Je ma demande. 

Mon état de santv (it Iwaucoup de btuit. Tous ceux qui m'en- 
touraient, du plus ignorant jusqu'au plua sage, y compris le docteur 
de la prison, s'érigèrent en autorité», pour expliquer do la manière 
la plus naturelle, les symptômes que je ressentais. Tous, sans excei)- 
tion, a^aient eu eux-mêmes les mêmes symptômes, dont ils K remirent 
parfaitement bien, sauf, pourtant, les deux balles dans la tête, ce qui 
n'était, d'ailleurs, qu'une question insignifiante, vu qu'ils n'avaieut 
jamais éprouvé cette expérience eux-mêmes. 

I* juge d'instruction feignait d'employer toute son influence et 
de faire des efforU inouis pour m'envoyer à quelque hôpital, llu 
m'envoya le docteur de la prison, dont le principal soin consiste, 
moins à guérir les prisonniers, qu'à délivrer un certificat de décè* 
quand iU ont cessé de respirer, afin de mettre l'administration à l'abri 
de tout blâme. Il m'examina, et me dit qu'il ne voyait pas la possi- 
bilité de m'envoyer à aucun hôpital, vu qu'il ne serait plus possible 
d'exercer le même contrôle sur ma détention, le devoir du corps des 
officiers de la prison étant de tenir l'accusé à la disposition de 1» jus- 
tice. . . 

Il y avait une infirmerie dans la prison ; il ne me conseillait pa* 
d'y aller; car il n'y avait pas d'infirmier pour donner des soins; il 
n'y avait que le gardien, qui n'était pas obligé de donner des «■lim aux 
malades; d'ailleurs, presque tous ceux qui y étaient confinés étaient 
poitriiuires au dernier degré et. en somme, j'y trouverais moins de con- 
fort que dans ma cellule. L'idée en tut, en conséquence, abandon- 
née. 

De l'attitude du juge d'imlrmlion en face des témoi- 
gnages de Lalire et de Brunet. 

Bans le cours de la journée, je m'étais considérablement remis de 
l'effet de mon accès d'évanouissement de la nuit précédente. J'avaia 
pensé que, n'entendant plus parler du chèque de 8,000 frs, qui n'avait 
pas été présenté à la ^banque, ma demande de mise en liberté avait été 
refusée, et que d'autres efforts n'auraient pas de suite. D'un autre 
côté, j'avais espéré que, ei j'avais pu obtenir deux ou trois jours de 



LA VERITE COSCEBXAXT L'AFFAIRE UEHERT 61 

rcpo« et de «oim à ThôpiUl, j'auraii récupéré mes fora» «uftiam- 
ment pour «apporter ma confrontation avec Siidre, qui avait été fixée 
au ïcndredi suivant, 18 Janvier, mai» cet espoir aussi avait été déçu. 

Danj rintcrvallc, le juge d'instruction i. iiccntrait loua tes ef- 
forts, en faisant umiie du témoignage partial et injuste de Brunet con- 
tre moi, pour m'eitorquer une confession de culpabilitj, 11 paraissait 
prendre Brun-t pour un oracle, acceptant se* impressions pour de» 
fait» absolus, son opinion pour règle de conduite, ses affirmations in- 
sinuantes contre moi comme un témoignage impartial, au lieu d'un 
plaidoyer d'avocat rempli de préjucé», et il appuya surtout sur son 
désintéressement, qu'il supposait "indubitable" dan» cette affaire. 

Je lui f\f remarquer que le témoignage de Brunet était contredit 
par celui de Ijilère ; que si Brunet affirmait que j'avais prétendu être 
le tuteur de Miss Northclift et qu'elle était ma "pupille', le témoigna- 
ge de l.alére le contredisait. 

Ijo juge d'instruction soutonnit que le témoignage de Brunet con- 
firmait ce que Lalère paraissait penser, mais que, par dcliiale«»e, il 
n'osait pas affirmer, à savoir que j'étais ou avais prétendu ôtrj le tu- 
teur de Miss Northcliff. 

Je lui répondis que le témoignage de Brunet no pouvait pas con- 
firmer ce que Lalére n'avait pas dit, et que, quoique j'aie pu dire à 
Brunet à l'occasion de ^ visite chez moi, ça n'aurait pu en aucune 
manière être la cause qui aurait induit Lalère à dépenser son argent 
Liii mois auparavant. 

Par la suite. j''écrivîe quatre mémoires de suite, critiquant le té- 
moignage de Tjalère et de Brunet en réponse à autant d'objections buc- 
pcspives présentées à mes réfutations par Mangin Bocquet. Ces mé- 
moires se composaient en substance des arguments que j'ai expoaé» ici 
dans cet essai. Cependant, le 17 janvier, nous eûmes une autre con- 
ft'Tence, et Mangin Bocquet consentit finalement à me rendre ma li- 
i-orté provisoire aux ctmilitîons ci-desaus menlionnées, si le témoigna- 
pe de Sudre, qui devait être entendu le jour suivant, ne m'incrimi- 
nait pas plus que celui de T^alère. En conséquence, il endoesa le chè- 
(|iie de H.OOO frs comme suit : 

"Nous. L»*on MutiKin Bocquet, (UBe d'instruction de l'Arrondissement 
"(ie Versailles, déclarons Ipvcr Jusqu'à concurrence de «.000 frs la saisie 
"pratiquée par nous, sur les sommes et valeurs déposées par le docteur 
"iléberl BU Crédit Lyonnais de Paris. 



StUI 



IQf 



"Versailies, le dix-sepl janvier mil neuf cent sept. 

"(Signé) MANGIN BOCQUET." 



Gï 



C'A' tJVANDALE flUSÇAiH 



Ia* juge d'iïutructiou alors, coafia le chènui', pour fn toufluT l*' 
montant, à M. I*'(>ih)1i1 MouiKieré Audit-ncii-r au Parquet de Vornail- 
los, à l'onlro île (|ui il t'tait |>aviil)lu, afin il'avoir h'i 8,U00 fr» en c*!"'- 
WA |Hiur lu IH, lur«<iue le témoignage do Sudro aurait été entendu, i-l 
jwur faire en môme tt-nips un arrangement pour le désintéresser eu- 
suite, lui et Lalère, 

Ijl- témoignage dt> Sudre, ain^i qu'on le M'rra plus tard, fut 
tout-à-fait discrédité pur Iw déflapalions qui furent réfutw-s par ^» 
propre rétraction, par ses propres lettres, qui furent produites, et par 
*ou notaire. 

Témoignage de Sudre. 



la, femme Pesnel, à ma connaissance, avait eu plu/*ieurs entre- 
vues avec Sudre ou était en correspondance avec lui pre*iue tou^ l'-s 
Jours, ppécisi-ment avant Tattentat sur ma vie, qui eut lieu dans la 
nuit du 19 au 30 novembre IDOtî, et c'était sans doute un arrangement 
entre eux, qui le détermina, sur le conseil de la femme Pesnel, à por- 
ter contre moi une plainte qui fut déposée le 15 novemUrc, quatre 
jours avant l'attentat, dans Tespoir de se remplir les poches en oUo- 
nant de moi les dommages*intérêts qu'il ne pouvait obtenir de la fem- 
me Pesnel, qui 'était sans le tou. 

Je ne suis pas bien sûr qu'il ne connût pas d'avance quelque chot^e 
de leur projet de m'assassiner. On m'assura qu'il se présenta chez 
moi. au 14 York Place, le lundi 19 novembre, avant la nuit du crime, 
et il répondit à l'appel de la femme Peanel, quand ccUe-ci lui adressa 
un télégramme de Ponthierry dans l'après-midi du 20. 

Je ne sais pas quel aurait pu être le l)ut de sa visite à Londny. 
à ce moment. Se serait-il absenté de Franco pour éviter que les 
Boui)çon8 ne planent sur lui ? S'il ne savait rien de ce que le couple 
Ceabron se proposait de faire, pourquoi la femme Pesnel lui aurait-elle 
télégraphié dans sa détresse ? Quelle protection ou quelle aide on 
espérait-elle ? Mon opinion est qu'elle voulait lui suggérer quelque 
projet pour se faire disculper par son témoignage. 

Plusieurs fois, pendant le cours de l'instruction, la femme Pesnel 
demanda au juge d'instruction de lui permettre d'avoir une conversa- 
tion privée avec Sudre, ce qui lui fut accordé ; alors ,8ans doute, elle 
le poussait à poursuivre un plan qu'elle lui avait tracé; mais elle lui 
en demanda trop, et il s'épouvanta du parjure qu'elle attendait de lui. 

Hiins sa plainte, il T!l5jna : 
lo. Que je lui avais fourni une liste d'obligations qui compo- 



LA VEUITIS COMUHyAXT L'Ai-'FMlti: UEIŒHT 03 



MttU 

I' .1 la for- 
uue couver- 
'.liinoignagi*. 



MuiU II fiîtuufl lie iUry Smith; mai* à nutre priMuièrt' touïronU- 
îion, il ce retraita et ainenila aa pûiutu vu dUant iiui; c'était U Umw 
Pc<*nel, ft non pa^* irioi, qui lui avait donnû lvUo lirtu éi-nt.', t|U)' ce- 
jMjTulaDt il II", put proiluipe. et qui, avrc un [h-'u pluH dalUîution, finit 
par ilevenir un Bimplf calcul de règle de troi.-i, qui aurait pu s'appli- 
quer à la fortune de n'importe qui, ou à u'iini»ort.' quel 
il ftVffurça d'^tayer sa prétention ipu' ce calcul n'uppliqn 
tune (le Mary Smith, en disant <|u'il aviiit eu auparovan 
nation avec moi à ce Bujet, ce que j'ai juré, dans mou 
n'avoir jamais l'u lieu, 

2o. Sudre n'a jamai* dit dans aon témoigna,'! |i' jo lui avaii^ 
été introduit comme étant le tuteur de Mary Smidi, nta" il affirma 
que je m'étai.'* fait [Msiter comme tel dan« notr- t)n'.''r»ttii'M uiii*» 
se rétracta en disant que je ne lui avai;* jamai'* <lit muc jV;t-4:- .ij lu- 
teur, tout en persistant à dire que je n'avais pau pr'>t»'4é '|iLiad W 
g'adre«j8ûit à moi comme étant le tuteur. 11 étaya ctU' iiil(!:'!i'>n (!u 
affirmant bous serment que. lorsqu'il m'écrivait, il m'api>*l:nL ttueur 
dans des lettres dont j'avais accusa réception, et dans lesqucU'-s je 
ne faisais aucune protestation. \jà production de ces lettres prouva 
que son affirmation était incorrecte, et que, dans aucune de aes U tires, 
il ne m'avait jamais ap[K'Ié tuteur. Conséquemmout, il n'y eut j:im :îi 
i>our moi nécessité de protester. 

Dans Tune de ces lettres, il employa lui-même le mot "guide'' 
en parlant de moi, ce qui confirmait co que j'avais dit. 

Sudre savait parfaitement liien que je n'étais pas le tuteur do 
Mary Smith; mais il comprit qu'une accusation d'escroquerie con- 
trouvéo par Posnel, recevrait un grand poids de la plainte de Ijilère, 
et qu'en luôme temps elle fortifierait celle-ci. 

Dans l'une de ces lettres, que l'on produisit, il affirma avoir dé- 
posé la somme de 100,000 frs entre les maînit de M)n notaire, dont il 
<lonnait le nom et l'adresse, pour son raariag<\ 

1*8 renseigneraenta pris prouvèrent que ces affirmations étaient 
contraires aux faits. 

Po?ncl affirma aus.^i que Mary Smith avait reçu de Sudre, chez 
moi, en ma présence, un cadeau de 3,000 frs en argent. L'explication 
donnée par Sudre fut que sa mère avait donné à Mary Smith, lors- 
qu'elles se rencontrèrent chez moi, avant l'arrivée de Sudre lui-même, 
une enveloppe qu'il dit avoir contenu 3,000 frs ; mais la mère do Sudre 
ne témoigna pas à cet effet à l'instruction, et elle no fut ims du tout 
îQterro^ée officiellement â c-e sujet en ma présence. 

Comme je n'ai jamais ru U mère de Sudre donner une enveloppe 



64 t'y SCANDALE FRANÇAIS 

ou quelque autre chose à Mary Smith, je soupçonne que ce n'était 
qu'une histoire coUTenue entre Sndre et Pesnel. 

'l'outefoia, Sadre ne se sentit pas le courage de sniTre l'ranel da- 
vantage. Elle alfinna que je devais recevoir 100,000 francs de lui 
après son mariage avec Mary Smith, ce qu'il ma absolument Elle 
affirma que Sudre lui avait dit que j'avais ouvert mon coffre-fort en 
►a présenw' en lui disant: Voici la fortune de Mary Smith, mais il 
répondit qu'il ne lui avait jamais dit cela; qu'il n'avait jamais vu 
mon coffre-fort ni ouvert ni fermé; que je ne lui avais jamais mon- 
tré aucun document de la fortune de Mary Smith, qu'il ne m'avait 
jamais demandé de le faire. 

Finalement, après que tant de fausses affirmations furent réfu- 
tées, après qu'il fut clairement étalili qu'il n'était pas docteur en droit, 
qu'il n'avait aucun emploi dans les services diplomatiques ou civils, 
qu'il n'avait aucune occupation d'aucune sorte, qu'il ne gagnait rien 
du tout, qu'il n'avait aucune fortune personnelle, mais qu'il vivait d'u- 
ne volontaire et maigre allocation que lui faisait sa mère, il se vit réduit 
à retirer sa plainte aussi tranquillement que possible, fort heureux 
d'éviter toute compromission dans l'attentat sur moi et dans les escro- 
queries de la femme Pesnel, et il abandonna l'affaire. En t»nsé<iuen- 
ce, il ne se présenta pas à l'audience du 11 et du 13 Juillet 1907, lors- 
que la femme Pesnel tut traduite devant le Tr'' :al correctionnel 
de Versailles. 

Quclquts-iines de mes misrref. 



Parmi les nombreuses difficultés que j'eus ii éprouver pendant ce? 
confrontalions, celle d'arti.uler mes paroles ne fut pas la moindre. 

Comme résultat de la tentative de meurtre sur ma personne, 
j'eus une rangée de six dents fracassifs dans la bouche par une dos 
balles, ainsi que la mâchoire supérieure brisée en fragments, ce qui 
occasionna beaucoup de suppuration et une perte considérable de tis- 
su osseux, j'avaif, en const-quence, une grande ouverture dans le côté 
droit de !a bouche et la partie molle de la joue s'enfonçait dans cette 
ouverture comme si elle eut été jaralyst'i'. Ceci gênait beaucoup in:l 
prononciation quelquefois. 

On ne m'accorda pas plus de facilités de consuitt'r un dentiste 
po ir me faire faire un rateiier que pour obtenir le traitement néces- 
saire pour mes autres misères. 

TjCs fonctionnaires de l'administration se contentèrent de se mo- 
quer de wn prononciation. C'est la raison pour laquelle j'ai considi- 



LA VERITE COyCEHNANT L'AFFAIRE HEBERT 65 



ré nécessaire de faire des exclues pour ma prononciation déft'ctueuse 
dans ma lettre du 15. 

Mon ouïe était aussi beaucoup affectée. Dès le commencement 
de mon séjour à l'hôpital, j'eus des bourdonnements dans l'oreille, 
et j'avais une sensation dans l'oreille gauche qui, je penaaiâ, pourrait 
être l'effet d'une perforation par la balle de la trompe d'Eu^tache, 
qui serait obstruée par un thrombus qui s'y serait formé. 

J'eus plusieurs consultations avec le médecin auriste de l'hôpital, 
qui examina et sonda la trompe et je pense qu'il m'a démontrt-, après 
tout, que la trompe n'était pas obstruée. Il attribua les symptôme» 
que j'éprouvais à une lésion de nerfs importante, par le passage de 
la balle, et ii exprima l'opinion qu'avec la réparation des tiasua 
lésés, les bourdonnements diminueraient, s'ils ne disparaissaient pas 
complètement. Son pronostic s'est assez bien accompli, je n'ai plus 
de Iwurdonnenientf; dans l'oreille, maintenant ; mais mon ouïe dans 
cette oreille est considérablement affaiblie. 

.Même avant de quitter l'hôpital, je m'ajîerçus qu'un liandage 
serré autour de la tête nie servait de support, diminuait les bourdonne- 
ments dans mon oreille et améliorait mon ouïe apprécialili'ment. 
Plus tard, je m'aperçus au9.si (juc la diminution do ces bourdonne- 
ments que j'éprouvais en portant ces bandages, allégeait la fatigue que 
je ressentais après les confrontations, ce qui m'était de grande utilité 
et me soulageait. 

Pendant ma détention .on ne me permettait jws d'aller faire des 
("mplettes aux Magasins du I»uvre pour acheter des bandages de goût 
qui plussent à la vue des fonctionnaires Vitilleux et fasbionable du 
Parquet, et jVnipIoyai ceux qui m'avaient été donnés pour cet usage, 
A mon départ de l'hôpital. Ijcs f(mctic)nnain's se proi-urèrent l^au- 
ooup d'amupement à mes dépens, au sujet do ces t)andages. 

Ma condition plivi^ique m'était d'un grand désavantage pondant 
ces confrontations. On disait souvent dos choses (pie je n'entendais 
pas et auxquelles je ne pouvais répondre, ou bien je répondais quelque 
dioflo qu'on ne comprenait [«s bien. En const'quencc, on oiuil sou- 
vent d'inscrire ce que j'avais dit, ou bien on enregistra dans lo^ minu- 
te, quelque chose qui différait de ce que j'avais dit, et je n'avais paa 
toujours la force physique do me ehainailler avoe eux ou av(^ Pesnel 
pour le faire rectifier. 

Vers la fin de cette confrontation, je me «^ntis si épuisé que je 
tip pouvais pas relever la tête, et mes i<lées étaient tiiutes confuses. .Te 
me crus SU" le point d'avoir une attaque d'évanouisseinent dans le 
'iliinet du juge d'instruction; je ne p<iuvai-; faire (pie peu aîtenlior. 



a« UN tiVAyDALE FUAXÇAIS 

à ce qui se pa3.s.it autour de moi. .l'avais peur de retourner à ma cel- 
Iule de gl^ce, hanté par la frayeur d'une répétition de la grave atta- 
que d'évanouissement que j'avais éprouvée le soir après ma confron- 
Ution avee I^lère et Brunet. Dans oot état d abattement et de con- 
trainte, je n'étais |«* disposé à m'obstiner eontre aucune condition 
nu'iU m'imposeraient pour me mettre en liberté. 

Knfin ™ me ramena à ma cellule et j'eus la bonne fortune de 
ne pas avoir d'attaque ce soir-là, ce que j'attribuai pour .beaucoup à 
avoiTattaché mon bandage plus serré autour de ma tête à cette occa- 
sion qu'auparavant ; mais je passai la nuit dans un état de stupeur et 
d'épuisement. 



I* Times du 18 novembre 1909, public un cas fort singulier 
oui préeente plusieurs points de tcssemblance au mien et qui vint en 
audience la veille, devant la "Sheritt Court" de Londre. pour 1 «tima- 
tion des dommages pour poursuites malveillantes, diffamation, ten- 
tative de voie de fait et cmprUonncment non motivé, dans une action 
contre un Dr. Rainer de Vienne, par Mrs. Alice Mary Yorke, qui 
avait aci-ompagné Madame Rainer à Vienne, celle-ci y ayant été in- 
vitée par son mari, sous préteite de lui rendre son enfant, qu il avait 
enlevé de sa bonne i Edimbourg. 

I* conseil de la plaignante, s'adressant au tribunal, s exprima 

comme suit : ■ •• i- . 

On a souvent dit que la réalité est plus étrange que la fiction et 
les faits que j'ai à vous raconter sont si incroyables que, sans être sou- 
tenus par un témoignage sous la foi du serment de la plaignante, 
on ne pourrait guère les croire; et il continua eu disant que, lors- 
que Mrs. Yorke était à Vienne, accompagnant Mrs. Rainer dans un 
«até, le diK.tcur Rainer la fit arrêter sur les accusations d'imposteusc 
et de conspiratrice pour lui voler son enfant, et la menaça de la faire 
interner dans une maison d'alién;*. Il la frappa sur la poitrine et, 
pendant que r.igcnl de police la traînait dans la rue, le docteur Rai- 
ner marchait derrière ello et la poussait dans le dos en la dénonçant 
publiquement comme une voleuse d'enfant et une irapoateuse. Fina- 
lement elle fut mise en liberté 

Cette histoire est incroyable pour un anglais, parce que nous ne 
somme pas habitués à des procédés pareils. L<s subtilités de Mangin 
Bocquet semblent incroyables pour un anglais, parce que noua n'a- 
vons pas on Angleterre de magistrats capables de s'abaisser au.v mé- 



LA VERITE VONCEKSAXr VAFFAIHE UËBEHT 67 

tbode» qu'il emploie. Elle» sont réelle» néanmoins, et je prie mes lec- 
teurs de considérer attentivement les faits qui s'y rattachent. 

Si je cita des eiemples comme celui que je viens de raconter, 
c'est parce que je sais qu'il me fauJra piocher ferme et d'arrache-pied, 
et donner un grand nombre d'exemples incontestables pour forcer le 
public à prêter une attention sérieuse à l'exposé véridiquc de la misé- 
rable affaire que j'ai à raconter. 

D'après le résultat du cas que je viens de citer, il paraîtrait qu'un 
sujet britannique qui a été flétri par une fausse accusation à l'étran- 
ger peut obtenir réparation dans un tribunal d'Angleterre; mais il 
peut y avoir des points de loi qui régissent le cas en question et ne 
s'appliquent pas au mien. 



Mon chique de 8,000 francs eal refusé. 



Conformément aux instruction» de Mangin Boequet, M. L. Mou- 
thiers se présenta au bureeu central du Crédit Lyonnais le 18 janvier 
demandant le paiement du chèque. li'employé refusa de le payer, 
donnant pour raison la faute de provision suffisante pour y pourvoir, 
et affirmant que la balance au crédit de mon compte ne se montait 
i)u'à 6,498 francs 40 centimea en argent liquide. 

De retour au Parquet, M. U Mouthiers rendit compte de sa mi», 
sion. On m'interrogea de nouveau, et j'affirmai que j'avais à mon 
crédit dans cette administration une somme variant entre 40,000 et 
50,000 francs. Mangin Boequet alors me présenta un relevé de mon 
compte, émanan' du Crédit Lyonnais, H qui indiquait une balance à 
mon crédit de 6,498 francs 40 centimes seulement, et, afin d'éviter 
tonte possibilité d'erreur des deux côtés, j'estimai le montant à pas 
moins de 30.000 à 40,000 francs, affirmant que la banque faiiÏÏ 
erreur. ^ 

M. Ia Mouthiers fut alors prié de retourner à la banque le jour 
suivant, samedi 19, pour faire part à l'emplové de mon affirmation 
lîu a'-'' u """ '''' """""'" '"«'fct'on" i 'a banque pour le paiement 

On refusa encore de le payer, pour la même raison, en disant 
que cotait rani qui faisais erreur. I* projet de désintéresser Ulère 
« >iudrc fut manqué, naturellement, de même que celui de déposer 
une somme d'argent comme caution. 

I^ juge d'instruction me fit observer que le Crédit Lyonnais ne 
pouvait avoir aucun intérêt à affirmer ce que je disais n'C-tre pas la 



II 

i 



68 



UN SCANDALE FRANÇAIS 



Térité, et que si jamaù j'avais eu cette Minnie d'argent en dépôt dam 
cette administration, comme je le disais, j'avais dû le retirer et en 
avoir perdu la mémoire, ou bien je me faisais illusion à ce sujet e* 
croyais sans raison aucune avoir fait ce dé;)ôt. Sinon, je devais vou- 
loir en imposer au Crédit Lyonnais et au Parquet. 

En dehors du Parquet et de la banquf , on faisait toutes sortes de 
commentaires. L'opinion la plus général*^ dans la presse française 
létait que, non-seulement j'avais eâcro(iué Lalère et Sudre, mais que 
jVasayais d'escroquer le Crédit Lyonnais. 

La presse anglaise fut plus discrète; quelques journaux publiè- 
rent que j'avais perdu tout mon argent; d'autres exprimèrent leur 
surprise du montant de mon chèque, présenté à la banque. 

Avec l'expérience que j'cvais acquise de Mangin Bo<quct aupara- 
vant, je n'avais pas grande confiance Jana sa droiture. J'étais défi- 
reux de recevoir une communication directe du CnVlit Lvonnaia san» 
son intermédiaire. J'écrivis, par conséquent 'Irux lettres le même 
jour, et en envoyai une à chacune des Maisons de I^ondres et do Paris 
du Crédit Lyonnais ; mais je m'arrangeai de manière à faire mettre les 
lettres à la po9te à rx)ndre8 et. en agii^sant ainsi, j'enfreignis les rè- 
gles de discipline de la prison, en ne permettant pa;- au juge d'instruc- 
tion de les voir. 

Ceci peut souvent se faire au moment d'entrer au cabinet du ju- 
ge d'instruction ou d'en portir. lorsque quelque connaissance se trouve 
à la porte au moment où l'on y passe, à qui on [>eut «ionuer sa lettre. 

Il y avait tant de passion jioulevée au 8uj<'t de cet argent perdu. 
tant de désappointement de la part de certaines personnes qui n'a- 
vaient pas autrement manifesté leur intérêt dans mon affaire, que 
je finis par me douter (jue. si je n'a\-ai.* pas eu dans cette banque d'ar- 
gent qu'on put saisir, ma détention n'aurait pas^ été considérée com- 
me si indispensabif pour les fins de la justice, et que leur but réel 
n'était pas 8imp''^nient, comme je l'avais pensé au coinmencemenl. 
de découvrir la v<rjté. Par conséquent, j'avais presque l'espoir que 
l'argent soit resté à Londres, et. dans les lettres que je leur adressai 
le 19, je demandai à la Maison de Ijondres de ne pas envoyer rarjrent 
qui manquait, si elle ne l'avait pas déjà envoyé, leur faisant remarquer 
que quelque erreur avait été commise; «'t. au -bureau oeniraî ic t\;ris. 
je (Icinandni s'ils n'iU aient pas en leur possession des valeurs ou dtv^ 
sommes à mon nom qu'ils pourraient renvoyer à fyindres pour moi. 

Si j'avaifi réussi ^ rassembler une comme d'argent hors de leur 
contrôle à Londres, j'avais l'intention de la confier ;\ un ami qui seniit 
venu à Versailles pour verser ma caution, mais qui ne se serait pas 



LA VEHITË VONCJiRJXAM L'At'FAlHE HEBERT 69 

défait de l'argent «ans s'assurer de ma mise en liberté; car je considé- 
rais que le Parquet avait déjà assez d'argent à moi à sa disposition, 
et dont je ne pouvais faire aucun usage. 

Lorsque M. L. Mouthiers revint de sa première visite au Cré- 
dit Lyonnais, le vendredi, 18 janvier, la conclusion du témoignage 
Je Sudre fut remise au lundi -.'l, dans l'espérance que, si M. L. Mou- 
thiers péusëissait à retirer les 8,000 francs samedi li», les arrangements 
Ijourraient se compléter le 21 ; mais, par suite du désappointement 
j.roduit par le second refus du Crédit Lyonnais de payer les 8,000 frs, 
on fit un «vond chèque le il, pour la somme de 6,490 francs. 
.Sur l'anticipation qu'on ferait honneur à ce chèrjuc, (ce que la banque 
fit en effet le ») on offrit à Sudre, k la conclusion de ma confronta- 
tion avec lui, le 21, 3,000 francs pour le désintéresser, avec une décla- 
ration semblable à celle que j'avais faite pour Ulèrc le 14, ce qui fut 
aussi inséré dans les minutes des témoignages; mais il refusa cet 
offre, en disant qu'il accepterait 4,000 francs; mais, comme il était 
très improbable que Lalère acceptât pour sa part le reste de la somme 
de fi,4S0 francs, montant du chèque, mon conseil ne voulut pas con- 
sentir à laisser Sudre prendre 4,000 francs, et menaça d'abandonner 
ma défense, si j'y consentais. Sans doute, il pensait qu'il n'en reste- 
rait plus pour ses honoraire!. 



il 



m 



b^'KMiSS?'"* HytA 



70 



UN SCANDALE FRANÇAIS 



CHAI'ITKE Vr. 



Soupçonné d'être fou. 



]i mi> âant et monJt matiriê) ; où fair* U ma) 
Bât mtiiwnt huahU ; tt fairt h h'*n qu4}qu*foi* 
RigarJi eommr foîù JançertuMf. 

SHAKESPEARE, "Macb." IV 2. 

Le juge d'instruction m'avait d^gà eoupçonué d'être fou ou d'être 
affecté d'amnéfiie (perte de la mémoire), lorsque la femme Pesnel 
l'avait obligé à écouter ses hi&toires. auxqueUe* il croyait aussi feniie- 
ment qu'à la transeubetantiation. et il en conclut que j'avais oublié 
tout ce (jui s'/tait pai^Ht- entre elle et moi. Peut-être ctait-ee une ins- 
piration ou une suggestion ile la femme Pesnel elle-mèiiie <]u'il avait 
avalée, et <'e nouvel incident lui fournit une autre confirmation 'V- 
ma perte de la mémoire. 

Or, seul, l'examen par un aliéniste pouvait étai)lir (l«'finili\eiiient 
mon état mental, et il décida de le faire immédiatement. 

Après cette confrontation avec Sudre, le "v'I janvier, je ne fiifi 
plus confronté avec [HTSonne au sujet ries l'^c roque ries, cxeepté lors<|ue 
je parus comme témoin, ([uand la femme l'csnel fut confrontée avec le» 
témoins. 

L'argent n'tronvé. 

Depuis que j'avais tt-rit au Crédit Lyonnais de Ijondres et d.- 
Parifi, les deux lettrée avaient été remises à l;i |K>sto de ^>ondre^ le -il 
La succursale de Londres, par conspuent, avait eu le temps de com- 
muniquer avec le bureau central de Parie, soit par télép^tone, soit par 
télégraphe ou même par la poste pour le 22 et je reçus une réponse 
à ma lettre de Paris le 23, dan» une lettre datée du 2'i janvier, et ré- 
digée comme suit : 



LA YEIHTË COSVEBNANT VAFFAIHE IIEBEHT 11 



"Murjsieur, 



"Crt^dil Lyonnais de Puris, ï2-i.07. 



"tu n-poimc à vutre lettre du Itf cnuraiit, nous iivutis rtionneur de 
"\..u» uirormii- ,iuii ne nous e»l pus pos.ilile de salisfaire ;, votre demande; 
■■te» fond» «e trouvant au tiriiiljl Lluiinai» de Hari» .■tant fraiip.-» ifuiipu- 
"sitioii par M, te juKe d'instruetioii de Verttaitte». 

■■Nou» finforinon», à ta Muite de ta nouvette eonuiiisHion rogatolre 
■■i|iii vient de iioiis tMre adrett».'e, qu^eti outre de votre eoinpie à noire stèKe 
'■central, nou» avtjns en suspcn», à notre servii-e de» aecredil/s depuis te 

■■« octobre llHIfi, une aomtne de 39.l(i4 frs io/loo. sonii lûi suivant 

■■les ilisirurtioiis du l'aniuet de Versailles, se trouve ti-:.pi„ e il'oioif.silion 

■'\euillez iiKreer, .Monsieur, mes sidiltalioiis, 



"Monsieur le doeteur ll.-bert/ 



•■l.c i:io-f du i;oiilentie 
( Signature j . 



Fou ijuand tnhue. 



(Vite lettre fut ilis^aehetée et lire par le {.'Hrdieu eliff île la prison, 
clunt l'esprit était imieentré sur le se-iil point i{iii le eoncernait exelii- 
-ivi^iaont, à savoir, recevoir .10U francs en ilcpc'ii |)f.ur lui assurer le 

1'"''' "' 'It' "I"» alimentation, ipie .\lau<;in D.H'.piet avait oulonni^ 

ili' payer sur liv fonds ipie j'avais au t'rislil Lyonnais. 

I-e nardicn chef comprit i|iie W passade ile la lettre "il ne nous 
est pas possilili. .le satisfaire il \otre clemanile" voulait ilire (|u'on 
refusait (l'envoyer les rm francs .pli l'int.ressaient. Il ne vit pais. 
ou ne ctiinprit Jias la rernari|lio ipii y l'tiiit faite an sujet .les H!l,1(i4 fra 
"'0 c.ntitiies. Kn ^'nimle di'lr.'sw. il m,, fit venir iis.inljureau.etme prc- 
-.■iita la lettre en .lisant ipie mon approvisionnement s»"rait interrom- 
l'ii jil9i|u'ii ce ipi,. 1..S .'iiii) francs lui soi.'nt «li'p.isés. vu ipie le Crédit 
l.y.mnais refusait .le payer cette sonune. 

Kn apercevant la lettre, je saisis la situation d'un coup d'oeil. 
•1 avais prié le Crédit Lyonnais ilans ma lettre de ne pas adresser leur 
réiains,. à Versailles, tuais di^ l'envoyer ii mon a.lress.. à I^ndres ou ii 
mon conseil à Paris, tandis ,|u'il8 l'adn.ssérent l'i la prison île Versail- 
les. 

.fe supposai (|ue Manfrin Bocquet ne l'avait pas vue, o«r il n'étiit 
pas encore arrivé au Parquet, ,1e lus I. lettre rapidwicnt. mais avec 
«m, pendant que le gardien chef ét.it allé, pour un moment, dans 
I appartement voisin. ,Je vis que l'eiplM-rtion du premier paragraphe 
entraînerait l'aveu que j'avais enfreint les rèslements disciplinaire. 
■I" la prison, et pent-êlre l'ur)rence. .1* .IIvuIctt le nom de la person- 
ne qui avait mis m, lettre à la po«,. ^. „,„,«. j'entendis le pgs du 
frardien chef revenant <le mon e«t^. je mis la letti» sur le feu Juste 
au moment où il entra, il la vit a'enfta»er. 



^2USASKMf 



n UN SCANUALB FRANÇAIS 

Je lui di» que c'était 1» lettre qu'il m'aïait donnée. U devint 
furieux, me diwnt que M. Mangin Bocquet ne l'avait paa lue.— th 
bien, comment pouvais-je le lavoir, lui dis-je ? Je n'en ai pas beioin, 
de cette lettre.— Pourquoi, me demanda-t-il, ne me l'aveî-voua pa. re- 
mise ? — Simplement parce que vous ne m'avei jamai» demandé de 
vou» remettre une lettre que vous m'avez donnio. — Monsieur Mangin 
Bocquet ne l'a pas Iv , ~^ il voudra savoir ce qu'elle contenait. — 
En ce CAi, vous iiouv-^ 'e lui dire vous-même, rii)cnilia.je; d'ailleurs, 
vous ne m'avez pas .!■: cela lorsque vous m'avez donn* la lettre." 

Bientôt M. Ma , in Bocquet arriva au Parquet, it il me répri- 
manda i«èromeiil d'avoir brûlé celte lettre, qu'il n'avait pas lue. 
Je lui donnai les mêmes réponses que j'avais données au gardien 
chef, et je lui dis de demander ii celui-ci ce que la lettre contenait, 
car ma [«rôle ne comptait pour rien. 

l>c gardien cliet lui dit que le Crédit Lyonnais refusait de payer 
les .ino frs, ot qu'il se trouvait sans garantie pour le paiement de mon 
alimentation. 11 ajouta qu'il ne pouiait se souvenir de rien, dans la 
lettre, au sujet de l'argent perdu. "Cet homme, dit Mangin Bocquet 
en me montrant du doigt, est fou, de brûler ses lettres comme ça." 

Me Salmoii, mon conseil, arriva ensuite, et annonça qu'il avait 
reçu un message téléphonique du Crédit Lyonnais, pour lui dire qu'on 
avait trouvé l'argent, et qu'on m'avait «rit pour m'en informer; mais 
lorsque le gardien chef lui eut appris que j'avais brûlé la lettre, j'eus 
â envisager un autre argument de folie. 

11 avait apporté, avec lui, pour me la faire signer, une note au- 
torisant le Crédit Lyonnais à transférer la somme de 3!),104 frs 50 
centimes à mon compte de dépôt. Je lui dis que je ne signerais pas une 
note pareille, parce que ce serait convenir que j'acceptais cette explica- 
tion, ce que je ne voulais pas faire, ci\r je regardais cette administra- 
tion comme responsable du préjudice qu'elle m'avait cauaé. 

"Mais, dit-il. vous avez brûlé cette lettre, seul reçu que vous aviez 
de votre argent. 

— Eh bien! lui répondis-je, tous êtes très na'if de croire que cette 
lettre était le premier et le seul reçu de l'argent que j'ai placé entn 
lea mains du Crédit Lyonnais." 

Mon conseil, alors, présanta une autre demande poor m» mise 
en liberté, le 84 janvier, et il fut convenu avec Mangin Bocquet que 
celui-ci m'accorderait ma liberté provisoire, en dépoaant une caution 
en argent de 80,000 fraoea. 

Plu» tard, je priai le jng» d'inatruction de me permettre de co- 
pier le compte-nadn qni loi tvmit été envoyé par le Crédit Lyonnaia, 



LA VERITE CONCERNANT l'At'FAlHE UEltERT 73 

que je conaidérgiri comme un document important, au cas où je dé- 
sireraiâ intenter une action contre la banque. 

Il ne le louciait pas de me confier ces documents, dÏMit-il, car U 
craignait que je les brûlasse. Il s'effor^ de me faire- voir l'importan- 
ce de ces documenté. Je lui demandai cette permission plusieurs fois, 
promettant d'en avoir le plus grand tioin, et, finalement,, quand il vit 
que je me trouvais dans un de mes iutervallcii lucides, il me permit 
de les copier, une feuille à la fois, me faisant promettre eolcaucElc- 
ment de ne pas les brûler. 

[a pensée, ou peut-être le désir que je îviédv fou, semblait être 
une idée dominante de -''t: esprit; mais la conduite de ces officiers 
d'administration Jiie parut ridicule et enfantine à l'extrême. 

Jj'rxamen de mon étal mental. 

Cependant, cette inclination de ma part à brûler des documents 
i tu|K)rt«nt8, était, pour eu.x, un symptôme caractéristique de folie. Il 
fallait éclaircir cette que^ion, et, comme un aliéniste avait n-çu des 
instructions pour me visiter et m'examiner, on lai^tsa cet ordre suivre 
«on cours. 

J'avais vu le tête-à-tête d'où résulta cette décision, sans avoir pu 
entendre le sujet de la conversation. Je demandai à mon conseil quel 
était le projet qui couvait dans leur esprit. 

"Oh ! rien; dit-il; un de vos confrères viendra vous voir." Et 
il me quitta sans plus d'explications. 

Je savais que tout fou croit que sa propre folie est un modèle 
d'intelligence pour tous, et la sagrase de tous les temps. Je vis la dif- 
férence de mentalité qui existait entre ces écervelée et moi. et l'injus- 
tice à laquelle on m'avait soumis jusque là. 

ïh raasemblant ensemble tous ces points; en me ressouvenant 
de la remarque faite par Mangin Bocquet au sujet de mon état mental, 
à l'occasion de cette lettre brûlée; songeant que j'avais vu tout récem- 
ment le docteur de la prison, sans bon résultat, au sujet de mon ren- 
voi i l'hôpital, il me vint à l'idée que "un de mes confrèrea" votait un 
aliéniste, et je résolus de ne pas être examiné. 

Prtmiire vmi$ de l'aliiniiU. 



vante 



Ja m« nnd» alors à ma cellule, et j'écrivis d'avance la note lui- 






T4 



UN aCAUDALE FHAH'AIS 



"Venallles. X5 Janvier tVOl. 
"Mun»leur, 

"J« pri'f^re ne pM riîponUrc aux niiettllun" iiue voui voul*» me poser. 
•i-ar J'Jil fifrlt & M. MaiiKlii (•.iciiiiei, Ju«« irinnlruclion, pour lui demander 
"df rtMiiettrc volff* vlitll<> k pluH turd, 

"AKr^e». MonttlPiir, me» HaliiUlluiis cniprciist'eK. 

"(SUjmM H. Z, HEUKUT" 

liorwiu*.' "un (!*■ tm-B contrcre*" »«' présenltt à ma celluk', rc qui 
tte trouva ètrt- !<■ luêiiie jour (jut- '« <li»te do ma nott', je lui iloiiHAi celle- 
ci, rt'fu'sint de lui purlcr, oL jVnvoyai «u.-wi la lettre nue j'avais i^rit*? 
à Mangiii Hwiiuet à ce sujet. 

irwrivit». aus^i. à Me Salin'Hi, immédiatement, et lui dît que ni 
"un «le mes eonfrèref*" me viitltait encore, je confierai» le soin de ma 
défeni^e aux mains d'un antre avocat. 

Il réjKindtt à ma lettrr t'orume suit: 



"Munsleur, 

'•Vhiis ti'.ivt'z iiin'iHii' apprrii''iisii>ii i 
"prit»»' ii;ir M"iitticiir !'• Jiuri* il'liiNtrurlj.in 
"■'I vi.M inhT'M^ Pl ne i"'"!! >in.' h-'^lrr \"\i 

"Jt- MiiH pflprm au Pdluiï* itiijuunrhii 
"Mlfinchr, J.' cniiipl»' n\U'r b Vflrnaillcn 
•'r**n'* ciniscr lunirucnii'nt Hi- ce «jul v 



"Paris, ïfi-t-07. 

avoir iiu ttujet de la mesure 

Kllf ne [>Piit porter prt^Judlce 

mine fil llhiTttV 

tiHile 1h Joiinit-e, Demiiin, dl- 
I panser vous vntr, ft nous l'our- 
■. pr>Stccupe. 



"V.ilr)' iI'''Viini', 



•ALBERT SALMON. 

"Avocat & la Cour." 

Inum'-diatement après le reçu de cette lettn*, jï-crivis au Consul 
l<ritanni(|U«' la lettre suivante : 

r>, Plai-e des Trll)unHiix, Versaillen, 

ïf. Janvier 1907. 
A M. le CmhsuI Ilrilannique, en Kr.incf, 
',, rue dWfTuesseau, PariH, 

"M<)n«ipur, 

"Je »iuis ta victime infortunt'e de l'arfalre noiH-le-I\i)i, diHenuc à la 
"prison de \ tTsalllcet, Quoique innocent de [(mtes les accuHationR portf^e» 
"contre moi, et Je v()U« ecri^ potir vouh demander si vous connaissez im 
"bon .ivi.eat anglais, exereant k Paris, que vous puissiez me recomman<ler 
"pour me dt'fendre, et je vous prie d'avoir la bonté de m'envoyer son 
"adressa, car Je ne su(h pas du tout satisfait de mon avocat actuel. 

"Kn vous présentant mes excuses pour la peine que Je vous cause, 
"Je demeure, votre obtMssant serviteur, 

"(Signé) P. Z. HEBERT." 

Il ^tait nécessaire que ma lettre fut risée par le juge d'instruc* 
tion. Je l'avais écrite le samedi, et on me dit qu'il n'était pas en 



LA VEHITH CUycHHNÀm' LAffAUit: liEimUT 75 

Cour pour la \oir. Mt> Salitiua uu vint pu nii- \o\v le diinanclio, iuui- 
me il me l'uvail (ail e*|>ért'r dani «a ilerDiiTc lettri-, luaiD il m'écri- 
vit pour uiu diru <|u'il avait vu te juge d'iu^iruL-tiuu, i^uî lui avait dit 
iju'U me verrait lo mardi, '^'J janvier lUUÎ, |Hjur luc poner d'autre* 

([UftiUuUlil. 

l)euj:itine et truuiême linile ilt l'al\enuit'\ 



iJaiiît l'intervalK', \v gurdii-ii t-lief me fit vcuir à sim LaltiiK-t et, 
à mou cnlrvt', j'y trouvai '"un do mu« cctufrèriw" <)iii m'atiemiait. 

Je l'avertis encore ()Uo je lu- voulais pai' "ijmndtt.- à rte^i 'luertiuiid. 
NmnmDiii!*. il persiMa. Il nie dit ipie, lui-mêm«*. il avait (.Wrvé 
plusieurs fois (|ue sa méim)ire lui fui'*uit défaut, maintenout <|u'il 
avan(,'ait en â^e. Avaia-je jamais oluwrvé la même eliose moi-iiiême ? 
,fe répondis: Non. Vims n'avez nirù eoriiparer les minutes du témoi- 
gnage que j'ai rendu dans <'elte affaire avee !■ > dw-umeni- produit» 
depuis, jKtur vous assurer de la conformité et de l'exactitude de ma 
niémoire. .le ne voulus rien dire de plun. 

Il w présenta emore, plus tard, une tnii-., nu- fu 
voulue rien lui dire. 

l/annoiice piihlié-*' dans la pivsse 
l'aliéniste pour m'exaininer. parut dans 
Chroniclc du 1er février, eonuue suit 

"I..' ilMet.Mir il.iil rire lili.rV hl.Mil.^t m il.-[in»* 
"(ÏO.OOO fr;Mn*s). 11 r.ToM,' U'tMr.' rxauiitir |.ar u 
"iii- suis fias f'tn." 

Iji première fois (jue je vis le juge d'instruetiun, je lui présentai 
un des quatre mémoires que j'avai.i écrits pour critiquer le témoigna- 
ge de Hrunet. et lui dis que je n'avais aucune objection à ee qu'il fût 
l>ul)lié. et fiil le sujet de nmn examen mental par h* public, s'il n'avait 
hii-nuMue aucune objection à ce qu'on adoptât ceti'- méthode d'examen 
mental. 

.?'«'u.-s aussi une entrevue avec Me. Salmon à le sujet, et il mo de- 
manda: "t^iclle objection avez-vous à faire ? (;a pourrait vous ai- 
der à oMonir votre liberté." 

Je lui répondis que ce n'était |>qs de cette manière que je dési- 
rais obtenir ma liberté. 

"ï*onsez donc à l'effet qu'un iel examen aurait sur l'esprit do mes 
"amis et de mes clients de Tvondres, quand ils verraient cela dans les 
"journaux." 

Il pensait que cela ne paraîtrait pas dam les joumaui — Comment 



!S je ne 

sujet de r.ffori final «le 
un pantirniphc ilu Dailij 



utjon <le isoo 
'■n "Usant "Je 



.i-.' 



Miaiocory risoiution tist chaut 

(ANSI ond ISO TEST CMAHT No. 2| 



1.0 


la ISS I2J 

■a ^" 






Il '*' 


£ US 1 M 




il 1.8 



^H^n^ 



^ -APPLIED IM^GE l™ 



1653 Eo»t Mot Stru. 



1" 



^e VS SCANDALE FRANÇAIS 

pouvez-ïoua dire cela, lui d«niandai-jc, quand tant de choses qui ne sont 
qu'imagination et même invention sont publiées partout comme des 
vérités absolues. Je vais vous dire une chose que je ferai volontiers 
quand je serai sorti de ce cachot. J'irai volontiers avec vous et M. 
Mangin Bocquet chez un aliéniste indipendant (pas un désigne par 
quelqu'un d'entre vous) pour faire constater le<iuel de nous trois 
devrait être l'objet de la plus grande sollicitude pour le bien-être de 
son intégrité mentale. 

Cela m'aurait tait le plus grand plai-ir de pouvoir obtenir une 
comparaison impartiale et juste, entrï nos capacités mentales rcspecti- 

■ves. . , . , 

J'avais aussi, moi-même, fait me» observations sur leur intégrité 
intellectuelle, et je pressentais, à tort ou à raison, qu'au moins l'un 
des deux autres se tirerait moins bien que moi de l'examen, et je me 
sentais tout disposé à disputer le prix à l'autre. 

Mangin Bocquet est affligé de Chorée. Quand vous le regardez, 
vous pouvez le voir fermer soudain les jeux scrrCs et étendre le cou 
comme s'il cherchait à atteindre quelque chose dans la direction du 
plafond ; les muscles de sa figure, alors, font chorus, la tête et la fi- 
gure se livrant à une gymnastique vague et indescriptible. 

la Chorée est souvent un symptôme do ramollissement ou de dé- 
térioration du cerveau. J'avais confiance ([uc, si l'examen était juste 
■et impartial, cette circonstance pèserait beaucoup contre lui. 

Me Salmon est un homme beaucoup plus jeune que Mangin 
Bocquet ou moi. Il est plein d'ambition, d'idées romanesques et origi- 
nales, et il aurait pu remporter la palme par sa vivacité excessive et 
audacieuse. 

J'avais l'espérance que ma plus longue expérience aurait pu sup- 
pléer à ce qui me taisait défaut. 

Cependant, on n'accepta pas ma proposition. Mais ils trouveront 
l'occasion, ainsi que d'autres qui y verront leur intérêt, de déployer 
leur supériorité intellectuelle, dans leurs efforts pour réfuter avec 
logique ce que j'avance dans cet essai. Ce ne sera pas simplement 
Mangin Bocquet qui accomplira cet exploit. 

Il se peut que je fusse prévenu contre eux, à ce moment, étant 
donné les bévues qu'ils commettaient tous, et dont j'étais victime ; mais 
pourrait-on me blâmer de douter de leur bonne foi en voyant que les 
circonstances qui environnaient leurs actiona m'obligeaient à les re- 
garder comme des fouities, ou comme des niais. 

Ils me firent le même effet que si les habitants d'une maison d'a- 
liteés i'éteient irigf* en experts, et s'étaient «visés d'examiner la 



û 



LA VERITE CONCERNANT L'AFFAIRE HEBERT 77 

mentalité de tous ceux qui ne demeureraient pas chez eux. Si noui 
admettons un instant que le« aliénés arrivent jamais au pouvoir, la 
première chose qu'ils feraient, probablement, serait de mettre à 1 e- 
preuve l'intelligence du reste de l'humanité, et ils pourraient bien n en 
pas découvrir du tout en dehors de leur cerveau. 

Ce sujet est naturellement très délicat à discuter et dans les 
circonstances présentes, je comiirends parfaitement bien que mon 
opinion personnelle puisse compter pour rien dans l'esprit du lec- 
teur Or je citerai l'expérience d'un collaborateur du John Bull, du 
17 décembre 1910, page 974, sur la prétendue "Stupidité des Etran- 
gcrs" dans la capitale française, qui dit : 

"Paris est la ville de lumif-ro Éblouissante. Les Parisiens se consj. 
"dèrent les «1res les plus illumines sur la surface ■•" Ji'S''-. ?" ;""',t 
"quent, ils sont convaincus, sans retour, de leur supMorlte intelleclueno 
"et de V mbecilite abjecte de tout le reste du monde. Entrez en conversa- 
"Mon «veraÛcim Parisien et vous verrez qu'il est fermement convaincu 
"d-avance que vous eies d'une stupidité enfantine. Fuss.ez-vous d un 
"esprit aussi brillant que le Becreiaire de l'inierieur, aussi savan que e 
"Principal du Collège de la Trinité ou un aussi bon açleijr que 1 E^eque 
-de Londres; du moment o(i vous vous trouvez en présence de deux ou 
"trois Parisiens, votre intelligence sera classée plutôt au-dessous du nl- 
"veau de celle d'un Lapon ou d'un Néo-Zélandals. Même s, vous v^us re- 
"meltez de votre étonnemenl et voua énoncez quelques ép srammes, on 
"ne vous écoutera pa, plus que vous oo moi no s espérerions entendre 
"des vérités pholosophiques d'un singe exposé sur un inéatre. Le pan- 
"Bien ordinaire prend tous ceux qui ne sont pas parisiens pour des im- 
"béciles." 

Cette description n'est pas sans ressemblance à l'expérience que 
j'en ai eue moi-même, mais j'ai trouvé un plus grand nombre d'ex- 
ceptions parmi les Frani;ais en général que le oollahoratenr du Jiikn 
Bull. Peut-être ses oteervations ont-cllcs été faites exclusivement 
parmi les fonctionnaires de l'administration. 

Le mardi, le juge d'instruction ne me vit pas, comme l'avait 
dit Me Salmon dans sa lettre, et je lui écrivis comme suit : 

"Versailles, 30 janvier 1901. 
".\ M. Mangin Bocquel, juge d'instruction. 
"?.ïnnsieiir le Juge, 

"J'ai élé très désappointé el désolé que vous ne m'ayez pas appelé 
"hier après-midi comme vous me l'aviez donné à entendre, et le délai 
"Incessant poor oie rendre ma liberté, qoand on reconnaît mon innocence, 
"m,' fait désespérer de sortir d'ici avec le moibdre vestige de santé. 

"Je (lors à peine et, qoand Je m'assoupis, je me réveille bientôt, lool 
"trempé de sueur, comme au sortir du bain. 

"Hier soir j'ai encore eu un accès de faiblesse extrême. J ai cru y 
"rester. J'étais là sur mon Ut, o(i Je m'élals Jeté, car à d'autres accès que 
"j'ai eus Ici, je suis tombé à terre, sans pouvoir rejoindre mon lit, et je 
"suis resté a élcndu, Incapable de me mouvoir, s.ins .nlde aucune, sans 



1. 



78 



f^A' SCANDAuE FRANÇAIH 



"flecoui'8 d'aurune sort-', pas m/'me quelqu'un pour me donner une goutte 
'^cl'eau. 

"Tout c.'la est probablement dû à l'inriammation ou l'infection des 
"sinus osseux de la Joue, ou ^ la grande perle de sang que j'ai subie, Je 
"ressens d&ns la jouo une douleur continuelle, qui aurait demandé un trai- 
"tement spf'tial depuis longtemps, avec un entourage de soins appropriés, 
"Ce traitement m'est nécessaire; et ce ne sera pas quand Je serai à l'article 
"de la mort que j'en aurai besoin: on aurait dû me le faire suivre depuis 
"longtemps. 

"Je sens déjà que ma santé est altérée à tel point que Je ne pourrai 
"jamais la recouvrer aussi complètement qu'un traitement scientifique 
"commencé k temps aurait pu me l'assurer. Et cependant, vous me dites 
"que vous me croyez innocent! Ne vous paralt-il pas terrible qu'un homme 
"innocent soit éprouvé ainsi, dans sa Hanté, dans ses biens, sans parler 
"de sa réputation perdue, et l'humiliation qui en résulte. Victime de tous 
"les cfltés, je suis désojé de me trouver dans un aussi pitoyable état, et 
"Jo vous demande en grlcc, d'envoyer la lettre que j'ai adressée au Con- 
"sul Britannique, car je désirerais consulter u{i autre avocat: Il me semble 
"qu'il doit y avoir autre chose à. faire pour me libérer plus rapidement. 

"En terminant ma lettre. Monsieur le Juge, Je vous fais mes excuses 
"pour les ennuis que Je vous cause, et je vous prie de ne pas m'en vouloir 
"de vous importuner ainsi. 

"Agrée-i, Monsieur le Juge, l'aBSurance de mon profond respect. 
"(Signé) p. Z. HEBERT." 



il VERITE COXCERyAXT L'AFFAIRE IIEISERT 79 



CHAPITHE Vil. 



.1 

\ 



AUTRES ACCUSATIONS. 

On m'accuse de meurtre, et on réfute ma mis» m liberii. 

Le 31 janTier, arriva du Parquet une réponse à ma demande de 
mise en liberté, qui avait été prfeentée le 24 par mon conseil, Me 
Salmon. Ce fut justement le lendemain de ma demande, c'eat-à-dire 
le 35, que la femme Pesnel porta contre moi une accusation de tenta- 
tive de meurtre sur sa personne, dans la nuit oii elle et Cesbron 
avaient tenté de m'assassiner, et plus de deux mois après le soi-disant 
incident; et l'on m'informa que le Parquet ne pouvait pas m'accor- 
der ma mise en liberté, en pr4encc d'une nouvelle accusation de cette 
gravité, pcar laquelle il fallait faire une enquête — ^"essairement, 
avant qu'aucune démarche ne fût faite jwur m'élar 



" Demandez et vous recevrez ". 

(Christ Luc. XI. 9. 

J'avais eu des accès d'épuisement et d'évanouissement depuis ma 
détention. J'en avais parlé au juge d'instruction, et je lui avais 
écrit plusieurs fois à ce sujet, 

"Vers ce temps-là, je lui dis que, si seulement je pouvais obtenir, 
dans ces moments-là, quelque chose de chaud à boire, une tiusse de 
lait chaud par exemple, ou une tasse de cacao chaud, ou ne seniit<e 
même qu'une tasse d'eau chaude, je pensais que je pourrais éviter ce» 
attaques, car je pensais qu'une de leurs principales causes, c'était la 
température continuellement froide de la cellule que j'habitais, sans 
feu, sans soins d'aucune sorte, et l'état de débilitation dans lequel je 
me trouvais, et aussi l'inflammation persistante de ma joue. 

Un autre effet du froid fut de me produire dans la cuisse gau- 
che une paralysie de sensation, qui se prolongeait jusqu'à la jambe. 



\:M 



^li: 



80 UN SVAUDALE FRANÇAIS 

Quelquefois j'éprouTais une sensation d'eau bouillante, circulant dans 
les veines, puis, en un instant peut-être, cette sensation se changeait 
en celle d'un froid de glace. 

Cette paralpic partielle de la cuisse n'a pas, même au moment 
où j'écris, (1911) complètemciit disparu, bien que je la ressente à 
un bien plus faible degré. 

Le juge d'instruction fit part de ma plainte et de ma prière pour 
avoir un breuvage chaud au gardien chef, en ma présence. Ce'.ui-ci, 
d'un ton sympathique, iiw dit alors: "Vous pouvez avoir du lait 
clmud, du chocolat chaud, de l'eau chaude quand vous voudrez, tout 
ce que vous avez à faire, c'est de tirer votre sonnette, et le gardien de 
votre cellule viendra vous donner ce que vous demanderez. Je tus 
enchanté de la réponse, et, probablement, beaucoup de personnes 
douées d'humanité, en dehors de la prison, sont enchantées de même 
quand ils entendent la même histoire au sujet d'autres prisonniers. 

Un jour, après cette information charmante, comme je sentais 
venir celte attaque de faiblesse, je tirai la clochette et le gardien 
y répondit ; 

"Qu'est-ce que vous voulez, me demanda-t-il d'un ton sévère ? 

— Auriez-vous la bonté de me procurer ime tasse de lait chaud ? 
Je me sens si faible. 

—Une tasse de lait chaud à 4 heures de l'après-midi ! me dit-il. 
Tout ce dont vous avez licsoin doit être commanilc 24 heures à l'a- 
vance, et on ne peut vius l'apporter qu'à 9 heu.«s d' matin, et pas 
à une autre heure. Votre commande, maintenant, vient trop tard 
pour demain matin 9 heures, et ne pourrait vous être délivrée que le 
jour d'après, c'est-à-dire après-demain matin à 9 heures. D'ailleurs, 
l'heure convenable pour donner votre commande doit être à 9 heures 
du matin demain, lorsqu'on prendra les commandes. Maintenant 
que vous savez cela, ne me dérangez plus de mon ouvrage pour des 
riens de la sorte. 

—■Mais, lui répondis-je, comment faut-il faire pour obtenir quel- 
que chose de chaud à boire, si j'en ai besoin à cette heure-ci du jour ? 
—Vous pouvez le tenir chaud vous-même comme vous voudrez. 
Nous n'avons rien à y voir. Nous n'avons à vous le délivrer qu'une 
fois par jour à 9 heures du matin. Vous n'êtes pas ici dans une in- 
firmerie; nous n'avons aucune organisation pour ces choses-là; ainsi, 
rappelez-vous 'e bien, et ne me dérangez plus sans raison." 

II me parla d'un ton si brutal, que je craignis, si je faisais part 
au gardien chef de l'accueil qu'il m'avait fait, qu'il ne me reçût à 
coups de pied, la première fois que je le verrais, et ce ne fut que long- 
temps après que j'en parlai au gardien chef. La seule réponse que jt 



LA VERITE CONCERNANT L'AFFAIRE HEBERT 81 

reçus de oelui-ci, fut que ces gens-là n'étaient pcs liaibtuts à luanife». 

ter la moindre bonté poi r qui que ce soit. 

J'avais consulté le docteur de la prison avec des résultats variés. 

Je priai le gardien chef de me faire savoir quand le docteur passerait 

la proehamo fois, afin de lui parler de ces accès dcvanouiaacment. 
Au moment de sa visite, il m'envoya le gardien chef pour me 

demander ce que je voulais, sans me faire venir à lui, ni venir à ma 
cellule lui-même. Je dis au gardien chef que, ne pouvant pas obtenir 
de lait chaud, comme je l'avais espéré, je serais très obligé au docteur 
do vouloir bien m'envoyer une bouteille de tonique de quinine, ce 
qui pourrait me fortifier contre ces attaque». 

Le jour suivant, je reçus deux cachets de poudre de quinine con- 
temint une dose chacun, avec la recommandation de lui faire savoir 
dans une semaine le bien que j'en aurais ressenti. 

Je ne les pris pas, parce que mon but était d'obtenir une action 
soutenue de la quinine par des doses répétées et continues, pour mo 
fortifier contre ces attaques. Deux doses n'auraient pu avoir aucun 
effet pour une semaine, et, quand j'aurais eu une attaque, n'auraient 
pu agir comme un restauratif, parce que la quinine ne pouvait agir 
qu après avoir atteint la circulation, tandis que le lait chaud ou l'eau 
chaude aurait eu un effet immédiat en élevant la température du 
corps. 

Il n'y a pas de doute, ça aurait fait l'affaire de tout le monde ai 
] étais mort, particulièrement celle de Mangin Bocquet et de Pesnel 
Toutes leurs bévues auraient été ensevelies avec moi, ce qui aurait 
préparé le terrain pour formuler n'importe quelle accusation contre 
moi. Cette accusation aurait été confirmée par le témoignage de la 
femme Pesnel, et Mangin Bocquet aurait été un grand homme. 



Tout le Parquet semblait avoir la plus grande hésitation ù eipé- 
dier ma lettre au Consul Britannique. Chaque fois que j'en parlais 
au juge d instruction, il présentait telle ou telle excuse, par exemple 
que je pouvais être mis en liberté d'un moment à l'autre et que ce 
ne serait plus nécessaire de l'expédier; ou bien que Me Salmon n'a-vait 
besom de laide de personne pour conduire ma défense. D'un autre 
cote, je m'inquiétais peut-être exagérément, dans ma crainte de ne 
pas pouvoir communiquer avec le Consul. J'écrivis alors la lettre 
suivante à l'Ambassadeur Britannique : 



'•Vutrt' Kxci'll-iir. 



'M.' 



h 



r.v srAMKilJ- l'i:A.\rAls 

i'n 
iil.,.".,il.-iir .!.■ 
r,iii!)i>rire -I-ll 

I.' inr 



l'A 



Il .1.- \iT>,iill.'- 

■iv, p,,ns. 



"ilt'tt'iin ici >!![■ .!.'« ; 
"iivxir |irt'iivi> iii'i!) i 

"tl.'s [lins ;il»r.iir<lt>-., 
"Je SUIS »■' .m Ciiii^ii). 
"trio, itvor rrn'nlii.n. 
"iiii^iiif ri;!---' iiN>' !■' 
"tk- M.-il.M-in.' .< niii\ 
"rrrt'vnii- i-ii Aiul'h'r 

"Ji- ■^lll- MllU- 

"tflir .If 1,1 Sncj.'li'' Il 
"ft H.' liai' 1. 'III- ;illiln 
'riH'mlirft de l'A^-uriiit 
"lio hif-li-.' .\r.-iliiMl. 



hi[|.-.- .1- r;.n-..jr,. -Il' n..i>-!.'-[l.ii. .■! j.: siii- 
11- li'.iil ,('' ^iiu- .il.-Hiiiiii'-rit intiocrnt, Aj-ns 
■iii('i'ljr<' <lt>s [(rt-NiiiTcs ;iiTii-;ili"ii!* piirli'>'> O'Uilr*' 
.iiit l'ii 'Miltc il .riiiilnw nC('ns;iti..|iH (riin.- n.itiin' 
Il Mr«'iiiii>^-li<'til il<- rt'IiiiiriH'r i-ln'z iiint ft l.oiMlro.^. 
tjii i';ii iiri> Hii> li.':;!-.'. iii .\(.'tl''ciiif> et i'h (.hinir- 
n iiiMT^it.- Mcr.ill 'If ^r.1lltlv;l| en 1R*"2, diilit» lu 
.l.H'lriir Wmi. n>|,M', rii;iuil''tMi'.! ;*riirrs«*'ur Ili-nius 
isil.' Oxri>ril: .-I, sf(.l uns pins lanl. Jf mo suis fuit 
(■ iiii C-ilii-iff UMy;il tii's Mi'tli'i'ins <if I.imdrfs. 
.Ir l'Assi.riiiUon Hi'ilaMiii<|iii' M'''liiMl''. ilu Coll-K'' 
- i-t do I;» Piilvi'!iiiic|Uf d.- I.nirin's, Aifrt'KL^ fund;»- 
ii.i.'id.ik'i.iu.' flrit;.iiiiiiiiN'. •■! l'iui di-s r.nllab<ir;itciirs 
■ d>'s i'<ili>iiti<'s du .jiiurii.il d>> vWr SuriiH*'. Je suis 
■11 i!iriir[inr.'<_- de- Pr^dii'i-ii'- d'Aiiirldprrp, de rrriinn 



M.' i.n 



m- 



"et en Artiileri-\ .(u.- j';u > 
*'j'ui pxeri'i' la riK'.hTin-' à 
"puis 2(* ans. l».*iid,uil !'■■ I 
"ppciRnt les luis df Sii M;ij' 
"d'aucune snrh? l'i m-' fi 



-11- 

- dii-|Hiii's d'iiislniclh.n Militaire en Infanterie 
.til.liii- au Canada il y a plusieurs annt'es, et 
LnUdris, i]iif j'ai l'Iiiiisii,' niuime duinieile, tlc- 
.nips, j'ai niPii.^ la vie d'un sujet paisible, res- 
■sl." Britannlfiiie, sans qu'on ail aucun reprocliii 

l'I imin cai-arti-ro n'a jamais i't.ï in-'^me efflcun^ 



,enl du filcjieux inci- 
assurer. sur serrnenl, 
alimis inventives c<m- 



"dii moindre si.upç'.n .le eriiiiinalilt\ jusqu'à 
"den! lie eette d-'uiuiireu-e tii-lnire, et ji- pui 
"que je suis absolument iiiiioecul de lonjrs N' 
"Ire moi en ce iiiinn'-nt-i'i. 

"Je suis nialadt'. par stiite di- rallfiiial sur ma personne A Bnis-le- 
"Roi, l.a perle exce>si\e de s;ni« qii>* j'ai subie m'a rendu incapable de 
"fiiainlenir la chaleur d.' iiion roips dans nii milieu sans feu, sans soins; 
"dans une lemp-'-ralnr-' aus-i rieoun-u>e qiif relb? que nous avons eue 
"ri^cemnient. el ].■ s.-ti- qu-' ma saiiir> sf iiiini', rimu âire <ie 57 ans litaril 
"aussi contre nuti. 

"Mon but en m-iis l'crivani esl de prier Vnire Excellence d'avidr la 
"bonli* de iu"eiiv.i>er un bon avocat auKlais, exerçant à Paris, pour me 
"conseiller daII^ rè moment d"''i'rfuves qu- \>- passe ici, et de faire pour 
"moi ce que Votre K\cellence juirera à pnqios df faire pour un loyal sujet 
"brilannique de ma posilion dans la posilion "fi Je me trouve. 

"Dans l'e-p.Tance que je ne présume pas inqi en vous adressant 
"cette pritTe -t ^n vous pr-sentaiit mes excu>.es [Mtiir la peine que j'iiii- 
"pose & Voire Kxeeilenee. 

"Je dcmeuri-, Vnlre Kxndlence, avec un profoinl respect, votre In-^ 
"ob(*issant serviteur i-t loyal sujet de Sa .Majesté Britannique, 

"(■^iiçné) P. Z. HEREHT." 
"li, York Place, Porlman S<i., Londres W. 
"Aulrefois lUa OUI Cavcndish r*t. (.iavond'sii Sq, W. 



J'écrivis la k'ttre ci-tk-^àus et la donnai à mettre à la poste avant 
.que la réponse 'jui suit, du Consul Britannique, ne me fût délivrée. 
la lettre ayant ou à être traduite et visée avant de m'être remise, 
oomme c'est l'usajre pour les lettres adre-sées au.x prî^onuier». 



/,.i viciari-: ro.vrAVi'.v.i.vr i/m-i-miii; iieueiit 



4'l 



i:Mri'.iil,tt li.ii.1,,1 |{nl;iiiiii'l<it 
7. rup d'AifUPSSPnii. 

•iir P, /. IMi.Tt. V.T!..iill"s 
'•Muri^i-nr, 

"<;imf..riiii''iii>'iit :i viilf.' 
M,|r.iir<l'l|iii, 



IIS rii\ ci-irj.-i. 

<■{'■• (!.■ ■snlinlMC^.- ..iml;ns. ■. Piiri-, ,-, -,,- 

••h.iMi. M, nii' ilii K;iiil -vc Sl-irirn.r,., .\f. 

'TLiiit, o't'Ht uti ii\(M'iil Trai <:;ii-*, iinr|:nit l'.Mml.n- 
-\(ilrf ciiisp l'I |i|.(i<l.'lMil CM \<Av>- fiufiip i\ l;i (j 
"pourriez Cinnmunniii.-r avi'c Mi' All^iln. HM Ituiili-' 
'Nim ixii'tt* l'utiitliiis ciiiiriiiniiit'iil •■! ii iitif -.iiihtIh' 



■.' f.vn-r ll*i>; 



.|.'m;iiiil.', .i.iit- \..iiv 1-lliv 'lu -.'f. .l-rni-T. 
I.- iiotji .1 !';.,ir..>s,. ,riiii.' 

.■.. ,lNr J- rrn„ ,(U-il Xn,.- 

ul.n-. >iiii ^'iiih ri'sn.T.iit A 
l;i (:..iir. It.'iris .-.■ «m-*, vuti-i 



ni I 



..|,. 



l'Mlv 



•■ -iiurt/- A P [NCI.IS. 

■l'auii^ aussi tVrii à M. Tloctnr Fnliro. 10 rm- ilo Komo, Pari^. 
Commissaire Oém'-riil pour le Canada on Franre, fini vint Tue M>ir le 
5 fé\ripr. JVii^ iino lonpnio conversation avot- lui. pendant laquelle 
il ino (Ut qu'il était on <?ommunication avec rAmlms>a(1our et K-. Con- 
sul Britanni<iuGs k mon sujot. Il connaissait très bien ma famille au 
Cinada, et avait visité hier, des fois le village nù jf <uis né. N'ouï y 
avions plusieurs cnmaissances et amis communs. 

Je reclus alor-î. !a lettre suivante de rAmbassado d'Anjîletorre. 

"Ambassade Britannique. 
"MnnsiPiir, 



Piiris. I..' r> r.-'vrier 11>07 



"Sous 1,1 (lirerti.m de l'AmhassatlPur (!.■ Su M;i 
"t. fiijliiiîi (1,- v.ilt'f loltri' ilu \ oituranr. 

"I.i- n.nsiil «."■iit^ral de Sa ^rHj^'Hl.' ii Paris a infurni.- Sir Franvis Bt^rli^ 
"d'une deniand'-' h lui faite rf^pemmeiit par vous, pi du lexte de sa n'-ponse, 
.■t Smi Kxo<'ll.^nce d.^sire que jp vous disp qu'il approuvp lo conseil h, vaih 
"di.nii'- p;u- M, Inirlis au sujet de l'emploi d'un avorat. 

".('' siii<, .Mnnsj.'iir. voirf oln^issant serviteur. 



"Dr P. 7 Ht^ber'. 
"Pri-'-n de S'ersaillps 

"\'ersaiiles.'* 



"(Siïîn.^) r.EOROE rdWHAM, 

Secrét.iir''. 



Xjh juge d'instruction, ^I. Mangin Bocquet. reçut aussi l.i lettre 
-uivante de "SX. Hector Fabre. commissaire-général du Canaili en 
France. 



m 



84 



UN SCANDALE FRANÇAIS 



10, rue dt Home, Paris, 8« — . 
Adresse téléjfraphiquc : 

"Stradacona Paris", 
Wliphonc 218-03. 

Paris, le 6 février 1907. 
"Monsieur le jujje, 

"Au cours du long entretien que j'ai eu, hier, dans votre cabinet, 
"avec le docteur Hébert, je ne , is convaincu pleinement de la siu- 
"ciriti de ses déclarations, on ce qui •concerne sa naissance i St- 
"Constant, près Montréal, (Canada), ses études i l'Université Metîill, 
"re.iercico de sa profession de médecine i Wliiteliall, N.Y,, il San 
"Francisco, et depuis SS ans à Londres. 

"Iji plupart des membres do sa famille, habitant Montréal, me 
''sont connus comme des gens parfaitement honorables, lia m'ont 
"télégraphié à deux rcf ises pour s'informer très affectueusement 
"de la santé de leur parent, lorsqu'il était à l'hapitnl de Lariboisière. 

"L'état d'esprit et la valeur morale du docteur Hcbcn, ou re 
''la caution en argent qu'il peut offrir, inc paraissent donner une 
"entière certitude de l'eiécution de l'engagement qu'il prendra!* de 
"se présenter fidèlement à toute réquisition de vous. J'en suis si 
"assuré moi-même, que je n'hésite pas à m'en porter garant, en vous 
"priant de vouloir bien lui accorder la fîveur d'une mise en liberté 
"provisoire. 

"Veuillez agréer, Monsieir, le juge, l'assurance de ma considé- 
"ration !j plus distinguée." 

Le commissaire général du Canada en France, 
(Signé) HECTOR FABRE, 
Monsieuv Hangin Bocquet. 
Juge d'Instruction, 

Versailles, S. & 0. 

Bien que toutes sortes de mensonges alléchants, tels que les inven- 
tion» de la femme Pesnr', les conjectures sagaees du juge d'instru.-- 
tion, si clairvoyant, les soupçons pénétrants que son esprit exercé lui 
suggéra, soient communiqués à la presse par le juge d'instruction, ce 
qui pourrait être favorable à un inculpé est soigneusement caché au 
public, si ça ne lui convient pas d'en faire mention, et la lettre ci- 
dessus, comme bien d'autres choses importantes, ne fut, naturellement, 
jamais publiée. 

J'écrivis alors la lettre .«uviante à l'avocat qui m'avait été recom- 
mandé par le Consul et l'Ambassadeur Britanniques. 



lA VERITE CONCEHNANT LAFFMRE UEBERT 



8S 



5 Place de» Tribun» ix, Vev»-,ill»». le 10 Mvricr 1907. 
A Me AUaln, loi. Boulevanl lUus.iiiarn. p«rw 
"Cher Maître, 

••i,M n.^^'Z' ""■'" ''"'" """«'' "'"•"• "I >■""» ^"""-' P»»»" me voir "jiHi. 

'"lU: ""ï" ":.'"■''" "" '■»P"-''»-"'ldl, ju».iue v.r, ou" o "x heu'é^ 
Agréez, cher Maître, raa.uranee dé ma haute con.ii/ratïon. 

"(Slgn.i) p Z IIt:BERT. 

Je reçu» le télégramme suivant en réponse : 

"lV/Z/07: Dispos.' aceppter votre défenne niai» itlloiieliA nrof«> 
".lonnelle .n'ohilge consulter dabord Salmon. Lettré «ult ' 

"ALLAÏN, avocat." 

L'accusation contre moi d'avoir tenté d'assassiner la femme 
lesnel, quand elle-même avait comploté mon assassinat, avant été 
exanimée, fut abandonnée. Or. Me Salmon prépara de nouvelles con- 
clusion», et formu a une nouvelle demande pour ma mise en liberté. 
^^ Je donne ici, une copie de ces conclusions, que je reçus de Me 

"Pour le Docteur HEBEi. aï Dpn-r g*i «nw 

l.çontre JUSTI.NE pèsSÈL et autre, a^BeSÎ laEMmilX 

••WT?NnM"? T "'"'='"»"'"• précédemment p iïes: '^'^''^'^'^'^ 
".lo u J. . w , """''''' part que le docteur Hébert a déposé au Parttiiel 

"KiBSS:-— -'»" Si^jf^s^if-; 
"pesrie., ,c2?bï;n:ta,;"c.rMi'rNrtnffr"°""" ""■"" <"""°' 



m 



«6 



C.V «AXHAIH FIl.lXi.US 



Il r.i.i.,(s«iri.il 



o.L.lil- ■■! .tp.il.' l'MCl- 



"(!(■•» sliiir* L-(l>T>' 
■■l'clMP- I r ..m 

■■l.lllll .Al-I'- 

"'"'"'■ly,,,,, ,,,„ , ,. I -, I,. Tnl.i.iMl .l"il - .l..l,.n, II..' |..yMl 

"..in.rl.^ n K..nl."ii. ai iliv .hi-liii" l'.-i.'l. ' '-l'i 1 '"'l■■■■ 

.l'ivrivi- cmuiv un JH).- .I'in-liii,ti..n. I'inr..rii.aiil .|"'' j'i»"'" 
«Il une uiitri- Htiu.|M.' .le fuil.l. »-■. !■■ j""r i.rvwl.ril, it Iv lirmnt .Iv 
in'aivnriliT iiju iiiiv' en liluTto pnpiisniri'. 

.Va, m ma |i..-c-i"ii. uni. .(.j'i'' '^"'■''' 'I'' ""■ '"'"■■ """" 'J'" 
cil- |,lii-i.'iir- iuiliv. ,,«,• j'ai •mi'vf, .i!iii iI'.'mI.'i- 1:i pn'IiMii- ; 
mais ji> IKMiv le- |iniciiiii-i' i" l.Miip* vdiiIm. 

On |»'iu (i-iM-niiiinl imiivur Imlh |. - ,irij.'iiiiui\ ilv «•- l>-lla's «lanf 
If (In-(tit'r t!t' rin*triirtion «ii- W'i-j'a'.ll- -, 

.l'avais P(,u liuc l.'ltn- .11' Mi' Saliniin. i-li ilal.' ilil ■-' uvricr. 
ni'infiirniani i|u'il itait lui lit aviv luii' linim liii^', 1 1 ji' n.' nr"* ri''" 
(If lui ju>i{u"au 1-.'. liir-cju'il iiK'iwra i.t iiréscnla vt-Uf niiUVilli- .li'inau- 
(]«■ piiur nui nii-i' fn liU-rtv. 

l,a ipicsiiiin il"- Mi Allaiii fut «■ncon- ili-cuti'i'. .Cinsistai' à lo 
vciir. et lui ilii» i|Uii jii lontinuiTais ma iiirri'spiinilauf.' avtc lui, car 
jii cl,'i»iraii' qu'ili» a;(i"iint mus ili'uv cli' ciiiiiiit. iiu miiuv iif lui's inli- 
ri"'ts, pour tnncluirii ma iléten-i-. 

bi prnjiij-itiiin lU' plai<iiit p:i- ilii tiiut à M.' Saluiiiu; man il 
-'en ri>|nurna ilicz lui avir mes instnuliims ili' >v nu-nw m rapp'irl 
ovci- Ml' Allain. et. If Hi fivri.r. il m'w rivit i<- .pli suit : 

••riii.i •ilii-iiiliil.' illliiii. 11.-. p.iri», lii ■,' ii;. 
■■iMi.iisii'iir lli'lii'rl. 

■M,, n-çiiis il l'insl aii> ■!.■ M !■■ liii--" il'iii~lrii.-li i"'i"'i;r- 

•■niaiit .111 il a r.imlii, ii li. il il" illui'!-. m ■.l'iuuiiii;;' ■ l"!"'"" il 'l' ; 

"darii suMfiiir il MaliiiT Mir iiiis cliisiiilis jusiiu u iiiiinli. l.i ."Urjnl. 

"1,'instriicttiin '.Tii, -iui" ilMUl'', li-rtuiiii'.' l'o j..iir. 
"Viitrti lii^fiin', 

(Simii-) AI.BKUT SAI.MON." 

.Je ivçus aussi la nnu' suivante, ilatii' Ju 17 : 

"Monsieur Hi'-bert. 

"JO vou» verrai mard, vers une 1 re, ^^^^^^^^ ^a,.m„n." 

Amené âevmt le Procureur il la Efyuhlique. 

Le 19, Me Salmon arriva, comme il l'avait promis, enthousiasmé 
de l'espéranoe d'obtenir ma liberté, enthousiasme qu'il me fit aisément 
partager. 



A.i vf.niiE roMKUS.ssr i.wfi- \n:i: uhiu-trr ^r 



Il iric it'[.r.-. Miii '[Ile. -t. Jt »»■ Mi'iitiiiii, iii.i l Util, rii'i't.iii .u.nr- 
iIm-, j.- /itiiirni. .[iir Ml' Alliiiti. 'ju'il rf;;iir'l.iii <■ n\:\u un ri^.i!, n'.iii- 
ruir. rien l'ii l'i U\iu- |"iiir rMl»U'iiir. nini- .^\,.' lin. m. ni'' ni m/iit. nul 
toiui- lu ;rt<"ir<\ . (■ .jiii> ji' MJitlii- l.irii ir. niui.iin. . 

.If fu^ nl..r- «iiiiiliiii .|. IM.it.' l't ll.ru'I.' -,(. < ;.\ il ri' ■! ■ ,..aii- 
•ï\n MiH'i|iifl iiit Pr-H'Urfiii' ili- la lti-i>iilili.ni> - - >ni. iii".iiiii'iiu..i a\"i; 
iiru- iivaw pttili'niiitr. «(in- ixT^iiuii' iiiitr*- i|ih' in'iii (uii-iil, Mr Siilmif». 

li'iiviiit rifii l'iiii <|iti tMiMptât |iniir in.i un i Iil.il- l.i- K-tlnn 

• jii"' j'ava'^ «'■i-ritf à rAinlui -^ i. ur ri ;iu Cnii-nl Wu .niijiti'-. ii'a- 

\ili''Tlt >'U IHIcllll rfr^l. Il- tlf '■<'tai''llt [M' lin'l;lr 'ln'Mlr .a iM'in<-. ilit- 

il. ij.' •^'inf'TiiuT <l.' riim. '■,, -i j\'iai- mi- fti ! i-^ri.' aiijniinriiiii, t-.; 
M-rail rifi ('riiii'T-''mcni aux fli'on- '!•■ iii-in i.m i'. \\'- SaliiiMji. i(u! 
|iariit !*'t'n*ir;;iifillir In'.nti-.mp d- -• \><'\r p' ■ -m un au—i liiuit pi"'* 
.l.-tal. 

,1c lit ri-jioii'lai- pu:-. 

— ('i)ni|irrih /-\'iii- '.' ifif ilt'îiiamla \v l'in, urt-iir ': 

.le fi- un sii'iK- >!.' t.'ti' alTirmalil'. et n'iMUi'li- uni. 

\\iri- un nipiiii- <niip il'oi-il -^tir li-iir- pliv-inii n'-< n-pt'ctiveB. 

pMur \c.lr. j.- ^iippn^r. -*j| vu p'unaii ravunnrr i n* urr ilr i -ajîrs.-M', 
il- nw |H'rtnirt'nt >li' r<>iiiiii ne,' j nmn racliril. 

'l'iint v\n n'i'tail. rie la juirt liu l'rfHiircitr. (ju'nn.' ..nnnntadr 
piiiir nii" tli'fi)iu-<Ttri'. II >ii\aii Iticn "|!i*' Mr. l'adri. !r itminiii'fairt" 

*;én-Tîil liu Canada, -pii l'Iail >u cipniniiirri-.iliMii ; ^n -ujrt nvw 

rArTili«s,-a'i<'ur il U- Coii-ul V. itanniipii-. '"rtaii infiirtnt' <lt moi, 
avait prir U- jnj;.' iVin-lruf tion Av lui jHTnitttr.- d>- vt-nir nif voir, 
*prii /tait V'tin uic ri'iniri' vi-ili'. qu'il a\ait h rit iiii jii;rt- .i'iri'lruc- 
tion t't <Vlait pnrlt- Iiii-nir-rtu' ••araiit pour :iiut. i-i i[u"i! ayi>-ait «le 
tonct'rt avi'c rAinlja^-^adcur et \v ('nn^^ul jîi ii;irini.[ii. <. 



.[r'ifntion (Vf^piinnuiip'. 



Néannioin-. i-v< lionmifs «*tIairt'H avaient tonijitt!' -ans la femme 
Pfsnfl. qui était la force motrice et rin-piratriec de leur enquête. 
Kn effet, elle était, au Miniist»*ri' «le la Justice, l'âuie. l'a-tre rentrai 
-ous la dirwiion duquel les divpr< satellite!' de IWdmini-tration décri- 
vaient leurs orbites rwpocti^o■J. Klle avait un antre ir.iit dans son 
carquois, un trait foudroyant. 

KUe le lança -^ous la forme d'une confe«^;ion, truc 'jui manque 
rarement son effet -ur un juge (l'instruction, comm^' >i c'était un 
Tétement de la vérité. Elle allait tout avouer. Elle voulait ?o dé- 
charger le coeur. Klle dwlara solenneHement. et jura sur la tête de ?e« 



88 UN SCANDALE FRANÇAIS 

enfants, que j'étais un espion au service de l'Allemagne, contre la 
Franee. 

L'Espionnage, la bête noire de bien des fonctionnaires français, 
car ils s'y adonnent eux-mêmes, ne pouvait pas être passé sous silence, 
yuisquc c'est leur occupation favorite, et qu'ils craignent toujours de 
■voir un étranger la leur usurper. Il fallait faire une enquête, et donner 
à l'oracle Pesnel le temps nécessaire pour produire les documents 
qu'elle promettait, bien que je protestasse avec énergie contre son 
accusation, et qu'elle fût incapable d'en produire la moindre preuve. 

Par conséquent, on refusa encore ma mise en liberté, »t M. Man- 
gin Bocquet prétendit être très fâché contre elle, et en dire lu mal. 
Il gesticula, déclara solennellement que, si elle ne produisait pas les 
documents promis dans un laps de trois jours, il me libérerait immé- 
diatement, sans faute, et jl fus renvoyé à ma cellule, fortement dé- 
«appointé. 

Me Salraon sembla désolé; il voulait voir quel cours suivrait 
cet.te nouvelle accusation, avant de faire d'autres démarches ou d'ac- 
cepter d'autres instructions. Me Allain me demanda de lui dire 
franchement s'il y avait quelque bien-fondé dans cette accusation. 
Aucun, lui répondis-je; pas le moindre. 

J'entreprendrais volontiers votre défense, même s'il y avait bien- 
fondé, ajouta-t-il comme pour m'encourager » lui divulguer quelque 
secret que je pourrais avoir. 

C'est une pure invention de la femme Pesnel, lui dis-je, comme 
le reste des accusations qu'elle a portées contre moi. Il n'y a paa la 
moindre raison de la croire. 

Au sujet du refm it mon chique de 8,000 frs par le Crédit Lyonnais. 



Voyant que les 6,490 franc» collectés du Crédit Lyonnais ne suf- 
fisaient pas pour obtenir ma mise en liberté et que je n'avais aucun 
autre usage pour cet argent à ce moment, je renvoyai à Londres, le 
î février suivant, directement à la "tlnion of London and Smith's 
Bank Ltd," par l'entremise du Comptoir National d'Escompte de 
Versailles, la somme de 4,200 francs, qui me restait, après avoir 
payé quelques petites notes, telles que mon alimentation à la prison ; 
une petite balance qui était restée due i l'Hôpital Lariboisière ; une 
petite somme à mon avocat, et je gardai dans les mains de mon man- 
dataire plusieurs centaines de francs pour mon usage futur. 

Je n'ai aucun doute que, si le Crédit Lyonnais avait fait hon- 
neur à mon chèque le 18 janvier, lorsqu'il fut présenté pour la pre- 



LA VERITE CONCERNANT L'AFFAIRE HEBERT 89 

mière fois par M. L. Mouthicrs, j'aurais à ce moment obtenu ma liber- 
té. Le retard produit par ce mécompte , le discrédit jeté sur moi par les 
contradictions du Crédit Lyonnais; les soupçons éveillés dans l'esprit 
des autorités judiciaires sur la perte de ma mémoire ou sur mon 
aliénation mentale; les démarches qu'elles avaient faites pour me 
faire examiner par un aliéniste, mirent jugos et officiers dans une po- 
sition telle, qu'ils ne pouvaient plus reculer facilement, ni reconnaître 
leur erreur, même lorsqu'ils apprirent que l'argent avait été retrouve ; 
d'ailleurs, Mangin Bocquet n'était que trop content de trouver quelque 
nouvelle excuse pour continuer son enquête. Tout cela avait déjà donné 
à la femme Pesnel une nouvelle occasion de faire usage de son imagina- 
tion inventive pour bourrer Mangin Bocquet, toujours disposé à s'en 
laisser imposer par elle, de nouvelles accusations contre moi. 

Je le compris fort bien. Il me vint alors à l'idée de demander 
à M. L. Mouthiers de me donner par écrit un compte-rendu de son 
entrevue avec l'employé du Crédit Lyonnais, au moment où il présen- 
ta mon chèque de 8,000 frs, que cet établissement refusa de payer, et 
il m'écrivit la lettre suivante : 

.,,, , j "Versailles, le 13 février 1807. 

".Munsieur le docteur Hébert, 

"Prison de Versailles. 

"J'ai rhonncur de perler à voire connaissance qu'il est parrallement 
exact que. m'élanl présenté les 18 et 19 Janvier dernier au Crédit Lyon 
"iidis, à Paris, pour toucher le chèque de 8,000 frs que voua m'aviez 
'donné sur cet établissement, on m'a refusé le paiement dudlt en me d«- 
■claraiil que votre compic espèces ne comportait qu'un solde disponible 
"de 6,498 francs 40 centimes en espèces. 

"Malgré mon Insistance, j'ai dû revenir sans avoir touché ce chèque 
^]ue je voua ai remis par la suite. 

"Veuillex recevoir mes sincères salutations, 

"MOUTHIEKS LEOPOLD." 
J'avais aussi parlé à Me Salmon dans le même but, mais il es- 
quiva la question, et ne me donna pas de réponse. 

Je lui écrivis alors pour lui demander de me donner une note, 
décrivant son entrevue avec l'employé du Crédit Lyonnais au moment 
de leur refus de payer mon chèque de 8,000 francs. 
Voici sa réponse : 

Rue Théodule RIbot, I7e, Paris, ti/S/01. 
''Monsieur Hébert, 

"Me Mouthiers, huissier, votre mandataire, vous renseliniera sur cet 
incident mieux que Je ne pourrais le faire. A ma prochaine visite je 
vous en parlerai, et bous verrons ce qu'il y a ù faire. 
"Votre dévoué, 

"ALBERT SALMON, 
"Avocat a la Cour." 



90 



r.V SCASVALli f/.UiVf.l/.S 



Il vint 111" voii- et nie (lit iiu'il ne lui était pa.- [icrmis Je donner 
la luoinili'" inl(,nnatioii obtenue dan* l'exiTeiee de sa profession. 

Je soutins qu'on ne pouvait pas reniiiêilier d'éerire à un client 
sur un ^'ijet Je la plus grande iiiiporianee pour lui. et qu'on ne pou- 
vait jas emptVh.T le client .le fuiiv usage de cette information; et 
nous nous (piitiâiiics. 

Maître Alliliri. 

Pendant les di.N ou douze deriiiei-s jours, j 
danee avec Me Allain, dans le but d'en venir 
lui. ixnir rpi'il entreprît d'agir en liarmonie avi^- 
de mes intérêts, pour ma défense. Il était venu 
se mettre au courant des témoignages reridus 
dossier; mais nous n'étions arri\és à aucun arr 
]iniposition, disait-il. ne s'aceordant pas avec I 
mes de sa jirofession. 

11 m'î-cTivit le ".^4 lévrier, pour me dire ( 
le jcuir suivant, pour finir d'examiner le dossier 
définitivement, je désirais retenir Me .'^nliii.in ( 
]ias, et je lui écrivi- dans la soiri-e pour lui 
aussitôt ma mise en illx-rté. 



avais été en correspon- 
i un arrangement avec 
Me Saliiion. au mieux 
à \'<rsailles me voir et 
et reproduits dans le 
iingeiiient définitif, ma 
l.'s régies et les coutu- 

iu'il liendrait me voir 
. et me demanderait si, 
lu non ; mais il ne vint 
dire que j'irais le voir 



Les prétendues premes di' mon i"<pifinage. 

.Vprès quatre jours d'attente. Jle Salmou communiqua avec Me 
('rémieux, le conseil de la femme l'esnel, cpii lui répondit qu'il n'a- 
vait ]ias de dwuments à produire; et il ne |iensait jias qu'il y en eût. 
autant qu'il pouvait le savoir, vu qu'on ne faisait aucun effort pour 
en produire. 

Sa cliente. Pesnel, dit-il. avait fait cela -iraplement pour me 
valoir trois ou quatre jours de prison de plus, mais il n'en était rien. 

Me Salmon produisit ce témoignage de JIc Crémieux au juge 
d'instruction, qui ne voulut pas admettre que le conseil de Pesnel eiit 
le moindre droit de répondre à ce sujet à sa place, et il lui accorda 
encore ipiinze jours pour produire les prétendus documents d'incri- 
mination. 



r..l VERITE COyCERXAXT l.AFl-MItE IlEBEUT ni 



mi\ 



■ \'. 


-■ V 


ism 
f;iV. 


: Il 
III' 



rniin.ii.'. , 

l.'Tl.' jll'l 


Vi.il 


'■11. 


priii- 

, 'IN- 


M,.l,|.- ,1, 

<r.i|>l>'[.M'i 
MIS urni.r 


l-T. 
.1- 

.1 


f.'l 

• 1 

ri 
|.ii 


iiiiii.' 
ir.iV- 


;. i.lN^i. 


111'-. 


S<l 


•i.'t.'S 


iâ Bnj^-i 


-Il, 


i. 


.■ 20 



CHAIMinK VIII. 

/.PS 'lerniers nionienia de nui (hh-ntion. 

L' jour ^=llivilIlt. jVvrivi^ ii M. Cli-iufricfan. coiiiiik' Miit : 
PrisMii .],' v.T>.iiii.-.. !.. y.-, r.'Mi.'f lt< 

"\ rir.imn.l.l.' M, Clrin.M :u(. .Ml 

".M'.ii^i.'iit' k' MinistP', 
"C-.'St ;iv.M- |)p;.iic..u,. -l'Iirsil, 
'■>ij,i<'t ili' iii;i (fi'tonlion ititiis r<M(. 
"<'ili''s lil.i'T.inx ol v..ln' si.llirilii.lc .mi f;iv.'iii' .1.- ];i 
■■).■ cniiiiiiis |i,ir la lo.'hiiv .k.s ,iiiiirM;.iix. ).■ vi-us v 
'■pvti .t.- tih.N .111.. |..>s>i|.i.-.. ,.| .,i,v iii;< .•..iinaivvat..-.. 
■•rrai.çaisi' |.iiiss.- in.. 1- |,.'r[iii'tln>. riiisli.jiv in.-i ,; 
'■iM-i';tti.ni ici. 

"Jf suis .l.ii-ll'Ur cil [lli'ili'CJMr. l'M'f.'ailt ll.i 

■Mns .'I Knnftivs. .Va \ 1.. s'-^st .l.'fMiiir,' iu'siiin.-i 
'Viiu-UM.' l'iilpalijliti' (laM>. l'oWo alTair.'. .riM'|>iirti--l 
■■Mi.'.Jiciifs cl .savantes, olc,. .■!.•. J'ai rl.' vj.-lirn 

'■rii.vf'iMl.n' .I.Tiii.T, ifuiif l.>irlaliv.> i|.' m-'iirln', «h. ni !'■> r.iu'-.'iiii.-ii.'.-s 
'•iii''tiit rou-uu li rii.'.pilal L;irih..isi."T.' jns.|u'au 2S .['■(■.■iiil>r.'. .'^pu.!.!.' ..ù 
■•j"''ii s.irlis, ;i |)oiiic r.'titbii, pour .*liv am'i,-' par 1,. i-nlici- lir V.-r^ailt.'-i .-l 
"nus t'n priMin. sur une ncciisaliMii il.' r.uiiplii.-l.'. .l.uu UU" afr;iir.' .i>s- 
'■i-rniiuoi'ii' (f.' la ffiniiip IVsii.'l, .pii .ivait. clj.'-in.'nu'. .'nriij.iiitr. .-t i.riii- 
'■rnsi'' ralt.^ntal sur moi h Bois-lc-H-ii. .l'ai, <N-p.'ni.laiil .'t.- i^\«ii.-r>'- •].- .■■■tl.' 
"iii-i'Msalii.n p;ir les t.^nitiîKnatr.'s n-mlus aux (tivrs ir]|*Tr"LMi.,irr, i.-rjii- 
"aii l'ai'iiiii'i (If Xcrsaillos i co suj.'t, 

"Mm cuispil. Me Salm.ui. a fail pliisit'iir.s dfmandps p.iur ma mis^ 
'vn liliiM't.* provisoire. La prcmi.Tc fui faite eu janvi.r dcrni-T: K.fSLiU'' 
■'«■riri.rp il.'primt^ et (-puis.^ par la perle immense de s.inii .pie J'avais 
"■prouvée par suite tien blessures que j'ai reçues nu moment r|e l'atten- 
"t;tl, et dont j'OtHis encore ft peine riMabli, j'avais consenti à payer le 
"donimatre fait ou le pri^judice caust^ par l'eseroipierie de la femme pesnel 
"hicn Que tout ft fait innocent, pour pouvoir retourner étiez moi *>t rece- 
"\oir It's snins dont j'avais tant besoin, et qu'il m'.'tait imposait. |r. d.- re- 
"c'voir eu prison. 

'Cependant, rertaines erreurs do compte du Cri^dil Mnnnais m'ont 
"l'mp.'cli.* de mener cette transaction A bonne (In. 

"Le 24 janvier, le Crt'dit rayonnais ayant dOcoiivert son erreur m.m 
l'avocat présenta une nouvelle dennande pour ma mise en bhert.-; 'mais 
"rette fois, proposant de verser la somme demandée par le jujte c.)mmè 
"caution, jusqu'au moment de l'audience. 

"La femme PesneL voyant que celte proposition ne lui donnait an- 
rime chance d'Ctre libérée comme elle le pensait, vu que cela ne d/*sin- 



9S 



UN SVANVALE FRANÇAIS 



"téressait pas les plaignants dans son affaire d'escroquerie, déposa contre 
"moi, le jour suivant, une plainte en attentai sur sa personne, plus de 
"deux mois après le prétendu incident, tandis qje c'était elle qui, avec 
"son pscudo-niari, avait tenté de m'assasslner. 

"Au moment de statuer, le Parquet de Versailles décida que ma de- 
"nandc de liberté provisoire ne pouvait pas niTitre accordée, vu ta gra- 
"vlté de l'accusation portée contre moi, qu'il fallait examiner. 

"On examina avec beaucoup de soin les circonstances environnant 
"l'affaire de Bois-le-Hoi, et on en vint ft conclura que les lettres qui avaient 
"été échangées entre nous, et d'autres supposées a\oir été écrites par 
"Mary Smith, mais démontrées avoir été écrites frauduleusement par la 
"femme Pesnei dans cette affaire, et que «on accusation contre moi, était 
"aussi vaine que mensongère. 

"Une nouvelle demande fut donc préparée, et présentée le 19 février, 
"quand uEe nouvelle accusation fut inventée contre mol; k savoir, celle 
"d'avoir afcl comme espion contre la France au service de l'Allemagne. 

"Cette accusation, aussi fausse que les précédentes, me fut commu- 
"nlquée, et on me répéta que, vu l- gravité de l'accusation, il fallait don- 
"ner un délai à la femme Pesnei pour produire les documents qu'elle 
''disait avoir; mais on m'assura que, si dans trois ou quatre jours, elle 
"n'avait pas produit de documents, on me mettrait aussitôt en liberté. 

"Hier, le 25 février, six jours après avoir accordé le délai, pas de 
^'documents, pas de preuves, mais le Parquet crut devoir accorder un 
"autrtï délai n'excédant pas 15 jours ! 1 ! 

"Il est bien évident que la femme Pesnei, — d'ï.;cord avec les faux 
"témoignages qu'elle a rendus dans les divers interrogatoires, et qu'on a 
"démontrés, par ses propres lettres et par les démentis des autres témoins, 
"n'être qu'un tissu de mensonges, — emploie ces manoeuvres mensongères 
"pour me forcer k composition en désintéressant les plaignants dans son 
"affaire d'escroquerie, ce qui, croit-elle, lui donnerait l'avantage d'être 
"mise en liberté, aussi bien que moi; mais elle n'a pu produire ni docu- 
"ment, ni preuve d'aucune sorte, et ne peut en produire, pour la simple 
'"raison qu'il n'en existe pas. 

"Pour ces raisons, je me décourage d'attendre, et Je viens vous prier 
"de voul'iir bien prendre connaissance de ma cause et de faire pour moi 
"ce uue la justice et vos sentiments de liberté Individuelle peuvent vous 
"inspirer. 

"Agréez, Monsieur le Ministre, l'assurance de mon plus profond 
"respect. 

"(Signé) P. Z. HEBERT. 

Cette lettre dans laquelle j'avais pris soin de ne pas mentionner 
le nom de Mangin Bocquet, et qu'il était obligé d'expédier sans la dé- 
cacheter ni la lire, sembla le troubler beaucoup. 

Il me fit venir à son cabinet et me dit : "Vous avez écrit à M. 
Clemenceau, n'est-ce pas ? 

— Oui, lui répondis-je. 

—•Lui avez-voua parlé de moi dans votre lettre î 

— Non, je ne l'ai pas fait. 

— Vous auriez dÛ le faire, ajouta-t-il, et lui dire que je suis 
bien disposé en votre faveur, et que je fais tout ce que je peux pour 
vous sortir de cette impasse. A votre place, j'écrirais à plusieurs 
ministres. Je vais voua donner les noms de plusieurs d'entre eux." 
>, il me dit. comme cherchant dans sa mémoire ; "I* ministre de 



lA yEKllE CONCEKXAAr LAFFAUIE IIEBEIIT U3 

la guerre ? Oh ! non, dit-il, se reprenant, le ministre de la 

.lustice, lo ministre des Affaires Etrangères... Il no pouvait pas 
penser à d'autres ministres, jmur le moment, et il me donna les noms 
suivants : II. tiuvot-Dessaigne, garde dee Sccau.v. .Ministre de la Jus- 
tice; M. Pichon, Ministre des .Vffaires Etrangères'', avec recommanda- 
tinn pressante de leur «rire et de mentionner son nom, et (le leur 
'i're qu'il faisait tous ses efforts dans mon intérêt. 

.le pris les noms et m'en retournai, le remerciant de se donner 
tant de peine pour moi, et lui dis que je leur écrirais. 

L« nom du llinistrc de la Guerre n'avait pas et*' une heureuse 
mspiratioL pour lui, car le Général Picquart, qui était l'un des parti- 
sans proéminents de Dreyfus et un instrument important de sa 
libération, n'était pas en harmonie avec les principes d'un Mangin 
Boequet, et il abandonna ce nom. Mais <)u'est-ce que le Ministre des 
.Vftaircs Etrangères aurait eu à faire avec ma cause ? Rien du tout. 
La seule raison qu'il avait, était de se servir de moi comme d'un 
instrument pour attirer l'attention de ces ministres sur lui et leur 
faire voir son habileté à jouer ses ruses et son adresse à inspirer de la 
eonfiancc à sa victime naïve, et, de celte m.-nière, préparer le terrain 
pour l'avancement qu'il avait en vue. 

Cela servirait aussi, à son point de vue, à indiquer que j'écrivais 
sans discrétion à tout le monde, pour les importuner incessamment 
avec mes misères, ce qui fournirait encore des svmptômes diagnos- 
tiques de folie, particulièrement de cette forme de folie, découverte 
jiar des experts français, et attribuée sans distinction par certains 
fonctionnaires d'a<lministration, au.K prisonniers et à d'autres qui, 
nappréciant pas leur privilège de logement gratis, et leur i-égimc 
tl attentions spéciales, écrivent à un grand nombre de personnes pour 
exposer leurs griefs, et ont la témérité de trouver à redire à leur trai- 
' Tient. Ils les appellent 

Li's "Perséruth'' 

C'est-à-dire des gens qui ont la manie de croire qu'on les persé- 
cute, tandis qu'ils devraient être contents et r. onnaissants lorsque 
qm^que grande autorité, saine d'esprit, fait tour - efforts dans leur 
jnléret, et ils devraient en informer tous les grands ministres de 
1 htat, au lieu de les ennuyer de leurs propres misères; car leur pre- 
mier devoir est d'être reconnaissants. Les officiers de l'Administra- 
tion appellent .souvent cette maladie "la douce manie de. Persécutés." 

U première question que Mangin Bo«iuet me posa, la première 
fois quil me revit, fut: "Avez-vous écrit aui ministres que je voua 
«1 indiqués ? 



94 



t'.V .^t'AyUALt: FliAXrAIS 



— l'as iiiiori', lui réponUi.s-je. j'attends ilahord lu réponse de Jl. 
t.'lL'nii.-nt(.'aii pour jugiT dL' l'el'tH de tulte première lettre, mais ju 
ferai mention de \otre nom (p'iml je leur virirai. Je m* ï^avai.s pajs 
((ue je pouvais faire ii.-wi;5o de vdtre nom, lorstiue j'ai l'erit à M. t-'lé- 
meneeaii. autrement, ji- l'aurais pr-dinl'i^'nient l'ait. 

Je n'éprouvais pas de reeonnini^sante partieuîiére envers lu'. mai;* 
ji* ernyais iju'ÎI étiilt [>his sa;ie de Ii' lui laisser croire, car je |K'iLsais 
(pu- c'était plus iliiii:; mon inlérêt tpie de iaccusi'r de 'éreption, et je 
dé>irui-i paiticuljèreini'nt éviter ilc lui donner le moindre j»rétexte 
pour (|u'ii pût, comme mcncn de in'iniposcr silence, m'envover dans 
une maison d'alién.'!*, afin de ne pas lui laisr^er le ehani|> lilire <ie dire, 
lui et la femme l*c-nel. tout ce ipi'iis vouilraienl, sans être contredits. 

l'n autre inciileui ipii. pour (pieUiues-uns d'entre eu\ était une 
preu\e évidente de l'olie, c'était le calme imperturbable tjue je dé- 
ployai sous les coups de revolver de Clesbron. Les journaux eux- 
mêmes lie pouvaient croire (pi'après avoir t(s;ii le premier coup de re- 
volver dans la villa, j'aie pu m'élancer sur lui, vera la porte qu'il me 
barrait avec son revolver encore funuint à la main, et qu'il se Boit 
Bauvé. 

Je ne savais j)as «jue j'avais rien fait ile si extraordinaire, rie 
le fis dans le Iiut de ?aislr Ceslproi. avant (pi'il eût le temps de me tirer 
une autre balle, comme j'e?saierais d'écarter une poutre, que je me 
verrais tomber sur la tête, pour sauver ma vie. Il me «cmltle que c'é- 
tait plutôt la peur d'être tué qui me le fit faire <|u"aucune bravoure 
partieuîiére. Ceci était pour eux une chose incroyable, car. même 
leur braves des braves. !e ^ïaréebal Ney, qui s'illustra à Waterloo. 
déolara que se* jambes tremblaiont sous lui pendant des heures, avant 
qu'il pût SI- calmer et recouvrer son sang;-froid jiour la bataille, et. 
pour eux. l'homme dont les iamhps ne trembleraient pas dans de tel- 
les circonstanecs. ne pourrait pas être hravre. mais seulement insensé. 
Tour eux. l'iiomnu- normal, est celui qui. dans ces occasions, jtcrd !ii 
lète. 

Cette inclination, de la part des officier.^ d'administration. i\ 
trouver de la folie chez presque tous ceux qui les entourent, excepté 
eux-mêmes, m'impressionna Waucoup. 

Prenons le cas d'un homme innocent, détenu indéfiniment en 
prison, assiéfré de tous côtés par des rusés, de; uis les témoins jusqu'au 
juge d'instruction, accusé, traduit en justice, pour des crimes imagi- 
naires qu'il sait n'avoir jamais commis, par des hommes ignonuil-^ 
des circonstances et des faits, qui le considèrent d'avance comme ju- 
p.'ihle. p.ireo qu'un indiridii qv.clc^nque. fût-ce le coupabi? lui-même, 
l'en a accusé: qui le salissent et le vilipendent sans raison, et préten- 



1:1 vEitiih: (v.\vi:ii.\:i.\r i.M-twini: iiiuŒitT 'm 

<k'nt, dans leur ôjmrcnu.lit, av.v louto la si.li.liulion pcraonndl.. |,.... 
iiUe. pou\oir. au mnveii de loitailii aujruro m\ ,1,. lertaine, ti-A,-^ 
limv, au oor,l,.au. ,l,.vim.,- ,|m'.I est .oupal.l... l'„ur un lioinniu ,lan. 
<rtt.' situnlmn affreuse, il est Ix-aucoup plus I„kÙ|ho de .s,Mll^.o.mor 
i|U il iniisso être un ol.jet .le pers,'eution, .pie. pour les juges, .le croire 
.|iie cet m. .Ipi doiv,. les remanier eonime de- sauveurs infaillihies et 
.■.unuie des «ens autorisi-s à lui inflij-er lout.'s les épnuives. et tous 
les .liutilnents i|u'ils puissent ilu.l;.'ihiT 

_ Il me parut alors ,,ue la folie pourrait l.i,.„ s., trouver .lUeLpiefois 
être lia cote .les dieus eux-mêmes, ,ans .prils le soup.;onuas3ent 

Ain8,, poussé |,ar l'esprit de r,,l,erel,e. j'appli.iuai mon attention 
a I examen du sujet, et je .Iwouvris aussi parmi eux une maladie as- 
sez commune, ipie je propose île nommer 






La iiunilf tics VersHuti'ur.-', 
"u hien. pour foniier un contraste plus apiiroprié. 

I.n manie hrulah- des Ptrscruk'iir.i. 

Cette mala.lie est «iractéri*e par plusieurs illusions. U ma- 
la.le est convaincu que les p.ineipes habituels de logi.pie et d-|iumanit' 
ne lui sont pas applicables comme aux mortels ordinaires. 11 se for^e 
graduellement la conviction i|ue les prisonniers r|u'il examine doivent 
supporter sans .se plaimire toutes les indignités et tortures <pi'il peut 
leur infliger; ipi'ils doivent lui être tri-s reconnaissants de ne pas 
leur en infliger davantage; qu'ils doivent croire que tout ce qu'il fait 
pour eux est pour leur bien, et même que c'est leur intérêt d'être 
.•iu|,risoi.nes. Il a la manie do condamner, et regarde ses prisonniers 
loiiinie < es tremplins utiles pour arriver à la notoriété. Il croit .,uo 
.'■iix-ci devraient être flattés de servir ,\ une tin si noble. 

l'ar conséquent, il considère comme tout-à-fait naturel et just,- 
■le les persiK^uter de toutes les façons, de les villpen.ler, de les abaisser 
.uix veux du public par tous les mo.vens en son pouvoir, allant même 
J.isqua inventer contre eux .les mensonges, qu'il espère que le public 
acceptera comme des oracles. 

Il est persuadé qu'il est le modèle de toute raison et quand il 
■" *™"™.<''"l'™"ill«: en face de quelque question compliquée, il «e 
-.rif irrésistiblement porté à faire examiner l'état mental de ses in- 
éiilpes par un aliéniste. 

Plus il peut amasser .!,■ s..u,K;on3 contre un inculpé, plus il se 
.^nsi.iere comme sagace. 



M UN SCANDALE FRANÇAIS 

Cependant, j'en suig venu à la concluaion que l'homme vraiment 
eagace est celui qui ne devine qu'une chose et deTÎno la vraie. Je 
fiuig d'avis que .Tosh Billin^ dit vrai quand il dôclare que : "It iz 
better not to no 90 mHt<'h tluin to no so menny thinga tha: a'in't 
BO," ce qui, traduit en idiome français, veut dire; "C'est mieux de ne 
pas tant savoir, que do savoir unt de chofws qtii ne sont pas vraies." 
Je suis aussi d'avis que de tels hommes ne devraient pas être choisis 
pour juger les autres. 

A la suite de ma lettre du 2fi, Me Salmoa m'adressa de nouvelles 
conclusions dont voici la copie : 

A M. Ip Jupe d'inslrnctinn. Palais de Justice. 

Versailles, le 1er mars 1907. 

"Le rincteur Hi'bert a l'honneur de vous exposer: 

"Qu'il résulte de l'instruction ouverte contre Justine Pesnel et oon- 
*'*sort8 que celle-ci n'a pan M»H.é pour lui extorquer tout ou pariie de sa 
"fortune, a faire usage de lettres qu'elle lui adressait, qui «étaient slffnée» 
'*Mary Smith" et qu'elle savait pertinemment n'fitre pas de cette dernière 
"ainsi que cela a élé établi. 

"Qu'à l'aide de ces manoeuvres elle a extorqu-^ au docteur Hébert 
"différenls objets mobiliers et s'est fait remettre cerfa'oeh sommes d'ar- 
"«nent. 

"Que ces faits con.^lituent, non pas le déli< d'escroquerie, mais le 
"crime de faux et usage. 

"Et attendu qu'à l'aide de ces m*^mes manoeuvres, elle a, de com- 
"pUcIté avec l'inculpé Cesbron. actuellement en fnile, attiré le concluant 
"dans un guet-apens où elle a tenté de rassassiner pour s'emparer d'une 
"somme d'arpent qu'il avait déposé au Crédit Lyonnais, par les artifices 
"Busvlsés, établis par l'instruction. 

"Que ces faits constituent le crime d'assassmat et qu'ils sont Intime- 
"ment liés aux faits qui constituent, à la charge de Justine Pesnel, le 
f crime de faux et usage. 

"Attendu que les fait» relevés contre Justine Pesnel, sur la plainte 
"du sieur Sudre, sont intimement liés a ceux dénoncés par le requérant 
"contre celle-ci (Intervention de la prétendue Mary Smith dans les deux 
"extorsions de fonds). 

"Attendu en outre que les faits relevés contre Justine Pesnel sur la 
"plainte Lalôre sont intimement liés à ceux dénoncés par Sudre {m<îme 
"procédé, interventii n involontaire du dccteur Hébert). 

"Attendu que tous ces faits, crimes ou délits se tiennent entr^ »ux 
"et qu'il est impossible de les connaître séparément. 

"Que, de plus, le requérant, que Justine Pesnel a fait intervenir à 
"son insu dans les escroqueries dont se plaignent Lalére et S'idre, a le 
"plus grand intérêt — pour établir sa bonne foi — à ce que l'information 
"sur ces plaintes soit poursuivie dans le plus court délai et par le Juge qui 
"a Instruit les susdites escroqueries. 

"Pour ces motifs, dire et ordonner qu'une information en faux et 
"usage se poursuivra contre Justine Pesnel & raison des faits dénoncés par 
"le requérant. 

"Qu'à cette information sera jointe, comme intimement liée à elle, 
"celle ouverte par le Parquet de Fontainbleau pour tentative d'assassinat, 

"Que les faits d'escroquerie relevés à la charge de Justine Pesnel 
"seront déclarés connexes ft ceux susvisés qualifiés crimes. 

"Et ce sera justice. 

"Vu, lu et approuvé, 

(Signé) P. Z. HEBERT." 



Là VERITE COyCSRyANT L'AFFAIRE HEBERT 91 
Rencontre de tli Salmon et de Me Allât... 



V»yf» MiHHia CM ekrîtitnt i'mtmtnl Uê mm* lia atàtrt» ! 
TEIITL'LLIKN. A(iol.j|(iHiiiuc V, .T'. 

Le vendredi, 1er mars, >le SaUnoD et Me Allain se prinenlèrent 
toiw deux et «e rencontrèren', dan» le cabinet du juge d'instruction, où 
je me trotivaiâ; Il y eut entre eux une tempête violente, qui lie ter- 
mina, non pas suivant cette méthode tolérante, qui euniiiste à eonve 
ntr qu'on n'est pas d'accord, mais, bous une forme nouvelle, moin.^ 
généreuse, quoique peut-être plus à la mode, suivant celle qui conëiste 
à ne pas convenir qu'on puisse s'accorder, ce qui me fit comprendre, 
avec la ] us grande évidence, qu'ils ne pouvaient tirer ensemble en 
harnais double avec le moindre avantage pour moi ; et comme ^le 
Salmon avait reçu sa le<;on, et que je n'avais pas pu m'entendre a^C! 
Me Allain au sujet de ses honoraires, sur quoi j'insistais, je dis à ce> 
lui-ci que j't tiendrais le résultat de cette nouvelle demande encore 
pendante, avant de prendre aucune décision, ou bien que je le vc-rrais 
après ma mise en liberté. 

Les nouvelles conclusions et la demande furent présentées ce 
même j ur. 

Recherchée au sujet àe l'eepwnnage. 

Pendant les quinie jours du délai accordés à la femme Pesnel 
pour la production des preuves qu'elle promettait, o.i 3e renseigna à 
plusieurs endroits, tels que la Sflreté de Paris, le ministère de k 
Guerre, Scotland Yard à Londres, etc., etc. On ne savait rien nulle 
part qui confirmât en quoi que ce fût ces fausses accusations. La 
Siireté de Paria avait répondu de bonne heure ; mais la réponse du 
Ministère de la Guerre ne fut reçue que la veille ou le matin de ma 
mise en liberté. Elle contenait la déclaration qu'on n'y savait point 
que j'eusse jamais fait d'espionnage, mais elle contenait aussi une re- 
montrance à l'adresse de Mangin Bocquet, disant qu'il ne devait pas 
attacher tant d'importance aux déclarations de la femme Pesnel. Il 
fut furieux de ce reproche, et il répondit que ce n'était pas rïi'f-'re 
lîu ministre de la Guerre de lui faire cette obsen-ation. 

La réponse de Scotland Yard fut en retard, à cause de l'ibsence 
lie quelques officiers, et ne parvint à Versailles qu'après mo-i retour 
à T^oudres. 

En voici la traduction officielle : 



L'X at'AADALt: FIlAXrMa 



"AKP.MilK IIKHKHT ■•\»" i:KSimi),N 

•■I'"lirc' .\i.|r,.i,.,lrla , 

"lir,,arl..Mi.>Nl .!.■» Air.irv» iTiiilirirll,.». 
"No IlPK.lo.r:). 

"H*'ii-*i'ltfin'ni''nu rijiiriiis i.iir l.i Silrcli- 
•M.' l.i.ii.Jn.» »iir I,. .|.„'l.'ur II. b.Tl 
"l'îl ilil" iIm 22 iii;ii4 iyi)7. 

•■i.'iTi.ir.'.*, -i-i iii.irH lyo:, 

MnlihiPiir ll,ni,„nl, cln^r .lu S..n |,, Silr.M.i à Pari». 



"failv 
•■il ! 



-!•■ 



r.iir.. 



>tlil.' 



\.ptr.. ji.llr.' clii - .■,iiirni>l. J'ai l'Ii.innoiir ilf v.m, 
, ,„ ..'"'"■.• ■!""■ "■I"'" il'."ll y-i ►■■■ail II.' HU i:iiliaila, mai» 

,. '.''' ,':."' ,'"; ','" l'l-;il"'l"li .'lir.»l»lr.' au i:aii:,ia. ,.| »,.rail .'Bal..liwill 

Il 1^ Il' 'I.' -M. .t''.- !,■ Luiiilrcs, IHTll 

,.„ '.''■'' ''"'■''■"<■ ll.;li"rl .l.ui.iir luBll,.m..|il m iiiim.T.i II Y..rk Piaf 

l'..iliuaii ,-..|,iar.., W . „;a,il ai'ii..!.. la niaiicii ;'i N.,!'! luor,. 

il.'.-lll ,j..'.-Mli.|.- |...lir I ah.li,.» ,|i., r.ui.liii.», 

■ Il Miiliilail aMll-.f..i» nia IJI.I r;a\..ii,|i„|i S|ri..| W 

.lix au,, iuu: rl|...,!?l.. „„.,. ii„uiI)1vns.. ,.| rallv.'.. ' 

•V.,mi,."m'.','r;ri'!,'",','," 'l'"'l'l'";> ■"■«'■I'-' 'l- .u..l.'.-l,i... ..| srrall r.ïar.l,: 

••ir:;,:!;,:!:';;::;;;,:,;;;; '""• '■■■ '■• "■ ■■ "'■'■ '■' i— 

*'\'.>ulil.'x ai?!-.'.'!'. MuUH 



l'I !*eriiil ni.- 
.11 il eut [u'ri.laiit 



.■1 c'IUT .■..1I....-II.., ..||-.. |.|,.. 

(SIgnalurc) J. s. n , 

"Chef cuiiflahl..." 

Un vir'lcin a/i'ci'illslr iijipeir imiir me voir. .. 

Deux i,u trois jour..^ avant ma niiiw ™ lilicrté, le dofteur de la 
priiîon vint me voir avec un apéiialiste .pii. après avoir craininé la 
partie l.-.:lourcii,s. de ma joue, ilwlara .|u'il serait nécessaire lîe fair 
nne opération exploratoire [lour loir la oonilition de l'os, afia de le 
dégager do toute source d'infection. 

.Xntiirelleineiit. ce ne fut /wa pour mon liicn i|Uc ce s|»cialiste 
fut appelé, autremenl. on aurflit .lil le faire lonRtempa avant le me 
ment (11. ma mise en lilsTté. D'ailleurs, à ce nioracnt-Ià. l'avais déjà 
ciimmemv à prendre du mi.'ux; les temps froids étaient' pa-ssé^s; j.. 
n'avais pas eu .l'aeeès irévanoiiisseinent depuis environ quinze jours, 
et la iierspcelive de ma mise en liljcrté mi: ravivait; mais le docteur 
de la prison était intrigué li mon sujet; il ne pouvait jias comprendre, 
di,sait-il, l'état de la langue; mais il ne s'est jamais donné la peiiu- 
de prendre ma température, qui lui aurait donné la ckf de la situa- 
tion. 

U fait est que ce n'était pas ma condition qui le préoccujiaii. 
iimis les ennuis qui pourraient survenir si je mourais, ou si je porta s 
quelque plainte plus tard, et les précautions qu'il prit étaient pour se 
garantir contre toute difficulté possible. 



Al 1AA'/Ï>; lOSCUllX.iXr LAttMUt: 



IIHBb'Ur 9» 



Klarjji 



Tn»WlM,, k. Il „„,r, i!H,r, „,„;,, ^^„„, r,.,,,,,!, „,ut« lui formu- 
• J'" '"■■• ""* '••' '''""■"■• -"" ■ rin;.!!! 1,1 -uniMi.. .lo 



lités. Je flirt iri 
i|uina> mille fram 

Ul prusm. Ira rira 
imil-ù-fiiit uiiiii-iinis. 
piirii iliin» ]m jniirtinii 
'iiiviintc, [ilaiiV (laii- 
l'*')', à roccasion «' 



lilKTlt' KOll!' tiiiilion. 



<-• i.inlii'iit ,|U,.|,|i„.f,,i- ,i,., irait, il'-iuun.iiir" 

Mf" Icili'iirM iiiiiipi-iii^lninl. apri'* tv .pii a 

lainaK 11 Mioii siiji't. rir.ini.' <!.' la ri'rmiri|uc 

.1 Ipnu.lu' iwr \,- "l'.'lit liMiriial" <lii \: mars 

la iiiN.' iri lilii'ni' : 



■•!..- Iraiii II 
■■(■avni' .!.■ M,. 
■Ti'iiifrrliiit la 
"fiMilTs" il,> Mm 



a la Ciiri' Saifit-Li 
I. >nn .(irriiw.'iir, 

l'SH.' rrilIH:iH-(. lli' 11';, 

à'Iit-Kilii. 



Illl 



• ' •loi 


«'IIP, l'iiij'.iiri ;i(-o<ini- 


•IDtlt ' 


>-ti riMii^s iliHunt 'pi'tl 


.'iir.. 


(■!.■ <4nl|>< rOMITXf ie» 



"Sous rfscrvo", s'il vous plait. 

Jnyt natiirflliMiii.nt. cm *uppoj,.it, «ans rùtlpxion. .|iic jVtais au 
fait de tout «• qui avait paru dans Im journaux jusiiii'à ,e moniont, 
tandis <|uon avait scrupuleusement pris soin irerapiVlier tout journal 
«e me parvenir. 



t 



tfe 



i 



'W'I 



100 



VS SCANDAIS FRANÇÀia 



CHANTRE IX. 

Libre encore une fois. 

He Salmo , t'était rendu i Vertaille«. de bonne heure, le nutin 
de ma mite en liberté. Noui retoum&niei à Pariu ensemble et i! m'iu- 
TÎta A (ïéjeuner chez lui, ce qui me fit un grand plaiair. 

Je lui renouvelai ma demande de me donner un comptc-rendu 
par écrit de ton entrevue avec l'employé du Crédit Lyonoaia, et, 
aprèt nout €tre entendut lur toutes lei quettiont, parmi letquellef 
celle de He Allain, il conaentit à répondre à ma question, par écrit, 
ai je lui écrivait de Londret i cet effet. 

Antait^t mon retour, je lui écrivit comme t lit : 

"Londret. le 13 mari 1907. 
"A Me Salmon, Docteur en Droit. 

"MoD oher Maître, 

"Aurlei-vouii la bonté de me dire d«ni quelles olreootttneet un em- 
"ploy« du Crédit Lyonnais vout aurait oooflrmé que mon dépôt à eet éta- 
"tiUssement de crédit était inférieur au chèque de huit mille francs que 
"J'avais fait présentei par mon mandalairf, M. L. Moutlhers, huissier à 
"Versailles T Je désirerais savoir comment cette erreur s pu te produire 

"Affréex, mon cher Maître, mes salutations empressées. 

"[Slïoé) P, Z. HEBERT." 



•Tél. 589-79. 

"Rue Théodule Rlbot. psris, 15/3/. 
"Monsieur Hébert, 

"J'ai eu en effet t'occatlon de passer, pour affaires personnelles, au 
"Crédit Lyonnais, où J'ai un compte, !e lendemain du tour où M. Mou- 
"thiers, huissier, votre mandataire. s'Otait vu refuser, pour faute de pro- 
"vmion suffisante, le paiement d'un ch^-que pai vous sipruV 

"Comme cet incident m'Intrl^ait, — et & juste titre, car il Jetait sur 

"vmm, une impression défavorable, dont vous avez, du reste, senti tout 

"l'effet, — J'ai questionné l'employ»* chargé du s*'r%ice compétent et Je lui 

"ai demandé al votre dépflt était vraiment Infériei. k la somme portée sur 

.^otre chèque, c'est-à-dire & huit mille francs. 

"L'employé, de qui Je suis sans doute connu, eut l'amabilité de con- 






LA VBRITK COUVSRNANl' LAffAlHH UKBMKT 101 

••uller voire compta 4 votre numéro, el me confirma qut votre iMp4t 
ni-ull nue de en mille queire cente quetre-vlnnt-dli-hull freiiee que- 
rente ceu lime, («.tga tn *0/100| Jel noté ce chlITre eur mon eernet 
Je voua w eueiltAl pirM ite r.-; Incident, aena voua cacher lliopor- 
lance que ne inani|uerall pia d'avoir, el anr la mlae en lllwrM provlaolre 
(jiie voua eacomptlei, el aur loule votre affaire, une telle euatradletloa 
i-nire voa dCelaritlona et celle de cet «labllaaemrnt de crédit 

••Recevei, Monaleur H«bert. l'aaauranee de mea aentlmenla di'viiuea. 
"(Slfn«) AtBEHT SALMUN, avocat. 

J'feriTia à M« AUain, pour l'informer quu je gtrdua Me Stimoo 
pour l« Nate d« rtf(«in. 

l'endtnt m* détention, j'arnia fiit chercher toutea 1m lettrM 
•lu couple Cetbron.Peuel et toua let documenU aytat trait i l'af- 
faire qu'on put trouTer, et In iviii fait eaTO]rer à Venaillca. 

A mon arriva, je cherchai tout ce que je pua trouver rooi-mêjne 
de plui, ce qui était bien peu, et j'en entoyai le demicr paquet au Par- 
quet de Venaillea par rtntremiw de mon conaeil le 19 nutn. Cea lettrée 
et documenta n'étaient qu'une confirmation d'autre* témoignaesa docu- 
mentairea qn'ila avaient déji en leur poaatMion. 

Comipondance tuhsiqiunU ave Ut Allai». 

A peu prèa un moia plua lard, je leçua de Me Allain une lettre 

.j laquelle il me demandait d'expliquer une rumeur fauaae et ab- 

■de que j'araii affirmé, an Procurenr de la République, que Me 

lain m'avait promi» d'obtenir m« liberté en deux jour», en fai int 

1 rvenir en ma faveur l'Ambaieade Britannique. 

"Boulevard Hauaamann, Parla, l(/4/0i. 
Iii>cleur P. Z. Hébert, Londrea. 
"Docteur, 
"Von. m'avei écrit que voua «ardlei Me Salmon comme avocat. C'eal 
'"•* bien. Il voua a plu de rhannr d'Idiie. je n'ai paa voulu m'ennirr 
Mr ?crlt a ne recevoir qu'un honoraire Inférieur k celui que J'avala n\t 
viiii» «vei craint de n'avoir paa votre défenee aaaurée au dernier mo- 
..',"•■"!: <"'«"■»""«. et pula voua .•/« vu que l'alTalre. en «omme "tournait 
IMi'ii el que voua aurlei, aana doute, le béniTIce d'un» ordonnance de 
niin lieu, et Je comprenda k merveille que, dana cea cnndltlona voua 
n 'yei plua voulu chanKer d'avocat et vemer de nouveaux honoraires 

Jiiaqu Ici, rien que de parfaitement normal — aauf que voua euaaler 
P'iil-l'tre pu me demander al J'avala eu dea fraie Inr» de mes diver» 
1 'V '«es a Versalllea — mais c'est un if\M, et Je m'empresse de voua 
w» que Je ne voua aurais rien réclamé pour mon dérannment el mea 

"Mais ce que Je ne pula acimeltre aana prolester et vous demander 
; "■• eipliealions, e est. Je l'ai appris par Hasard, qu'il y ait eu un "Incl- 
'l''nl k mon sujet — que Me Salmon voua aurait mené chei le Prncu- 
rpiir de la République, que vous y auriez fait cerlainea déclarttlona me 
cnncernant, (qui d'allleura n'auraient eu aucune sullel e| enfin que voue 



m 



,A 



UN t-CANDALE FRANÇAIS 



"jKiriez .'■ci-il une iollre au juku d'instruetion [muf lui dire qu'à l'avenir 
'le >l"ssier ne devrait (l'Ire cuinmuniqui^ qu'à Me Salinon. 

"Ainsi dcinc, ce serait là le retnercienient pour mes consuilalions, mes 
"voyages à Versailles, mon temps [lentu ! 

"Je vous demande des expliciitions immédiales par retrmr du cnur- 
•Tier. Je veux savoir, (j'en ai 1.- droll) ce que v-ms avez dit m Froi-u- 
"reur à mon sujet, et pdurquoi vous avez •'■crit cette lettre qui me froisse 
^^profondément. Croyez-vims donc que J'aiirairi persisté a tHudier voire 
"dossier, du moment que j'aurais wii qui' vmiis renoneiez aux services que 
'vous uravicz demandes? Pour qui donc ui-- pnMiez-vuus? Vous devez eom- 
"piendre que s'il m'est parfaitemml .''ir;d d'avoir im client de plus ou de 
"moins, je liens, par contre, absolument à l'estime des masistrats devant 
"lesquels Jp plaide depuis 21 ans ~~ estime qu.- j'ai acquise cl h laquelle 
"je ne perni'-ttrai à personne de porler atteinte. 

"J'attends vohv n'ponse avant de pousser plus luin mon enqiif-te. 

"Recevez. Uoctcur .mes salutations di«linffu<-es. 



Je répondis 



"^lier Maître, 



"(Sign.') KHKUKIÏKJ ALLAIN, 

"Avocat à la On 



"■York Place, Londres, \V, 17/1/07. 



"J'ai r.'cii Votre lettre dat.^c d'iiier Je vais làcli. 
"point en point "seriatim". Vuus dites qu'il m'a plu de 






1-^.Mi .1. iMiiiii nciiuLiiii . > uu» 'iiws <iu 11 ma piu {It* oli.iiiC'r dure .II' 
"n'ai pas rhangi> d'idi'o. Je vous -i tait cerlaincs |ini|i.isilinns .pio cm, 

n'avez pas acci'pti'es, el je n'ai p, - accepti' les vùtrt ■;. C'est t<iiit Même 

'si après la dernière lois que je < i ai vu en compagnie de Me Saliiion 

.i avais recM une ieltrc de vous . épiant me» condilions, j'élais prêt a 

les conliriner; mais Je ne voulais pas vous payer les honoraires que \>- 
"vous offrais, el n'tHre l'egardè que comme l'obj'el d'une cliarit.- 

"Cependant, sur ee point, je suis d'areord a\ee vois ipie Inul .'1 ni 
"parfailemenl normal el que vous aviez plein droit de reruscr oi.s onin-.- 
"sitions et moi les vôtres, 

"Mainlenanl. il se peiil que J'aie le mèioe oroit que vous réelaiiiez , l 

"que je vous demande: "IJui vous a eunti- ees Instoire»? Mais je ne ferai 

"pas eeja. parce que je suis trop sûr de ma position pour eu éviter l'issu.' 

"C'est vrai qu'on m'a nien.'' devant le Procureur de ta lïèpiibliqu'" 

mais ce qui n'esl pas vrai, est que J'aie dit la moindre cliose vous cou- 

cernant ou quoi que ce soit 

"l.e Procureur de la République néanmoins m'a dit beaucoup d.' 
"choses auxquelles Je n'ai rien répondu. Kn etTel, j'ai élé si muet . 'i 
"cette occasion, qu'il me répéta les mêmes choses plusieurs fois nini.'. 
"ment, me demandani si je comprenais. ..\ rela, l'ai simplement répondu ■ 
■OUI.' De sorte que si quelqu'un vcms afllrme que J'ai dit iiueldue clo-. 

•de vous au Procureur de la Itépublique. ou bien quehlue chose contr" 

vous il qui que ce sml, vous pouvez 1 Irn ,1e ma part que ce n'e-' 

pas vrai. 

".le n'ai pas, non plus, écrit de lettre au Jufte d'instruction telle uu" 

vous 1 indiquez dans votre lellre. ".le suis étonné de conslaler l'acerbil. 
..31"..^ *"*. 1? '■'■''"''* ''""''' in.lividiis. ,l'ai déjà été as-aiUl de plaintes sem 

blables, telles que des entrevues avec des rédacteurs que je n'avais 
"jamais vus, des communications il la presse que je n'avais Jamais faite» 
'etc., etc., et si Je n'avais pas pour vous, le respect que Je vous porte ii' 
"n aurais pas repondu à votre lettre. 

"t:n «rand nombre de ces histoires, de ces contes, de ces inventions 

QUI sont parus dans la presse française à mon sujet, n'auraient Jamais 



LA VEItlTK CONCKHXAXT L'AFFMHI-; IlEliKIiT 



103 



■ 11' piiblii'» III Aiit'li'lcr 



"licence 



Kaiil-il jtpiieliT 
re, l'oxpressit.ri ilc m 



• U- I:. lili. 



util 



illl» ili>liii« 



"Agri'e!:, rlur Mule 

"(Siiçii.;, p. z. IIKHKIIT," 
Je reçus alors la lettre suivante : 
•Mon Cher bacteur, ■■""'■"■v.'nl n.M.ss,„,,i,„. p,i|.|., ,„;4,,o7. 

"Je viius remercie ,1e vi.lre letlre ,1'lii.r ,|,ii ,.s| n,,, ciieB.iriiiiie ■ SI 

MMI, „, ecril ,,„i„. v„us ileman ■ ,1e» ..x,. ie;,l,„ii eè t''p,r,'.e „*é 

..%.ii>. .■le inr,.r,i„< ,,„e v„i,s iiviez el,'. iiiei,,' eliei, 1.. Pi-ocureii ■ aumé^ 

'i. ïeiis lui .iiii-iez ilil ,111,., |„rs ,ic ii.ilre i,r,-iMMi nln-vii,. i,. >,,,,« 

;;;r " fan;:VA,:ii;i:2sa:;:r^l;:i,:;;,i ■ ;;:^ ^;;z Vr:::: .;;;î;;;:;::-;„;i^ 
■•^n-.s;;.";:;;';!;iee'^ia;i:?"^ii.^",;^;;; t'kT 1 '""^y'^"- 

"Milal Hritan,ii,liies. se'ïï>lahl;.'"\." . '^^. ' r' m '^ "w Mil'",; 1' l!!;- 
sieur Fabre, <l„ii,miss«lre c-„.„e|.ai ,,„ canaila , P.-. s A ' il i '.?,'; 

■Mil tout la nii^iiie chose. ' ' ' ''^ 

"On in\i encore r,-i„,t,. ,|iie vous avl,.z iiarl,'. ,riin i,,iirinhsl,. ,i,v-l .i< 

'101 v,ii,s aurait recomnian.l,'., ,lans on des e„ irs ,u p a,- ,1 v, Pj 

■adresser a mol. Ceci n'a aucune l,„p„rtai eu s, , r - :,■ i ,, ,iî 

"ciiom,. invi^ntion mensnnitere ' "oi, iu.nl 

"nivooe'iïe'v ',;'"?■ """ '" '■■■"'■""■"•■ '""" " 1-s.^ on,. s,^ne ,i,. ,|,i„sli„„s 
.iix,10.il,.s \,„i.- il avez pas iv|i,.l„l,i. M:iis, ai,irs ie suis ,„„,„' -, v„ 

.l.-man.l..r ,p,eli,.s sont ces st„„is et ,p,i a piiiei si,s„.>;'.'' ,, i |.„c 

■eiir Je vous prie ,l„nc ,le me re,,„i„ln. iim ce p„ml „ o-V ie , luV ■ |" 

">er dans r.imhre. ,.t j'atteinls .le v,,l, l.liKea,,., „, i,.n,,„ i ," 

"fosî^V^ "..nsilioèiS "'■'" '" •''■"'■■"■'■'"•• v™» '"■ l'oovez pas me re- 
"l.aissez-moi vous .lire en termlnanl .lue si i-ai rerus,'- il,, vous .'.eii,-,. 

"senln.'i'iils disllnirfO'S. ' .r.tir. a mes 

"(Siv-n,,l rilEllKllIi: ,M.I,.\I\, 

".\v,,eal ;, la C.oir." 

.Te n'jmtuMB à «.fte Hti-c en 1,. |irianl de s'a.livsser a M le l>r„. 
.iirenr lui-même pour se rensi'ijirier sur ce qu'il m'avait ilit .Fe lui 
.lonnai |,our raison de mon silenee que mon affaire était encore «iih 

Xaturellement. lorsque j'eus lu oette lettre, je compris qu'il v 
avait eu là-dessous, outre que d'avoir iVrit à l'.Vmbassadeur et au 
< onsul Britanniques, quelque ehose que ,ie ne vo.vais pas. ,', l'occasion 
Ile cette remontrance solennelle que je rcijus du Procureur et que 
™n5e.quemment, je n'avais pas compris toute la portré de la réprimant 
'le qui me fut adresiïée, parce qu'il n'.v eut pas la moindre allusion 
'le faite a ce moment-là. 



il 

-( . 



â .'I 



'Jf~fr- 



104 UX SCANDALE F«AA'(;AIli 

lies accuMtioaa, en France, n'ont ordinairement pas besoin de 
fil à suivre ou de preuves, pour être formulées. Ce qu'on imagine 
comme possible ou comme probable, ou peut-être ce qu'on aurait fait 
aoi-même dans les circonstances, on l'avance comme une accusation 
formelle, dont l'accuse est forcé de se défendre. Naturellement quand 
ces fonctionnaires futés instruisent une affaire, ils furettent dans 
tous les coins de leurs propres cerveau», pour en racler tonte la folie 
qu'ils peuvent y trouver, afin de l'attribuer à leurs inculpés. Or, ce 
n'est pas étonnant qu'ils trouvent des fous parmi ces derniers. 

Annonce de mon renvoi au Tribunal Correctionnel. 

Un mois plus tard, se présent i encore une autre phase de l'af- 
faire. Comme je passais à la ponc d'un marchand de journaux de 
liondres, dans l'après-midi du IG mai 1907, je vis, sur un grand pla- 
card d'un journal du soir, une annonce en grosses lettres : "Le Doc- 
teur Hébert Renvoyé av Triiunai Correctionnel." J'entrai et achetai 
le journal, qui contenait le paragraphe suivant : "Affaire Fontaine- 
bleau", "Le Docteur Hébert renvoyé au Tribunal Correctionnel de 
Vereailtes." Une affaire remarquable. 

Paris, jeudi. — Les juges d'instruction ont trouvé qu'il y a prima 
fade raison de traduire le docteur Hébert en justice pour escroquerie. 
Ije docteur sera renvoyé au Tribunal Correctionnel à Versailles 
avec Mme Cesbron. (Exchange). 

La même annonce ou une semblable parut dans plusieurs jour- 
naux du matin. 

Je fus très aurpris de lire cette annonce. Au moment de ma 
mise en liberté, le juge d'instruction m'avait dit qu'il n'aurait pas 
besoin de moi avant deux ou trois semaines, au moins, ce qui me don- 
nerait le temps de me procurer le traitement dont j'avais besoin, et 
qu'il m'informerait par lettre, du moment où ma présence au Parquet 
serait requise. 

Immédiatement ù mon arrivée, je consultai plusieurs spécialistes 
sur ma condition. Je me fis extraire plusieurs fragments d'os brisés 
et détachés de la mâchoire. On découvrit aussi que l'os malaire de 
la joue droite avait été déplacé par le choc de la balle qui me fracassa 
les dents et la mâchoire. Tout cela maintenait une condition d'in- 
flammation douloureuse qui menaçait de raviver l'infection à tout 
moment. 

,Tc m'étais procuré le meilleur traitement possible, et ma condi- 
tion s'était améliorée considérablement; mais je n'avais r«çu aucun 
»vi3 du juge d'instruction ni de personne autre, que ma présence était 



LA VERITE UONveKXAXT LAFF.UHE HEUEHT 103 

requise à Versailles, bien que j'eusse «rit moi-même plusieurs toi. 
au J J d ■n.tructioc et à Me S.lmon depuis mon r^^our^àZares 

iLTl t '"'°™»''».'» P°" «'««uror si c'était vrai, car, si ce ne 
1 était paa ,e me proposais d'instituer des poursuites contre les iour- 

un solicitor à cet effet. J'écrivis aussi à Man^in Bocquet pour 
lui dire que je serais à Paris dans doux „u trois jours. ' ^ 

chez Me s'aîZ'n^'' "'"'' ^"^1 " ''"'* <^' ""^ '*"■''» immédiatement 

arriviolr" ""!"'", ^''"' P""™" '" '" ^'-"'P' ^''. ^■»-'°e nL 
arrivions à sa p„rte, ,1 arrivait aussi pour entrer cliez \m 

W J.L T"' .'?° ^ ™""'' "PW™™' »t eoi-rus lui teadre 
la main. Le petit i.orame en tremblait dans ses habita. Son esprit 
souçonneux et Imaginatif était probablement assiégé par une to" 

" r"ul"e„t" "' ■'' "1 "'''^' ■»"' " ■"»'" ™' qui'^ie'f isa?t cher! 
cher une entrevue avec lui, car je n'étais jamais venu à son domicile 
prive auparavant, et mou apparition soudaine, et mon appr«°hT ™! 

. Ses premières paroles furent plutôt incohérentes, mais je le rame- 
nai bientôt au sujet. Je lui fis voir le pamgraphe en quesion^^ 
avait été publié dans la presse anglaise, et il m^ dit que c^ nS p'^ 
uai et qu aucune décision n'avait encore été prise Je lui dis que 
J espérais qu'U me donnerait un non-lieu, cap j'étais certain nue luT 

Il me ,:Ln1>' 'T'' "™" * " "■•""^■" "- j'étairinlLnt 
11 me répondit qu il examinerait la question, mais il ajouta d'un 

Je lui répondis que c'était une chose passée, e je ne me oroDo- 
i«.s pas de la rappeler. Ce que je désirais, se df me rthabX 
a»x yeux de mes compatriotes, et je ferais tous mes effort tur 
recouvrer leur estime d'autrefois. ^ ' 

Eh bien ! dit-il, je vous verrai à mon cabinet, à Versailles lundi 

dm ton de félicitation persuasive: Les chases paraissaient bien 
no.ros pour tous à un certain moment. 

Je n'ajoutai aucun commentaire à cette remarque, mais je pen- 
a. que SI les choses lui paraissaient noires pour moi, à un mo^nt 
1«eIoonque à travers ses lunettes, ça ne pouvait être que l'effet te 

nSnî 7" "".L™ "^ '"" incompétence et de son i^anqu^ 
i * jugement, ou de son désir aveugle de me voir en noir, et il s'éver- 



il 



lUG 



UN SVAyUALE FliASÇAlS 



tuait maintenant à me persuader que toutes ces insuffisances de sa 
part t'taicni de ma faute à moi, et qu'il méritait beaucoup de crédit 
pour cette sagacité de sa ])art à ^'apercevoir de ses erreurs et que 
je devrais acwîpter ses félicitaiiond et lui être reconnaissant pour la 
dispersion, enfin, de la noirceur de ses lunettes. 

Kn somme, lorB(|ue nous nous quittàna-s, je restai sous l'impres- 
sion qu'il s'attendait à ce que je lui donuassu crédit pour tout ce qui 
me serait favorable et que je prisse pour moi tout ce ijui m'airiverait 
(le fâebeu.x, sans me donner le moindre avis, ni le moindre espoir que 
je bénéficierais d'un non-lieu. 

\Ai matin suivant, vendredi, -.'1 mai lUu:, son père, M. Maugin, 
(curieux, n'est-cf pas quo son nom soit <le\enu ^langin-Bocquet) qui 
était cimducteur en chef à rO{>éra de l'aris. succomba subitement à 
une attaque d'apoplexie. 

Je ine demande quellu relation son esprit superstitieux pourrait 
avoir attribué à ces deux évèncmeits. 

I-es funérailles euwnt lieu le dituanLlie "J'> n\a'\. Je me présentai 
chez lui et signai la liste de condoléances. 

M. Mangin liocqufl. cepi-ndant. nr fut piis présent au rendez- 
vous du lundi, vt n'est jamais revenu coiuiue juge d'instruction par 
la suite au l'artjuet de Versailles, où il fut remplacé. Or, ce fut M. 
Dnvras. sidistïtut du Procureur de la République, que je vis à sa 
]ilace. 

11 me d'i franchement n'avujr aucune appréhension au sujet du 
résultat de l'instruction, et que, autant (pie cela le concernait, il avait 
formé sa décision, et que je devais m'attendre à un non-lieu; niai- 
il devait attendre il. Mangin Boctpiet, (|u; jouissait de la prérogative 
de signer le non-lieu; mais celui-ci était retenu à Paris par la mort 
de son père. Cependant, cela ne le retiendrait peut-être pas plu> 
d'un jour ou deux. 

Dans toutes mes entrevues a\ec' M. Dayras, il ne cessa de s'ef- 
forcer de nie iiersuadcr combien j'avais été imprudent. Cela faisait 
partie de son devoir, de plaider en faveur de l'Administration. It 
avait à montrer un motif «uffisant pour m'avoir détenu, et son *'sy^té- 
ine de défense" consista à faire tout ce qui était en son jjouvoir jioiir 
montrer que j'en avais été la cause par r.vm impruden^v, cela afin dv 
couvrir l'administration des bévua'î de ses jaque,aarts, 

Tl s'efforça d'accentuer l'imprwlence qu'il m'imputa en me fai- 
sant remarquer qae. s'il avait été à ma place, il aurait dit franchemnit 
à Ijalère et à Sudre qu'il n'était pas le tuteur de ces demoiselles, it 
il n'y aurait eu aiioun ennui à ce sujet, -^v lui r 'pondis par la ques- 
tion suivante; Supposons que vous ayez dit ce que vous indiquez. 



LA VERITE COXCEIiyAM LAtbAlHE IIE-KUT 107 



et que ces homm 
liez pas dit, 



et il ne tenta 



qu a 



soient présenté 
-vous 
lUement d'y répond 



. et aient juré que vous ne l'a- 



lors ;- Cette qiie.-liun li- 



re. 



nfondit, 



Il passa à d'autres sujets; il admettait 



que v'aurait éti 



t -, , ,. . 7 — -j-'-, ■. " M. .111, uiL-ii, que eaurait ete 

parfaitement ieg,t.„,e a n,oi de stipuler eette clause dans ie contrat 
de nmnas.., '|ue Ulère |,ourvoierait au eapital de l'affaire du luit ■ 
mais .,ue », je trouvais eonvenable de permettre à Ij.lére d'offrir des 
fleurs a M,ss Northel.ff chez n,oi, je .levais avoir ,m idéal de eonve- 
nance soeiale différent du sien. 

Je lui répondis que je ne vojais aucun manque de comenance à 
.V que Lalere donnât des fleurs à .Mi.s .Vmlheliff raénie elle' moi 
partieuliermeent après m'avoir dit qu'ils étaient fiancés, mai. l'iue ié 
-Usapprouverais toute tentative ,1e ma |,art de l'induire à fournir le 
. , tal dans 1 affaire du lait, que je n'en avais absolument jamais fait 
. momilre mention à f.ilére, et <,ue je n'avais jamais eu l'int.nlion 
de le faire. 

Ces remar,|ues feront voir à quelle e.vtiémité était poussé M 
ayras ,K,ur trouver quelque e.vcuse qui justifiât les bévues de Mangin 
llocquet U dernière rwommandation qu'il me fit au monunt où 
je le quitta, fut de me ra|q,eler combien j'avais été imprudent, „. qui 
me donna I ,mr,es*,on c,u'un non-lieu me serait aeeor,ié. mais à con- 
union que je le rc>eonnaiss<<. 

Il esiwrait probablement que cela m'einiiéflierait de voir ou de 
mentionner leur propre imprudence, s'i, j.ouvait me fuir., entrer dans 
1^1 tête c|ue l'imprudence était de mon ci'ité. 

Mangin Mocquct, cependant, ne vint plus h Versailles ,.i 1,. nous- 
■11 un soupir de soulagement quand j'appris qu'il ne d.vait phis 
»^ve„,r au Parquet. Finalement, après avoir attendu quelques jours 
■M. Hirsch, un autre jupe d'instruction, aussi du l'aro.'.-i de Versailles 
•*na 1 ordonnance de non-lieu le 1er juin, et je n'ai plus revu .Man-in 
H'xqiK.t ilepuis mon entrevue avw lui. le lundi soir. -.M mai l'Kl? 

.le retirai ensuite le montant de ma caution au Trésor Public' 

lar consé^pient. le tribunal n'acyo,-,Ia pas à Lalère ni 'i .Sudie 
le montant de leurs dommafros à déduire de mon arjrcnt mai* 'es lais- 
>a poursuivre leurs rt-claniations contre la femme l'esnel Ce"i pour 
i;i"i. était la meilleure preuve que le Parquet ne < rovait pli s nm 
JivaLs été imprudent. . I' ■ qui- 

^^^^^_^l/annonce suivante parut dans le Daihj Tth;,ro,!h du ■) juin 

■■'-ne. Il m'avait toujours semble i-M^r^iv^r^ûcme''';:';;;;':,^?: 



lOS 



i;y scASDALt: fhAa\çais 



**lui, et ic trouve tr^s pénible qu'on l'ait détenu tfi longtemps, quand, de 
"plus, il souffrait cruellement des suites d'une tentative de meurtre sur 
-lui i Bois-ie-Hoi. et qu'il fut l'objet de tant de remarque» et do critique! 
**peu flatteuses. Le procès de Mme Guérin est maintenant flxé tu tl iuil- 
**let, au tribunal correctionnel de Versailles, et le docteur Hébert, paralt-ll, 
"réclamera des dommages " 

L« Journal, de la même date, ptïblia ce qui suit : 

L'APTAIM DC BOIS-LI-ROI 

La Doettup Hébert MnéfMI* d'una ordonnans* da nan-Hau 
-("Le Journal". 4/6/07). 

*'Le Journal" annonçait récemment le premier que le docteur P. Z. 
"Hébert, mettant à profit t'ordonnance de mise en liberté provisoire que 
"M. Mangin Bncquet, l'habile juge d'instruction dont, à Versailles, on re- 
• grette le départ, avait rendue en sa faveur, avait recueilli un dossier im- 
"portant à Londres et était revenu en France le communiquer au Juge. 

"Le docteur Hébert a retrouvé, en effet, quantité de lettres de Jus- 
"line, qui sont à sa décharge personnelle, et établissent qu'il était de 
"bonne foi, d'une part. "X que, d'autre part, il était la première victime des 
"deux adroits escrocs qui ont nom Justine Fesnel et Cesbron. Ces preuves 
**ont semblé suffisamment convaincantes au Juge d'instruction, qui a 
"rendu, apr*>s en avoir référé au Procureur de la République, une ordon- 
"nance de nan-Iieu à l'égard du docteur. 

")Me! , Monsieur le Juge, a dit très ému le docteur, je remercie en 
"voua la j.mtice française à qui je tiens k rendre un dernier hommage. 
"Voua avez été toujours impartial, et voua avez adouci ma détention dans 
"la plus large mesure; merci encore." 

Il paraîtrait presque incroyable que de telles inventions pussent 
trouver place dans la presse. Si je répète que je n'ai jamais revu 
Ifangin Bocquet aprèâ mon entrevue avec lui, le jeudi 33 mai, on 
veira que la grande émotion avec laquelle on me suppose l'avoir r*^ 
mercié n'était que dans l'imagination de l'auteur de cette annonce 
fictive, que le dernier hommage que je tenais à lui rendre, que l'im- 
partialité que je désirais lui reconnaître, que la justice française que 
j'étais anxieux de remercier en lui, n'étaient que le produit d'une 
imagination ardente, et inventé pour l'occasion. Il n'est pas vrai 
non plus que j'aie apporté des lettres avec moi; les derniers documents 
envoyés de Londres ayant été expédiés par moi, le 19 mars, peu de 
Jours après mon retour à Londres; et ceux-ci ne firent que confirmer 
d'autres lettres et documents que le juge d'instruction avait saisis 
dans mes malles en novembre IDO^î. 

Si j'avais pu dire ce que je pensai.'* de lui, c'aurait pu être que 
je le considérais comme l'homme le plus inepte et le plus incompé- 
tent que je pusse imaginer pour un ^ jcia tel que celui qu'il occupait. 

Je puis aussi affirmer comme un fait, avoir entendu plusieurs 
fonctionnaires du Parquet de Versailles exprimer leur contentement 
de son départ; mais je n'ai entendu personne dire qu'on le regrettait. 



LA VERITE CONCERNAIT LAFFAIRE IIEHEHT 10» 

U seule conclusion à laquelle je puisse tn venir, c'eBi uu ■ cette 
annonce qui perut dans le Journal fut inspirée et .l.ctré par Mangin 
Bocquet lui-même, pour recueillir le crédit de lord^unanc-e di- non- 
lieu, que j ai obtenue, malgré tous se» efforts pour m'en cmpèilier 11 
jouait sa dernière carte. 

(Hcmarque). Cet exemple peut servir ii montrer quelle foi on 
peut ajouter, aux soi-disant déclarations de jK-rsonnes que l'on con- 
(iamme ou que l'on exécute en France, publiées, dans lis journaux sur 
la foi des juges d'instruction, ou aux confusions de crimes d'accusé», 
supposées avoir été extorquées par d'"habiles" juge» d'instruction. 

Ln grand nombre de ces publications sont autant de ruses, pour 
faire avaler au public des Iiistoirees d'habileté de ce» juges d'instruo- 
lion, et ne sont destinées qu'à en imposer au publie, dans le but de se 
créer une réputation non méritée, et d'arriver à quelque avancement 
quils ne montent pas, ou bien encore pour dissimuler leurs crrenni 
et leur incompétence. 






I 



111' 



t'A' aVASUAhli /•7.'.I.\.,I/.T 



LiiAi-niii-: \. 



L'aft'ain il' b'-^troij tarie amtrc Iti femme Penne!. 



puui' 



I/aft'aiit; 'l'i'scroquiTie t-ontri' la feinmo l'tauel fut utii^lée en 
auiiifnci' Iw 11 i-i i:i jui'lct siii\ants: 

Mon consoil, Mt> Saluioii, lit une ik'niaiiilo sôance tenant.', 
ma Kteption cnninie '"partie civile*'. 

ilo t'réniieux, pour la défense, s'y opposa et. se tournant vor.> 
moi. il ilit : "lio tribunal a été trop indul^ient j)our vous : au lieu 
d'être assis panui les témoins et de demander votre adnii.saion comme 
parlie eivile, \otre place ilevniit être à eôté de ma cli<'nte."' 

Je ne répondis rien à cette bouillante diatrilic; mais le Président 
du Tribunal lui dit «[u'il n'avait aucun droit de dire cela. Me L'ré- 
mioux fit des excuses, et ne recojnmença jilus cette méthode d'attaque; 
mais ma demande tut refusée par le 'i'iiliimal. et mor conseil en 
appela de cette décision. 

•ïe ne fu.s appelé, alors, que comme témoin. Lorsqu'on requit 
mon témoi<.'na;re. Po^nel fit un autre effort pour ni'intimider et un- 
détourner de témoifiner contre elle. .Vvant que l'on me posât une 
question au sujet de l'affaire d'escroquerie, l'accusée annonça qu'elle 
avait d'im]iortantes révélations à faire. I.e président lui demanda d'' 
faire ses déclarations. 

Kllc ne pouvait les faire en public, dit-elle, car elles avaient trait 
à la Sûreté de l'Etat. 

Son conseil, alors. In presia de dire tout ce qu'elle avait à dirv. 
et d'en finir. 

M. Dayias lui assura qu'il était |)rêt à recevoir sa déposition sur 
le sujet, mais, ajouta-t-il, il ne fallait pas d'ambiguïtés: <]uc tout .-oit 
défini. 

Elle pouvait produire des documents, dit-elle, qu'elle avait pla.i- 
Jan' les nuins de qui de droit, qui lui avait défendu de donner .-o". 
nom. 



LA VEItlTE CUXVfllX.WT i: 



M-fMllK IIHISIUIT m 



ndent 



Ktait-cu lu Miniatro dus Al' 



fuirv- Klr^iii^'ùru-, di 



malldii k l'i 



nents et lu. „va,t ],ro„,i. .„ liLurtù |,„„r son l.„„ «.rvur ,i rKtat 
hll.. njouta ,,„',.|1,. .•«„], pr,K.„r.-. eu. d„,.,.„,unt., à m n „ do 
njon co.fre-fort. Il,, prenaient, a,surai,H.llu. ,,„u jV-lTi ,„:;,„, 
-h n,a„„„ uta,. „r,.ani..V |„„,r dus assu„d,l,Vs suuru.us. ,„. r , , ir 
■les complots ut ,ies ,„trifruu, do tout eunre. On v trouvti d s hol 
mystunuuse, oauhéc. .la,, tous lus uoins dus uhaml.r s I ^i 

plus,uur, uotfrus-forts ru,„plis du douu.uunts pr.'^i.-ux Kllu ,. , a va 
oxtra,t ..«, ,p,'u|lu avait „„ sa possussion; nais ull nt i ,1 
,™s,o„ ,lu ,«rW, uar j'ùtais „„ „o,nn,e influun,, ,n i, "":,.; 

I' mu ln.s.ur aliur pour uvitu.- ,lus uoinpiications. 0„ant ,1 ullu on 
l.llu nu .ius.rait uviduinmunt plus mu ruti'nii-, 

\o.va„t ,|u.. j,. nu faisais ,n,, alt..nti„n ,■, sa rodomonla.l.. ri.liuul,. 
jju. nuta,, .nvuntce ,„u p.,ur .n'attinur dans une disu..s n^ ^''^ 
p.ur n, ,,, ,„,„lur, .diu gustioula. fit to.,rnovur sus l.ras autour d'dlu 
rappa la l,arru .levant elle et cria .l tue-tftu r|„'ullu ne s-,>o.„,, ,,' 
.• n,u, , ,al,lus , . d,.un,unts, n.ais ,p,u eVtai, aux prLs^ s .^ 
■X .luelle attachait une grande iin|,ortanc. ' 

•!« nu i-ûpondis pas un seul ,„„t ,.t ne fis .n,' ,„,. -eml.lmt ,1e 

moccu,K.r ,1e tout ce q„-ullu .lisait, ut sa diatril.e su V.rn.ii 
muni ,,,„,mu une hullu d'air ,pii «lato. 

On mu demauJa ensuite du procàler à ma déposition, oui ,lura 
'10M.X on rots ,uuros. M. Ulére fut „l„rs app.d.'., et lu résd , 
procès fut ^uu la fumn.e Pusnul fut condanméu 1 tr^is ar , IV, , il „ 
...•"..>nt et A la ndégatinn. Kllu uu appela aussi .lu Ct ."Z " 

Ce. on ft,t condatnm^ ù deux ans de prison par cont„rn,,cu 
n.,i, f,' ;""''7C";:.M. r..l.-.,-e c„ntr..lit plusiuu,.s afrir,„,„i„„s „„-i| 

a.t faites lors .e r.nslruution. .lans son tùtnoignagu. ,-r .,„i au un 
M. narras a lu, ,lun,an.lur la ,|Uestio„ suivante. ' 

Pnr q,,el procé,lù n,.-ntal a>u^.vous pu arriver ,■, cr„i,-e .,„e ce 

. -Inns vo ru tnterrogatoiro. vous rappnrl. connue un fa te tain 

'* a t™io,:r"' "'^"""'■'"" ™ "•"■ '""'""Wiott certaine ? ^ f t 

, nr -'r ''"" """ ""' ''™ ™"'"''i' "' M"'"n no peut pas 

1"^ ""IJo .,nc ,p,u l'autre de vos affirmations." ' En effe ."Va, 

„i 'L ; ^"•"'' ' ' " ""^ '•'"^=' "">■■ « qu'elle s'<.tait al«ent« do la 

ton si' r" ''"•"*•"■ ■''■ '"'* 1"""- ^"■■*i'- «^■<''' l"i; tandi. que 
'lan,. son mterrogato.re, il avait dit qu'elle était ooiff.'. ,,uan d iu',' 



5f, 
1 



.M 



lU 



:JN aCÀSDÀLH FRANÇAIS 



vue, et qu'elle poru\it la même toilette eUire, avec petits pois bleui 
et blancs, ijuVlle avait portée le jour de leur l'ntrevue au "Critérion". 
De plu«, il dit daiu sa déposition du ^4 janvier, t>a réponse à U ques- 
tion: avait-elle changé de roU? chez moi : "Ce que je puis dire, c'est 
"que je ttuîs certain qu'étant donné le ten)|w que nous avons passé 
"ensemble, elle n'a pus eu le tcmp» moral de ae déiihabiller." 

Maintenant, comment concilier cette certitmie avec la pareille 
certitude dans («on affirmation du contrains, qu'il a exprima à l'au- 
dience ? De plus, M. Tolère, au moment de l'audience, a affirmé que 
Je n'avais pas protesté contre l'appellation de tuteur qu'on me donnait : 
moi, j'ai affirmé que j'avais protesté. 

(*omment voir jour à travers une contradiction si formelle ? Jt- 
rappelle à M. le Président que M. fjalère, dans ion interrogatoire, 
avoue que je n'ai jamais dit que j'étais le tuteur devant lui, mais qu'il 
ne se rappelle pas que j'aie jamais protesté contre cette appellation. 

Il admet aussi, cependant, que je lui ai dit, à plusieurs reprises 
mime, que je donneraia bien des conseiU à Miss Northcliff si elle me 
le deman<Iait. Alors, pour faire voir l'inconitéqucnce de sa position, 
je fia remarquer à H. le Président que si j'avais été le tuteur de Mise 
Northcliff ou si j'avais donné à entendre que je rétais, il «nrait été 
tont-i-fait futile de dire que je lui donnerais bien des conseils, et sur- 
tout de le dire à plusieurs reprises, comme l'affirme bien H. Lalè- 
re ; puisque le fait de donner dea conseils forme une partie des de- 
voiri d'un tuteur. La logique demande donc qu'il j ait une contre- 
partie à cett« offre de conseils, et rien sutre chose qu'une protesta- 
tion à l'appcUation de tntmr ne p«ut représenter cette contre-partie, 
sans laquelle cette répétition d^offre de conseils devient absurde. 

Il en résulte que, lorsqu'à l'audience, M. Lalère affirme que }f 
m'étais dit être le tuteur, ce qu'il avait nié dans son interrogatoire, 
il s'est encore une fois contredit lui-mSme, et M. le Président avait 
remarqué ce passage dt^ns l'interrogatoire. M. le Procureur de la Ré- 
pnblique, qui était présent à l'audience à ce moment, et il. Dayras 
firent aus^i des sigres d'assentiment, et des mouvements de tête ap* 
probatifs, à l'exactitude de mes remarques. 

Lalère avait été complètement hypnotisé par Fesnel et il la 
croyait implicitement. Il n'était dorn pas en état d'esprit d'acceptt-r 
que l'on contredise son idée préconçue et chérie que ses rêves étaient 
enfin réalisés. Il ne vit aucune nécessité de me demander aucune 
question pour vérifier ce que Pesnel lui avait dit de moi. 

Mais ce qui démontre encore davantage que son esprit était t-n- 
clin à regarder la femme Pesnel. même à ce moment, comme un ora- 
cle, c'est qu'au moment de l'audience, il affirma, ce qu'il n'avait ja- 



'..I I /■;/.■/■//; io.\ii:ii.\t.\r /, wri//;/ iii:ni:irr u 



iitiiio riiil iiii{>j|nivuiil. 



lii «ontiiiifisii.* (Il 
'i "''In a\i-f une 



t|iH' Mi" .\..iili,.|ifr ,1,. 



|iiii- li>ii);it'iijps. cjiif jViai- i„ 11,. 



-«iiniiict' <ji)i ailrair 
■ im-rr,i(;iil,l,.. il priHlirir.' |wi\ir -iiiiivnir 



'"' 'li'niiiii'hii ( iiiii'jil il iiMiil |iii -uic.ir ,. I 



r |U'il avail 
>ti .itfintiarioii : 



il ivp.piiilil 
awiil .lit 
.ilr .!.■ ,-, 



>|uaMit 



l'ii «ir lriiMii|i|iahl. .|ii|. iViait Mm^ (lii.rii 
•'il rût vu'- iiM|i.i<.il.l,. ,|i. r.-\i..|iwr m .\,„ 
;ti.'ii\ ).ir-titiiinp', 

M,. rm,,i,.,u, ,„„„.i| |,„„, I,, ,,;iv„.„, , ,|.,,|,„„ ,,^„,„„„, ,. 
■.■riir inuMlnl.lr ,1,- .„ri ,Ii.t ami M. Hnirhi, ,|ui ainmi ..airirri,,- 

i.ni.Mt.i,a..,. ,U. M. |,„l,-.r,.; ,„„is M. |ir„„., ,„„ ,,„„>.. |„ „,, 

'I.' \n:<- u l/,n.lr,.s. , |,as-.T |,lii-i,.,u'- jm.r- av.v ..„„ ,Ii,.nt. M. laji,. 



iiliHlli- 

lllilj...- 



a la nvl,,,,li,- ,1,. ,„„„.„ls. ,ru,lr.-,. .. ,.„■., ,.| ,ra||,r à V,r.a.ia., i,n,. 
■.,.|,rs f„H ,„„ir nn.lr,. im Umui^un^,. ,lun, ....ll,. arrai,v. .|ai l..|lait. 
IPlils (I niic |p|aiiluini> (|U|. d'an,. .Ii'rlaralioii ,|,. f„ii-. ,., ,|„,|s |,„|||,.||,, 
Il -y Mu'ltail l.'ll,.Mn.iil vn .■aa.'i' .|Uf cVri .■lait à faiiv ,roir,. , u'il i 
iivait plu, .r.niHvt ,|u,. s,„i client, w mniurant plus r„iuli-i. mi,. I,. 
Koi; lin. ,li*.j,.. ,p,i avait tant fait .lan- ,Ttlf affairf' ii, pm p„. 
tniiu.i-, „„ ,l,.rnirr n,.„;„,,t. !,■ ,..,i,rt ,s,«.v ,1,. tniip, mV, -air,. p,„„. 
Iinir sa niK-ion. ' 

Maiv «.ns rnlirr. p„„r I,. pn,wii. ,ian- I,.. .i.iails .li, tcMmi^na- 
jtf (le .M. Itriinct, a rin.-tnKli(iM. j.. rOpi.n.lrai (p,,. .„„ ,1,,.,. „n,i M 
Bruml. n,. .«,■ p,-.-.<,.„ta pa. à ra.i.licn,.,., parée ,pMl ;,-,..p>.rait pl,„ „h. 
tenir de (l„„„naj.'i.< de „,(,i, et parée (pi'il avait ,v,.„nnn rii„p(,,.il,i. 
1er «en t,.iii.iiu'naj;e. l.l (in'il e.(l reprediiii dan- 1(. di.-ier. 



de 



avee eeiii, de .„n ellent M, Lalère, ipii .e e.intredis.Mt l'un raiiln 

.M. .Sudre. iKin plus, ne sest pas présenté à land;,.,,,,.. gi,(.|,„,-i„i 

■■ prisent a eluiehntté (|u'il était alisent (!.• Paris, .i, teut de -uite 

dans I audience. (ni,.|(|ii',in d'antre (Me Crcniiiiix. je ,.,.„i-| a réi - 

'" 'I""" ''">"" "' 11' matin mi (ui la veille: „',,,i. |a vrai.. rau«e 

lie sen aU-iiiee est (pi ' ne ponvait pas eimcilier I,.- Kiiitradiclieiis d,. 
•i.n t,;ninif;na^'e avee ses lettres, produites à rinslnntion. ni .xpli.pier 

- déclarations contradictoires (pril auiit faites, dont il f,„ ..Idicé 
ily reconnaître et de rétracter .iiiel.|iies.„nes. et parce ,pril ne pouvait 
l'iiN formuler de rwlamatioiis aeceptaldea >ur les faits ipii avaient 
iraiis|iire depnis le commcnceniont do l'instruction. 

Après cette audience. Jf. Doyra.s ne oriit [dus aus-i fermement an 
tciiioiRiiaîre de lalére : mais il ne ponvait pas. .. i«.ndam. revenir 
MIT son ré(}uisitoire. 



-'■1 



LJÉii 



lU 



LX HCAADALJi t'BAXÇMH 



On verr» que, likn iju'on fit le pr.xiji du la feimno I'e«ni>l et que 
j'euMf bénéficia J'un non-lieu au mj.'! Jet iccuMtioni |Kjrt«M contre 
moi, tjilèrf profila encore de cette occMion pour renouveler hv «c- 
cuwtiona contre moi. 

11 «>ait, aana doute, apprii de Brunct, qui avait accé» au doiaier, 
qu'ila a'itaicnt contredit» dana lea ténioignagen qu'ila avaient rcndua à 
l'inatruction. et Ulère, 8'«ait efforcé à l'audience de réconcilier aon 
ténioiKnap; avre celui di' Brunet; tandiii que, d'autre part, il fit uaa- 
go de» déclarationa de Pcamil pour donner du imida à «a nouvelle 
version ; mai», comme on peut le voir, le résultat de ae^ efforti a été 
déaaatreuï [xur m crédibilité comme témoin. D'aillcur». il ne pouvait 
y avoir d'autre raison, i sa manière d'agir, que de la rancune, car 
l'affaire, pour ce qui me concemiit, était déjà une "chose jugée." 

Mais le cas était ilifféront |)Our moi vis-à-via de la femme l'esnel. 
Je sortais aussi continuellement de la question d'escroquerie, pour 
parler de celle do la tentative de meurtre aur moi, bien que M. le 
Préeidont me rapiielât souvent au sujet qui occupait l'attention du 
Tribunal ; mais comme on refusait de m'admettre comme partie ci- 
vile, et que je n'étais qu'un simple témoin, à mes propres frais de 
voyage, etc.. je ne perdia aucune occasion pour appuyer sur les diffé- 
rents projets formés pour m'assassiner, en guise de préparati-^n pour 
le futur procès de Pesnel aux assises, et c'est probablement c^ ^u'ell.' 
pi^ïoyait quand elle conseilla au Tribunal, au commencement de mon 
témoignage, do me laisser aller, disant qu'il valait mieux éviter toute 
complication. 

Cependant, toutes les fois que je mentionnai quelque occasion où 
le couple avait fait quelques préparatif» pour m'aasassiner, elle m'in- 
terrompait, m'appelait menteur, frappant la barre devant elle et aon 
conseil la suivait de près en me posant des questions contradictoires, 
et en tournant en ridicule les tombes innombrables que j'avais évitée». 

Je racontais, par exemple, un de leurs projets, i Alençon, qui 
consista à louer un cheval et une voilure, soua le prétexte qu'elle vou- 
lait prendre le chemin de fer pour Paris, à quelques kilomètres d'A- 
lençon, quand le même train passait à Alençon même. 

Je les accompagnai, et ils passèrent à travers nn boia, pour se 
rendre à une gare appelée Vingt Hanaps, où, bien qu'en temps pour le 
train de Paris, elle »e d^Scida de n'y pas aller et de revenir avec nous. 

Comme ils prétendaient que le cheval était fatigué, et qu'il se- 
rait nécessaire d'attendre une heure ou deux avant de revenir, pour le 
laisser reposer, de sorte que nous ne pourrions pas revenir avant la 
nuit, je résolu» de revenir par le chemin de fer, afin d'alléger la dar- 



LA ruant- vos-veusant l.waihe iiehkkt m 

«•^.lu chcv.1; „,U .11. ,„t furiou» que j,. „,. r,.,«ur„a.«, ,«, ,v.c 
J. d*cl.r.i .u Tribun.1 que J, n. pouvai, v,„r .l'.ulr,. \mt à o. 

■l.' ra^r iè^til-^v**^'' ""I^'* .1»' •l'»'""^- affirmation. *.,„bl».,l,.. 
•moi m> drmti v.v.ment «t. d'un ton .1.. triomphe ,„, don.an.la ■ 

V^r^TnTy^T *"';.-»''-•/' '•"» voulant vol tri r! 

J'0.rc~r.T' ''"'• '"' '"'"^' " '"'"'' «""'' j""- " "' «™™t P«'f 
^ fa Cour d'Appel de l'aria. 

En temp. opportun, on m'informa que le double appel, contre lea 
WmenU „ , 4 Ver„ill« 1« „ et l\ juillet, viend'r^t'en d en! 
™r un w*'. ^^?" '""^' "' "" "" P"» ■''' "•" f'i'e repr^nter 

Te r^u. e„;uii:,t?J""*'- •"' '""'"' ''^ ■"« '-^'' -P"*"'"- 
.'c reçui enmite le télégramme suivant : 

•■Proff, „m^, |,„r, ,„„. A,,Bj.„T, s„_j,oj,,. "Ï/H/OI. 

AKFAmE HEBERT CONTHE JUSTINE PESNEt, ET CE:ÎJI,„N 
"Mon cher Docteur. "Paris. î/lJ/07, 

"romme "panie civile •• "^"^ """* demanda d'inlervunllon 

Je Versailles. "iieiiice contre Justine Pcsnel par le Parquet 

;:"m;o^?SaY;^^':r,viî•?e"5eû;''mre"'rï:„"'•'■ """""'" •" '^«"^ ""« 

"•'g|;;nces possibles de vofr^ Imerv^mhin " "■"" ""■'""'' """ '"'"• 

..,,p„i:""l" ' "« remis, a huitaine pour vous permettre d'ollectuer ce 

•■nou;ÏÏ,r°p'.'rrelr"d'ù'crr°rl?;'.!'. """■ ""'" » P"'«- "•'••'■e"^- «e vos 



"Votre dévoue, 



Ma réponae : 



".\LBEnT S.\LMON. 

".Wooat a la Cour.' 

Londres, 3/lt/07, 



"■* -Me Salmon, avocat. 

".Von cher Maître, 

;:" JVdi"po?erTÔS"u",''r5„c's reV^l^^'J'l? '■''» ^' >" v..!* .ue i'a, 
pourrais >,le„ retirer de'S'.?a,rt"'e7?e''vîrs",'e'rLrtrrU"li;r"df„!: 



îtt \ 



f.\ >i\l.\H.\lJ: /AM.vr.l/.^ 



"r.'x|.ii.|ii 

■Tiimiir.- 
-jMV.i- |. ■ 

"l..in-l.l<'ii 



■■lii 



<l'- 



, Kl un*-' jniis-ji' i'S(ii^rfi 



iil'T''!, il S''iMi! iiinii- 
|iliis liaiil.- CMnsi.i''. 



I' ■/.. IIKHKHT ■ 



M.t 



rlriir. 



"\nli> ;(\rz lil.<| ^;li^i !•' ;..'||-^ il ;i l-'ltl'i', cil j.' rpi.' SUIS niitl oxplifri' 

"Il s'iitfit .ti' riri!'t;n t<- \.TSiijl!.'N. i,.- jiii.'.'[ii"iil >lii ll/Mn. rfn.li 

■'|.:ii- 11- Triiiiiii:i|, \ii'ii! il'-nr.' "iiillniH'."' «•■fst-H-.lity ■■oiissi-," pdr un arr'; 
*'il<- 1.1 i;..<ii- .lA .|'<'l fil iJiH.' ilil •> il>- ril.n-. 

■•\nii,* rirs (lui)i> Hiliiii>^ r-MiiMl-' p;u'lit' rivil'' |Mtijr l\(n';iir»> PL-lfime [•■•v 
••\.- I*;.r.iti.'l .!.■ V.-i>iiilk's ii I:, .-li^iri:.' ik' .lii^lirif l>'>u.\. 

'•I,;( i;i.iir \iiil t.'ri vi.iis iith- vi.-tiim- ili" ^iso-iinTils de Cfltc lif rnuT', 
'•.|iil \<.lis ;i iliiriri-'. III iNitiltii-llilllI il(;s l'^.■r■^(|^|.■|■i.■^, uno appiiPCdCe 0' 
"r..iFtpiic'il('-. 

'MV^Iiiiii' 1111.' (■■'! ;iiT'"l a puirr vous iiiif iinpiirliHu'i* rapitale. Voh" 
"piiiiv.'z, iii;iiiil<'iKiiil, fii['fiiMl''f \o\vi' ((''iiMli'li' il'' tiMmiiiiijrf'H et iiiti'Trl'- 
"pinir h* |ii'i';|inlici' .pii \iiii,-. ;i l'h' imii>'' p;tr r"!'-.- ":ippin'f[ice di? Curiîp!,- 
"l'ifi'" iluiit \iiiis viiiis p|;ii;riirz. I/iirr.iirt' <(.■ K"!it;nn''lil''im n'a trr»it iiu'ain 
'■lili'ssiircs •lUf vmis ;ivi'z ivimu's. 

"Hii f- ijiii fihinvrii"' l.'s ili'ux iiiilk' fraricf-, voii» in'iivrz aussi mal rtun- 
■■pri^. Il s'iiKil «ruiii' "l'aiilii-n jnilicahiiu suivi" <iiit> vu us dfvrz YPn^'r 
"jivaiit lÉe riifiMUliT voir.' ilfrii.Tnilr tU- (lininii;iiî.'s cl inliTris. (icile caution 
"f'sl vcrsi'i* par vhus au pri'rr>' i>u ilaiis ipi''liiu'' auln- caisse publique. •■' 
"il Vous on est iiriivrt' uu ri'i.u. C'i'sl uiif unrautip que in lui oxiçe 'k' 
"l'tMranRer qui plaide m Fr:uii't' cnnlri' un Frai!i,';n«t. 

"Je viius ri'ii'''li' qiM' \'pii> avez riii srns iiiti'i't"! à venir à Paris p'inf 
"ilisculer eelle affairi' de viv-' vi.jx, i,| pniir rire prissent h l'audience (!•■ 
"luardi pruchain. 

".l'ath'nds \<i|i'e arriM'e à Paris et je vous prie instamment de vi 
"iiiuiMt' il'' Il i-.uilii>i) nrdMiini'*' par la Ct>ur. 

"Vutre d('Voui\ 

"ALUKUT SAI.MON, avoeat -■ 



Je 1110 ri'niHs ilonc à l*ari«. et (IJ'jio^fli les '^.0(tO frs tlemaïuUs 
I/affaire vint en audience Iv !* décembre. 

Me Créinieiix si'ajtorçiit iju'il se irmivait en ])résetu-e <]"iin rO'l^i ■ 
table aiUersaire ilans la personne Je l'avocat général iï. Sihen. 

Il priii le Trilmnal et l'avocat général de lui poser toute ijue.-iior. 
qu'ils ilésireraiont lui poser, on de lui faire K'nuirquer toue omi^'^inr 
uu erreur qu'il aurait pu faire dans le cours de sa défende. 

Tl aurait pu emplijyer un Ijin^rage précipité, ou même s'empnrUT. 
c-.' qui serait pardonnable chez \m liomme comme lui. n-é dan? le- frin 
du midij mai? non pas chez un bomine comme le docteiir Hébert, iw^ 



/..1 VElUTi: 



ivsiaux.i.yr i..ift:iii:r iiiusi. 



i-nipli 



I'. qui H'iiait (hi |i."il,. nor.l 



ni'jit ciihiR', iiiùiiK.' sous II 



••k; ,1,. 



Ij 



!CS loups (If \M 



/.'/■ ii; 



1 ponso-. 



ili- niilun-, l'.ii firet, il Oii ... 

-Ml' l'réiuieu.x si'inUii avoir ili. . -]:.,' ,, irrtiu.. lo ilV- 

iHlIii'lw, par son in-utws daii.s sa Iflitaliic .1,- uw (UvoiiicrliT à \\-r- 
-lilli's pcnilant riiu.lii'jici. ili. l'arfair., ,l\..rn,.|ii,Ti,. i I;, ,.|,i,r„,, ,|,. 
i'-n,.|. par sa n'riu.r.|U,.. ,,in lui uiiTila la r.'priui.u.a,. .lu p'ivs"i,l,.nl 
■1.1 inl.uual. t par la uii^iiaii. il- .si ilii'iil,. .laiiusatiou ,r..spio.nm.'i', 
■!iii- U: l.ul ,1, .-iTupirlii-, ,1,. faiiv uu^ulior, ,1,. -a louipliiit ■ ,lans 
■Ul.iltat sur ,. I personne, i-t irll,' iiupn-ion a>ait sijourjic ,lau- 
-lu .siiril. failli' il'occasion il\ .Iouuit lil.iv ...ur-. 

Il sVfforva .'U-uiU' ili. faire mir que les oonililioin ri.,|uisfs par 
II- ( i.(N' pour i-oiisiiiuiir une osi-ro.pi.Tie inivaieiil pas (-U- (■lahlies. 

(>n n'avail pas ili-iuwiiré ipie lu- rolies, lis (■ors,.is. Ir^ baïu.s que 
l.aii'Te avait aelielis pouvaient être .l'aui^une uliliié à '.-a ,lienie Vn 
•ifel. ils étaient tous trop petits pour son usa^e per-onnel. 

••Sa elieiite pouvait produire îles rei.-iis ]iour I. s M,„iuies ,|ue So- 
■■■1 nuiit avoir remues, si quelqu'un a>ail nvu .1,- rai-enl nu ,les 
■■nets .les vietinu's. e,. nYlait pas .-H,.. ,„aî, 1... riaueiVs', .p,',,,, n-.i- 
■•au pas trouvées. |,es pn'uv.is eoDlre sa .■li.'iit.. ne ,on-liiuai,.iii .,i, 
' -.roriuerie. ' 

M. Sik.n le eorrigea en lui ilLsant .pie l'ael,. ii,. .1.. mandait pas 
■:m- tous les partieipants dans la per]»'trali.m .rune .s. ni.pieri,. r.ve-- 
-ut personnellement .lu profit dos eseroqueri.'s 'l'init ee .pi'il f,|- 
iiit démontrer, .--est ,pie l'aeeusée avait a^i ,1,' r,,„.nl av.r .tux .|ui 
«laiint profité .le ees eseroipipries. 

Il niontionna ses eondaninations préeé.lenir^ où il f„l .lémonlré 
'liielle avait eiii|>liHé de senil.lalile,s niétlio.les |iour ol.t.nir .les roeu. 
par dos niovens fiauduleu.v. Il résuma on .I.Miian.lanl an Tril.unal 
■li; la eondamner à la pein.. do di.v années, le maximnni. au li..n .1,. 
Mliure la condaiiinali.ui au.v troi, ans .pi'ell,. avait r.i;us à Vei- 

r>o juscmi-nt .le la Cuir .IWppel fui re„,i. ;, ,|uin/aine el .ui 
'■''inps .ipportiin. je re<:iis la lettre suivan',. : 



% 



l'.i-l>. •.':l l-i 07. 
iri:Hi:irr .;o\-niK ponki. 
"M.jii cher Docteur, 

"1..1 C.ur .1 ren.Ju son nrr.'l ii.ij,..ir.|-h.n 
■,,,..;'"e'',1° T"".."" '^•"■*>mn.'.. ù riu., »„s de pris„n e. ■. m„„ 
•La .:oiir vous «c-unle joo fr« de domma^os el ii.t,T<^tH. 



118 



Uy SCÀM)ALE fhaxçais 



"L'arrêt dit en substanro que vous avez été victime des manoeuvres 
"de Justine Pesiicl, mais aussi de vutre lOgilirel»^ 

"La (Jour ordonne la restitution de k caution "judicatum solvi." 
"Votre dévuiitS 

"ALBEKT SALMON." 

J'oserai dire que personne ne trouvera que ces dommages poient 
excessifs. Cent francs, pour dommages moral et matériel, cinquante 
francs pour chacun. 

Kn tous cas, la somme ronde de 100 francs fut ce qu'on ordonna. 

(Hemarqueg) — 

Cependant, ce ëcrait trop exiger pour un étranger de s'attendre 
à ce qu'un Tribunal franijaii regardât différemment l'importance de 
ses griefs moraux, de ce qui a lieu en France au sujet des citojvns 
français, comme on pourrait le voir par un article qui parut dans le 
Journal du ;i novembre lOOtî, comme suit : 

Le Journal, ."î/ll/Oti. — "Chronique des tribunaux. L'abolition du 
délit d'adultère. — Il y a, dans les cartons de la Chambre, certain 
projet de loi, dû, je crois, à l'initiative de l'ancien garde des sceaux 
Vallée, et d'après le(|uel l'adultère, ne constituant plus désormais un 
délit, serait "décorrectionnalisé." 

De tous les avantages que ] iirra présenter l'adoption do cette 
réforme pénale, qu'il me soit permis dès aujoud'hui d'en envisager au 
moins deux : l'un dans l'intérêt de la justice, et l'autre dans l'intérêt 
des justifiables. 

D'après la dernière statistique — celle de 1905 — 2,100 plain- 
tes en adultère ont été déposées entre les mains du Procureur de la 
Képublique de la Seine. Six cents seulement ont donné lieu à une 
information judiciaire. Les autres ont été clas.cces sans suit* . L'in^- 
truction de ces six cents plaintes a forcément nécessité le ministère 
de deux juges. D'où une iV-ouomie précieuse de temps à réaliser 
pour la justice, le jour où l'adultère sera almli en matière pénale. 

Et puis... des causes aussi tristes que celle dont les débats ^c 
?ont déroulés hier, devnnt la dixième chambre correctionnelle, in' 
verraient plus le grand jour de l'audience ■ 

M. le docteur X... — pennettez-moi de ne pas donner son 
nom. — 4]\ii habite Agen, où il exerce la professinn de nuédecin, de- 
mandait aux juges parisiens de condamner sa femme, qui l'avait 
abandonné pour suivre dans la capitale, l'ancien cocher de son beaw- 
père. 

— Je maintiens ma plainte et je déclare y persister, a déclaré 
l'honorable docteur-médecin, outré sans doute d'une telle préférence. 



LA VERITE COXCIHNAXT l'At FAIRE llEliERT 119 



car je tiens à ce que la situation de Madame mon épouse et de son 
complice soit constatée par un jugement correctionnel. 

'Mme X . . . — une assez jolie femme aus clu veux blond dore, 
avant dépassé à peine la trentaine — est invitée ])ar M. le Président 
Fournel à expliquer sa fugue conjugale. 

— Oh ! c'est bien simple, dit-elle, je vis depuis deux ans jnarita- 
Icment avec mon amant, et, certes, je n'ai pas à regretter mon coup 
.le tête, le doc'eur, mon mari, avait à Agen une mauvaise conduite. 
.Von-seulement, ,1 iigissait très mal à mon égard, mais il avait encore 
des maîtresses. 

Quant à l'amant, l'ex-cocher d'Auch, retiré aujourd'hui dans le 
l-k Arrondissement, où il tient un commerce d'épicerie-fruiterie, il 
acix'pte gaiement son rôle de complice. 

— Madame, explique-t-il, est devenue ma "'bourgeoise", alors que 
j'étais cocher au service de Monsieur son père à Auch. Je l'ai donc 
connue sur le siège. . . et je vous prie de croire, mon président, que je 
m'en vante. 

Bref, comme il fallait bien obéir à la loi, le tribunal a infligé 
à ces deux victinies de l'amour. . . seize francs d'amende. 

Et maintenant, crojez-vous que dans cette esj>èce comme dans 
les autres, l'action publique ait intérêt à gagner une victoire pénale, 
qui se traduit toutes les fois par une condamnation à la peine de It! 
ou de 25 francs d'amende ? 

L'adoption du nouveau projet de loi aura au moins ce côté pra- 
tique do restituer à l'adultère, ayant perdu son côté délictueux. Je 
mystère dont il a l>esoin." 

Cependant, il n'y a pas tant à dire contre ce principe français 
qu'il paraîtrait à un caractère anglais. En .\nglelerre, un verdict 
rendu pour un farthing (plus petite monnaie anglaise; deux centimes 
et demi environ) de dommages n'est pas très flatteur. 11 peut signi- 
fier, au point de vue du tribunal : Il nous faut obéir à la loi, et nous 
vous donnons un verdict, mais nous ne considérons pas comme jus- 
tifié que vous ayez eu recours à une cour de justice. 

En France, un verdict, même pour un franc, signifie une vic- 
toire, et est souvent demandé pour ne signifier rien de plus comme 
satisfaction. Ils sont satisfaite de la réputation chimérique. Je snia 
satisfait du jugement pour 100 francs, mais je n'ai jamais rét-lamé 
les 100 francs. 

Lettre au Président de la République Française. 

A l'occasion de la visite de M. le JVfcidcnt Fallières à Londres, 
je lui écrivis la lettre suivante : 



lu 



m- 



lîO 



r.V SCA.\l)M.li inAM.M.i 

•■li. ViTk IM«'.'. I."n.lp'v W . I.. 



■■A Mi.nsi.'iir Kiilli.r.-». 

l>r.'»iil.iil .1.. la rii|,lllilii|lli' [■■|Jlii.:ii>r, 

Yurk ll.ill—, SI, Jiiriirs l'.il , S.W 

•■Mniisifiir je l'ri'siili'ril. 

■M'ai rhniiiii'iir <li' v.iij^ i.n'>s''iih"- iiu-s ti'Minii 
"'l>ilt' il Lniiilro. i|iii tu' maininfra [las. .!■• Mli^ 
"liiiis if's h.iiis MijfN lirilaiiiililiif>. l'I iiiii iiii- ■ 
'•IrasI.' .I"im.' vi^ili- i|iir j'ai fait ■ <laii> \..lr,- |>a 



"l.'i'rs!",!' 
■Tiil d'il 



il'l 



iissiir. 
r.ir-iiif 



"lii" 



iji'i' 



ll'Mil I 



ith'Mial 
,-,-lia|,|i.'. 

I.nli,-.. 



I' lli:i 



Itiaiiis 



!.■ 



ill Il< 



;;i'S î^ l'norasi.m ili> 
sûr, ti'rln- l.i.-iiM'tii 

,|..'!|,. Vh'MlM-tll t.- 
i, .■Il 1(1111',, iiii 10 I 
'llllil-o. .'1 lli.i 



l,'-ll'ii; 
>ia:siii>. iiii'li iirrmiiT «niii 
avant ili' rairc panst'r itio^ 



■■A|i 

■■|.l.-,,iiros. au 
■•.lai» .l'un liiivi 
■•|i'\|..s 1.- i.lii 
■■/. 1.1 i.ri'i.iii .1.' 
m r. 



.'I' .jih' )f lis m.^fi! 
iliiail il nuls. 

■irul s aini-s l'I rii.'.pital. ;'( [..'illi' H^mM il 

■v..ir la [ir.il.'cti.iii l.iual.' ft laipt. ' 



.■1 .1.1 



1.' 



■■lu 

'■(■iir.iiir. 



i|u 



. Mil' 



lll.l 1. 



X ri l.-^ ].| 


\^ U 


lili'-. 


).<>[i.l.<iil <\--\\\ 1 


IIM- 


■t .i 


■-;. 












j.- ru> Snl 


nui 


Il-C |. 


iv,'t(iii|is <l'iiii>- 


itHM 


c-'-r: 


ruM'Irliiin 1 


-■ ,[•■■ 


.h'tlnl 


.'1 ((■.■■|.llis.MlH 


[|l M 


' j- 


.'u c.tris.-i 


ii.'nc 


■ .!.■ 1 


it^s lili'ssiiri'S. 


|js^>' 


rMiil 


.MI- !-■ r.'M 




ii:i \i 


'. .1.1111 .'ll..>S .1 


liiilH 


'T.ir 



la 



"hp pins i'.Mi. 


1 SI 


liir 1111 inl 


'tiniivs omisiitinri-, 


IHI'I' 


•••i ni)ilr>' 


■pii>iiii;ii;''. niis*ii riiis 


.■S . 


u'altsiinl.'s 


'dans ht h'^l<'. s;ui-^ :in 


r ri 


ir-t nprrs 


'crni]N>[ii'. [i;ir i'i-\\\ 




.H'tif: rrnis 



;:ilnip,. ii;niiiiiiiii'''iix ^iir ii'ii!i:"iri- 

.1 .■..riciics lii.-ii uni. 1... iW-^- 

. .I',Hlorit;it Mjr 1;* \i.' <li> cf-iix i\iu 

■ lir lir.^ ilcnx ciniiis ili' i-i'\<ilv>'i' 

lllt'ltn Ml l.'iir r.v.'iii-; :in. <l^'^- 

III''. l'I illli [rav;li'Mil [.:is |:i ni'tiii- 
rtif: rrnis i|iii n'-tnl p.is iiriins r.'-iissi S ruiner 
"in.i (■li''iili''l''> *'( ;'i sin(j||.'p mon lionii''iir, s;nis fiiiiiphT l.-s (l.'f.friscs qw 
".i'ni siiliji'-i, hit'ii :iii ili'î;"t de inos iii.>y.'ns 

"i:.' nt' riil ipii- l<' iirciiii.'i' juin siii\.nil. plus d'' six mois aprùs l'aH'-n- 
"1.(1 sur Tn.t porsuntif, iiirmi ;i ri^min .i iiii>n iniiuri'inv fti m.' ri*iid;iiil mih' 
"l'nlnmuMir.' df non-lii'ii. 

".Miiinlcniint. «iiii snis-ji', 17110 siiis-ji»? .T.» siii* siijt'l liriliinniiiri'-, iv' 
";in i:;iniid;i. iiKtis piMli.|iKinl lii iiu'dccjiii' à I.i'inlrrs ilppnis Iri-iili' rui- 
".riiiir;ii rilh'int m«'s Tift .■>tis cf ?,"» iiirn. Jotn- iW \u\ri- arriv.'c h l.nwWo'., 
'•'■■I .i'.'n suis A tnim in-tMiii.'r nitititct iivfc |a pulio»', Piirnii l-'s ritMy.'ii<> r.'<- 
"■pi'cl.tlili'S do I.tmdro.s qui ni»? ronti;»i^soril, J'ai lonjuiirs j.mi di' lu iii-'il- 
"loiiri' p'piHittiun. 

"Or .l'ai pt'ri^.' iiiit> |i> Cils Mi:tl''in'iirifri»Mx d'un honinic iruno roriilnili' 
"irri'profhaMo jusqu'ici. l'I dont l;i r-'pul;iti.in a tMt- (t'-lrio l'une mani-'i-- 
"■*i injnsto ft piiiir nir^si diro rMini'-r p;tr i-o[ l'pisixlo, n.' p'iurr.nl ni;in<iMei' 
"d'en nppi'Ior It vus senlinifiiU de jusMre. d'Iiiuiiiinit.-. d'inumeur cl !!■■ 
"syinp;illiie que mm s.-uleniont Uiule |;i Kiaupo r.>pnnri,iit on V(nis. ui;ii-; 
'Miissi les ;nilr'es n:ilitins qui vuit^^ eniniirerti el. en p;irlirulier, l'Anulftern', 
".l'iij.iirleriii (pie porsiinriP niieiiv ipie niui, nv recunnflll l.i frrnnde 
•Mifllcull'i à sunnonler pour rp^lresser un tort de r*»Me nattire. (•[, m'''tite 
".Tvrr le plus irrrind di'-sir de Vfdre pnrl que juslioe uie suil retiiiui'. <]>>■■ 
"le-* liifis fiiils fi ni.i T'<'i>ul.'ilii>n. Plr,. snîcnt n-parès, Ips circonslanrfH qu'il 
"nnil tiinliuirs pren<l; en rnnsidi'rali.m dans des cas semblables, pnur- 
"raient bien ne pa*; s'y pr<''ter facilement. 

"r.ependani, Je suis plein de citilliince en vos ressuurccs. et j-' 
'■ni'iidresse ,'i vous. Je viens vous prier de vous enquérir des fails qui «ut 
"donn<' lieu ft un n-sttllat si désastreux pour moi, et si équivoque pour h 
"r.'piilalion professiorinelle de certaines personnes charKées de la ci-ri- 
"(tiule de celle affiiire, e| je serais heureux qu'il Mt possittle, par quelqn- 



h.i VEitiTH I o.\niii.\.i.\T i,M-i:\n; 



/•; m: m: HT i;i 



iiioy.'ii en \,>\\;- ,...ii\..ic, i]i> m'.ndt'r à r ni. i- |-..^ii(t i i si.l.-iu- 

h. m imlillfiuf» II. ,111 J'ai ji„ii jii«,|i,-i,.i liai,, , , ,,ay, 

".i.- tiTlllili.. iria (..llr... i.ii v.,11.. MMIhailaiil. .1 .n |r.. ,,as,. |„„. r,- 

'■••!'' '!■■» l'Iii- '■"!■ l-s. ,1... |,lii, ,.|, ,„■..,„.,, ,,.,..,„i.. ,:,| n.«i.llal.. 

1'" l""»''"l illll.ll.,IV|. I, llllilil.ll ,|,.H |...ll|,|,., ,.|| U.II.T.ll !■[ ■■.•111. lll- 

.MM-rri-r t. -s li..|i> .jui n 
.l|. L'il», i.i.lil.s ..| arari.N, ,.|. |„.nii,.|l,.z;i 
ilMli\i(l;j.|l.., Min. ,111 ,1..^ .■Ir,.in:..|-s, ,n Kl 
'■\..iiilli.z ak'r...r, M.,ri-ifiir !.. l»r-'>i.|.. 
r.iti.l ri'rtjiect. 



Il lit..T(.'- 
la lilHTI.-. 



• I.- |.. .Iiiv, 

""■■•""■ ' 1"> î 

'•!'. Z. IIKIIKUT ■ 



Mai..; hipn iiuc jo l'aie fail ri.,-oi aii.l.T ...i la .!:|»,-,iiil au Innvau 

I.' puste. ji. n'v ai jamai- ivi.-il .!.■ r.'|.,iii..-, ni m',.,, a-i-..M j.iiiiai- at- 
,'u-é récejitioii. 



F» 



':f! 



lit 



UN SCANDALE FRANÇAIS 



CHAPITRE XI. 

Pemel aux Assises pour tenlaUie de meurtre sur ma personne. 

U il mai 11«IH, doux jours après avoir expédie ma letti« à M. 
le l>rfeide.!t Falliircs, j« reçus une lettre dati* du 26, me priant de 
me présenter au Consulat de France à Londres. ^ 

•Je m'y rendis et l'on me remit un mandat me citant ou m invi- 
tant à me présenter, comme témoin, à l'audience de l'accusation de 
complicité dans l'attentat sur ma personne, à la charge de la femme 
I'»*ncl aux assises de Melun, le 29 courant. 

L'affaire avait traîné en longueur, depuis le moment du crime, 
20 novenil)re IIMIC, lorsque je fis une déiMsition (levant ie coinman- 
ilant de gendarmerie de Fontainebleau, à 7 ou 8 kilomètres de Bois- 
le-Iioi moins de deux heures après l'attentat. 

Je renouvelai ma plainte le 5 juin 1907, immédiatement après 
mon ordonnance de ncndieu, rendue à Versailles le 1er juin; mais, 
le 2.3 septembre 1907, ce qu'on i.ppelle la reconstitution du crime eut 
lieu à lu villa où la tentative avait été commise. 

\prc- avoir assisté à cette forme de procédure, je fus appelé a 
Fontainebleau, où je tus encore confronté avec la femme l'esnel de- 
vant le juge d'instrui-tion, M. Dupuis. 

Elle s'aperçut bientôt que celui-ci était fait d'un autre bois que 
Mangin Bocqnet. Il la suivit dans toutes ses ruses, la chevilla à tou- 
tes ses contradictions, et la confondit par le plus habile interrogatoire. 
Il ne trouva pas nécessaire de lui dire des mensonges pour la prendre 
au piège. II lui présenta une copie de l'ime de ses lettres, qm 
prouvaH. (contrairement à une déclaration qu'elle venait de faire,) 
que je ne connaissais pas Miss Northcliff, avant l'unique visite qu'e e 
me fit chez moi en compagnie de l'accusée, et lui demanda si elle 
avait écrit une semblable lettre. 

Elle répondit qu'elle ne l'avait jamai* écrite, que la copie qu on 
lui présentait était une imposture. 

Il pria son greffier de prendre note de ea réponse. 
Elle demanda à voir l'original, et il le lui remit. 



LA VERUë concernant LAFFMItE UEUERT 123 



Après l'avoir lu, elle affirma que «-tte katru avait tUJ ivrite 
longtemps aiaot la date de »a visite chez moi. 

Cette réponse fut aussi notée dans les luinuiis. 
^ L'enveloppe lui fut alors présentée, la maniue de poste étant 
datée peu de jours avant le moment de sa visite. 

Klle affirma que cette enveloppe avait été substituée à la vraie 
enveloppe de la lettre, qui avait été écrite il y avait plusieurs années. 

On examina alors la lettre elle-même, qui portait la m"me date 
que l'enveloppe, et était écrite de la même main que le coriw de la 
lettre. 

Kllc lui demanda alors de ne pas tenir compte de ses dénégations 
dans les minutes de son témoignage. 

Il refusa de le faire. Il prit note de tout ce qu'elle dit, de toute 
correction qu'elle fit, de toute dénégation et réadraission qu'elle pro- 
nonça, et même de sa demande que ses dénégations fussent omises 
dans les minutes; mais il ne voulut rien omettre. 

11 la confondit de la même manière an sujet de Marj- Smith, 
au moyen de ses propres lettre.», qui prouvaient qu'elle l'avait connue 
avant moi. 

Sa méthode était liien différente de la méthoile sans système, sans 
contenance, sans énergie de Mangin Bocquct, qui obtenait d'elle une 
Jcmi-douzaine de réponses, et faisait entrer dans les miniiti's celle 
({iii, après réflexion faite, convenait le mieux à l'esnel, et lui paraissait 
avoir le plus d'influence sur la crédulité de Mangin Bowjuet. 

Klle reprocha alors ii M, Dupuis de ne i)as lui montrer de bonté. 

Je dois vous dire, lui répondit-il, que vous n'êtes pas ici pour 
réclamer la bonté de qui que ce soit. Vous n'avez pas de bonté pour 
nous. Il ne nous est pas permis de faire preuve de bonté particulière 
pour iKTsonuo. Nous avons un devoir à remplir indépendemment 
lie tout sentiment. Vous êtes ici accusée de complicité dans une 
tentative d'assassinat, et vous avez à vous défendre légalement par 
des preuves et arguments logiques, et non pas en mettant votre espoir 
dans la bonté que vous pourriez mériter ou non. 

Elle proposa, ensuite, une ligne d'instruction à suivre, à laquelle 
il s'opjKisa, en lui disant que ce n'était pas elle qui dirigerait l'instruc- 
tion. Il était là, lui, pour indiquer quelle était la méthode à suivre 
dans cette affaire, et quels étaient les points à éclaireir. On ne lui 
permettrait pas de faire perdre le temps du Parquet à discuter de'; 
questions qui n'avaient aucun trait à l'accusation à sa charge. 

Klle poussa l'impudence jusqu'à le menacer de porter plainte 
contre lui, et il lui présenta un livre contenant les directions à suivre 
aux instructions, qu'elle pourrait lire à loisir, et il la renvoya à se 



'^!*! 



u 



1Î4 



t .V .•^lAMtM.i-: nrwrALi 



ri-lliiU\ m lit ipri'U'naiil i|ii. . lur* 

il intmiluirt- un "V-lôtiu» d'iii^triM 
(Hrij.'1'ail remiuiH»' fllf-im"nn'. 
rclii' nmfromulion n<' 'lui'a 






n'ioiraitrait di-vant lui, l'ili- 
if livri.' au lu'u <lo ïtVvtTluer 
u\i-au rt il"' >e ligun-r i\iù-\U' 



i|iic (jik-li|Ufi jour-*. 



\.v •.*;* mai ll'ti.s. ,, 

i' |ir(-rnlai à la Cinir 

.I'arri\ai nvaiii U- 

Mo l'ri-iiiit'ux, cnii-f 



.iilunin'im-m à la .iiiiti-jn (|Nt' j'a\ais ni;u.'. j.- 
(I"a-'ls*-,- à Mihin. 

iniiiiii. iHruii'iit ili- raii'lii-ii-f. cl 1«' M'iTémin- 
I lie la fciiiMU' lV-u<'l. vinl à moi, (iaiH iliiuii- 



cnvnvé par M« 

iliri'clinli lie ». 
lUDÎUS 



■ flVI 

m niii 



iirt', III1-' a\ 



.M IV 



alaiu 
.rnipa,L!n 



■!„■ i\r 



l'il avail prôpari', -ou- la 
i|U<.-stii>Tis à iuL' |)o-iT. au 



'jiiaranlc. 

(Vltr infiMiiialidii fut 

\oulait «lire, je Mi]'|.n^.'. .|Ui' . Viaii'iit 

rtiinte>; niai.-' ji- ne jui- pa- liniiprmiln- 

la ilrmi-r.'ntaifn'. prrnlaiil ipi'it \ t-iail. 



il'mi ni(>u\(iiu'iit ili' iTli' t|U' 
.1.-- (|iiL>.-iinri-* tiv- .'mliarra-- 
i..iiri|iii>i il n'avait pa-^ ni-litHO 

rcitr nianu,'iurr de la pari 



, Me Cn'mivux u\v parut tmii-à-l'ait put-rilt'. 

J'avais aussi iiucLpifs trait- «lan- iiimi far.pioi-. La tVinuic IVs- 
n.'l nùivait ûrit |)lu^ifur!i foi- .le la prison. IMusicuri dv se^ lettro.-. 
cnmnif je pouvais li- voir, n'avait-nt pa-> été \is(Vs. et. jiar rnnsO(|Ut'ni. 
avaient ité oviW-ili.'rs à l'insu ihi juj.'e irinstruciion et ihi i^iinlicn clK'f. 

Dans c-fs Ifttnv. elle s.; fiLMiniit inr «IniiiuT fie- cnn-eils. iitniMH'. 
par oxcniple. me iliro tic ne pas {lépiisor les «liiix mille fraïu-s .li inaibl- 
par la cour d'appt'l pour garantir Us frais i|ui [(oiirraienl ("'tre inljuLK- 
contre moi à l'apix-l. ft l'IIc m'assura (|ue. de toute fanm. je n'en n- 
vorrais pas un <'*'ntimo. S<m conseil est peut-être une <le- lai-on- 
pour li'-t|uetles je les ai déposés. 

Dans une >econdo Utire. elle me dit ipic la rai-on ^muv 
hupioUi- elle m'avait demandé do faire un elièi|ue de ',*.*'i frauc- 
>iir le Crédit Lvonnais. ehè(|UO *|uVlle désirait, je erni:^. jmur avoir v.:^ 
modèle à imiter pour eonfectionner des iliè<|UC3 en faux, étsui *[\w >[>■ 
Crémieiix lui a\ait su<:;:éré de le faire, loninu-' un moyen de s'assnn r 
si les agents de la Siireté s'efforçaient de la retrouver par rentrenii- 
du Cn-dit Lyonnais. 

Dans une troisième lettre, elle me dit fjue la marraine de M;in 
Smith demeurait à quehpies pas de la résidence de Me ('rémieiix. 
qu'un impmanr etaldif-ement de Paris connaissait très liien M;ir\ 
Smith et doniieuiit dos références sur elle, que Me Créniieux savnii 
tout cela et tonn-'l-^ail Mary Smith perrfmnellement, et ijuVlIf 



u vi:i!iiK I u.\it:i;.\.i.\r i:.ui\\ii:i, iii:i!i:i;r ]■>:. 

ll'ffi-l) Kiiiii L-i luLtu !.i i>niir .lu in I.. i'i i.iiiv iv-tcT ii,ii.|ial;c 

c ite 1,1' ji|. ik iiLrM.iiiul. jii'i- IVuijHVInr ,|v |i. ,|jri.. 

Halls une' iinutrii'iik' K'Iiri'. clli. nw <lii ,|ii,. -i ,|i,. ,;,i,iii niunnr 
.iiix iis.-rH'«, «lli. ii'irail |«i8 mmiIc. ,|ii\-IIc ciiiil in- iVi.li.v niiitn MÙrv 
^irnith l'I i|i;c. si dli; iw (uisuit ]jii. atli'iiiicu. , |!,. j., iii.iniuiniil. 

.l'aiais mis toutes cis l.liri's ,luiis ma |M,h,.. |„,iir \ ritïr.r . n 
'loiinanl mi>ii ii;Mii)ij.'iiai;i'. 

Ix's iiriiuii.aiix puinls <li' u, tVi.v aiaii,,- |,ai M,- (i.rii,. iis i.ii. 
'iait'lit à faire \uir : 

1". giie ia femme l'e-rnl n'aiail rii m à \,,ir „,e. l'ailenlm -ur 
ma |iers.inile. ijuoi .|u'.iri puisse dire eiinlre Cesliruu. 

•.'II. (^u■. si l'aeeiisiv avaii eu l'iulenlion .le m'aisassini r. elle 

avait eu lieauiuup ile meilleure- .neasiens ,1,. le faire .|u'au mu nt 

•lu erilne de liiiis-le-Hoi. 

:io. t^ue je savais ou Iriiuver Marv Siuitli. et ne voulais pas la 
produiro eomnie témoin, pane ipie j'étais réellement -on tuieur. et 
||iie son léinuifilmije serait en faveur de raveusi»'. 

lo. Il avait aussi pour liut de diminuer l'iiuponanvr .le- |ireu. 
i.-s dwumenlaire-. eorrolioranle- et eireonsiuiieiell,- pr.-luil.- .■.mlri> 

.jo. Kt aus-i ,1,. me .li-eré.lil.T, iniii. et mon lemoi^niiM,.. ,,,|-,| 
savait être des plu» aeealilant.s contre elle. 

Il me tut e.wessivem.'iit difficile de les satisfaire sur mon i.lenti- 
lé et sur ma nationalité, et nuin eonseil m'avait éerit |iour m,- . onseil- 
lir de me |Kmrvoir de doeuinents p.mr résoudre eelte ipn.sli.m. 

.le ine présentai au ■■'l'ovïn llere" de St-Marvlulion... Mr. .1, 
Wilson, (pii. apr.'si avoir appris le 'mt de ma visile! m'aecorda une 
attention toute spéviale. Il me pi,., ura un eertifieat indi,|uanl .pie 
jetais un votant parlementaire, un électeur di' émulé, un élcy-ieur de 
paroisse, etc. ce ipii étalilissail ma nationalité. 

•le m'étais aussi procuré i i eertifieat de nai.-ance et In.i.- ,.t. 

iifiiats d'instruction militaire d'infanterie el d'.Xrlillerie. .pie j'ai 
..litenus au Canada, i) .v a liieii des années. 

.Mon conseil, cependant, jiensa ipi'il serait mieux de ne pas pro- 
"lure les derniers eorliticat.s. C'aurait pu être, pour i|Uel,pie-uus 
'I entre eu.v. une jireuïc absolue ipie j'étais un espion. 

^î'>n iéinoignage. 

Quand on m'appela pour rendre mon témoignage. Me Crémieus 
,innonf;a qu'il avait une liste de quarante questions à me poser, toutes 
tics difficiles, assura-t-il. 



; ' 



fi 



m 



1«G 



fA' HCAXDAW FUANÇAIS 



Il commença par m'interroger «ir mi n»lion»liW. Il ne pcuvait 
pas coraprendrj comment un homme né diai lea banca de njige de 
r.Vmériiiue du .V»rd pttt être- un sujet Britannique. 11 ne parut paa 
connaître l'siistfPce d'Kmpire dani les tcrritoirea duquel le aoleilne 
be couche jain.iis. 

Il déeiriit i:uoir co que j'avais fait a»ant de prendre mea degré», 
et [lendant mim enfance. 

M. de ViiMcs, le Président, s'interposa, a >e moment, et me dit 
que je n'aïais [m besoin de répondre i ces questions si je ne le dési- 
rais pas. 

Je lui rCpofidis que je ne voyais pas d'inconvénient ik réjwndre 
à toute» les questions qu'on voudrait me poser, que, si cela ne faisait 
pas perdre le tinips du Tribunal, sans nécessité, ça m'amuserait d'y 
réiwndre. Kn conséquence. Me Crémieuz n'appuya pas sur ces ques- 
tions. 

11 y eut encore quelques escarmouches sur la question d'espion- 
nage, et je répon'l- '■ Me C'rémieux que c'ciuit une pure invention de sa 
cliente. 

On me demanda alors de décrire l'attentat sur ma personne, ce 
que je fis. ,Te recontai aussi que la femme Pesnel avait essayé mes 
forces pendant la journée. 

— Eh bien !? dit Me Crémieui d'un ton d'impatience, que peut 
noua faire que vous soyez plus fort qu'une femme. 

Rien, lui répondis-je. c'est seulement pour faire voir ce qu'ils 
préméditaient, et quelles précautions ils prenaient pour l'attaque 
de nuit, au cas oii, la première balle me manquant, ils auraient eu à 
me faire face, moi vivant. Et ce fut probablement l'impression que 
cet essai de ma force laissa dans l'esprit de Cesbron qui ie fit fuir 
et me eauva la vie. 



Pendant mon séjour avec le couple, à Versiilles, eut lieu un 
certain incident, qui a trait au témoignage et à la méthode de défense 
adoptée par Me Crémieux, et j'en ferai le récit ici. 

Un joli lavabo de leur ameublement, avec un dessua en marbre 
blanc, avait une tache noire désagréable, que la femme Pesnel me fit 
voir, me demandant si je connaissais quelque chose pour la faire dis- 
paraître. Je lui demandai comment cette tache avait été produite. 
C'était une teinture pour lea cheveux, dont ils faisaient usage tous 
lea deui, qu'on avait renversée sur le m.irbre. 

Après l'avoir examinée, je lui dis qu» je pensais que c'était du 



J.i VEHITH CONCEHyAS'T IMFFAIRE UEHKHT X", 

le vérifier, ce qu'éîi" fit """'" "" '"" '''• ^>'' ''•■■ ""'1^' l»" 

•'e lui (lia qu'en taUant une «olution ,1,. *.i ,i,„. , 

''•"ne poudre blanche, (,ui, exp"^ à la ïun iét ',' '"'1 '""' '""^ 
••■■«uite noire. I* Koctit fut «Dr,HnL ' ''""'"''"" «"«'. et 

l'nait un «1 ,1'ar,^^. "^^ ^"*' "' '"'"'" 'I*' l" '^'in'urc con. 

.^.»it ™';:i:in'vÏÏnt''f;r,tt",ir"-: '" T'"""'' ""' -'-■«'-' 
.'.i^uite à aller chez un „h"l • ! '"' *""'"'• <•' "•""»<■ J'*"* 



".ont la forme plofaZfP- ?"' " '* ™"'''''' -■■' Particulier- 
aurait été C„n'^p7^::/;J'"^.-'''™ «» "■W,iner, il leur 
do ce poison, que j'ava^achê é l^nfâ ™ ™P'°r'"" <^o qui restait 

violent ? ■ ■ ■"" '" "y"""' ''-' P°'«*»i"m eat un poison 

— Oui, répondia-je. 

•,..olirdor? ""'""' """'■"• P"" '"" "" ''"""ne à n'importe 

â n'i^po'*rte"qû:;i:ir''t f" r'"'^'' "'" ""■ '"'^^ '"" - ^■""■""' 

— 4ln™ J ' 1"® ™ *"" "ne liMe définie 

-ri^îi^rr^dài-r^r^in:.:'!™''— ^ 

'i l'on J;tdtô slri'inrplTa/^rirtnpi^T '^'^ '""^ ^- 
pouvez l'injecter (iana le br«Xn t '^1 ''^ ** PO''™' "n» 

'o'oer in.tinl.nément heaneonn nl„.°rr' P""^"' '™ »°'"'"^"' <" 
^an.,,ne chambre, p^L^"' eÎév^liiT"' <"■"- "" '*™-^- 

-^.x::rïz'^--r--^-.-^j^. 



^^?fr!i 



I> 



/ .V .M l,\//l/,/; f 7.M.V',.l/> 



v- 

iil'li(|ir 

liiilniiii' l"n 
lui ri'lKiinli 



.111 ttiiiiii*. i'iii;:iiill'> .lurii- *fnii;iiiv lis im>-U-iiii.'|||' . «i ^"n* n^'-' ■' "'" 
lilii.l.. ciu'il aura r.iMipaii. . .rallnulri' cjm >"ii- "y lu" 'I' " ' '■ 
j.iii'i- iijh' .li.-i. -urri-alil.' ■!. |..ii-i)n |"iiir \- ni' i in-laiilaii.'unui aiai 
.|ii'il .V>i-il|.', 1,'iilii' .-I plu- al.-ur.lr i|.ii' l'H'' •!" ramin 'i'" ■'' ■ 
vrrtimil a atlia|»'r «U'i ni"aii\ m Imi iiirliaiil iiii ;:iaiii '!•■ ■• . -" 
la ijiu'tli'. 

Il |irii'lili-il iilH' r"|ii'- 'lu 1 |ili-lin.lii (Il iiinii i.iiiil.I' <l.' l'i.ii 

.In tnilil l.viniiain. iriim.' au Jii;;.' .l'illrlnu u Ii' \>.-ai.l' 

m -uli'iii.iil un.' Iialaiiiv a i iiv^iu 'li' <'.>■"* Hall.- i" 

m lanv i.nr <\ih- i.a nr \alail pa. la |«atli' tli- luir i.i 

mil t. Il lia . 1 1. -iii' iiMr iiiii-liiin iiii'il iiu' ii"»a. j' 

.|U.' Il' Cn.lil l,.vi 1- uiaii a ni.ui rrnlil. à ..Itv ■H" - 

Miiniii' \aiianl inliv |ii.iii»iil .-iii.i"!" fraiu*. 
M -ai-il ri'lli' lu^a^i"" pinir fairr uirnlinn ilii ilii'i|ia' ilu '!■> Iran.- 
.1.1111 !.i iiuiMir IV-iiil iiaii |iarli' ilans une ilf »i'« Ullri'», rt il luiil'i;- 
ma .. .|iri'lli. ili-ail .lan- -a liUrc'; mai* il Iniina iiiirn^airf J'ajimt. 
il'im Inii ilifvaliT.'ii|i»'. i|iii'. SI iim'liiii'un |«'ii*aii .|u'il avait il-u- m. ■ 
•'Il i,iu'li|iii' ihiw à l'altiiilal -iir ma \u: il vlail pri'l à quittiT *a i"t" 

i.l .1 -!■ ..iinnilliv à la iliVi^i li' jiiri-* à l'iii-lanl. 

C'aiirail ili' uni' iiriaiiv i iv* rapiili'. à iiim|iar.'.- aMv lu [iMn - ■■ 

,11 .licniu; u iilùram iim- laiiilii'iKu n' ut lii-ii i|iu' [iluii Je ,li\.ii;. 

mm- aprw ratlunlal <iir ma |iiTMinni., ,1 apK- -iiii am^slaliun. 

Citlu .'\liiliili I.- fanfarmiiiailc n'vlail pas salK ivs-umlilau. 

aUK' lu- a^jis.-umiiit- ilu -a iliunlu. ru-nul. au u uuuiumunt ilii ju ■ 

,i'.-: Ii.i--.|iiu l'Avixat Cùiural uxpo-u la iliar^u umUiu ullu au jiv 
.1 iliilara ipiu, liiin .|ii'il nu \il inuiinu raisuii Ju lui auuur.liT 
lunùfiiu il,, uiruiin-latiuu* alKiiiianlu-. il m' b'v uppiwrait lupululir 
pa-. si le jurv puii-ail inimriaMu ilu lu lui auoiinlur. l/irnipic l'A»"- 
uat'tiéni'ral ùut fini. uHu -u luva. ut lUt-lara ipiVllu rufu-ait luiu ' ■ 
nùtiuf il" uinim-lanius atlùnuantus; oUu aivupturail lu rùsulliit !■■ 
pruuvu- ilu\ant la Cuir, ipii la piimvuraium nun .uiipalilu. 

IJu'il- -OUI liruM». mV-i-iu pa-, lu- p-ns-làl (Juullu pnuu— • ! 
Xatiiivlluiiunt, ju vis ipi'il avait iiâtO miui mua-ion ilu fain i-i- 
ilu .-utlu U'tiru. ut ipiu. si j'uii parlais, ua nu ruiulrait sa eaU9u ipiu p ■ 
fiirtu. Il n-tait unporo. aprùs ivttu effusion apolo;.'i.piu, une iiuiu -- 
«ion vacnu ipiu "cpii sV\cmisc, -Vrnsu". ipii aurait l't,'' offaui'u .n- 
plùtumont si j'avais prniluit la luttre, ut je vis l'inutilité Je i'oi:<t!.; 
nn uliuval mort. P'aillunrs, ju n'ai jnniai- punsi' un monioni l'i 
ait ou la nioimlru iiléu ilu- prù|iaratifs i|u'on fai-ait à ce moment ; " 
m'assassiner. liien que ju fusse lontunt île trouver l'occasion ilu !«''■ 
voir l'enilinrrasaer. lomnie il es.sayait de m'einbariar<icr lui-mùnu'. 
.lu lui ilemanilai c^-pcnilant. s'il avait en finelqui vent ili- i"- 



LA yHUITH VOSlEllXASr L:\ttMHK /li:IŒIil 1»!) 

paralif» (|ui' «•• iliont» faitakot puur m'uteu-MiiiT, u\jiit If jour Je 
lattcntil. 

M. I« IVsiiii'nt m'inlerruinpil, il mv ilit .]u"il n, (.crimllruit 
aucun»' insinuation faite contri- le eomieil d'un loti ou de l'uutiv. Il 
avait ivttn raison, et je me (li»i«tai. 

Me C'réniieux, «suite, me rcprotha <!<■ ne pus uv<,ir produit Mar> 
Suiiih comme ti^moin, car son t*moi((na){c, dit-il, aurait cioncrt m 
cliente. JVtais libre, elle ne l'était pa.-, |«iiir.|Uoi ii'a>a.«-ju iias 
amené ce témoin ? 

— Parce que, lui dis-je, je ne sais pas où ■lie demeure, roiir- 
i|iioi ne l'avei-vous pas produite vous-mfme, lui demandai-jc ? 

Oh ! dit-il, j'allais justement poser celte (|Wstion moi-même, 
(Réponse qui me parut liicn sinjrulière.) 

Je répétai ma question, ajoutant qu'il savait où elle était, à ce 
que sa cliente disait, et, en mt-me temps, j|. présentai à M. le i'ri-ii- 
lient, la lettre de l'esnel contenant celte déclaration, et !c priai de la 
(sire lire. Il la passa au greffier. 

U jury et l'audicnoe éclatèrent de rire lorsqu'on lut que l'esnel 
avait eu toute la peine du monde i empêcher Me Cn-mieui avec sa 
lanpw de méridional, de dire où était Mary Hmith. plusieurs fierson- 
ni* de l'auditoire faisant la remarque que Me Crémieuj le savait. 

Je lui demandai ensuite s'il aiait rais cette lettre à ia poste lui- 
même, et, sur ce. il assuma un autre air de ilignité, et, ramassant 
«1 robe autour de lui d'une main, comme un sénateur romain, et éle- 
nnt l'autre en l'air, il me dit : 

" I«iMei-moi voua dire. Monsieur, qu'on avocat du Barreau 
Françai» ^i. jH^r^ pu k de telles irxigularitéa. 

— C't'i T .i.'n.mt ce que je pensais, lui répondis-je ; mais 
voyant que vou., Ctcs la seule personne â qui il soit permis de voir 
votre cliente en particulier, et que cette lettre n'a pas été visée, j'ai 
pensé que vous pourrie» peut-«tre nous éclairer sur la manière dont 
elle a tté mise i la poste. 

Néanmoins, j'ai une antre lettre, que je désirerais produire, avec 
la permission de M. le Préaident, et je présenUi celle dans laquelle 
Peeiiel menaçait de nommer Mary Smith, suggérant que nous ne sa- 
vions probablement pas encore quel était son nom. Petnel voudrait 
peut-être nous le donner. 

On lut la lettre, et M. le Président lui demanda de donner le 
'r«i nom de Mary Smith. 

Pesnel répondit que ça ne voulait pas dire donner son nom ; ça 
'onlait dire qu'elle la dénoncerait, qu'elle publierait tout k «in sbjc» 



130 



VS SCASDALE FRANÇAIS 



— Mais, répliqua M. le Président, il me semble que "la nom- 
mer," veut bien dire simplement donner son nom. 

Pesnel répondit que ça ne voulait pas dire ça en Normandie. 

— Kh bien ! dit M. le Président, je dois laisser MM. les Jurés 
tirer leurs conclusions de votre réponse, et l'auditoire la siffla. 

Me Crémicux se leva brusquement, en disant qu'il avait entendu 
dans la foule certaines expressions de désapprobation qui étaient 
mal à propos et prématurées, et M. le Président avait donné une im- 
pression partiale au jury par ses commentaires sur la dernière lettre 
lue. 

M. le Président répondit qu'il avait présenté les faits tels qu'ils 
étaient et avait laissé les conclusions au jury. 

Il y eut encore quelques eescarmouches de mots entre cuj, et 
Me Crémieux finit par dire que M. le Président était impatient, ce 
que ce dernier nia, déclarant que les jurés et les juges avaient fait 
preuve d'un degré de patience extraordinaire, en écoutant attentive- 
ment tout le verbiage qui leur avait été présenté, et il pensait que Me 
Crémieux avait manifesté beaucoup d'irréflexion, en faisant allusion à 
l'auditoire, qui représentait le public, par l'expression irrévérencieuse 
de "la foule". Il était surpris de son manque de discrétion en s'a- 
dressant au public. 

Ainsi finit prématurément la liste des quarante questions. 

Témoignage, de Brunet. 

On appela ensuite M. Brunet comme témoin à décharge, dans le 
but de discréditer mon témoignage. 

Il commença par décrire ses relations avec Lalère, appuyant 
aur les bons conseils qu'il lui avait donnés, et la grande confiance que 
ce dernier avait en lui, à la façon des vantards à bon marché qui son- 
nent leur propre trompette. 

Il fit allusion à l'ordonnance de non-lieu qui me fut accordée à 
Versailles, qu'il compara à un verdict quelquefois donné en Anp;ls- 
terre, à ce qu'il dit, verdict de "non prouvé" (not proven) mais il 
ajouta, avec un mouvement de tête de mauvaise augure: "Nous ne 
savons pas." 

Apparemment, il considérait sa propre ignorance comme un pré- 
sage sinistre, rempli de conséquences funestes pour un inculpé. 

Je savais qu'on ne m'aurait pas permis de l'interrompre, même 
simplement pour lui dire qu'on ne donnait jamais de tels verdicts 
en Angleterre ; mais je fu» surpria de voir qu'on lui permit, sans re- 
montrance, de faire de telles remarques contre une chose jugée par 



LA VERITE CONCERNANT L'AFFAIRE HEBERT 131 



deux tribi : français, en présence d'un troisième tribunal français; 
mais ne co — laissait-il pas la signification d'un non-lieu en ma faveur, 
ordonné par le Parquet de Versailles, et du jugement de la Cour d'Ap- 
pel de Paris, me recevant "partie civile", et ppésumait-il qu'il était 
lui-même un tribunal complet d'Appel final, chargé de donner son 
opinion adverse sur ces deux jugements, à la Cour d'Assises de Melun, 
au lieu de déclarer simplement les faits de sa connaissance, comme 
un témoin ordinaire ! 

Cependant, on ne fit aucune objection à ses remarques. 

Alors il affirma de nouveau ce qu'il avait dit dans son témoi- 
gnage de Versailles. 

Quand il eut fini, comme j'avais appris dani l'intervalle que 
les administrateurs de justice et le public français exigent de telles 
démonstrations comme un rine qua non de véracité et de sincérité, 
je me levai vivement et, m'adreasant au Tribunal et au Jurj, je leur 
dia: "C'est un mensonge que cet homme-là vous dit. 

L'auditoire se dressa sur la pointe des pieds, pour bien saisir ce 
qu'il allait répondre. Le Tribunal et le Jury se tinrent en silence, 
en anxiété évidente d'entendre ce qu'il avait à dire. 

11 hésita encore. 

Enfin, avec un haussement d'épaules, il marmotta: "Ça ne me 
touche pas." 

Evidemment, il se sentait au-dessus de la position embarrassante 
ou bien feignait de l'être. 

L« conseil pour la défense vint à son secours en s'adressant à 
moi comme suit: "Vous n'avez pas toujours dit la vérité. Vous 
vous êtes contredit bien des fois, comme on peut le prouver par le 
témoignage d'autres témoins et par les minutes du dossier. 

Je lui répondis que mon t<êmoignage ne s'accordait pas avec celui 
de ceux qui ne disaient pas la vérité, mais que je le défiai» de pro- 
duire un exemple où je me sois contredit, ou bien oii mon témoignage 
n'avait pas été «n accord avec n'importe quelle preuve documentaire 
produite. 

— Dans tout le témoignage que j'ai rendu dans cette affaire, 
j'ai toujours dit la vérité. Ceux qui disent autrement m'ont, ou mal 
compris, ou ont dénaturé le sens de mes paroles. On ne sait pa« tou- 
jours quand on nous dit la vérité. 

En somme, la femme Pesnel fut condamnée à huit années de 
travaux forcés, pour aa complicité dans l'attentat sur ma personne. 



132 



UN SCANDALE FRANÇAIS 



Me Crémieui a, tout le temps, défendu sa cliente avec beaucoup 
d'habileté, malgré le grand désavantage oii il se trouvait. Il com- 
battit pour elle avec résolution, et il n'y a pas de doute qu'une des plus 
grandes difficultés qu'il eut à surmonter, fut les entraves qu'elle 
mit elle-même à son plan de défense. 

1*8 lettres qu'elle m'avait écrites pendant qu'elle était en prison, 
et que je produisis & l'audience des Assises, firent échouer le plan 
de défense qu'il avait préparé. 

Considérant le résultat de l'affaire, on pourrait dire, au point 
de vue de l'intérêt de Pesnel, qu'il fit une erreur en combattant mon 
admission comme partie civile à Versailles; car le résultat de l'af- 
faire d'escroquerie lui porta préjudice à Melun; mais il se reposait, 
non sans un assez bon espoir de succès, sur le manque de preuves pro- 
bable, à cause de la répugnance, de la part des plaignants, à rendre 
témoignage dans une affaire semblable ; car, si elle avait été acquittée 
i Versailles, cela lui aurait valu beaucoup à Melun. 

L'annonce suivante parut dans le Dat/y Chronicle du 28 octo- 
bre 1908: 

Condamné à Mûri, — Paris, mardi soir. 

Cesbron, alias Gnérin, le complice de Mme "Cent-Kilos", a été 
mis en accusation hier aux assises de la Seine-et-Marne, pour ten- 
tative d'assassinat sur la personne du docteur Hébert, médecin an- 
glais. 

Cesbron attaqua le docteur dans une villa solitaire à Bois-le-Roi, 
et le blessa avec nn revolver. Il s'échappa, et n'a jamais été arrêté. 
I« Tribnnal procéda i la charge en son absence, le trouva coupable, 
et le condamna i mort par eontamace. 



LA VERITE CONCERNANT L'AFFAIRE UEBEKT i:n 



CHAPITKE XII. 

A Londres. 

Les annonces diffamatoires. 

A l'époque où le faux rapport ijuc j'avaii été renvoyé au Vribu^l 
correcttounel fu, publié dans les Journau, anglais, Jl6 et n ni! 
I.W., je consulta, mes -'solicitor,", qui «rivircnt aux rédacteurs^ 
e. journaux pour les inforn.er que le rapport n'était pas mî eHour 
eur demander de publier la lettre qui le niait. L'n ou^deux turna", 
la puW.èrent, les autres n'j- firent pas attention. ■" 

Apres la publication de Tordonnance de non-lieu qui me fut 
«ordee a \ ersa.Ues le 1er juin, je priai mes "solieitora" d'institué 
*>- l.oursuites contre les journaux en question pour diffârâat o" 
ramme le seul moyen de r^tatlir ma réputation "'""'nation, 

f„. ;Llf '''f ""^ V ™"-"'"^^- «nsultations et diseussions, l'affaire 
fut finalement réglée avant l'audience. I^s journaux en question 
consentirent à me payer la somme de £1,000 sterling, (25 000 ta? 

X de Médecine, notamment le Général Practitioner du 8 f^rier 
, ;• on '^"" ""'' "'■"'<"• -^^ 5 février 1908, le HosmZ 

':J:iles '• '''■' '"'''"'"' """ """""- '' - régleme'ntll" 

UDaUg Chronicle du 29 janvier 1908 est peut4tre le seul jour- 
nal quotidien qui la publia comme suit ■ '-""<' ^"^ J»""- 

"iour'n'^ ^"^T- "^'"" / '"'"'-^ ^'' mr^r-ite, contre plusieurs 
journaux anglais pour diffamations publiées contre lui au sui^ 
June accusation à Versailles contre la femme Pesn ali^ cësbro^ 
Ce, poursuites ont été finalement réglées avant l'audierce „r ?e 

J.a.ement an Dr. Hébert de la somme de £1,000 sterling 2-do.n 

.i.inmgif. d une forme convenue." 



m 



13* J/iV aCANDALE FBANÇAIH 

Âpres ce règlement, je trouvai beaucoup d'autres publications 
diffamatoires qui dataient de l'époque où j'étais en traitement ^ l'hô- 
pital Lariboisière, et même de plus sérieuscii que celles qui venaient 
d'être réglées. J'instituai de nouvelles poursuites contre d'autre» 
journaux qui n'avaient pas pris part aux diffamations du 16 et du 17 
mai. 

Celles-ci furent aussi réglées avant l'audience, en me payant la 
somme de £150, ainsi que les frais, comme dommages et intérêts, et 
en publiant des excuses. 

Suivent quelques-unes de ces excuses : 

__ "Un paragraphe parut dans nos colonnes les 16 et U mal dernier, 

_ provenant de 1' "Exchange Tclegraph Co", dans lequel il était annoncé 
qu en relation avec une accusation à Versailles, contre une temme nom- 
mée Justine Cesbron (allas Pesnel). le Juge d'Instruction avait trouvé 
qu 11 y avait lieu d'agir coniro le docteur Hébert, pour imputation d'es- 
oioquerie, et q"_ le docteur était renvoyé au Tribunal Correctionnel de 
Versailles, avec Justine Pesnel. 

"Comme l'information émanait d'une agence de nouvelles bien connue 
et responsable, nous n'avions aucune raison de douter de la bonne fol et 

_ de 1 exactitude de cette annonce qui, cependant, était absolument con- 
traire aux faits. En effet, le 1er Juin, le docteur bénéficia d'un non-iinu, 

..j .'*°"' attention ayant été atllrée sur ces faits par les "sollcitors" 
au docteur Hébert, nous désirons exprimer notre regret d'avoir, à noire 
Insu, donné publicité a une annonce concernant le docteur Hébert an- 

_ nonce qui n'était fondée sur aucun fait, et lui présenter nos excuses pour 
ia peine et le tort que nous pourrions lui avoir causés." 



"23/5/8. 

... ,."U.n paragraphe parut dans nos colonnes du 23 novembre 1906 Inli- 

..n ■ ', =".""1 "' '' "Escroquerie au mariage". Suites de l'assassinat de 
Bois-ie-Roi. dans lequel nous annoncions que le docteur Hébert ciait 
un des membres de l'agence d'escroquerie au mariage Cesbron-Hi'bcrl, 

_ que deux du fameux trio étalent à présent entre les mains de la Justice, 
et qu il avait écrit un livret, "Le manuel complet du nancé", et annon- 
çant que tous les Irois se querellèrent au sujet du partage des oronii, 
et qu on tenta, en conséquence, de l'assassiner. 

"Nous avons reçu l'information que les diverses allégations conire 
le docteur Hébert sont tout à fait contraires aux faits et que les a-cii- 
sations portées contre lui par la Sûreté furent déboutées, et notre' alten- 
non ayant été appelée sur ce sujet par le "sollcitor" du docteur HébnrI. 

..î""',,*; °"* exprimer notre grand regret d'avoir donné publicité a 
des allégations concernant le docteur Il.'bcn, qui, nous nous en soramps 
assurés, n ont absojumenl aucun bien-fondé, et lui présenter nos excuses 
pour toute la peine ou tout le tort qu'elles pourraient lui avoir causOs.' 

"UNE CORRECTION 

,.j ''U"..P«''agraphe parut dans nos colonnes du 28 novembre 1906 cilé 
du Petit Temps de Paris, dans lequel nous annoncions qu'en rapport 
avec iine accusation à Versailles contre une femme nommée Justine Pes- 
nci alias nuérin ou Cesbron. l'un des plaignants, un Anglais, M W..., 
avait déclaré, dans une lettre au Juge d'Initruction que, étant entré en 



LA VERITE CONCERNANT L'AFFAIRE HEBERT 135 

"posée et, ensuite, disparut u déDen.» .l ïï° '"f""' ""' '"' '"' Pro- 
jet, nnalement, «■adressa V l'a pollM ' '"«'"' '" ''"''"'■ P"-"- ^'1». 

■en queX„",''re1!a',i°/K';i.'?essu'l'J°,°'"'i'' "«-"™»n" «nslai. 
■traire aux faits eu ci nu coScemp |! 'V'=°,""""f,<= "■»' iiKsolumenl 5on- 

"Qu'il n'est jamais entrée n aïcu.^ .■nmmn '' '^<^ '" '"»« J^inslrucllon; 

ben; qu'il n'avait Jamais en'ëndSnirlei 2 ?""' "™ " ''"<^'""' "<- 

dans les Journaux .pris lïffa°red?BoL le i"' ",""' "" ™"" »"» "''"' 

"docteur Iiebert ne Douvalf nvnir .?. »<"S-le-noi. et, par conséquent, le 

"l'argent que M. ■J^ood aval, Sépensè ""''' '"'°' "" """""««l"!'!* de 

"donné p„'„!îlT? ^TSZXZ 'o""L"'^'\'''T''' »»»» '» »-„ir, 
"n'avalent aucun fiou-fond" en Zt/ïï mh ", '«.''"'■le"' ll.<bert, „u 
".oute peine ou tout .ort"q'„'e^n"ou't"p^ourrirs î;;'ri7crulel^?"'" '''" 

"et ïï'rvif.Sbîf s'>?rnr"d'e'':;"o?rr' "°'"°"" "- "''"°'«. " 

"nous avons annoncé qu'àla «ûited'^Sl.,^''",''"'"'!''"'' """» '"1"«1' 
"une femme nommée Jusltal pisnel ,.ii.. r*'/'?"' ' Versailles, contre 
"d'autres allégations au rjetdeT"É»érô''S'''''''" o" C"6ron), parmi 
"reté de Versailles recevait nombre de îeftrîï ^ "^ '"' """'"'«<'." «"e la Sû- 
"dupées par la bande Nous av^SSau,.l^»n"nnî^ Personnes qui avaient été 
;;nove.„bre 1906, sur 'ruiorltédu. 'Petit TeZS'' "T i"",''' ^J'""" "" '« 
■commença par interroger Mme Cesbron „1, «.'-•5^* ï J"»' d-instructlon 
■plaintes déposées par un Angîai, nommé w , "i""'!"' «»ncernanl le» 

"que l'on prétend, de ramnce mâ^r^ZLi^l' ' ;; '"' """"•'■» viclimes, à ce 
■■Juge d'instructioi, qu fut "eT rineniS \', "«?' "'"' "°« '«'"•« »" 
"entré en commun citlon avec Varie r,V fit ' .!' ï^'^' ■""=""■» l"'*"""! 
"d^un arrangement de mar"àge avec uné^ertl'" ^""""'«^Om. en vue 
lui fut proposée et enTulte disparut salis aiTnmu' ","" '°*""'« "»' 
■■ayant dépensé de l'argent à lui «!.h.il. ^j fM' '' retrouver, et que. 
■■police. ^ ' ' '"' ««ni"er des bijoux, il s'adressa il la 

■■-nt"abs"ol„më;? c™t;°f"s'",'ux''?aitl'%„°'l'r'T-' "-''''"'< mentionnée, 
■•berl. M, ■Wood, fAng lais en n èjfôn '= 2/? V^ concerne le docteur Hé- 
"Ic nom du doc eur Hébirt daïlaucMo/ilî ;i^ "" ?' "" J™"" mentionné 
■■n^est Jamais entré ercommu„lMtr„n iJ^. h^,^''*''..?:'""'"'"''"". 1"'" 
■■Jamais entendu parler de luni,o,°2„L„J ?"'''","' '"''"''''■ 1"'" "'«»»!' 
"Journaux après l'affaire de Bols le nT?,' °" " "'i '"" "<"" "'"' '" 
•■H.'bert ne pouvait ."voir aucune 00?; rti ri; "^^ "°,",'',*'"''"'' '« docteur 
•■pensé par M. Wood "^ ""^ "^«Ponsabililé pour l'argent dé- 

■■Judiërâ?r"erdrrersamis'!f„t'"acrr?é Sl'oï.o'" '"'" ,'">'■ '" ""<'^'«» 

"^iri^tm^r^ésiiei^^ir S?T? ----^"^« 

■- n^'^riavorr d"'''aTéga"t?ô", Z"cer3f' ."'"l»"- ''™"'' >""'"-"'^. 
"n'avaient aucun bien-fondé en fSL et hHnLJ" ,"""'"""■ """"'■ <I"' 
".oute la peine ou .ou. 'îe"trî"qif n^mfs' p'o"irK",!,ra"v°ofr Sr,'""""' 

..„ 18/9/08. 

••»ant"dr„^--rerprdaTr.r,rir„s'i„»^^^^^^^^^^^ 






J!« 



fil 



186 



I^A' SCANDALE J'RANÇAIS 



"avec une aeoufiaUoii, k VersalUei, contre une femme nommée Justine 
"Peanel. (alias Ouérln ou Ceabron), et, parmi d'autres afArmatlons au 
"sujet de fraudes matrimoniales pratiquées par ladite Pesnel, celle-ci: 
"Elle est la gérante de la fameuse a^enoe matrimoniale qui agissait comme 
*'interm»'dlalre entre les Jeunes fllI«H anBlalses rirhes et les Jeunes genu 
"français éliirlbles qui croyaient que les mariages mixtes formaient la 
"meilleure sorte d'entente." On dit que l'agence a une branche k Lon- 
"dres et qu'ft la tête de cette branche est supposé être le docteur Hébert, 
"de York Place, dont l'aventure tragique dans une maison solitaire près 
"de Fontainebleau a été la cause de la présente enquête. 

"L'affirmation ci-d**ssus. comme nous en sommes informéa malnte- 
"nant, est absolument contraire aux faits, pour ce qui concerne le docteur 
"Hébert. Nous sommfl.i informés que le 1er Juin 190", les autorités Judi- 
"cialres de Versailles ont rejeté toutes les accusations portées contre lui, 
"et que, le 2 décembre suivant, Il a été admis partie civile, et qu'on lui a 
"accordé des dommages et Intérêts contre la femme Pesnel à la Cour 
•'d'Appel de Paris. 

"Notre attention ayant étt* appelt^e sur ce sujet par le docteur Hébert, 
"nous désirons exprimer notre grand regret d'avoir donné publication, 
"sans le savoir, b des affirmations le concernant, que nous apprenons 
"maintenant n'avoir aucun fondement en faits, et lui présenter nos ei- 
"cuses pour toute la peine ou tout le tort que nous pourrions lui avoir 
■"causés." ^ *\ 

Les principaux journaux qui firent des excuses sont les suivants : 

"Le "Standard'* du 28 janvier 1908, le "Daily ^Vews" du !7 Janvier 
"1908, le "Daily Mlrror" du 10 Janvier 1908, le "Daily Mail du 29 Janvier 
"1908, le "Bvcning News" du 28 Janvier 1908, le "PaU Mail Gazette" du 2H 
"janvier 1908, le "Evenine Standard and St. James' nazette" du 28 Janvier 
"1908, le "Daily Express" du 28 janvier 1908, la "Westminster Gazette" 
"du 29 Janvier 1908, le "Manchester Courier" du 9 Janvier 1908, le 
"Glasgow Evening Times" du 9 Janvier 1908, le "Liverpool Echo" du 9 
"Janvier 1908, le "Liverpool Daily Post and Mercury" du 9 Janvier 1908, 
"le "Yorkshire Post" du 27 Janvier 1908, le "Yorkshire Evening Post" du 
"27 Janvier 1908. le "Daily Graphie" du 29 août 1908, le "Daily News" 
"du 31 août 1908, le "PaU Mail Gazette" du 18 septembre 1908, le 
"Moming Leader" des 23 et 25 mai 1908, le "Star" des 23 et 25 mai 
"1908, le "Weekiy Dispatch," et d'autres." 

lî y eut beaucoup de discussion pour s'entendre sur la forme d'ei- 
cuse à publier. Plusieurs journaux a^opposaient à répéter les passa- 
ges diffamatoires, à cause que ce serait, disaient-ils, renouveler loà 
diffamations. 

J'insistai à ce que les passages fussent répétés, suivis d'une affir- 
mation qu'ils étaient faux et d'une excuse avec une expression de rt>- 
gret. 

Qui est à blâmer, leur demandai-je, pour la publication de ce- 
mensonges scandaleux ? Est-ce celui qui en est la victime ou les dif- 
famateurs oux-même.î ? 

Je ne pris aucune mesure pour oihtenir justice des publications 
diffamatoires infimes qui remplirent les colonnes de la presse fran- 
çaise k mon sujet à ce moment-là. car il n*y avait pas d'espoir d'ob- 
tenir la moindre satisfaction, en particulier pour un étranger. 



LA VBRITE CONCERNANT L'AFFAIRE HEBERT 137 

Cependant, il semblerait que, dans un pajs où un accusé est re- 
garde comme coupable juaqu'à ce qu'il ait prouvé «on innecence, 
toute diffamation ou fauue accuaation devrait être punie aroc !a plus 
grande sévérité; mais c'est tout le contraire, en France, et le fait est 
que la loi française à peu de respect pour la réputation, le bon renom, 
1 honnêteté de personne. 



'Vu 



m 



îif I 



TJTlgjl^^ 



138 



UN SCANDALE FRANÇAIS 



OHÂPITRË XIII. 



Remarques êur fadminiatration de la justict en France. 

La plupart de houb ont été 'élevés dans la croyance que lous vi- 
-vonB dans un âge de civilisation qui assure la justice à tout membre 
de la Société, et protège le citoyen qui obéit aux lois contre les empié- 
tements de ceux qui ne connaissent pu de loi; mais, quelquefois, 
nous trouvons que certains incidents de notre vie démentent cette no- 
tion complaisante et nous éveillent rudement de la fausseté de cette 
idée. 

Ceux qui connaissent l'histoire de France savent que, dans ce 
pays, beaucoup de pereonnes ont été jugées et condamnées, et ont 
grandement souffert du jugement d'hommes qui, eux-mêmes, eussent 
mérité amplement les peines qu'îL infligeaient à leurs innocentes, 
mais infortunées victimes. 

N'est-ce pas le grand et immortel français Victor Hugo qui, décri- 
vant les procédés de la justice, fréquents en France à une certaine 
époque, disait, dans un livre populaire — "Les Misérables" peut- 
être, — que, lorsqu'on éprouvait des difficultés à trouver des coupa- 
bles, les autorités avaient recours, sans remords, à l'arrestation (!•■■= 
victimes, et les mettaient en accusation. 

En effet, plusieurs administrateurs de la justice, en France, 
semblent penser que, s'ils peuvent seulement déterrer quelque cri- 
minel, ils se considèrent comme parfaitement justifiés de sacrifier un 
certain nombre d'innocents, ayant en vue. même à défaut de cela, 
qu'il vaut mieux condamner un bouc émissaire innocent que de lais^t^r 
un crime impuni. 

La principale raison en est que certaines autorités judiciaires 
se prévalent du sentiment public qu'elles exploitent en leur faveur, a" 
moyen de faux rapports à la presse contre un accusé, qu'elles trouvent 
à leur avantage de condamner, coupable ou non. On a aussi recours 
à un procédé semblable, quand on trouve nécessaire d'acquitter quel- 
qu'un de quelque crime. 

Lorsqu'on tenta récemment d'assassiner le Major Dreyfus, à 



LA VERITE VOXVERNANT lAFFAŒE HEBERT U'J 
i.:.pu.«ante à lutter contre le prtjugé publie " ' '""" 

jamai, dam l'esprit de il Z^HV^Zlt"! """^ """'T ''"' 

rr?:^:lreo;;^rr"rt:;- --"'■; p-^ 
.aiz« :.ir:„u:v::T' 't ■--'-""" j- 

antre» sont J„, ' ^ f ™' '^ regarder comme innocent Le. 

^« .^«rve. dans la prX de r^,„l f ''"'''" ''"'' '" ^''^i^ation. 

veillantes, e'tc,, colfS t InTt '^- ^f -- «-^t^on. mal- 
public, ,ni paie pour J ItZ: , tu t „ tt ,. 1'^''°"/' " 
ce ,ue ces rapports soient digne, de conZ:: 1^::,:^':^^ 

-fe k™.,..i,.., ,. ..,„. „..i.„';tt î". , ;■ •""- 

». ,*.ii"âl?;î ■■"-'• ■ * ~ <•■<"' '■ I. i.»« i™.. 

j . <iue, s 11 «ait jamais accusé d avo r voie ie<i Tmir', ,i v . 

-5s^.::^::r=™Lt,f;,'ts"'■*■''»' 



,40 UX aVAXUALU flt.lH'à"i 

«Eh bion • MoMicur, si un homme «ait accusé d'avoir volé la Tour 
l^Hel nou;«rion. obligé, d« l'arrêt», de le mettre en ^«.c 
ae prend, le t™,. ^'^^ ^^^Z:'^^ ^^^ 

nombre de chercheur, de Tour, Eiffel q- J ''7'\::X^';„ 1". 
,lroit où Mangin Bocquot s'évortua.t à m envoyer. lor«iu U pria un 
niste de venir m'examiner. 



""■" '" TENNVSON. 

U Franc* e,t à ™urt d-hun.,ne. con.ixtent,. I*, minUtères 

^Trls poste, élevés, et les promotions ne s. font pas selon la compe- 
'™\^i:îr'::m,.tents et honnêtes de l'Adm^.t.t™ ,ont .; 
trr,,, netit nombre, trop on minorité pour s opposer aux al^us, et u 
on ob iésTo a re des concussions de toute, sorte, au plus gran.l 
nombt des incompétent, e, des malhonnêtes. Plu, d'un , >s 1 Ad- 
■ninistration. a fait l'expérience dètre traduit do^nte, un.u^^ 
Ufemme Pesnel elle-même a été dans le service d espio ';-«". ;^';° 
Xêl"à la clémence du Tribunal, en considération .e, .ervices 

^%-^'^Zl^XÎZ ^o?f de . plu, hau. et U 

^, ^. irs -x^t';:^:^"^^:™'^ ïr ;:; 

titutions religieuses par Duez et autres. 

^'^"VtT ,Ul>evant de telle, constatations je me demanJe 
"si vér taWement il n'y a pas quelque chose de gangrené dans notre 
4r^nitton Tudiciaire. (vif, applaudissements sur un très grand 
"nombre de bancs.) 

"m ^artti;i''.°.'."et s'il n'est pas nécessaire, indispensable, i.r- 
"geni'd'y porter le fer rouge énergiquement. (Interruption, à droit.. 

"'''''ÏÏÏS^-WM a-t-il fallu que Due. ait volé 10 millinn. 






LÀ VBRITB COSCBRNANT LAFtAlRE IIEBSKT Hl 

"pour qu'on s'en aperçût? Le» niiniêtres ont une lounle respop-a'ui- 
"ïit« dam cette «(faire." 

Ce n'est pa» tous lea jours que ien fonctionnaire) de l'Ktat ont 
la chance de mettre la main sur des sommes MnihlaUes, biin que plu- 
sieurs d'entre eux en «oient à la recherche; mais les détournements 
de montants plus modestes sont assez souvent nii^ au jour pour duj- 
net use idée de ce qui se passe continucllemiot. U' Daily Chrun'uli 
du 30 d'août 1910, rapporte le cas aulTant: 

Enortnf» Frauda de Douant. 

Du foticlionnaire» malhonnêlu volinl 9,000,000 d« francs 
(i /a filU de Paris. 

Une série de fraudes qui coûtèrent 5,000,000 de francs à la ville 
de Paria vient d'être mise au jour. 

Ces fraudes ont été commises relativement à la collection des 
droits d'octroi. On rapporte que douze emploies sont compromis 
dans l'affaire et quatre d'entre eux ont 'Ité destitués de leur emploi 
en attendant le procès, 

A l'instruction an sujet de trois des aocnsés, atg'ourd'hui, ils 
avouèrent leur culpabilité en admettant qu'ils avaient accepté des pré- 
sents depuis des années. 

Le même journal du SG Novembre ISIO rapporte ce qui suit : 

Huit ans de prison pour un magistrat 

Paris, Vendredi. 
"(De noire correspondant). Paris, dimanche soir. 

Un magistrat du département de la Yonne a été condamné à huit 
ans de prison i Auterre pour avoir volé des obligations de Taleur 
pendant qu'il faisait des recherches dans une maison, dans le cours 
de ses fonctions d'administration. 

Naturellement, certains juges peuvent être très sévères envers 
quelques uns de leurs collègues qui pèchent contre le onzième com- 
mandement; "Tu ne seras pas clM)uvert dans tes méfaits." 









Le peuple Français, cependant, est la même nation enthousiaste, 
généreuse et brave qu'il était il y a cent ans. 11 a le même idéal esthé- 
tique qu'il avait alors ; mais ses guides ne se portent pas à la hauteur 



na vs uvasoàle fhakçmh 

de «n eipwutiïc. 11 po««« un gr.nd nombre df Du.», de Bochet- 
le, de Humlxrl, d'E»terh»y, de Muigin Bocquet; nu» il »» pu 
de Napoléon pour le «Hier «u. un même étend»rd. Bâiâine lui a 
f.it défaut tomplètement et le plua proche idi«l où il a atteint depuw 
a été un Boulanger. Il n'a pa. de g^nie comme Victor Hugo pour 
le guider dan< <e> réforme», paa de Mirabeau pour entraîner le» mul- 
titude., pu même un Houget de l'Ialc. Pr-« ue tou. lea fonctionnai- 
res «ont pour eux-mème» i la recherche Je i,«ilion. à exploiter pour 

leur profil. 

t'jmj* (.iso.i „( ■ ' ■ mithodc anjiltue. 

Beaucoup de Fn-i(tii eui-inèiÉ.c> aoot au courant de la singuliè- 
re façon d'administrer la justice en France, comme on peut le Toir 
par la citation suivante, que je prend» dan» le /'«(ii Joiirna/. 

'.o Pftit Journal, mardi, 4 septembre 190T. "Deux mamerti H 
(rai.'!'- Im crimintU. A la Franç»ise-A l'Anglaise. 

Ce qui diatinguc en notre temps la justice française, cest sa 
duret.' pour le prévenu et son indulgence pour le condamné. 

Tant qu'il n'est pas certain qu'un homme a commis le délit ou 
le crime dont il est accusé, il ne peut compter sur aucun ménagement 
On le fait "cuisiner" contrairement à la loi par les agenU de police; 
on fait sur sa personne, sur sa vie privée, de» rivélationa diffarnatoi- 
re-. et souvent calomnieuses; quand l'homme, ainsi préalablement 
flétri arrive devant ses juges, jurés ou magistral» de carrière, on 
commence par donner lecture de son ca»ier judiciaire s'il en a un, *■ 
manière à le rendre aussi peu intéressant que possible, afin d affai- 
blir à l'avance se» moyens de défense, de créer contre lui un jréjuge 
défavorable. 

De» que la condamnation est prononcée, la sévérité se chanjjc 
brusquement en mansuétude. Autant on montrait un vUagc hostile 
à l'homme dont la culpabilité était douteuse, autant ou a d'attentions, 
de douceurs, d'égards pour lui quand ea culpabUité prouvée par la 
condamnation, est une vérité légale. Commutations, remise» de peine, 
envoi en liberté provisoire ee succèdent. 

Quand on tient certaines gens, on devrait être trop heureux de 
les garder. Pourtant, on les reliche. Vouleu-vous des exemples .- 
Ils sont innombrables. En voici seulement deux, pris dans les faits 

divers d'hier. 

• • • 

Pierre I-e Gall, le muet sinistre, qui a participé à l'assassinat de 
la pauvre vieille blanchisseuse de Versailles, possède à «on casier ju- 
diciaire vingt-cinq condamnations. En 1906, pour avoir Toulu por- 



LA VBRITK VOUCBRSANT L'AFFAIRE IIEHSRT 143 

ter un coup de coatctu à un gend»rnic, il aviit tttr»p« aii mou il« 
priêon M cinq int d'interdiction do léjour. Il (il li priion, miia 
l'interdiction de aijour (ut e((Kée par la Cour d'Appel. 

Si cette peine aoceawire avait Hk nuintcnue, la blanchi«eu« 
livrait probablement encore, car Le Oall, éloifjné de Veriaillcj, qui 
était aon champ ordinaire d'opératinna, n'aurait paa pu y aauoiner. 
C'est ailleura, pen»ei-»oua, Il où il u :rait (iié la riiaidence, qu'il aérait 
détenu meurtrier. Paa iûr, car lur un terrain nouieau pour lui, il 
aurait été moina i l'aije, et en tout eu, ailleurs qu'à VeraaiUea, il 
n'aurait pas rencontré Hardy, l'inatigateur du crime, celui qui rétéla 
à ses deux complices l'exiatence de la blanchisacnae et leur donna l'i- 
dée de s'emparer du magot de cette (emme économe. 

Ij'indulgence dont bénédcia Le Oall, vingt-quatre (oia récidi- 
liite. est donc une des ctuie* certaines, quoique lointaine, du crime 
de Venaillea. 

Tout aussi riche en enieignementa sur l'utilité, sur lea dangers 
d'être bon enrers certains maKaiteurs, eat le caa du souteneur Hulier. 
Pris en (lagrant délit de vagabondage spécial, il est reconnu comme 
un ancien condamné i mort d'un conseil de guerre. Sa condamnation 
Burait été commuée en vingt ans de travaux (orcéa. 

Si on l'avait gardé jusqu'à la (in de sa peine, c'est seulement en 
1916 qu'il aurait été rendu à la circulation. Mais six «ni s'étaient à 
peine écoulés qu'on avait voulu lui permettre, selon la (ormule niaise 
des humanitaires, "de se relever par le travail, de se construire un 
(ojer, de goûter les joie» pures de la (amille." 

Hulier avait rempli à sa (açon ce beau programme. Il s'était 
fsit souteneur; c'est sur les boulevards extérieurs qu'il était venu 
(aire bouillir sa marmite. 

La clémence judicieusement employée en sa (aveur avait simple- 
ment lâché 14 ans trop tôt, dans les (aubourgs de Paris, un drôle 
msKaisant et répugnant qui aurait pu continuer d'occuper avec tant 
de distinction sa place au bagne. 

Mais il (aut être bon, n'est-ce pas ? Ce n'est pas pour rien que 
nou.s avons remplacé nos ■ ieilles idées sur le crime et le châtiment, 
par une philosophie généreusement humanitaire. Cette philosophie 
n'admet pas la répression. Elle remplace la sévérité d'autre(oi« par 
des prêches de morale. Prêcher la morale à des assassins, à des sou- 
teneurs, et compter qu'ils s'amenderont î 1 Oh ! la bonne béte de 
fooiété que nous sommes devenus ! 

Les Anglais, chez qui tout n'est paa enviable certes, ont au, heu- 
reusement pour eux, se préserver des niaiaeries philosophiques qui 
en France énervent la jaatice. 



144 



UN SCANDALE FBANÇAI8 



Leur pratique judiciaire est le contraire de U nfitre. 

Ils traitent véritablement l'accusé comme a'il était innocent, lia 
le respectent. Leurs magistrats ne cherchent pas à le démoraliser» 
ni à le déconsidérer avant l'audienn; de jugement. Le président, 
préalablement à tout mterrogatoire, avertit Tinculpé que son intérêt 
est peut-être de ne rien dire, car tout ce qu'il dirait pourrait être w- 
toumé contre lui. 

On ne communique aux jurée, ni casier judiciaire, ni notes de 
police. Ce n'est pas un homme qu'on demande de juger, c'est sur 
l'acte que cet homme est accusé d'avoir commis qu'ils ont seule- 
ment & se prononcer. 

Dans le procès déjà ancien d'Oscar Wilde, l'avocat de l'accusa- 
tion voulait lire une page d'un livre de Wilde, où les taiis dont «t 
homme avait à répondre étaient décrits avec complaisance. 

"Arrêtez-vous, dit le Président, vous devez prouver que l'aocusé 
a fait tellee choses dans des conditions déterminées; vous n'avez pas 
le droit de chercher i influencer le jury en faisant connaitre les «en- 
timents antérieurement exprimés par l'accusé dana des oeuvres de 
fiction littéraire. " 

Une autre fois, un médecin était placé sous le coup d'une accu- 
sation d'avortement. Le jury te déclara coupable. Alors le Président 
de dire, avant de prononcer la sentence : "Il j a un fait que je devais 
laisser ignorer an jury, afin de ne pas diminuer sa liberté d'eaprit, 
c'eat que pour U£ crime pareil à celui qui voua a amené ici aujour- 
d'hui, voua avez déj& subi une condamnation ; voua êtes donc un réci- 
diviste indigne d'indulgence. C'est pourquoi je vais vous appliquer 
ie maximum. 

Quelle différence entre ces procédés et ceux des magistrats fran- 
çais I 

A Paris, on aurait lu toutes les oeuvres d'Oscar Wilde i l'au- 
dience pour prouver qu'il était capable de commettre l'acte à lui 
reproché; et le médecin avorteur se serait entendu dire au commen- 
cement de l'audience ; "C'est la seconde fois que vous comparaissez 
devant la justice pour le même crime." Les jurés auraient été im- 
médiatement impressionnés par cette divulgation ; d'oii un préjndire 
porté i l'accusé. 



Lea Anglais, qui apportent tant de scrupules dans leurs procédu- 
res criminelles, sont d'une rigueur presque impitoyable pour le con- 
damné. I« prison n'est pas un lieu de repos. On y travaille; on y 
souffre même. Oscar Wilde, déjk nommé, racontait que, pendant u 
détention, lui et ses co-dé*cnus actionnaient avec leurs pieds, comme 



LÀ VERITE CONCERNANT L'AFFAIRE HEBERT 145 

des écureuils, une roue gigantesque dana l'intérieur de laquelle ils 
étaient enfermés plusieurs heures par jour. 

C'est une des formes du "hard labour", un exercice qui ne donne 
pas l'envie de retourner en prison. Presque jamais, dans cette An- 
gleterre qui ne se paie pas de sentimentalité, le condamné n'est gra- 
cié. Une fois prie, le malfaiteur n'est plus rendu à l'air libre qu'a- 
près le paiement intégral de sa dette. 

Cette sévérité fait la sécurité de la pociétî' anglaise. 

Dans les viIlo« les plus grandes, dans celles où sont entassés les 
pires éléments de criminalité, on ne connaît pas les bandits profes- 
(^ionnels qui infestent les rues de Paris. I^mdn-s a dus assassins, des 
voleurs, des sadiques sanguinaires comme Jack l'Eventreur, des cam- 
brioleurs, doB pick-pockets, des faussaires. Ijondrcs n'a pas d'apaches. 
On n'y attaque pas les gens dans les rues. 

C'est que l'Angleterre a le bonheur de n'avoir pas installé la 
philosophie dans son gouvernement. Elle en est restée à cette idée 
que j*ai presque honte d'expvimer. car elle caractérise les esprits infé- 
rieurs, que les Soleillands ii,:ritent d'être pendus. 

En France, où noua sommes plus "avnncés", nous leur faisons 
SOO francs de rentes — c'est ce que coû: annuellement un forçat. 
Entre la manière anglaise et la manière française de traiter les maJ- 
faiteurs, choisissez. 

(Signé) SAINT-SIMOXIX." 

Le contraste frappant ci-dessus entre l'administration de la jus- 
tice française et anglaise, écrit par un Français, n'est nullement une 
exagération. 

La méthode française a gardé la brutalité sauvage de l'ancienne 
inquisition, tant soit peu modernisée. Elle consiste à malmener, à 
menacer et i\ insulter un accusé, et à employer toutes sortes de con- 
traintea morales, conjointement à une détention prolongée pour le 
forcer à confesser le crime dont on l'accuse et, à cet effet on emploie 
toutes sortes de manoeuvres honteuses, que l'on considérerait comme 
fies plus iniques, dans un Tribunal anglais. 

TiCs juges d'instruction, au moins quelques-uns d'entre eux, n'ont 
aiicim scrupule à publier les mensonges les plus odieux pour s'assurer 
le soutien de l'opinion publique, pour 'lout méfait ou bévue qu'ils, pour- 
raient commettre dans l'exercice de leur profession. 

Plusieurs vont jusqu'à empoisonner l'esprit d'une femme, en 
inventant des histoires d'infidélité, pour l'induire à rendre témoigna- 
ge contre son mari accn>^. En effet, dans une Cour de justice en 






h 



II 



146 



UN SCANDALE FRANÇAIS 



Franeu, vous retrouvez souveut le Gaulois barbare dans le fonction- 
naire qui conduit l'enquête. 

En Angleterre, l'homme de la rue même est imbu du senti- 
ment de l'injustice que l'on commet en flétrissant quelqu'un sans lo 
prouver coupable. En Angleterre, lorsque vous êtes amena devant un 
tribunal de justice, vous avez affaire à un juge qui s'efforce de tous 
donner justice en cherchant la vérité par des méthodes honorables. 
Il n'en est pas ainsi en France, où l'on voua dresse des piège» et des 
embûches de toutes sortes, et oii vous êtes supposé dire la vérité à ceux 
qui vous mentent pour extraire la vérité de vous. 

Le principal but semble de vouloir jeter le désespoir dans votre 
esprit et de vous retirer toute espérance d'obtenir justice, l'idée étant 
que, dans un tel état d'esprit, vous serez plus disposé à faire une con- 
fession. 

Un grand juge anglais fit récemment, sur le contraste entre la 
loi française et la loi anglaise, une remarque qui fut publiée dans lo 
Sunday Times du 31 novembre 1909, comme suit : 

La Loi Français et la Loi Anglaise. 

Opinion de M. Justice Orantham sur une cause célèbre. 

'M. Justice Grantham fournit une explication de la "déclaration" 
"de l'huissier, i la Cour Criminelle Centrale, hier matin." 

'L'huissier avait assermenté le jury et, pendant l'eiécution de 
"ce devoir, il déclara que les prisonniers étaient maintenant de- 
"vant eux "pour leur délivrance." 

"Le juge, s'adressant au jury, dit qu'il ne supposait pas qu'ils 
l^avaient fait attention à ces mots ou saisi leur signification. Une 
l^cause célèbre de France — il désirait ne pas mentionner les noms 
"— était un exemple ie la jurisprudence française, sous les lois cri- 
"minelles françaises, dont le but semblait être de condamner les pri- 
"sonniers. 

"Ceux-ci étaient interrogés contrairement par le juge, avec l'in- 
"tention, pratiquement, de les faire se condamner de leur propre 
ITwuche. Si les jurés faisaient attention à la déclaration qui venait 
"d'être faite, les prisonniers ici sont devant eux "pour leur éélivran- 
"ce." 

"C'était le principe de notre système de loi. Vous voyez qu'il est 
"absolument différent. J'aime ce principe, continua le juge, parce 
"qu'il constitue l'essence de notre loi anglaise. 

"Le prisonnier n'est paa 14 pour être condamné par tous, nuis 



LA VERITE CONCERNAyr L'AFFAIRE HEBERT 147 

"jX est là pour sa délivrance par vous, ai vous vo.vez la possibilité de 
Je faire. Et voilà le principe que les jusos ont en vuren mettant 
ces causes en jugement, à moins que tout ne soit évident : les délivrer. 
Ui principe est différent, comme vous voyez." 

"lie jury remercia le juge pour son intéressante explication." 
I* lecteur peut imaginer l'armée de vains et obstinés ergoteurs 
qui doit résulter, dans l'administration française, d'un tel système 
qui consiste à inventer des ambiguïtés et des équivoques iwur préten- 
dre a la culpabilité d'un accusé, de par ses propres paroles. 

Trailement indulgent des criminels. 

Cette partie de leur administration de la justice, qu'ils considè- 
rent comme la plus grande caractéristique de progrès, et que Saint 
ï^.monm appelle "philosophie", introduite dans leur système, est le 
soin rt la sollicitude qu'ils manifestent envers leurs criminels 

tembre vm^"'' '" "" '"'"'^^ ''"''"' ''"" ^" '''"""^ ''" -"- «"P" 

A la Guyane, comme à Ja Nouvelle, l'Administration iiéniten- 
tiaire berce les forçaU d'une douce sollicitude. Et elle se montre 
pour eu.x maternelle, au point de sacrifier délibérément les fonction- 
naires qui n apprécient pas de façon suffisante la beauté du système 
lie la regénération et du relèvement moral. 

Là encore, les forçats propriétaires coulent des jou- heureux 
loin des bruits du monde et des vanités humaines. Et, quand ils dai- 
gnent travailler. Us travaillent paisiblement à amasser des sous pour 
leur, vieux jours. A peine si, de temps à autre, on aperçoit, par- 
courant les concessions, l'uniforme d'un surveillant. L'administra- 
t.on tient la main à ce que les bergers idylliques de eeti» Areadie des 
criminels soient trouhlée le moins possible dans la jouissance de leurs 
biens légitimes Et lorsque, par hasard, un gâte-fête sévit contre un 
des haoïtants de ce pays d'âge d'or, l'administration le rappelle aussi- 
tôt à plus d'indulgente mansuétude. 

C'est ainsi que, tout récemment, elle rabroua d'importance un 
surveillant qui avait osé renvoyer devant la commission disciplinaire 
chargée de faire respecter les règlements, un propriétaire du bagne 
qui, sans permission ^i motif, s'était clandestinement absenté pendant 
irois jours de sa concession, qu'il n'a pas le droit de quitter. 

Tout dernièrement encore, un surveillant infligea, pour insultes 
une pumtion à un Arabe condamné aux travaux forcés pour assassil 
Mt — et devenu, là-bas, un notable agriculteur. Le fils du désert 
protesta. Et, en haut lieu, on leva la punition 



i i 


1 

11 


1 

i 

Ci 



118 



UN SCANDALE FRA.XÇAJS 



A.nsi, non-seulement le pain et le couvert sont assurés aux cri- 
minels, mais encore on s'ingénie, aussi bien à la Nouvelle qu'en 
Guyane, à leur faire l'existence douce et exempte de soucis. Parfois 
mc;ne, on les transforme en fonctionnaires. 

En fonctionnaires ?... Parfaitemi nt !... II faut savoir obéir 
passivement. Or, la souplesse d'échiné est surtout la caractéristique 
des malfaiteurs profeesionels. Les autres — ceux qui ont tué parce 
qu'il y a eu, dans leur vie, une minute rouge, — ne se plient pas aussi 
facilement que les chevaux de retour, qui ont passé déjà par la prison 
et la maison centrale, aux exigences des règlements. Et on les envoie 
travailler aux mines, ou on les relègue à l'Ile du Diable avec les 
"incorrigibles". Pour ceu.x-là, le bcgrw est vraiment un enfer... 
Ce n'est que pour le malfaiteur de profession qu'il devient un paradis. 
L'illogisme du système de la transportation est donc doublement im- 
moral. 

Et puis, quelle singulière théorie applique l'administration! — 
Elle semble poser en principe que les véritablis aptitudes d'un cri- 
minel sont dévoilées par la nature même de son crime. Et elle part 
de cette donnée pour lui conrier des fonctions en rapport avec ces 
aptitudes. 

.\insi Manda. Il fut chef d'une bande d'apaches. Il terrorisa 
longtemps les quartiers de la Boquette et de Belleville, en Tvrant, 
avec «es troupes, de véritables batailles rangées à la bande rivale! 
commandée par Ix-ca. Il s'agissait, on s'en souvient, de savoir i qui 
appartiendrait une pierreuse, surnommée Casque d'Or, qui, à l'épo- 
que où elle régnait sur ces malfaiteurs, fit couler autant d'encre que 
de sang. 

L'administration pénitentiaire a découvert que Manda avait des 
aptitudes spéciales pour le commandement, et elle en a fait un porte- 
clefs. Il exerce donc, aux îles du Salut, une autorité égale à celle d'un 
surveillant militaire, et il ne lui manque que de toucher des émolu- 
ments et de porter l'uniforme pour être un budgétivore complet !. . . 

Et Galley ?. . . Cet extraordinaire employé de banque qui avait 
inventé et appliqué le système des détournements par virements de 
comptes, pour payer les fantaisies luxcuses de son existence de Snob 
mégalomane. . . et sa croisière à travers les océans. L'administration 
reconnut ses aptitudes financières, et elle en fit un commis affecté 
au service de la comptabilité !. . . "A chacun son lot", telle est la de- 
vise des dirigeants du bagne. Et Galley donna tonte satisfaction à 
8M chefs hiérarchiques, qui l'en récompensèrent par de l'avancement... 
On l'éleva au poste envié de porte-clefs, tont comme m ancien chef 



LA VERITE CONCERNANT L'AFFAIRE HEBERT 149 



d'apachei 



■ iicme il ( 



i ramener i 



t question d 
pays ! — aiu frais des contribuables. 
I Hubac, ce jeune fils de famiUe, qui, avec la complicité de la fem- 

: ™ de sa Victune empoisonna, à MarseUle, le commissaire de la ma- 
rne Massot, devait être, fatalement, un chimiste de première force. 

remèdes, a 1 hôpital du pénitencier de Saint-Uurent. Il est donc 

.tour de bras quand on s'adresse à lui pour l'exécution d'une ordon- 

Quant à ïrubert ce croque-note qui, à Alger, assassina et dépeça 

duM. Iti n^" ""^ '"""^ ^^ '""'»'" <*« ^"'S»'' * Saint-Laurent- 
du-Maroni. Quelque temps l'administration fut perplexe. Puis 

TZZl ZT r"'"r '""'"^'^^ d-ait avoir uni connaissan- 
ce parfaite de lanatom.e humaine, et elle le plaça au service anthro- 
pon^etrique... Et depuis, il photographie e' Lure Tes Lu"^^ 

ZnrT : ^"^' «''^"°'""- -'''*« ^ ^'""i"^' '""' »« besogne 
LZ ;, ■" • ■".T"»»"' f'»»'"^^. ^ «•■!«.«= de la photographie 
récemment acquise à la disposition du public, - et gag^e ainsi quo! 

eXTm T'^T '"""• """ ''""'^ ''"'"^^ <•' S^ conduite^ 
dl économie 11 ne finisse - étant nourri et logé gratuitement - 

lai dit, le taux de l'intérêt en vaut la peine. 

fXrXr ^"T" ^"î"""' "•'"* '''"'' *"'•'■'« éblouissant, do mise 
recherchée et chaussé de superbes bottes. C'est "monsieur" Cau- 

tr-n r -, ''""™/'"«™' '°i'"- E' " ^<""": des ordres aux 
.-urieillants militaires chargés des services de voirie. Or cet élégant 
fonctionnaire n'est autre qu'un condamné en cours de peine 

\o>la comment sont traités, au bagne, les crimiiels. Àus=.i s'ex- 

f Z r T ,'"'''1' ''°"'*°' ^'^"'^ '■'■'«"«*•'<"* jusqu'à s'é- 
ader. Car des forçats prennent la clef des champs. EtTadminis- 
tration maudit alors le bon La Fontaine dont le Vkien et le Loup a 
^ns doute donné à .s« pensionnaires l'idée fausse que micu.x vaut 
la liberté sans bien-etre que le bien-être sans la liberté. 



(A suivre) 



(Signé) 

JACQUES DHUR. 



p.J";t;:isf"^ "'""^ ""' ''* """"^ ""' - -j»' ^-^ '^ 



150 



VX aCAXDÀLB FRANC A] S 
Juge et Conteil êe moquent des tiictimet. 



Va autre usage remarquable, dans ladininistretion française 
de U ji-sticc, c'est le ridicule et la dérision auxquels les victimes, qui 
s adressent à la loi pour obtenir justice, «ont soumises par juge et 
conseil, et la louange et la réclame accordées aux imposteurs et aiu 
criminda pour leur adresse et leur habileté, qu'on recommande au 
jury comme des raisons d'eiercer leur clémence en leur faveur. 

Pour un esprit français ordinaire, ridiculiser quelqu'un est un 
des plus forts et convaincants arguments contre lui, tout absurde 
que ix.ut être le ridicule, ,|uand on le soumet à l'épreuve des canons 
de la logique; mais dans ce eus, la logique ne compte pour rien. 

Kn conséquence. le plus mauvais exemple et la plus grande ins- 
tigation sont propagés, parmi le public, comme venant des autorités 
judiciaires. 

De cette manière, le public est induit à préférer être considéré 
comnic criminel qu'être ridicule. C'est un sentiment très répandu en 
France. Cela empêche beaucoup de victimes et de témoins de s'expo- 
ser a courir la bouline de dérision des juges qui le font, cependant 
avec assez de bonhomie, comme une espèce de sport qui a le grand 
avantage de procurer i ces juges une grande satisfaction personnelle 
sans une dépense très énorme d'énergie mentale. 
_ Une plaisanterie est ordinairement une sorte d'absurdité et 
cest seulement en donnant son assentiment que le débiteur en re- 
connaît l'adsurdité, qui empêche ses auditeurs de le prendre pour un 
fou. (es jugea sages aiment à parsemer leurs paroles et leurs juge- 
ments logiques avec une teinte de cette sorte d'absurdité. 

Us journaux français, cependant, ne sont pas sans faire de 
temps a autre, de sévère» commentaires sur cette sorte d'amusement 
auquel certains juges se laissent aller, et j'en reproduis ici un exem- 
ple publie par le Malin. 

Propos d'un parisien.—U Matin, 3/18/07.-En lisant la '.- 
maine dernière, le compte-rendu du procès de Mme Coussiérat la- 
quelle arrosa de vitriol le jeune marquis dont elle avait à se piaindi,'. 
.W. Ber^hulus, excellent magistrat d'ailleurs, et homme honorabl,-, 
a >iit a 1 accusée, déclarant que, le jour de son arrivée à Paris, le pre- 
mier soin de son ami fut de la conduire au Palais de Glace •" C'était 
un endroit bien glissant pour un début.» (Sourires dans l'auditoire.) 
Ires joli! Mais à quoi servent ces plaisanteries, étant donné 
que la cour d assises n'est pas la succursale du Vaudeville ou du 
PalaiB-Rojal ? 

Du moment que les juges s'habillent en rouge dans l'espoir 



LA VERITE COXCERNANT L'AFFAIRE HEBERT 151 

d'impressionner les massea et de leur donner l'idée d'une majesté sur- 
humaine, i\ê commettent un contre-sens s'ils montent ensuite sur l'es- 
trade et débitent des facéties succeptibles à leurs jeux, de faire rigo- 
ler le publie. Pour jouer les compères de revue, la robe rouge e<t 
inutile. On peut se oontenter du veston et du pantalon à carreaux. — 

(Signé) 

H. HARDUIN. 

L'auteur aurait pu ajouter qu'il ne serait pas plus hors de mise, 
jiour un bouffon du VaudeTille, vêtu de son costume de thatre, de 
prétendre juger des mérites d'une cause sérieuse selon la loi du pays. 

L'article suivant, qui parut dans le Journal du il octobre 1908, 
accentue cette observation : 



1 espoir 



I-a Banqv* Oallet et Cie. 

11 est loisible de constater, chaque fois qu'on assiste, soit en cour 
d'assises, soit en police correctionnelle, aux débats d'un procès dans 
lequel un banquier est accusé d'avoir ruiné ses clients, l'absence i la 
barre, des victimes de l'accusé. Les victimes mettent bien l'action 
publique en mouvement; mais à l'audience, quand il s'agit de venir 
démasquer les manoeuvres délictueuses dont elles ont été victimes, il 
n'y a plus personne. La vérité est que le président reçoit une lettre 
l'avisant que la plainte est retirée. 

Dans le procès des Humbert — de célèbre mémoire — qui fut jug< 
à grand orchestre devant la cour d'assises de la Seine, pas un plai- 
gnant, et ils devaient être innombrables puisqu'il s'agissait d'une cen- 
taine de millions d'escroqueries, n'osa se dresser devant le jury pour 
requérir contre ceux qui l'avaient aoculé à la misère. 

Hier, dans un procès plus modeste, deux banquiers parisiens, 
Gallet et Caro, étaient accusés d'avoir fait un pouf d'une dizaine de 
millions. Six en tout, ont porté leurs doléances au Parquet et, sur 
coa six, une seule — s'est présentée à la barre pour apporter un témoi- 
fniage plutôt sympathique aux auteurs de sa ruine — car les autres 
s'étaient évadées. 

Après un court délibéré, le tribunal a rapporté son jugement, qui 
condamné M. Oallet à vingt mois de prison et 1,000 francs d'amende, 
et M. Caro — celui-ci par défaut — à deux ans de prison et 3,000 
francs d'amende. 

(Signé) 

MARREAUX DELA VIGNE 



153 



t'A" SCANDALE FBANÇAIH 



Bemarquea sur la fabrication de» crimineli. 

Je n'ai aucun doute que, chez un peuple plein d'émotion comme 
les Français, la grande influence exercée «ur eux par la dérision i la- 
quelle on soumet les victimes dans les tribunaux, l'amertume avec la- 
quelle elles la ressentent, le peu de satisfaction qu'elles obtiennent 
pour leurs griefs, le traitement injuste qu'elles reçoivent des auto- 
rité» adininistratives, la louange qu'elles voient conférer aux crimi- 
nels pour leur habileté, le traitement indulgent et attentif adminis- 
tré aux condamnés, ont contribué énormértlent à créer le système des 
Apaches, qui règne eu France. 

Ces Apaches sont composés de repris de justice et d'hommes in- 
nocenta condamnes à tort, quelques-uns d'entre eux étant des hommes 
capables, qui font cause commune contre le système arbitraire de l'ad- 
ministration, qui n'est souvent qu'une parodie de justice indigne de 
ce nom, étant plus apte à transformer d'honnêtes gens en crirainelj 
que le contraire. Ces Apaches forment des bandes organisées de re- 
belles ouvertement dirigées contre l'administration. 



Epouiantail de l'Eipionnage. 



Une autre considération qui entre pour beaucoup dans tous leurs 
calculs d'administration judiciaire est leurs relations avec les autres 
nations. 

Bien que la France ait des protections naturelles, contre ses en- 
nemis possibles, dans la Manche, l'Océan Atlantique, les Pyrénée. 
la Méditerrannée, les Alpes, etc., qui contribuent beaucoup à sauv.-' 
garder le pays, il y a une brèche à la pro„ otion naturelle de leurs fron- 
tières. Ils doutent maintenant que le Jihin leur offre une protection 
suffisante contre les hordes sauvages qui errent au-delà de ce fleuve 
historique, de sorte que, de temps en temps, la tranquilité - ar 
sommeil est troublée par l'alarme de quelque vision de cal. s 
possibles, dont les tribus barbares des paya d'au-delà pourra, it 
être la cause, c :1s voient constamment des spectres d'espions et dV»- 
pionnagc sélever de toutes les figures étrangères qu'il» rencontrent, 
et qui les hantent continuellement. 

Tl n'est pas invraisemblable non pin» que les Allemands regar- 
dent la France menacée de dépopulation comme une colonie idéals 
en perspective pour leur population aurabondante. 



LA VERITE CONCERNANT L'AFFAIRE IIERERT 153 

Vnt fille eat quiljuefoU un garçon en France. 

Non seulement on considère un 8«iu»é comme coupable, en 
France, jusqu'à ce qu'il ait prouvé son innocence devant un tribunal- 
ma.» quelquefois une fille est un gardon jusqu'à ce qu'elle, ou il oâ 
cela, (je me recommande au lecteur pour me tirer de ma difficulté 
grammatK-aJe) pni.»e prouver le contraire par machinerie légale, à 
la satisfaction des autorités, qui ne veulent pas ao laisser convaincre, 
comme on peut le voir par l'exemple suivant rapporté dans le "News 
of the World" du 1er novembre 1908. 



Mil 



,■ ■! 



Oarçon ou fille.— Problème pariaicn, qui retarde le bonheur 
de deux amoureux. 



. ^' y « »"t mois, un jeune parisien demanda la main d'une de- 
moiselle tugénie, et fut accepté. Les parents commencèrent à re- 
cueillir la masse de documenta légaux requis pour les mariages 

"Parmi les premiers documents à obtenir, était l'acte de nais- 
sance de Melle Eugénie, et quand ils l'eurent obtenu, ils s'aperçurent 
qu elle était un "garçon". Elle est inscrite dans les registres comme 
mâle et telle elle demeure légalement et administrativemcnt. 

"lies parents firent remarquer d'abord qu'elle était de facto 
•■évidemment une fille; deu.vièmement que le nom de baptême Eugé- 
nie inscrit dans les registres était féminin, troisièmement que, si 
•elle eût été un garçon, elle aurait déjà été appelré iiour conscription 
'étant d âge. 

"lies autorités ont répondu qu'aucun de ces arguments t'était, 
•légalement, admmistraUvement, valide, et qu'elle continue à être 
'un garçon, de jure. 

"Les parents de Melle Eugénie, qui, afsiircnt-ils, est une fille 
;sont obligés de mettre la machinerie de la loi en mouvement pour 
.■taWir leur prétention. Des rapports administratifs, de la procédure 
^ l't une décision du Tribunal, le tout aux frais des parents, seror.t 
^requis (dit le Telcvraph) avant que la loi reconnaisse Mlle Eugénie 
être du scie féminin, et lui permette de se marier avec celui qu'elle 
aime. 

On peut voir, par cet exemple, dans quel dilemme se placent 
les dieux judiciaires quand ils se voient obligés de refuser le droit 
ae dire la vérité au sujet d'une fausseté qu'une fois ils auraient dé- 
crété être vraie. 



% 



Ff— z=- 



154 UN SCANDAIS FRANÇAIS 

M. OkaquUru, 

Un autre eiemple frapapnt, gui transpira au moment de l'affaire 
Fesnel, sert à peindre la nature éingulière de la justice françaiie (ou 
devrait-on dire injustice ?) qui a pour effet de sacrifier la pratique 
à la théorie. 

11 s'agit d'un marchand de grains dont l'histoire est racontée 
dans le Daily Chronide du 3 décembre 1906, comme suit: 

"Tria mariée. — Cinq maris crédités à Mme Quérin, — Le 
marchand fascirvî. 

{De notre corrccipondant). Paris, dimanche soir. — 

Si jamais la vie et les aventures de Mme Guérin sont publiées 
sous la forme d'un livre, elles feront un volume large et intéressant. 
Elle a eu cinq maris définitivement connus, avec chacun desquels 
elle passa par une forme déterminée de mariage. 

La sûreté s'occupe encore, et s'occupera encore probablement 
quelque temps, à recueillir la biographie de cette femme remarquable. 
Dans rintervallc qui suivit sa fuite de France, lorsque le fonctionne- 
ment du magnifique établissement du Boulevard Saint-tiermain fut 
interrompu, et avant sa descente en Belgique, elle exploita avec suc- 
cès Itomc, Milan, Florence et autres villes d'Italie, où elle ne trouva 
point disette d'héritiers ni de dupes. 

A l'époque présente, les recherches de ta sûreté tendent à trouver 
ce qu'est devenue Miss Smith, et M. Ohesquières, qui disparut ri 
singulièrement. Selon les déclarations du fils de Ghesquières, enn 
père fit insérer une annonce dans un journal de Paris pour trouver une 
femme, et Mme Ouérin y répondit. I^a dame annonça qu'elle était 
veuve et qu'elle avait l'intention d'établir une affaire de préservation 
de lait comme déjà indiqué. Elle affirma qu'elle avait à peu prè> 
'200,000 frs à mettre dans l'affaire, mais qu'étant incertaine de son 
habileté financière, elle désirait avoir le conseil prudent d'un homme 
"comme vous-même',' M. Ohesquières. pour la guider. 

Amouretix ardent. 

Le négociant en grains, sa -vanité flattée, fut une proie facile. 11 
devint éperdAment amoureux de la "veuve", la demanda en mariage, 
et fut agréé. On suggéra, à la suite de plusieurs conférences qu'ils 
te mariassent d'abord: avec l'association matrimoniale, viendrait 
celle des affaires. Cesbron fut introduit dans l'affaire par Madame 



LA VKHITE COXVt'IiyAXr LAfFAIIlK IIEUEHT 155 

comme mo frère, et comme directeur-gérant pro. lem de U «xitt* 
de Uit. 

11 y eut de fréquente» entrevu™ à la niair.m de Madame et on 
y dreiia un proujicctM pour lancer la nouvclk. intripriie. M. Ohei- 
quière», dit le fil», débour»» 7,000 fr» pour coiniiienccr. 

Pendant plusicur» moi», la femme it le niv-oiiant furent ins<:-pa- 
rable». AuKiitot après le» fiançailles, ,1 w rnulit à la Bourse du 
l'ommeroe, pour annoncer la joyeuse nouvelle à ses asmcié». Il invi- 
ta huit ou neuf de se» amis Si dîner, à un café, i>our célébrer l'cK-easion. 
"Je sui. aussi heureux qu'un roi, dit-il. (n'uilant le dessert, je »ui» 
fitraordiuairenicnt heureux. Je vais éjiouser une femme qui est un 
trésor. Klle a une habileté extraordinaire pour les affaires et. à nou» 
deux, je suis sûr que nous ferons fortune aisé'ment." 

Cet homme infatué aurait laissé jusqu'à son dernier sou à cet- 
le femme, si son fils n'avait pas protesté. Tout le jour, U se pâmait 
Je son esprit, de ses charme», de son habileté. 

Le fil», lui, ne pouvait \oir la dame à traver:: les même» verre» 
couleur de rose que son père, et il» curent plusieurs querelles à ce 
sujet. 

Jradame liait assez rusée pour découvrir rhostilito du fil», et 
fliercha, de plusieurs manières, i se le concilier. "Vous êtes joli gar- 
çon," lui dit-elle un jour, en lui touchant la tête affeclueusenwnt, 
avec la liberté d'une future belle-mcre, "et quand vous auri'z Urniiné 
votre service militaire, nous vou» marierons et nous aurons une bellc- 
fille qui est la fille d'un riche meunier de Xormandie, qui vous fera 
"n bon parti." 

Peu après, le jeune Ghcsquières fut appelé au service militaire, 
et quitta Paria pour rejoindre un régiment en province. 

I-e père était resté seul avec la femme qu'il devait bientôt éiwuser. 
ia première chose que le fils apprit de cette affaire fut un télégram- 
me lui annonçant la disparition de son père. Il retourna à Paris 
pt n en put trouver nulle trace. ' 

Noits d'adieu. 

1/! récit des évènemenis qui transpirèrent après le départ du fils 
fut recueilli d'une connaissance d'affaires de la famille, nommée 
lassai. Pour cet homme, l'homme disparu avait «ne estime person- 
nelle intime, et il en fit le confident de ses amours et de ses affaires 
"■ \a?sal était l'un des invités, à la célébration de» fiançaillea entre 
la "veuve" et M. Ghesquières. 

Celui-ci, dit-il, le jour de sa disparition, avait à payer à la ban- 



156 



UX UVAMiiLS FUAAÇAIS 



que do Fr»no! un effet de SO.mK» fr». Il retira l'argeot de «on compte 
pour faire face à cet eaga^iiicnt, et on aavait qu'il avait cet argent 
en s* poiuoaaioD lonqu'il diiparut. Il dit k M. Vaaaal, en quittant 
la Bourie du C'ommercf, qu'il allait k la banque de France pour ac- 
quitter cet effet; maia il ajouta: "Je peniie que je putaerai d'aUird 
rue de Maubeu^e." 

Pour M. N'iuMil, U rue de Maubeuge ne voulait dire qu'une choae : 
une vi«it« i la maiaon de la "veuve" que Oheaquièrca devait épouacr." 
"Je te verrai demain," dit-il jojeuaemenl à «on ami. On ne revit plua 
le négociant. 

Quand on informa la Sûreté de aa diaparition, on mentionna 
ausai cet incident: Mme Ouérin nia que son fiaicé lui ait rendu 
visite ou qu'elle l'ait janiaiâ aperçu pendant ce fameux jour. 

Quand le fila revint à l'aria, il <e rendit chez la dame qui devait 
devenir sa belle-mère, lorsqu'elle répéta cette dernière affirmation 
avec lea larmes aux yeux, en d'eant qui' son père n'était paa \enu la 
voir. "Voyant qu'il portait une si forte somme d'argent sur lui, peut- 
*tre l'aurait-on assassiné", lui dit la fcmnio, dans un gauche effort 
pour le consoler. 

On poursuit l'homme disparu. 

Les obligations de M. Ohesquières ne furent pas acquittéw, «on 
fils était k l'armée, et il n'y avait personne pour vaquer à ses affai- 
res. En résumé, on prit possession do ses biens, et on le déclara ■■n 
banqueroute. Sa maison de commerce et tous ses biens furent veudus 
et réalisèrent la somme de 70,000 frs, ce qui ne suffit pas pour payer 
les cpéanciers. 

Conséquemment. le Ohesquières disparu fut appelé pour expli- 
quer ses affaires. Naturellement, il ne revint pas; mais la loi alla 
plus loin. On le poursuivit, en son absence, pour banqueroute frau- 
duleuse, et, dans le mois de mai, de la présente année, il fut mis en 
accusation, encore en son absence, aux Aaaisea de la Seine, et «jndam- 
né par défaut à la peine maximum de vingt ana de travaux foroéa." 



Il y a quelque chose de pathétique dana l'expcaé ci-desaua de l'his- 
toire du marchand de grains. Le fait que, dans les circonstance» i-n 
question, un tribunal d'hommes aages et sérieux ait pu établir frau<li' 
de la part Ohesquières, surpasse la compréhension d'un esprit anglais 
pratique, et cependant, cet homme a été condamné à vingt ans de 
tfiivàux fortt-3. Le fait est qu'en France, ou peut accuser un homme 



LA VERITE COA'Ci'BAT^AT lAFFAIRË UEBEKÏ 157 

de li'imjwrte quel crimt et l'il m w pré«ntc pai pour prouvn ton 

■ rinoioii.o, on le juge coupibl*. (((««quièna ik te jiriwnU ■.. . 

U femme l'eintl ello-niiiiie, ijour toulw h; e«(rc«|uerie.', ùi ont 
lié lUblie. i u char(^. «t pour ,n comiili.ilé dans ratU'ntat lur m» 
pers„ime, a H'nefieié .le fipc.«utance. alt.-nuaiilM ,1 « élé conJamnré 
t™t en«.rable à huit an. de travaux forew, el, apn- ,vla, ou peut^lre 

l'iuKieurs annwD avant IVipiralion de cette «entei 1 devra U re- 

!wher dans le monde jraur y exernT sa détestable ,uufe«ion d'inipo.- 
ture, pourvu qu'elle n'entre pas en Frane.' pendant .mgl «ns, ,1 toute- 
fou, on ne lui en fait pas gràie entièrement ''..'n li! t. rvall.'. 

JlabUelé dra agenlt de po!ue fr,iii,tit. 

La Kninde rOpuialion des Français innii'ie p„li,.it ,, ,.?• pins d;m- 
Ifurs roman» (|u'en réalifv. I)u,i, «ui-ci, .1» i«qnenr l.>iit arranger 
davancc A l'i^ncre et à la plume, sans fgai,! lour !.■, f.rt, i- U 
rwlité. C'est là, sons doute, l'origine de la i(-Luvn,.m ,,u-,l, cnt 
acquise. 11 

U iircsse française était remplie de l'babileté avi^ laquelle on 
avait fait la battue pour m* traquer avec sueei-s «lans un ei in inconnu 
aiipelé 1 hôpital Ijiriloisière, où je m'étais caché, après 0.1 - donné 
cnirectemcnt mon nom et mon adresse, et tous les détails iiui „ie con- 
ocrnaient, et avoir é«rit au chef de gendarmerie de Fontainebleau, 
Im indiquant 1 adresse où je me trouvais. 

Avec le portrait de Ceabron distribué ù tout le monde par l'in- 
terniMiaire de la presse, ils n'ont jias encore ]« le trouver l'eut- 
etrc attendent-ils qu'il leur envoie son adresse. 

Le jufje d'inMruction. 

I* juge d'instruction est. dans l'administration de la ju«tice en 
fninee, un fonctionnaire qui n'a pas sa contre-partie exacte dans l'ad- 
numslration executive, en .\ngleterre. On le prendrait, à première 
\w, pour un magistrat administrant la justice 4 qui de droit- mais le 
juge d instruction n'a rien à voir avec la justice d'une affaire- sa 
mission est d'établir une conviction. De- cette manière, il représente 
plutôt l'avocat du diable, «on» le nom de juge. 

Pour moi, il représente plutôt le digne individu que nous consi- 
*ron. cotnme l'homme le plus apte à attraper un voleur, et que 
ion considère ordinairement comme devant être un autre voleur 

Cependant, comme il y a des agent, de police honnête», quipen- 
>ent attraper de« voleur, habilement; de mêm., il y a aussi de» juge» 



.!!> 'I 



'■•■ y 






158 



UN aCANUÀLE FHÀNÇÀIS 



d'inâtruction qui sont honnètea, qui disent la vérité, et qui peuvent 
attraper des menteurs par des moyens honnête^, et en disant la vé- 
rité. 

De temps à autre, sans doute, des captures adroites ont Hé fai- 
tes, et des révélations importantes ont été obtenue par des juges 
d'instruction habiles, et, en conséquence de ces rares succès, chaque 
petit-maître fonctionnaire de l'administration aspire à produire quel- 
que grand exploit tel qu'il en a lu dans les livres ou dans les journaux, 
pour afficher son nom aux dCpens de ses inculpé:^. 

lU sont comme les "plongeurs'' à la Bourse, et comme eux, il> 
perdent généralement, mais aux dépens des autres, et ils acquièrent 
leur expérience, comme des généraux incapables, aux dépens des sol- 
dats qu'ils sacrifient. 

On fait aussi un bon nombre de captures adroite^! en deliors d<' 
de l'administration. Par exemple, le meurtre de Monte-Carlo par b'^ 
Goode fut découvert par un commissaires de gare, en transpctant U 
malle contenant le cadavre de la victime. 

I^a juges d'instruction sont promus selon le nombre de condam- 
nations qu'ils obtiennent. Quelle prime d'encouragement placée, par 
l'Etat, sur leur malhonnêteté, pour les induire â se forger une convic- 
tion défavorable de leur inculpés, qu'ils nt coupables ou non. 

Jje juge d'instruction incompétent, ^^oique sans capacité pour 
remplir ses fonctions, peut, cependant, montrer une apparence de com- 
pétence et d'habileté. Beaucoup de réputations acquises par dos juges 
d'instruction pour découvrir les crimes et arracher des confeesions 
sont dues aux coq-à-l'âne inventés contre leurs inculpés, la grande af- 
faire pour eux, et leur but pricipal, étant d'appeler à leur aide la pre:*- 
se et l'approbation publique, et ils savent qu'il n'est rien de tel, pinir 
porter la conviction dans l'esprit du public non prévenu, qu'une io- 
siuuation qui laisse quelqu'un faire les déductions tout seul, et tirer 
lui-même les conclusions résultant de cette insinuation; ce qui lui fait 
penser qu'il a percé lui-même le secret, et il pc sent infailli'blenieril 
certain de l'exactitude de sa déduction, laissant la responsabilité J»-' 
la vérité de cette insinuation à ceux qni y ont dooné cours. 

Une fois que cette impression a été crC-ée dans son esprit, pjirti- 
culièrcment si elle lui procure le plaisir de ridiculiser la victime, 
c'est presque impossible de la déraciner, et le juge d'instruction men- 
teur en bénéficie dans l'appréciation du public. 

Il peut alors se permettre de regarder Bes încnlpés comme des 
tremplins, pour atteindre à la notoriété et à la promotion qu'il con- 
voite, et pour perpétrer, avec l'approbation du public, les plus gran- 
des infamies, en faisant condamner des hommes innocenta, pour ao 



LA VERITK COXCEHXAM L'AFFAIRE HEHEUT 159 

grandir liii-raêniB. tout en étant maintenu i)ar l'Etal, qui le i)aje, dan» 
une situation péinunérative, 

I* juge d'instruction .peut toujours pntfndre ù ia nécessité de 
poureuivre une instruction; bien qu'il puisse paraître rationnel qu'en- 
tre l'abus et la nécessité réelle, entre l'ignorance de rinconipétence et 
les doutes légitimes inséparables d'une enquête, le jjublic, et spéciale- 
ment les victimes, devraient avoir quelque chose à dire. 

Mais, en France, un accusé est considéré comme coupable jusqu'à 
ce qu'il puUse prouver son innocence. Le juge d'instruction n'a ja- 
mais besoin de reconnaître cette innocence clicz ses inculpés. S'il 
peut montrer qu'ils ont commis une erreur, cela n'eût-il même aucun 
rapport avec l'accusation portée contre eux, il peut en faire usage pour 
formuler une théorie démontrant qu'ils ont fait d'autres erreurs. Si 
le juge d'instruction fait une erreur, ça ne compte pas pour lui, et il 
|)eut dire que c'est le résultat de l'imprudence des inculpés; car la 
logique est à la merci du juge d'initruction dans son cabinet. 

Si un inculpé réfute ses arguments, le juge d'instruction peut le 
soupçonner d'être un aliéné dangereux, le faire examiner par un alié- 
niste et le faire déclarer fou. Il peut faire publier cela dans la presse 
et dire que tous ceux qui ont conversé avec lui l'ont aussi trouvé fou, 
méthode des plus propres i le réduire au silence. Les insinuations les 
plus injurieuses peuvent être faites contre lui sans aucune trace de 
vérité, pour lui porter préjudice dans l'esprit du public. 

Un juge d'instruction sans scrupule peut donner à une conjec- 
ture, ou une impression, l'importance d'un fait absolu. 

En effet, les articles, les ruses, les impostures pratiqués par cer- 
tains juges d'instruction semblent aussi incroyables à ceux qui n'ont 
pas encore eu affaire à eux, qu'ils sont puériles et iniques. 

l«s criminels qui ont acquis l'expérience des juges d'instruction, 
ne sont pas longs à apprendre que l'arme du mensonge est aussi bien 
a leur disposition qu'à celle du juge d'instruction, et qu'ils peuvent 
U'garer par des mensonges adroits, et très souvent se faire ac-.|uitter 
■•n mettant sur le dos de quelque bouc émissaire le crime dont ils sont 
tuî-raêmes coupables. 

I-es annales de l'administration française sont remplies de cas 
semblable» ; mais le fonctionnaire artificieux de l'Etat est aussi dé- 
teste des Apaches pour ses tromperies que le plus infâme criminel 
parmi les Apaches est détesté de l'Etat, dans l'administration. Ces 
t:>aux ne font pas inutilement assaut d'affection mutuelle. la 
plupart de ces Apaches ne font aucun secret de leurs intenliona de 
tromper. Ils sont, sous ce rapport, plus honnêtes que les inaes 
<i instruction hypocrites. 



P | f * '"j 3r 



160 



UN SCANDALE FRANÇAIS 



Le carton ci-joint da Daily Mirror du 17/12/08, est une pein- 
ture habile des ruses et des évasions auxquelles certains juges d ins- 
truction ont recours : 



CONFESSEZ OU BIEN 




Il semble y avoir une diffiirencc Importante entre la jnstice anttl^ii»' 
et la justice française. En Angleterre, un accuse est suppose être imi- 
cent jusqu'à ce qu'on le prouve eoupabie. Kn France, on s'ingénie [.;ir 
tout 'S sortes de hravacheries à forcer un inculpe à confesser qu'il i ^: 
cou,)ablc, même s'il est innocent! 



LA VEHITE COMERNAyr L\\t\ MUE HEBERT 161 



'"1 



La théorie de Mars des Amiens. 
(Une comparaison) 

J'egpère ne pas offenser les administrateur? de justice français, 
qui sont très "avancés", en disant que les Anciens possédaient aussi 
un esprit très tlu'orique ou spéculatif. Ils avaient découvert un dieu 
de la guerre, qu'ils appelaient Mars, et la planèto de ce nom fut nom- 
mée ainsi pour sa couleur rougeâtre, dan» laquelle ils virent un rap- 
port avec la couleur du sang répandu à la guerre. 

Lui ayant donné ce nom. eonime le cliien proverl>ial avec un mau- 
vais nom, cette planète dut faire honneur à son devoir, comme son 
titre l'indiquait, et Ton trouva partout ample confirmation de i^es at- 
tributs présupposés; Sous ses auspices, ou })rédi8ait la guerre d'a- 
vance, les enfants né«ï t-oua son influence étaient certains de devenir 
puerriers, et ces signes furent regardés comme infaillibles pendant des 
siècles. 

Un grand nombre de théories des administrateurs de la justice 
française sont aussi peu en rapport avec les faits que cette théorie de 
DOS grands-pères au sujet de Mars. Un grand nombre de règles qu'ils 
5e forment sont aussi illusoires que les augures dos anciens, et ih 
jupcnt d'après ces règles avec la mémo certitude, née du préjugé et 
de la superstition. 

Il s'ensuit que, dans beaucoup de cas, les jugements rendue 
pont aussi arbitraires et injustes que ceux rendus autrefois contre les 
j-r.rcicrs; tandis qu'un grand nomi)re des épreuves appliquées à dé- 
couvrir la vérité sont de la même nature que la méthode ancienne 
consistiint à administrer un poison qui doit ne faire aucun mal si 
l'accusé est innocent, mais le tuer s'il est coupable, et cette méthode 
facile s'applique tous les jours, à la grande r^atisfaction et tranquilité 
ilV-^prit de ceux qui sont chargés d'administrer la loi. \jc tout est 
de trouver quelque parjure, qui puisse être intéressé dans le résultat 
pour quelques francs, ou pour éviter la prison, pour proclamer la 
prétendue confirmation de leur méthode, afin de couvrir leurs er- 
reurs ou leurs bévues. 



i 



rr^ 



162 



l'A' SCANDALE FRANÇAIS 



CHAPITRE XIV. 

Lié Juges jugés. 

Comment ^fut-an •« katmrJtr 4 jvftr Itt 
autm quMnd on ttt ai ^mdtri àt tout a 

nout iu§*r 9 

COMTESSE DiASE 

En jugeant les juges qui m^ont jugé, je n'ai pas l'intention d'iii- 
voquer les lois commodes qu'ils emploient pour juger les autnv, 
quoiqu'elles leur donnent une satisfaction complète. 

S'ils font quelques erreurs, ça n'a paa grande importance pour 
eux; mais tant pis pour les victimes de leurs jugements erronnês. 

Si leurs erreurs ont pour effet de tourner quehju'un en ridiculi' .; 
leurs yeux et de leur procurer un plaisir intense, tant mieux pour eux. 

Pour moi, je les jugerai par les canons de la logique, qui peu: 
être mise à l'épreuve pour tout le monde sans distinction, et qui n'e-; 
pas seulement applicable à une nation, à une communauté, a quelqii' 
période de l'existence, mais à tout !e inonde, en tout temps et en I^ju- 
lieux. Si, alors, leurs lois et leurs règles, pour ce r^ui concerne le mo- 
ment présent, ne sont pas d'accord avec U logique, je réponds, tant 
pis pour eux, et pour leurs lois, et pour leurs règles. 



Léon Mangin Bocqust, Juge d'Instruction . 

O ! toi JmmrJétu J'o0ie» f 
]* trui uf mrmêrmi» mn jotu» tn farfn ardtnut 
Qui Banwnmmtiwttt tmuU moJ^fht 
Sim^hmtênt «w rmicntant U» «ctw. 

SHAKESPEARE. Oth. IV. t 

Le Pall Mail Qaxeite de l'époque nom fournit la description 
suivante de ce digne personnage : 

"M. le juge d'instruction Mangin Bocquet est une pernonno 
"charmante — une espèce de M. Plowden français. — Il a des y.>ux 
"brillants, intelligents, où scintille la finesse ; un front ample, dont 



'JPSUlBBBMn'.'VfefVCliHia411FK'.A^3KaiP^«''l^^ 



LA VERITE CONCEHN.iyT L'AFFAIRE HEBERT 163 

"lea ohoveux se reculent en découvrant unt calvitio prématurée; ses 
"traiti* sont bien formés, ornés d'une petite niMiistach*' et d*unc barbe 
"noire, qu'il porte courte et bien taillée — une figure plaiiuntj, éner- 
"gique. Impoéïaible de ne pas se représenter la joie professionnelle 
"avec laquelle cet astucieux petit lionime (car il n'atteint pas un 
"grand nombre de centimètres), suit les différents détours de cette 
"tortueuse affaire. Il est enchanté de la prisonnière, qui, en effet, 
"est digne d.> toute sa finesse. Comme U mme avec la presar (mes 
■'italiques) après son interrogatoire journalier de Mme Guérin, il nous 
"dit franchement combien la dame est habile." 

Cet essai n'était, naturellement, qu'une esquis^» biographique 
improvisée, qui n'était probablement jamais destinée à contribuer 
à l'histoire, pas même ['"Histoire à la hâte". Elle ne demandait pas 
alors, une exactitude scrupuleusement mathématique; mais l'étiquette 
exigeait qu'elle fût flatteuse. Il n'aurait pas été à désirer non plu.s, 
à ce moment-là, même si le rédacteur l'eût su, du faire la moindre 
allusion aux inexactitudes que la causerie dont il parle contenait 
souvent, et qui pouvaient, conséquemment. induire l'npinion en erreur. 

Il trouva la femme, en effet, très habile, car elle l'enjôlait, l'hyp- 
notisait, le dupait, à son grand contentement. 

C'était elle qui dirigeait tout le cours de cette instruction, et 
il suivait son inspiration. 11 !a vit dans son ca'jinet, il la visita dans 
ia cellule pour marchander avec elle sa mise en liberté, contre la pro- 
iuction de documents promis et suiiposés prouver que j'étais un es- 
l'in, ^ans se rebuter ^'S mensonges n.''i>étés qu'elle lui avait dits, 
et qui. ainsi qu'on l'avait prouvé, étaient bien des mensonges. 

Elle lui proposa, même, de l'accompagner pour aller chercher les 
prétendus documents, pendant qu'on me garderait en otagf.'. La 
raison qu'il donna, en ma présence, pour ne pas y aller, était que 
Cesbron pourrait se trouv " là, le rencontrer et lui tirer un coup de 
revolver pour la délivrer — mais je pense qu'il est probablement un 
îiorume brave, et qu'il sacrifierait peut-être sa vie, dans l'exercice 
lie .«on devoir, pour son pays. 

Mangin Bocquet avait en 1907 à peu prè-> 43 ou 43 ans, maïs 
semblait plus âgé. Il est brun, a les yeux noirs, la figure pincée et 
ratatinée, avec un petit menton féminin. Comme je l'ai dit aupara- 
vam. il est affligé de chorée, et a un teint pâle et blafard. 

Sa principale marotte est l'étude des antiquités, dans laquelle, 
probablement, il excelle. Il doit sa position présente à l'influertce 
^'xeroée par son feu pèn» comme conducteur en chef à l'Opéra de 
î^arii^, vu veilu ùe sa géuéreuse distribution de loges de faveur, à l'O- 



mV -BTDVHWdffnCTK 






1J4 l/JV SCAXDALJi FBASÇAIS 

péra, à diftontB membres de la Chambre des Wputé. et à d'a«t.«. 

^"TlTdoui'dt: force d'inertie énorme, o'e.t-à^ire que, ,^nd 
il a un but en vue, il persiste dans ses efforts sans igard pour la 
vraisemblance ni pour toute preuve du contraire. 

Il a alors, le talent de pouvoir continuer indéfiniment i.ne en 
quête, sans trouver do solution aux problêmes H»' « J "PP^J^" ■ 
prétendant mettre en doute, ou ne pas croire que ce qu. lui convint, 
même quand il est en présence de preuves '"'^'"'»";*;^ .ontradic- 

Par exemple, lorsqu'il interrogeait la femme Pesnel <^'»''-"<l'^ 
toirement, au Heu de pousser un argument quand .l'avait mise dan. 
rembarra;, il la l.issaU .or.ir de sa difficulté sans 1 amener au pom . 

A une certaine occasion, maintenant présente à ma mémoire 
il l'interrogeait sur ce qu'elle connaissait de la fortune de Jlary 
Sn ith, et elle affirma qu'elle l'avait vue, qu'elle l'»'"'* '««"'"P»?"^ 
ù Ta banque de France, où, dit^lle, Mary Smith avait «posé «s «in- 
oUdés lorsqu'elle les transféra de I»nd«s et f^ ajouta Woup 
de détails de ce qui était supposé avoir eu heu à cette occasion à la 

'"TTe1is,\ToTs!' remarquer à Mangin Bocquet qu'il pourrait véri- 
fier ces affirmations en prenant dos renseignemeuts a a banque d. 
France, quand elle se rétracta immédiatement, disant quelle n> 
avait pas été elle-même, et il laissa passer cet incident ««s prendre 
la moindre note de ses contradictions. „ . „ , , . , 

rn autre exemple d'inertie. Ix.r>^ue Mugin Bocquet lui de- 
manda les adresses de ces jeunes fille» dont elle prétendait que jéta.. 
],' tuteur, elle refusa de le faire à raoin., dit-elle, que je ne lui don- 
nasse la permission de les divulguer. .le répondis que je ne connais- 
sais pas leurs adresses, que j'étais aussi anxieux de les connaitre v. 
le juge d'instruction lui-même et que, non-*euIement je ui permet- 
tais de le faire, mais que je l'exiseais. Klle dit, alors, qu'elle se ta,s..,t 
nn cas de conscience de ne pa» les divulguer. Mangin Bocquet sem- 
bla accepter cette réponse comme une solution complète de la quc- 
tion, et elle jouait ainsi avec lui continnellement, comme avec u» 

volant mal emplumé. , i- i „. Ai. 

Au moment où j'allais être mis en liberté, vers la f.n de ma à^ 
tention nous discutions la question de me pré«>ntfr au Parquet quanJ 
j'en serais requis, et il me dit: "Mais comment puiê-je «voir .,'"' 
vous êtes le docteur Hébert ? Quelle preuve en ai- je ? ^ , ,„ 

Je lui répondis que M. Hector Fabre, Commissaire Général du 
Canada pour la France, agissant de concert avec l'Ambassadeur et_^lf 
Consul Britanniques, lui avait écrit, i informant qm j viUis, -.juv,, 



LA VBBITE COyCEHNANT VMFAIHH llUBEItT 163 

était m» famille, et s'était offert comin.- garant pour moi, N'était- 
il pas satisfait? Que demandait-il de plus? Je pensai* qu'il devenait 
philosophe cynique, et qu'il me demanderait ensuite de lui prouver 
mon eiistence à sa satisfaction. 

On ne pouvait pas l'amener i être certain que deux et deui font 
quatre, et il pouvait continuer une enquête éternellement, cherchant 
continuellement l'invraisemblable, et négligeant entièrement les faits 
les plus palpables et les plus évidents, eu prési'nce desquels U se 
trouvait. . , j î 

Quoique le monde des visionnaires soit encore a se demander Bi 
la première pensée est meilleure à suivre que la si'condc. Mangin Boc- 
quet a résolu ce problème intrigant; mais il est ai malin qu il ne veut 
pas dévoiler son secret, qu'il réserve pour son usage privé et exclu- 

Du commencement jusqu'à la fin, le but princi|)al de Mangin 
Bocquet fut plutôt de s'afficher devant le public que de découvrir 
la vérité dans cette affaire. Il courtisait la notoriété et se proposait 
de l'obtenir à mes dépens s'n le pouvait; mais il commit bien d« 
erreurs. 

lo. La caution de Hemel pour C.OOO frams msuffisanle. 

La première erreur qu'il fit fut de relâcher la femme Posnel 
«us une caution de 6,000 frs, qui était la somme ejacUMl une fac- 
ture produite au Parquet comme ayant été payw par I-alen- pour 
deux bagues dont il avait fait cadeau à Miss Northcliff. m r^K^lanm- 
tion entière se montant à 10,100 frs. 11 n'y avait, alors, «ucune 
apparence de resiwnsabilité criminelle, et ceci mo fit penser que, dans 
l'opinion du Parquet, la somme de 6,000 frs. couvrait tout ce q-.i on 
réclamait contre elle. 

C'était la plus grande erreur de sa part de la r.'Iâcher sous une 
telle caution, s'il savait on croyait que Ijilère avait été escroque de 
10 400 frs comme ce dernier le prétendait, et telle était 1 opir.inn de 
plusieurs fonctionnaires du Parquet à ce m..ment. l'un d'eux I excu- 
sant d'avoir été induit en erreur, par suite de la magnificence de la 
résidence du couple CesbroB-Pesnel 

Tl manifesta, ensuite. s«n préjug.'' contre m"i. en refusant toute 
caution pour moi, même dit fois le montant qu'il a.cepta pour Pesnel. 
en outre de U garantie off-rte par !e Tommis-sire Oénçrsl Hn f «nada 
en France, soutenu p.r l'Ambassadeur et le Consul d Angleterre. ^^■^ 
me présenter à sa réquisitw.. quand ra<-c.i»at...n contre moi n était 
où-affirmation de la mensongère Pesnel. san- aucune preuve. 



I 



166 Cy aVASDALE FBASÇAJS 

2o. Ma diteniioti injustifiable. 

Si quelquva Boupçona ont pu justifier eu quelque chose mon ar- 
restation, au moment du crime de Bois-le-Koi. sur les pteuiiires his- 
toires de la lemme l'eKnel, après son arrestation, il ne pouvait y avoir 
aucun doute de mon innocence pour un esprit impartial après quel- 
ques jours de recherches. 

I^'s nombreuses histoires fausses et contradictoires qu'elle racon- 
ta de l'incit' : de Bois-le-lïoi, la découverte, ù leur résideiK-e, it 
Glatigny (■■ 'i liois-le-itoi, de prépaialifh élaliorés par le couple 
qui prém^uil.„it de m'assatifiner, telles que des cibles en carton qui 
avaient se. i à pratiquer le tir au revolver, des outils à couper et A 
enterrer, k savoir: une hache, récemment aiguisée, une scie de boucher, 
un grand couteau, un pic, une bêche, une grande toile cirée qu'elle 
prétendit, lorsqu'elle s'attendait ù ce que je meure, que j'avais achetés 
moi-même, faussi' histoire (lue je vécus assez longtoni|)8 pour contre- 
dire; en outre, une malle trouvée par les agents de police et considérée 
par eux comme étant destinée à recevoir mon cadavre ; de plus, la 
tentative d'assassinat que le couple avait actuellement faite sur ma 
personne, et mes deux blessures de balles dans la tête, convainquirent 
M. Hamard, chef de la Sûreté de Paris, et d'autre* hommes com- 
pétents, que le couple avait de propos délibéré tenté de m'assassiner, 
et que ce n'était pas moi qui les avais attaquée. 

Outre cela, l'ouverture de mes malles, saisies par le Parquet, et 
la découverte de lettre» de la femme P(»nel, et d'autres lettres trou- 
vées dans son coffre-fort, <|ni non-seulement prouvaient, par son écri- 
ture, que j'étais innocent des accusations qu'elle inventait contre moi. 
mais qui exposaient aussi les plans qu'elle avait formés pour se mer,!- 
au courant de la nature de mes fonds au Crédit Lyonnais, jjoui [wu'.i- ;■ 
les retirer et s'emparer de mes biens après ma disparition. 

De même, la publication dans la presse de ces preuves de mon 
inniKcnce, et de l'abandon certain de toutes les accusation» conin' 
moi ; tout cela, dis-je. faisait voir au public l'alisurdité et, par consé- 
quent l'impossibilité de continuer une enquête sur la vague escroque- 
rie d'une couple de bagues de I.«lèrc, et de négliger l'accusation d'as- 
sassinat, ou de tentative d'aasassinat, écrasante contre U femme 
Pe»nel. 

Mangin Bocquet, alors, imagina d'informer la presae c,ue M. 
Wood. dans la lettre qu'il lui adressa, avait joint mon nom à celui 
de la femme Pesnel, et qu'il avait été par là induit à dépenser £150. 

M. Wood a nié cela, complètement, dans i;ne lettre que j'ai citée 
à 1» page 40, de sorte qu'il y aurait eu autant de raison d'introduin 



LA VEltlXE CVACimyAM' LAft'AlHE IIEUEHT 16? 



le nom du Uangin fiocijuet lui-même d«n< c^iti. lettre que le iiiieD. 

On ne pourrait pu même dire en m faveur qu'il fit uue hi»- 
loire dan» le but d'en faire ressortir la vérité, car w u'est pas à moi 
i|u'il a dit ce meniwnge, vu que j'étaia i l'hôpital à te iiioirient-là, et 
qu'on m'empêehait de lire le» journaux. 

il le fit de propo» délibéré, pour obecurtir lu vérité et la tacher 
au public et à la presae, afin de donner à l'affaire le côté my«lérieui 
iju'il proclamait, et afin d'obtenir le crédit de dévoiler ce mystère, 
du à »a propre fabrication, et d'obtenir l'approbulian de la prc»«e et 
ilu public, pour continuer une enquête qui, d'uu couimun accord, au- 
rait da être trantférét^ immédiatement à {''ontaincbleau. 

De plu», durant l'instruction, il ne cessa de falsifier mon té- 
moignage dans SCI causeries avec la prc<se. En comparant me» répon- 
M's, telles qu'elles furent inscrite» dans le dossier du Parquet par le 
ffri'ffier, avec les rapport» dan» les journaux tels qu'inspiré» par 
Mangin Hocquet aux journaliste», nous verrons le» distortions mal- 
nillanle», les perversion» insinuantes, le» mensonges délibérés em- 
ployés pour me préjudicier dans l'esprit du publie et la presse afin 
iraiteindre son but; et ce» ruse» malhonnêtes sont considérées, comme 
-age:?!^; auministrative profonde, par plusieurs d'entre eux. 

Dans le cours de l'interrogatoire du ."i janvier 1007, la femme 
i'erinel affirma le mensonge qui suit ; 

"Misa Xorthdiff demeurait chez lui (le docteur), lorsqu'elle 
■Vortait du couvent et, comme je lui demandais' à ce moment, '"'• elle 
"i»iuïait coucher, puisqu'il n'y avait qu'un lit dans son cabinet, il m'a 
"(ait voir une bibliothèque tournante, derrière lai|uelle il y avait un 
lit. avre lit de plume et drap», et i\m- c'était là que couchait Mis- 
".Vorthcliff. lorsqu'elle sortait du couvent." 

\'oici nia réponse textuelle copiée des minutes du dossier du l'ar- 
'|iit't : 

"Cette femme est ime "fabrication (|Uotidienne'' de mensonges. 
"iiiy faits se sont passés comme je l'ai iléclaré. ,1e n'ai iii Mus Xorlli- 
"iliff f/u'une /ois. elle est \enuo avec Mme (iuérin ('wbron, une heure 
■Vnvirnn avant l'arrivée de M. Ulèro. Miss N'rihclitr (tait en 
"le^lume de ville. . . 

"Jamaii Mis» Northcliff n'a habile chrz mui, (piant au lit qui 
'V' trouvait dans ma bibliothèque, je l'ai depuis dix an», il m'a servi 
"« moi-même." 

I* rapport de Mangin Bocquft de l'interrogatoire ci-dessus, dans 
a eauserie avec la presse, tel qu'il parut dans "Lu Petit Journal" du fi 
janvier est comme suit : 

"Et après maintes ritieencpa. îe docteur dut avouer "u'i' avait 



-H 
i'il 



168 



LN SCANDALE FRANÇAIS 



"ilatu son appartement, 14 York Square (Place), une pièce truqu.. 
"dont l'entra était diaaimuléc par une bibliothèque tournant >ur i« 
"pivoti. 

"C'était une chambre i coucher luiueusoraent aménagée. 

"Le docteur reconnut, de fort mauvaise grJee, d'ailleun, qu'il 
"avilit donné l'hotpitttliU pendant plutitun jiniri, à pluàtun nprisf 
"à Miês NorthcHff qiu, au court de la prfcédente confrontation, i 
"prétendait n'avoir vue îu'iinj teule fait." 

lin faux rapport «cmblable parut auwi dans l'Echo Je Paris r. 
dans d'autres journauT 

Pondant la même c(nfrontation, on me demanda >i j'avais jamais 
dit à M. Ijilére que j'étais le tuteur de Miss Northcliff. Voici nu 
réponse copii* mot à ni": des minute* du dossier du Parquet : 

"Je vous affirme bien que jamaiê je ne lui ai dit être le tireur 
"de Miet Northcliff. .1 imais je n'ai dit à M. Lalère que je counaissa:* 
"la fortune de Miss Noîthcliff, car je ne la connais pas et je ne mi- 
"pas si tUo en a une.'* 

I.(! rapport de dite réponse, inspiré par Mangin Bocquet à I» 
pnwse. fut publié coni.no suit dans Le Petit Journal du 6 janvi.r 
190T : 

Il (It docteur) ;i il'i aussi avouer qu'il avait presenljé à M. Lali'rt. 
"Misa Northcliff en disant ou jeune homme qu'elle était ta pupilU." 

lifllére. lui-môme, n'a jamais dit cola dans son témoignage. 

On me demanda, encore, si je n'avaîa paa donné, à M. Smlre. 
une liste de titres composant la fortune de Mary Smith et voici ma 
réiM)nse copiée mot A mot dos minutes du dossier du Parquet : 

"Je n'ai pas de lislf ih titrrs de Miss Mary parce que je ni lu 
"conntit pas et je me avoir remis un document semblable à Monsiour 
"Sudre. 

'Toutefois, je me rappelle que Mme Ouérin me demanda, un 
"jour, quel capital serait nécessaire pour rapporter le revenu anniifl 
"de 40,000 francs et que je lui fia alors ce calcul sur un morooaii di' 
"papier t-n nrenant, comme type de placement, le Consolidé .\ni;lai- 
"à 2H% et dont le cours au jour où elle me l'a demandé était '^ 
"87%. .l'ai donné ce papier à Mme Ouérin et non à M. Sudre et i*" 
"demande que l'on me fasse voir ce papier que je puisse discuter »li'*- 
"sus." 

Ce papier no fut jamais produit en Cour, comme je le demandai. 
mais voici la copie : 

"TTn capital do 1.400,000 francs serait nécessaire pour rapporter 
"un revenu annuel de 40,000 francs d'un placement en Consolidés 



LA VSKllU VOSVIÙRNASr L'AFFÀIHE UEUHUT 169 

"AngliU à 87H, équiMleat à 640 bon* Jo cent livret tterling valaar 
"nomiule chaque, à uroir ; 



ou S 



87 li 
175 



4(I,IK)0 

40,(IOU 

17. -1 



7,0U(),i)00 



«0 
20 



1,400,000 franc» 



Pi 



000,000 

Ceci fut traduit on anulais et les francs furent convertis en livres 
sterling approximativement. 

Les savantes autorités de Versailles, qui avaient tout intérît k 
ne pas produire ce document, ont persisté depuis ce jour — sur la 
suggestion de la Pesnol dont elles n'ont pu se dégager l'esprit — à 
appeler ce papier un« luie da IHrei de la fortune de Mary Smilh. 

I<> lendemain, YErho de Parié publiait, sous l'inspiration de 
Mangin Bocqnet, ce qui suit : 

"Encore, à propos do la fortune de Miss Xorthcliff (Mary 
"Smith) dont il donna la ]l'ie à M. I/alèrc (Sudre), le dwteura Hé 
"prit en flagrant délit de mensonge. Il avait nié avoir donné cette 
"litte ni aucun papier à M. Lalère (Sudrf). Hier, il a prétendu qu'il 
"avait écrit seulement un brouillon pour établir un projet d'assurance 
"sur la vie ou profit de Mary .Smith à la prière de Mme l'e^nel Dans 
"ce document, il parlait, cependant, de -.'..'.flO.ono franc» de Consoli- 
dés anglais." 

Nouvelles inventions d*une imagination fertile. 

Kn présence de ces constatations, qui pourrait placer une entière 
confiance dans l'exactitude même du dossier ? 

A ma première confrontation avec S\idre, colui-ci se rétracta et 
déclara ouvertement et contrairement à ce qu'il avait affirmé dans 
sa plainte (sans doute sous l'inspiration de la Pesnel) que c'était la 
Pesnel, elle-même qui lui avait T*mis le papier en question et non 
pas moi. 

On me demanda aussi si c'était vrai que je possédais deux cof- 
fres-forts, dont l'un était emmuraillé. 



MCROCOPY tlSOlUTION TIST CHART 

(ANSI and ISO TEST CHART No 2l 



1.0 



l.l 



2.5 
2.2 



Ê -^ 11^ 



1.8 



M 



APPUBU IM/IGË Inc 



1653 EqiI Moi" Strp. 



W^'^^SP' 



170 



VN SCANDALE FRANÇAIS 



Je répondis que oui. J'avais mon coffre-fort ordinaire et il y 
en avait un emmnraillé dans la maison qui avait été liabitée, autrefois 
par William Pitt, à qui ce coffre-fort emmuraillé avait servi à jr 
déposer see argenteries. La Pesnel leur dit que ces coffres- 
forts étaient bourrés de papiers mystérieux ce que je niai éner- 
giquement, mais qui ne manqua pas de donner lieu à un article 
"mystérieu.\ dans le Journal du li, sur l'espionnage au Maroc 
et à Tangier dans lequel on affirme que "Ces mystérieuses révélations 
"ont produit une vive sensation au Palais, dès qu'elles ont été con- 
nues." 

Klle avait le pouvoir de les remplir de preneentiments mysté- 
rieu.1, n'est-ce pas ? 

A qui donc la Pesnel en imposait-elle ? I>es sages de Versailles 
voudraient-ils bien dire que c'était à moi ? 

Je ne vois aucune nécessité de faire des commentaires sur les 
faits ci-dessus mentionnés. Je n'ai qu'une question à faire : L'auteur 
de ces annonces était-il un menteur malfaisant ou tout simplement 
un fou ? Et peut-on s'étonner que lorsque des personnes de ce type 
de raisonnement proposèrent de me faire examiner par un aliéniête, 
j'aie pu penser que la folie pouvait bien être de leur côté. 

Pendant tout le temps de l'enquête, quand les doutes commen- 
çaient à s'éclaircir, Mangin Bocquet les ré-enveloppait dans un mys- 
tère de sa propre fabrication; il proclamait l'extrême perplexité et 
la nature mystérieuse de 1 affaire, et s'efforçait d'afficher son adresse 
à dévoiler ce mystère qui n'existait que dans son cerveau confus, em- 
brouillé par la Pesnel, et de fourvoyer le puhlic et la presse. 

S'il n'avait pas agi ainsi, il n'y aurait eu aucune raison de me 
faire venir à Versailles un mois après, et de m'y détenir une seconde 
seulement. 

l'esnel. de son côté, essayait toutes les histoires sauf les vraies, 
jusqu'à ce qu'elle en trouvât une qui prît avec Mangin Bocquet, et 
toujours avec le même objet en vue, à savoir: l'écarter de la vérité. 

Plus tard encore, quand on me transféra à Versailles et que la 
femme Pesnel porta une accusation contre moi, alléguant que j'avais 
tenté de l'assassiner, cela plus de deux mois après le prétendu incident, 
c était le comble d» l'absurdité, quand le Parquet avait connaissance 
des faits ci-dessus mentionnés, de me tenir en prison trois semaines 
de plue, pendant qu'ils délibéraient sur la question de «avoir si c'était 
moi qui avais tenté de l'assassiner, ou bien si c'était le couple qni avait 
tenté de me tuer; et, même .«i l'on éprouve le prétendu doute il n'y 
avait rien de plus raisonnable, si Mangin Bocquet décidait de s'en- 
qoerir de cette accusation contre moi, de prendre en même temps 



LA VERITE COSCERNANT L'AFFAIRE HEBERT 171 

laoçu^tion contre elle que j'ava-. portée la nuit même de l'attentat, 
et de 8 enquérir des deux ensemble; mais .Mangin Boequct ne fit 
aucune attention à mon accusation contre elle, cl, comme Taffaire 
aurait dû sortir de ses mains et être renvoyée à Fontainebleau, il l'a- 

Plusieurs articles ont paru dans la presse française, au sujet de 
hrrégularite et de l'absurdité de cette enquête; je citî le suivant 
comme un ciemple, qui parut dana une feuille officielle d'annonces 

"Gazette du Palais. — Vendredi, 13 juillet l!iur 

Les Galeries du Palais.— Une affaire bien inslruiil. 

Parmi les correspondants habituels et les visiteurs familiora de 
.a Gaiette du Palais, il en est nn que les lauriers de l'illustre U Bri- 
se dit 1 Ami des I>,i8, empêchent certainement de dormir, et dont 
la préoccupation constance semble être de découvrir dans nos exodes 
ou dans la manière dont les dispositions en sont appliquées, les contra- 
dictions les plus choquantes et les anomalies les plus regrettables. 

11 rêve depuis longtemps d'introduire, dans les Galeries du Pa- 
lais, sous la rubrique: Réflexions d'un profane, une sorte de tribune 
contre les abus, du haut de laquelle il dirait leur fait — et comment ' 
- a tous les gens de robe . Nous avons à peine besoin d'affirmer 
que nous nous défendons dr notre mieux contre une prétention aussi 
esorbitante. 

Hier cependant, notre homme vint nous trouver, et nous posa 
a brûle-pourpoint, la question suivante : 

— Primus assassine Secundus à Paris. 

Là, il est arrêté. 

U Parquet de Versailles le cite en police correctionnelle pour 
port a arme prohibe. 

Sur quoi le Parquet de la Seine se tient pour s.itisfait, et se 
farde d instruire l'affaire d'assassinat. 

Qu'en pensez-vous ? 

-Belle question!... Ce que vous en pen.sez vous-même, a sa- 
vLZ ^1 "f- "" ""«™'''»'"<'. ni possible. Le premier soin du 
parquet de la Seine aura été de réclamer le malfaiteur qui lui ap- 
Ijarlient. et le Parquet de Versailles le lui aura remis avec empressai 

oi,™rt^™' "T" • • • ■ ^' '' J'" '■""" -î^montre, moi, que dans une 
n« rien instruit du tout, tandis que le Parquet de Versailles s'amu- 



ni 



:H« 



Rfral 



Pf«r-.'3r* 



lU UN SCANDALE FRANÇAIS 

sait à instruire une affaire de l'importai-ce de celle du port d'arœc 
prohil», que dircz-voua »... Au surplus, voua connaissez cette his- 
toire. Il me souvient que voua en avez parlé. 

— Dites toujours. 

— Soit !. . . Dans la nuit du 19 au 20 Novembre 1906, à Bois- 
le-Eoi, dans une villa louée à cet effet par un nommé Ccsbron et une 
femme Justine Pesnel, un médecin canadien, le docteur Hébert, vic- 
time d'un véritable guet-apens, reçoit de ci Cesbron deux balles dans 
la tête. Il tombe, se relève, s'échappe. . . un miracle '■ Par un pro- 
dige d'énergie, il réussit à gagner Fontainebleau, où il porte plainte 
à la gendarmerie. Par un nouveau prodige, il arrive à Paris, et entre 
à l'hôpital. . . Cesbron a disiMru. U femme Peanel a été arrêti* a 
Versailles. 

— Eh bien ?... . . j' ■ 
Eh ! bien ! le premier compte que cette femme ait à rendre a 

la justice, n'est-ce pas d'avoir été la complice d'une tentative d'as- 
sassinat ?. . . 

— Sans aucun dout.e. 

11 me semble. Hébert a été attiré à Bois-le-Koi par une let- 
tre de la prétendue ifary Smith. Cette lettre, comme d'autres, éma- 
nait de la fille d'une femme de ménage de Justine Pesnel. Manoeu- 
vres. Faui. Guet-apens. X'cat-ce pac ?.-. Or, de novembre 1906 
à juillet 1907, le Parquet de Fontainebleau demeure inerte. Au mo- 
ment oii le crime a été commis, le juge d'instruction avait été déplacé, 
paraît-il, et il n'y avait point de magistrat qui pût être saisi de l'af- 
faire. 

Par contre, 'c Parquet de Versailles ne demeurait point inaclil 
Là, le magistrat instruiteur poursuivaii la femme Pesnel pour une 
■vague escroquerie au mariage, détenant le docteur Hébert, à peine 
rétabli de ses blessures, trois mois en prison, comme complice pri- 
fumé de cette escroquerie, et se décidait enfin à rendre un non-lieu en 
faveur de ce dernier. On se l'expliciue. Dans son réquisitoire 'léfini- 
tif, le ministère public ne tarit pas d'élo^'cs sur le compte du ii,ekm: 

"Il fallait rencontrer quelqu'un qui pût devenir le complice i»- 
conscient... quelqu'un d'une honorabilité impeccable, devant laqur]!' 
on s'inclinerait. . . Hébert «( un homme honorable, médecin ilishn- 
gué, estimé à Londres. . . Sa respectabilité est telle, que Sudre »'"' 
demande pas d'avantage." «T'en passe. 

Voilà bien l'occasion n'est-il pas vrai. Je maintenir un liomni'. 
ainsi qualifié par le Parquet, en détention préventive... Et. ^'^â^v 
à cette procédure générale, voilà que cet homme est absolument dé- 
sarmé ! 



Là VERITE COA'CERNANT L'AFFAIRE UEBERT 173 

Vainement, au cours de cette instruction interminable, il aura 
fait entendre les ^jrot estât ions les plus véhémentes et les plus indi- 
gnées: vainement il se sera plaint d'a\oir été escroqué lui-même, et 
d'avoir lété directement touché par cette apparence du complicité que 
Justine Pesnel s'est efforcée à lui donner, ou lui refusera la parole à 
l'audience ! . . . 

N'est-ce point insensé ?... Quelle idée em|)ortera-t-il de la jus- 
tice française ?. .' Et alors qu'il n'y a qu'une affaire, une e^eule affaire 
qui compte, une tentative d'assai-^^inat, doublée de préméditation, de 
giiet-apens, et de faux, il sera permis à un tribunal de détacher de 
cet ensemble — pourtant imposant — une misérable escroquerie, qui 
tient au crime, qui lui est indissolublement liée, qui n'en cs-t après tout 
qu'un moyen préparatoire, de la retenir, et d'in mobili.-«r pendant des 
mois une procédure criiainelle ?... Vous trouvez cela logique, nor- 
mal, TOUS trouvez cela bien '•'... Allons, donnez-moi votre plume, et 
laissez-moi écrire votre chronique ! 

—C'est vous qui l'aurez faite.'' 

(3o.) Son hut de fabriquer une accusation d'espionnage 
pour avoir de l'avancement. 






V il 



Mais le grand but de Mangin Bocquet. depuis le temps où la 
femme Pesnel en fit naître l'i'' lans son cerveau, c'était d'établir 
une accusation d'espionnage à n. .harge. 

Il persista avec opiniâtreté ii h maintenir malgré la déclaration du 
conseil de Pesnel qu'elle n'avait pas de preuves, et qu'elle ne faisait 
aucun effort pour en p.-oduire pour soutenir l'accusation; malgré 
plusieurs articles qui parurent dans la presse pour blâmer la méthode 
qu'il poursuivait dans cette enquête, ainsi que la remontrance du mi- 
nistre de la guerre sur l'importance qu'il attachait aux déclarations 
de la femme Pesnel ; mais il commença à s'intimider lorsque j'écrivis 
à M. Clemenceau, quand il s'efforça de m'induire à écrire à plusieurs 
autres ministres et à leur dire qu'il était bien disposé en ma faveur. 
Sans doute, ils l'auraient cru, particulièrement quand c'était lui qui 
me détenait. 

Ainsi, ce fut poussé par des forces extérieures qu*il se sentît 
obligé de consentir à ma liberté provisoire, et non pas par désir de re- 
connaître la justice de ma cause. 

Il me paraît tout-à-fait évident que l'accusation de complicité 
à ma charge, dans les escroqueries de la femme Pesnel, n'était qu'un 
prétexte de Mangin Bocquet pour me détenir; car Lalère n'avait porté 
aucune plainte contre moi dans son accusation contre la femme Pes- 



'1f1 



'(,11 



w*^ 



174 



UX aCANDALE FRANÇAIS 



nel, ce ne furent que les altégationâ mensongères de Pesnel après son 
arrestation qui induisirent Mangin Bocquet à nie faire arrêter. IV 
plus Sudre déclara, à sa première confrontation avec moi, que c'était 
Pesnel (pas moi, comme il l'avait dit dans la plainte) qui lui avait 
donné ce que d'abord on appela une liste des titres de la fortune de 
Mary Smith; mais qui, apr^ explications, se trouva tout simplement 
uu calcul de chiffres, ce qui rendait nulle sa plainte contre moi. 

Néanmoins, pendant que Mangin Bocquet me détenait pour cette 
prétendue accusation, il s'efforçait de construire une charge d'espion- 
nage contre moi, sans faire aucune accusât' n formelle. 

J'étais, par conséquent, détenu sous une charge imaginaire de 
complicité en escroquerie, comme prétexte pour construire ou exami- 
ner une autre charge imaginaire d'espionnage. C'est plus raffiné 
encore que les nations à demi civilisées, qui emprisonnent les gens 
sans aucune accusation, et les tiennent indéfiniment en prison sans 
en faire le procès. 

Je me suis laissé dire même par un des fonctionnaires de l'ad- 
ministration, qu'il n'y avait eu aucune accusation formelle contre moi 
et qu'on avait seulement pris des renseignements pour contrôler Ira 
allégations de Pesnel contre moi. J'ai cependant été retenu en prison, 
sans qu'on vïulût accepter aucun cautionnement pour ma mise en li- 
berté, pendant 8H mois, pour donner le temps de contrôler les allé- 
gations fausses et sans preuves de cette femme criminelle. 

(4« Sa gronderie pour me faire âéainiéreaser Lalère et tliidre. 

Un autre stratagème auquel il eut recours quand je m'adressai 
à lui pour obtenir ma liberté, fut de tempêter contre moi, en me re- 
présentant, d'un air d'indignation outragée, que Lalère et Sudre 
avaient été fraudés, et que, à moins que je ne leu' fisse quelque pro- 
position substantielle et définie, il ne pouvait pas prendre en considé- 
ration ma demande de mise en liberté. Il me représenta que, même 
si je n'étais pas complice de Pesnel, j'étais responsable en dommages 
et intérêts, en vertu de ma prétendue négligence de ne les avoir pas 
désabusés de leur croyance que j'étais le tuteur de ces myatérieuseJ 
demoiselles. 

Je regardai ce langage plutôt comme une ordonnance que comme 
une demande, et. sur sa déclaration, ensuite, que si je les désintéres- 
sais je serais mis en liberté, je consentis i le faire, ou à les garantir 
par une caution en argent, pour attendre la décision de la Cour, 
niant toujours aucune responsabilité. En moi-même, je le faisais 
comme une rançon pour sauver ma vie, que je considérais en danger. 



LA VERITE COXCEUXAXT L'AFFAIRE HEBERT 173 

à cawe des traitomenU que je recevais en prison et de l'*l«euce de 
ces soins dont j'avais tant besoin. »<»«"«! ae 

désintéresser comme un aveu tacite de ma culimbilité. 
(ôo.) L'incident de Oalerie Féroce. 

™Ho^^ ? - f '"',* "" "'""""" "'^ '"•'»'« 'i''-^ "» ^tal d^ Pros- 

Zm^' t '^P""^"?.!"' "'''"'f PraJ-il-^n moi par ces confroSations 
seml^r* hTm "' ■)".', «""^'■*™' ™« fréquents acc^ d'évanouis- 
™Tw! ''';'"''*'« ■!"« J'éprouvai alors, et à l'agonie que me causait 
une obstruction insurmontatlable dont je souffrais, était, selon moi 
ZiZZ^Ï f sauvagerie et de cruauté digne de l'ingc-nuité d'un in- 
quisiteur de la vieille Espagne. 

(60.) Une autre gronderie pour mea vacances de fin de semaine. 

Il ressortit de mon témoignage que j'avais l'habitude d'aller au 

!„t:i- J "* r"''"* '^'"^ «^o t'^ «u«P«t, et voulut savoir ce que je 
pouvais èien faire en me promenant ça et là de cette manière, et où 

Il me fallut entrer dans de longues explications pour lui faire 
oniprendre que c'était une habitude très ordinaire po^ le, Londo- 
niens. Les ouvriers eux-mêmes pouvaient se permettre le temps et 'es 
dépenses nécessaire, pour aller à Brighton, par exemple, „u à South- 

que la plupart des gens de Londres. 

(to.) Attendant ma ir.ort patiemment. 

retout"!.rTTi tK ^t^T' P"" '»' <^»'"»''<'" de -e la^er 
«d'-lL "1 ^.""^'f ">' J'^'^i» « '"«We, et dans un tel 
état d accablement que je sentais que n.es force, me manquaient et 
que je ne pouvais pas supporter plu, longtemps l'épreuve à laquelle 

Il /r ' '" """ ™°'''"'"' ""P'™" *" ■'"' de s'améliorer, et mes 
■iccè, d évanouissement étaient devenus pins fréquents 

VOV.J'//*''!?"-/"'" ''"'*'^ '"^ ^' '^"^ P»»' ™»i. pour me rén- 
over à Lariboisière; mais il n'avait nulle intention de le faire; c'était 



iliï 



rr"^ 



176 UN SCANDALE FRANÇAIS 

«ulement un "placebo" de douces paroles qu'il m'adminUtrait, et des 
promesses qu'il n'avait aucune intention de tenir. 

Mangin Bocquet espéisit que je mourrais, et il fit tout ce qu il 
put pou' créer un esprit de préjugé contre moi dans l'opinion publi- 
que par l'interméiliaire de la presse. 

Voyant que je ne mourais |«s. il s'efforça de me faire certifier 
insensé, ce qui, à ditaut de ma mort, aurait le mieus répondu a son 
désir de m'impoeer silence et d'éviter mes contradictions. 

11 fit usage des affirmations de la femme Peenel contraires aux 
miennes, de celles du Crédit Lyonnais, du fait que j'avais brûle la 
lettre de cet établissement, comme preuve de ma perte de mémoire ou 
de mon aliénation mentale. Il refusa toute- ortes de cautions pour 
moi, e. même l'offre du Commissaire Général du Canada en France 
de se porter garant pour moi, s'il voulait me mettre en liberté. 

{80.) Su réponses singulières. 

•T'ai quelquefois reçu des réponses très singulières à certaines re- 
marques que je lui faisais. Par exemple, on avait refusé une demande 
pour ma mise en liberté, et j'exprimais le sentiment de 1 mjusticc 
qu'oL me faisait. Il m'affirma sérieusement, plusieurs fois, quil y 
allait beaucoup de mon in'^rêt d'être ta prison, parce que, dit-il, si vous 
étiez libre, la femme Pesnel prétendrait que vous êtes en communi- 
cation avec Cesbron et Mary Smith, et que voua conspirez ensemble 
pour la faire condamner. Naturellement, il me fit entendre qu il 
serait obligé de croire tout ce qu'elle lui dirait. 

A une autre occasion, il s'efforça de me persuader qu'il vaudrait 
mieux pour moi être renvoyé au Tribunal correctionnel, parce que, 
dit-il, ce • rait une déclaration par ce tribunal, que vous êtes inno- 
cent, (car il me disait toujours qu'il croyait en mon innocence). 

J'ai toujours trouvé mauvais, naturellement, de suivre cette 
sorte d'avis; mais je ne savais pas exactement jusqu'à quel point je 
pourrais m'opposer aux prétendues manières de voir d'un homme qui 
avait en mains le pouvoir d'inventer à l'occasion un nouveau code (!• 
logique, et les clefs de la prison pour l'imposer; te sorte que j'ai tou- 
jours évité d'entrer en lutte avec lui. 

(9o.) Une .ifim à la presse anglaise. 

J'ai mentionné, au chapitre XII, "A Londret", les annonces dif- 
famatoires publiées dans la presse anglaise et les dommages que j'ai 
obtenus des différente journaux comme compensation. 



LA VERITE CONCERNA\T L'AFFAIRE HEBERT 177 

Aucun d'eui, probablement, jusqu'à ce Jour, no connaît Torigino 
exacte Jes annonces fausses qui, de bonne fo'i, de la part des agences 
l't des rédacU'urs, trouvèrent place dans un (;rand nombre de jour- 
naux anglais, la plupart, je pourrai» dire presi|ue ton», sans le moindre 
^nupç(m de malice ou de niîgligence de leur part. 

Ils furent pris à l'iniprovistc, c'est tout, et publièrent l'an- 
nonce qui leur fut transmise de Paria connue d'ordinaire, les l(i et 17 
mai 1907.^ Plusieurs d'entre eu\, sans doute, seront étonnés d'appren- 
ilie que c'était une antre ruse de Mangin Hoci(uet. 

S'il lui eût été possible de me renvoyer au tribunal correctionnel 
it de »ue faire condamner à une sentence nominale, j'aurais quitté 
la Cour immédiatement après l'audience; car le temps iwndant lequel 
j'avais été détenu aurait compté comme une partie ou comme le tout 
lie la condamnation prononcée contre moi. .Mangin Bocquet visait 
à ce résultat, à défaut d'une condamnation définie; ce qui ai rait cou- 
vert toutes ses l)évue8 et ses irrégularités en donnant une apparence 
(le justification à son interminable enquête et à ma longue et injus- 
tifiable détention. 

Voyant que j'étais sauf sur le sol britannique à cette époque, il 
fit annoncer dans la presse que j'étais renvoyé au triliunal correction- 
nel; sons l'impression que, après le traitement que j'avais reçu de lui, 
j'abandonnerais le montant de ma caution et ne me présenterais pas, 
et alors, il aurait pu soutenir que j'étais coupable, puisque je fuyais 
la justice, et j'aurais même pu être condamné en mon absence; mais 
il fut désillusionné, car je lui écrivis immédiatement, et me rendis 
à Paris sans y avoir été appelé pour faire face à l'accusation. 

iMangin Bocquet fut grandement mystifié et désappointé de me 
voir. Il laissa l'affaire dans les mains de M. Dayras. 

Plus tard, il tâcha d'expliquer la fausse annonce par toutes sortes 
il'e.vcuses illogiques. On l'attribua à une erreur typographique et à 
tout ce qu'on put imaginer; mais il existe un fait qui réfute toutes 
«s excuses et ces explications. L'annonce diffamatoire fut publiée 
le 10 et 17 mai 1907; le réquisitoire fut daté et délivré le 31 mai 
suivant, signé ,par M. Dayras, et l'ordonnance de non-lieu fut annon- 
cée le jour suivant, 1er juin. Il n'y avait ancnne ordonnance à an- 
noncer avant cette date; l'annonce publiée dans la presse le 16 et 17 
mai, deux «emaincs auparavant, n'était qu'un ballon d'essai lancé par 
Mangin Bocquet aux dépens de la presse anglaise, dans le but indiqué 
plus haut, et ponr rien autre chose. 

Dans un pays comme la France, oii la loi et la justice sont syno- 
aymcs avec la convenance, l'intérêt et la commodité des autoritAi 
judiciaires, on n'aurait fait aucun cas de ma plainte, si j'avais 



■| 



|ii !|i 



i- 



JfMrrar 



178 



IX iiCAXDALt: FRANÇAIS 



(lemandt! K'paration. L'annonce fut publiée à mon préjudice, pour 
l'avanta}^ A'un magiittrat qui considérait non action comme uq cou[t 
de maître do sa [wrt, main sann i-omj»tcr avec la loi anglai^w?. 11 [k-ii- 
sait que ho8 niotiN ne feraient jamais connus publiquement; muii 
i:?i encore, il s'est tromi>t'. 

lOo. y'ayant pas réwn*» à mf faire condamner, t'I voulut ae 
donner la réfutation de m'aioir accordé un non-lieu. 

N'ayant pas réussi à atteindre !e but qu'il se proposait, il s'ef- 
força d'obtenir la réputation de m'avoir accordé un non-lieu. Il fit 
publier uiie entrevue imaginaire qui n'eut jamais lieu avec moi, pré- 
cndant que je lui avais attribué dea Ic^anj^es, que je ne lui ai jamais 
faites, et (jui sont tout-à-fait le contraire de ce que je pensaii. 

(llo.) Témoignagfi de Bruiiet. 

Considérant toutes les ruses malveillantes employés par M»»n);iû 
Bocquet. le» histoires qu'il communiqua à la presse pour me port^T 
préjudice, la louange non méritée qu'il fit publier do lui-même, je 
ne puis m'ompêclier de soupçonner que le témoignage partial, injuste 
et inapplicable rendu par Brunet contre moi, et considéré comme si 
important par Mangin lîocquet, ne fut que l'effet d'un plan préconçu 
par ce dernier | our extorquer une confession de moi. 

Si un juge d'instruction se permet de dire des faussetés injus- 
tifiables contre un inculpé, il ne se fera aucun scrupule d'accepter. 
avec connaissance de cause, les préjugés d'un autre pour le même 
but. 



(12o.) L'enquête était inutile, mais sériait ses intérêts. 

Qu'est-ce que Mangin Bocquet a découvert y&t sa longue enquête? 
Simplement que la femme Pesnel disait des nenaonges et qu'elle le 
dupait. Vraiment, ce n'était pas la peine de me détenir deux mais 
et demi ctu prison pour me dire cela. 

Tout le publie et la presse le savait, dès le commencement de 
l'affaire, à !a suite deq histoires multiples et contradictoires qu'elle 
inventa au sujet du crime de Bois-le-Hoi; mais Mangin Bocquet mit 
six mois à le découvrir, avec toute la machinerie de la loi à sa dispo- 
sition pour faire les recherches, et avec l'histoire de cette femme 
'^historique" devant lui. 

Il ne l'aurait pas m?me découvert à cette époque, si la presse. 



.'..l VJiltITt' LV.WfllX.hVf LAtFMIti: IIEIŒUT 171) 

lo pub.'ic, it d'ttulroi memlires de l'aciMiiiiii-tralinii ne l'jvai>'ni tm 
forci' à le faire. 

L'eniiuêle prolongée qu'il ouvrit au suji't ,i.. lV<(T.i.|Uerie Je i|uel- 
que» baguen et eorwla aelietïj par Lalùr... et .U-i prétendus ca.leaux 
de .Sudre, tondu qu'une accusation de tentative ,1e meurtre, soutenue 
par des preuves aecahlanti.s, était , enJanie ...nlre elle, était fantas- 
que et puérile a l'cxtriSme. 

11 y aurait eu autant de nii-ion, ..u autant d'al>surdité, à gajpilkr 
un an pour faire contre lluvncr, ,.n faveur d'une jeune tille délaissé*, 
une enquête jiour rupture île pronus* de mariage, avant de lui faire 
son procè» pour avoir tué llr. Whiteley. 

I^ enquête et le procès de la femme l'esnel pour escroquerie furent 
ut:, iierte de temps et d'argent qui n'ont servi que les intentions de 
Mangin Bocquet, pour lo rendre notoire ilevant 'c publie. 

La condamnation et la sentence que l'esnel y rxjut furent ignorées 
entièrement, et se perdirent dans la se.-.ence qu'elle rei;ut ensuite 
pour la tentative de meurtre, qui seule subsiste, et aurait dû former 
le sujet de l'enquête des le eommentvment. 

Si, 'ous prétexte d'être obligé de foire des invretigatiras, un juj,e 
d'instruction peut ainsi disposer de l'argent public pour se maintenir 
ins une bonne situation et se créer «ne notoriété qu'il ne mérite pas, 
luelle excuse pour l'osistence des Apaches et autre», qui sont en réUd- 
lion contre le gouvernement, et quelle justification pour s'opposer à 
1 Pigmentation du iiombre des j iges et autres fonctionnaires de lad- 
ministratioii en France, de la part dos Français et de se plaindre si 
fréquemment d'être lo nation la plus surchargée d'impôts du s'obc, si 
la bureaucratie qui se troun- à leur tête peut ainsi dissiper les fonds 
publics en de si futiles investigations! 

(13';.) Dangers que courent les éirangers qui visitent la France. 






La mtiVntrt cA»Mfii#)^ tanitatm ntr* 
V Franet Et VAngJtltrrt. eut I» mtr. 
DOUGLAS JERBOLD, 

"L'.Mllance Anglo-Prançalse." 

Pour cor.clure, il ;if S'irait pas déplacé de considérer les dangers 
que courent le étrangers qui visitent la France. 

I.a 8usee])tibilité des fonctionnaires de soupçonner l'espionnage 
partout, que Ion pourrait assez convenablement comparer à l'irrita- 
bilité du taureau devant un (V.pe-u rouge, expose tous les étrangers, 
en France, à être arrêtés et i is en accasation pour espionnage contre 
'" gouveniement fran^-ais. et 'lute accusation paraît dix fois plus 



"I'!! 



MU 



5 !"l 

1, Ml 



rf^'*" 



IHfl 



t'A" SayDALB FBASÇAIS 



ceruiuc aux jeux de» dieux de l'adrainiitration, li l'eipioniuge Nt 
eeiué élre (ait au Mirvice ne l'Allemagne. 

Si un étranger e«t eaeroi|ué et fait arrêter l'iinroc, ou bien «'il 
a'adrewe i une cour de jurti« frun<,"iise pour obtenir juatioe de quel- 
que acélérat ou brigand, eelui-ei p<ut «i prévaloir de ee moyen et fabri- 
quer une eontre-accuution d'eapionnagv eontn' m victime, qu'on fernit 
arrêter eoua nuui^tta, «an» aucune preuve queleonque, autre que la 
parole di' l'aecusateur. et le juge d'instructiiin en charge aurait tout 
intérêt, tant rien y perdre, i\ altucher la iilu< grande importance à 
«■tte dernière aecuAition et à en profiler pour accjuêrir de la notoricïté 
et être par i^ureroit promu à une haute position. 

Coneéquemment. tou» le» ctrangera. chacun en particulier, «ont 
& la merci dej plus vila criminels de Krance; même par dépit, ou duns 
«n hul d'extorsion contre vous et on peut vous détenir en conséquence, 
et ouvrir une enquête pour espionnage imaginaire sur votre compte, 
à votre insu, sous le prétexte le plu» trivial, comme on l'a fait avec 
moi. 

li'impulsion donnée par r"cntente cordiale" aux anglais, pour 
visiter la France, produira sans doute des exemples intéressante 
d'imposture, et quelques-uns de» juges d'instruction engagés dans les 
investigations qui s'ensuivrout ne seront pas ceux qui en profiteront 
le moins; mais la majorité de ces cas ne viennent jamais au jour, 
comme on peut s'en convaincre par les exemples suivants : 



"A'fifs of the World" du 17 mai 1908. 
Pour garder fon secret. 

La femme du sénateur et l'escroc diffamateur. — Comment «»!■' 
femme mariée fut compromise et volée. 

Un exemple d'audace dana une affaire d'escroquerie par diffa- 
mation a été mis au jour par la police de Nice de la manière 
la plus extraordinaire. Il y a quelque temps, deux hommes nommi» 
Jnibal <( Mirabel furent arrêtés à Marseille. Ils avaient déjà été 
arrêtés à Nice en 1906 pour différentes tentatives d'extorsion d'ar- 
gent par des moyens diffamatoires. 

le police était convaincue de la culpafcilité des deux homme», 
mais la chaîne de preuves n'était pas complète, et on fut obligé de les 
relâcher. Oti ne put pas obtenir des inculpés une explication de 1» 



. ^ 



/-.l VKRirK COSCh'ltXAN-i l/.IffAIIIK IF.HKIIT IHl 



'l'illl hiijktIk' (Ollll 



f«çon dont .Tuibal iii> trouvait en ■w«i-.«i,m 
porlc» (l'une val.'ur cl.. yi\a» ,le ;lo.i)i„) fr,. 

^ Co tuilier fut ilé|»Mé i la Ken'l»r"iiTii., ,( il ,.4t f.,rt i.tralixi. i|U.. 
ni l'un ni l'autre de» inculpo» ne l'ait réclaui.- ,|uau.l iN turent ma en 
liberté. 

Ursque le jugi. d'ins ati.m apprit .pi,- ..■, .Ii.ux inèines Imrr. 
mes avaient été arrêtée li MarwUle éur une aiilr,. ai.u.ulion, il ilenu. . 
da à la iHiliee de .Niarieille île lui enniwr le» deux linniiiies. afin <^ 
faire de nouveaux . fort* pour arraeher il'eiK une i..uf..i<ion'de l'his- 
toire du eolli .■ précieux. 

Au moi: ,.t de la réception de cette demande. MiralH.l avait 
déjà ét<'. mis en liberté, et Juibal fut .«.ul interrotjé. Il déclara qu'il 
lui était imiHiMible de par' t sans eompnmultr.. une dame dan» mie 
position Bociale très élevée. On ne put lui en taire diri. davanta),i'. 

Certaines lettres trouvée sur lui su)tjrérèr,.nt au jujje 
.l'instrueticm que la dam., .-n ■ lestion devait iln. In fi.inme d'un wr- 
'iin sénateur romain. Il lu' rivit, lui ilemandant de venir .1 Xiee. 
11 y a riuebiues jours, la da , arriva, identifia sou eollii.r. et confia 
au juge d'instruction le récit suivant de l'incident dont elle avait été 
victime. 

Pendant qu'elle pa.ssait l'hiver à Monti.-( rio en ]!)0(i. dit-elle, 
elle fil la connaissance d'un monsieur en ap|. .,ce de la plui haute 
.listinction. Ce "Monsieur'' était .Fuibul. II ■ porU un., attention 
toute particulière, et finalement la persua.la (ii. faire avec lui. .lans 
les bois du Cap- Martin, une promenade. Pendant iiu'ils étaient assis 
au pied d'un arbre, surgit un sardc-ehampêtre devant eux, qui les 
accusa de mauvaise conduite. Dans leur terreur de la possibilité d'un 
scandale, elle et «on compagnon dcoidèrent d'achi.tcr le garilc cliam- 
pctre. Mais .luibal déclara qu'il n'avait pas d'argent sur lui et. eom: le 
la dame était ilans le même emliarras, elle détacha sim collier et le 
donna au garde chamix'.tre, comme pri.x du silence. 

Etant mariée, elle résolut de garder le sib^ntc; mais cl'., est 
maintenant veuve, et. ..^ur son accusation, on ouvrira une en.|uête 
contre eux pour cscro.pierie. .Tuibal est. en effet, sous les verrous. 
Il sera plus difficile de trouver le garde-cham|H"tre (dont le rôle, inu- 
tde de le dire, fut joué par Miralwl) ; car les agents de police, dit 
le correspondant du I.enâer. l'ont perdu de vue. 



I 



182 



VS aCANDALE FBASÇAIS 



Du "Daily Chrunkle" du 81 septembre 1909. — Etonnant complot 

d'escroquerie. — 2'ruc ingénieux pour escroquer les femmes 

dans les hôtels — Police famse concussionnaire. 

Paria, lundi. 

Doux meml)r<r, n'iine bande de trois escrocs ont et* arrêtés à 
Paris, pour une série d'escroqueries très compliquées et très ingénieu- 
ses, commises sur des femmes. Leur mode d'opération était curieux 
à l'extrême: 

Un de la bande, qui avait les manières et l'apparence d'un hom- 
me bien élevé, établissait sa résidence dans un hôtel élégant, où il 
s'efforçait de trouver faveur auprès des dames qui y demeuraient seu- 
les. Ses attentions étaient de la plus parfaite correction, et man- 
quaient rarement de réussir à lui gagner la Imute estime de sa vic- 
time. 

Des civilités et attentions ordinaires d'un convive, cet homme 
arrivait, -ar des méthodes lentes et insidieuses, à faire de petites 
pronicna<lc8 avw la dame, dans la ville. Un peu plus tard, 
celles-ci se prolongeaient, jusqu'il ce que, par degrés lents, il 
réussît à l'accompagner dans une longue promenade dans les bois'ou 
les montagnes. 

Pendant ces exiiéditii- . ils se trouvaient en présence de deux 
agents de police — en réalité deux complices déguisés de cet homme. 
— qui portaient contre le couple certaines accusations. Naturelle- 
ment, ils le niaient résolument, mais la "police" manifestait l'inten- 
tion liicn arrêtw de conduire le couple au poste le plus proche, où 
ils devaient faire une déposition contre eux. Seule, la production 
jiar l'homme de tout l'argent qu'il pouvait avoir sur lui, induisait la 
"police" à ignorer l'affaire; mais, invariaidement, elle trouvait l'offre 
insuffisante. 

En conséc|uence, la dame innocente vidait aussi sa bourse entre 
les mains des deux "agents de police" 
tous les bijoux qu'elle portait. 

.\ ces conditions, on les laissait aller, et on promettait qu'il n'v 
aurait pas de scandale. 

Mais l'imposture ne finissait pas là. A peine la malheureuse 
ilame avait-elle regagné son hôtel, que les deux "agents de police" s'y 
présentaient, faisant appel à son aide, ayant été dcstitu'és de leur 
emploi pour avoir, disaient-ils, accepté des prisentâ d'elle et de son 
compagnon. Oénéralement, on leur donnait encore de l'argent. 



. et souvent encore y ajoutait 



LA VERITE CONCERNANT L'AFFAIRE IIEBEHT 183 



Le pot-aux-Toees ne fut découvert (jue lorsqu'une dame, tombée 
dans 11* mains de ces malfaiteurs, ge présenta au chef de la police 
de Parié, et lui raconta toute riiistoire. 



Voici un autre exemple, rapporté dans \v Daily Chronic'.e du 9 
septembre 1909, dans lequel la victime ne put pas raconter son his- 
toire : 



Mystère à Paris. — Cadavre d'un hniuinp de Lirerpooi 
trouvé dans la ISciuc. 

Paris, mercredi soir: 

On se rappelle que le cadavre d'un anglais, vêtu en liabit de 
soirée, a été retiré de la Seine il y a à peu près deux semaines. 

L'identité du cadavre vient d'être établie. On l'a déclaré être 
celui d'un propriétaire de navires en retraite, de Liverpool, nommé 
Walter Muirhead, né en Australie. 

On donne son adresse à Liverpool: 1, Drundiey Avenue, et son 
âge, 40 ans. 

11 est maintenant tien facile aux autorités françaises de refiler 
>on affaire en disant qu'il a été extrêmement imprudent. 



'■■ il I 



Quelquefois on peut y être, à son insu, l'objet de soupçons, être 
"'filé" et même mis en accusation, comme on peut le voir par l'aven- 
ture de deux anglais visitant Paris pendant la Xoël 1909, publiée dans 
le Dnily Express du 28 décembre 1909. 

Ils entrèrent dans un grand établissement français pour faire des 
achats, qui se montèrent à la somme de £6 (six-livres sterling) qu'ils 
■payèrent en souverains anglais. 

Immédiatement, on leur barra le passage, et le gérant de l'éta- 
l'Hssement apparut et les fouilla. 

Ayant trouvé dans leurs poches £600, il les fit arrêter pa^* deux 
gendarmes, les fit conduire à la gendarmerie, où il les accusa d'avoir 
passé de la fausse monnaie. On appela un expert, qui d'éclara ies sou- 
verains excellents, et on les relâcha. 

I* gérant s'excusa, en disant que, quelques jours auparavant, 
deux anglais waient fait des achats pour exactement la même somme 
de £6, et l'avaient payé en fausse monriaie. C'était tout "naturel'*, 
pour lui, dit-il, de les soupçonner. 

Kvidemment, pour la seule raison qu'ils étaient anglais et qu'il» 



1 ill 



I i 



% 



184 UN SCANDALE FRANÇAIS 

avaient acheté >pour la somme exacte de six livres sterling, oa les fit 
arrêter. 



Le ireefc/y Dispatch du 35 décembre 1910 raconte que l'honora- 
l)le Mr. Augustin Birrell, M. P. Secrétaire en Chef pour l'IrUnde en 
routo pour la Suisse, par Calais et Pari5, fut la victime d'un vol au- 
dacieux par deâ filous du continent qui lui enlevèrent son argent et 
ses bijoux. 

Pondant la traversée sur le bateau, il échangea quelques observa- 
tions avec deux étrangers polis et bien niis. En débarquant à Calais, 
ils l'accompagnèrent au train pour Paris après avoir fait examiner 
se? malles. 

Après le départ du trai.i, il s'aperçut que son portefeuille avait 
disparu, ainsi qu'une épingle à perle de cravate valant une centaine 
de livres sterling. Il constata aui^ai qu'on l'avait adroitement dépouil- 
lé de ce qu'il avait dans d'autres poches. 

Son portefeuille contenait neuf billets de banque de 5 livre.* 
sterling chaque et quatre chèques de sommes entre 30 et 70 livres ster- 
ling. Or il se trouva avec seulement quelques shillings en argent et 
quelques sous à son arrirée à Paris oiî il informa la police de sa perte. 

Comme l'Honoraible Secrétaire n'avait pas même pris la peine 
de se renseigner à la Mairie sur le compte des deux étrangers polis 
avant d'entrer en conversation avec eux, le juge d'instruction chargé 
de l'instruction de cette affaire aura une bonne occasion ds louer 
l'adresse de ces escrocs et d'accuser l'Honorable Secrétaire d'avoir été 
imprudent. 



En voici un autre du Daily Chronicle du 17 janvier 1911. 
LIE A UN ARBRE 



"Des brigands enlèvent un Américain dans Paris et îe i^lent. 

(De notre Correspondant.) 

Paris, lundi. 

"Un américain nommé James Charles Milner âgé de 28 ans. ;i 
■'eu une aventure extraordinaire après un séjour de deux jours dans 



LA VERITE CONCERNANT L'AFFAIRE HEBERT 185 

"Paris. A .peine ctait-il arrivé dans la ville qu'il tut suivi par diffé- 
rents membres d'une bande de brigands. 

"l'endant qu'il s'informait de la direction de la gare du chemin 
"ie fer, un homme do mise élégante, cjui l'avait sans doute reconnu 
l'comme un étranger, lui parla et parut vouloir le renseigner. Cet 
l'homme induisit Milner à monter dans une aulomoliile sous l'impres- 
"sion qu'il le conduirait à la gare; mais il fut un peu surpris de voir 
l'automobile s'arrêter devant une maison qui res.seml)lait à une rjsi- 
"denee privée. 

^^ ''En suivant son compagnon, il 30 trouva dans un grand api>ar- 
■ tement rempli d'hommes dont quelques uns parlaient l'anglais. On 
"lui ordonna de se déshabiller et on lui enleva sa montre d'or ainsi 
'■que 5,(10» francs qu'il avait sur lui. Il fut ensuite placé dans une 
■'ûutre chambre avec cinq hommes pour le garder. 

'•Il y demeura jusqu'à la nuit, quand lui ayant fait mettre de vieux 
"i;.lbits, il fut encore conduit à une automobile et fut passé rapide- 
"mcnl .i travers les rues jusqu'à un lieu isolé. 

"Ses capteurs le conduisirent ensuit* dans un l)ois ou ils le liè- 
'^rent à un arbre et se sauvèrent. U nuit dernière, des soldats qui 
''retournaient à leur caserne entendirent des cris dans le bois où ils 
"trouvèrent Milner dans un état de défaillance, presque mort de froid. 
"Ils le délièrent et lui aidèrent à se rendre à l'hôpital. 

Mr. Milner ferait aussi ,bien de ne pas faire arrêter ces brigands, 
ds pourraient racCH.ser d'espionnage et de les avoir volés et le faire 
emprisonner, ]iour se faire dire par le magistrat qu'il a été très im- 
prudent et les brigands très habiles. 



(14o.) ^fangin Bocquet m'a fait plus île mal que Cesbnn. 

Ija rencontre 'de Mangin Bocquet a été |iour moi une plus grande 
infortune que la rencontre de Cesbron. 

Les méfaits do ce dernier me valurent d'être retenu à l'hôpital 
pendant cinq semaines, entouré des meilleurs soins, de sympathie, 
de sollicitude pour mon bien^tre. 1*3 agissements et gaucheries du pre- 
mier me valurent d'être détenu en prison pendint deux mois et demi, 
souffrant une agonie physique et mentale continue, dans une atmo.s- 
phère de soupçon, d'hostilité, de malveUlance, et avec l'éïKc de Damo- 
clès suspendue au-dessus de la tête. 

L'exposition prolongée au froid. le manque de soins et de traite- 
ment^ convenable, pendant ma détention en prison, ont fait plus de 
mal à ma santé et ont eu un plus mauvais effet sur la durée de ma 



ii'iil 



1»G 



L'y aVANDALlù FHANÇAIS 



vie que les biiUea que j"ai reçues à Bois-le-Koi, et ceci a été fait au nom 
de la France civilisée. 

On pourrait dire, en guise d'excuse, que je ne suis qu'un caa iso- 
lé, que j'en ai réchappé vivant, que j'ai obtenu une ordonnance de 
nuQ-lieu, que j'ai été reçu partie civile, etc., etc. ilais le fait reste, 
que la mêtne infortune peut arriver aujourd'hui ù tout étranger visi- 
tant la France, qui jwurrait bien ne pas en réchapper vivant, quii 
pourrait ne pas obtenir de non-lieu pour de fausses accusations portées 
contre lui, qui pourrait ne pas avoir la facilité de publier les faits 
véritables de son infortune, et que la même chose peut être arrivée 
un nombre infini de fois sans que j^rsonne en ait jamais rien au. 



Jd.DAYRAS. 



Un Aommt fitut intirpréttr dtë ekoti$ 
ÊtJon 9a façon, tant aucun ra^^rt avte U 
tent d» CM ekoMt tUtt-mtmtt, 

SHAKESPEARE, Jul. Caes. I. 3. 

AI. Davras est le Substitut du Procureur de la Répu'blique au 
Parquet ile Versailles. C'est un homme honnête, intelligent, anxieux 
<le rendre justice aux accusés, et de faire son devoir envers le Gou- 
vernement et !e pultlie. C'est, en effet, un homme honorable. 

Il est naturellement de son intérêt, qui procède do son devoir 
envers l'Etat, do montrer les différents actes de l'Administration sous 
un jour harmonieux, nécessaire à la parfaite administration de la 
justice, et ce devoir peut ^bien quelquefois l'induire à supporter ou à 
tolérer certains actes d'autres fonctionnaire qu'il n'approuverait 
peut-être pas en dehors de l'Administration. 

Ça été sa tâche de préparer le "Réquisitoire Définitif" do l'ins- 
truction de cette affaire, et de faire les recommandations nécessaires 
pour rendre une ordonnance de non-lieu en faveur dos inculpés, ou 
pour les renvoyer au tribunal correctionnel, selon le résultat de l'ins- 
truction. 

Je donnerai, ici. les points saillants me concernant dans son 
réquisitoire, et je discuterai ceux sur lesquels nous ne sommes pas 
d'accord; car il est permis à deux hommes d'une honorabilité impec- 
cable (car il m'appelle ainsi dans son réquisitoire) Oe différer dan-* 
leur logique, et même dans leurs faits, eans cesser d'être impeccable- 
ment honorables. 



LA VERITE CONCERNANT L AFFAIRE HEBERT l^y 

^^^ En décrivant les manoeuvres emploj,:t^ j.ar la femme IVsnul, il 

„ "]^': 1''"*' " f"""'' <!"<! quelqu'un vint la protéger de son hono- 
_rabihte, pour qu'elle pût agir avec jilus de «vurité; mais il (allait 
une Imnoralulité impeccable, qu'elle n.ettrait toujours en avant, 
devant laquelle on s'inclinerait. Co.uuie elle .-aisi.sait à merveiUle 
■qu un honnête homme ne se prêterait j.as, de hunne grâce, à une 
_ telle comédie, il fallait rencontrer ,,uel,,u'uii qui pût devenir le com- 
plice mcon«,cnt, ,,ui eût un faible qu'en femme habile elle pût 
exploiter. C est alors qu'elle trouva Hébert. 

"Hébert est un homme honorable, mé<l«in .listiugué et estimé à 
i^^ndrcs; il a la réiuitalicm ,|ui convenait pour jouer un i«ireil rôle; 
cest un homme d'un calme imiierlurbable, d'une bonté je crois très 
grande, très méticilleu.y, s'attachant aux petits détails et quelque- 
fois «y perdant, d'une crédulité immense et surtout, il faut le recon- 
naître, cest un homme d'argent dans toute la foree du terme. 
.Vous allons le voir commettre les imprudences les plus grossières 
•les actes les plus invraisemblables... tant sa confiance en cette 
•femme était grande..' 

"Le ir juin V.m, le docteur Hébert recevait à Londres une 

^lettre de Mme Pesnel, qui lui proposait une affaire commerciale 

qui consistait dans re.vp!oitation d'un brevet avant pour but de eon- 

•server le lait afin de l'e.,;j)édier frais de France en Angleterre et 

• un traite fut signé entre eux. 

_ "Sur ces entrefaites, Hébert s'aperçut oue le secret de Cesbron 
était un secret de Polichinelle, qui consistait à ajouter au lait un 
■denve du formol pour le conserver. Or, comme il est interdit de 
lirocedcr de o<-tte manière, il n'y avait pas à chercher à l'exploiter 
('on aurait été assez pour toute personne quelque ik'u méfiante 
mais ce n'était pas suffisant pour arrêter Hébert, qui vovait en pers- 
Jiective un gain de .10 à 40,000 frs par an... ,\u..«{ s<, ,„it.i| à 
'chercher une combinaison chimique utilisable." 

Il cite une lettre du \2 juin 190(1. que je reçus de la Pesnel 
'lans laque.le el, ne dit ipic si le mariage de Ulère et de Mi.s Xorth- 
cl.ff réussit, "il fera tous les fonds de la société, que je pourrais lui ser- 
WT de tuteur et mettre une clause que ce monsieur mettra las fonds 
comme associé dans notre affaire de lait." 

Et il continue ainsi : 
_^ "falèrc fils vint à Ixmdres. et on comprend dès lors à merveille 
toutes les imprudences de Hébert, laissant croire qu'il est le tuteur 
<le Miss Tforthcliff et. comme je l'ai relaté plus haut, donnant des 



lâd 



UN SCAXDALE FRANÇAIS 



"conseils aur Je placement dos fonda, car il entend bien diriger cet 
**argent dans la cais^' enfin constituée de la société au lait. 

"Alors se devine et s'explique le rôle du docteur auprè>* de Sudre, 
"il cherchait à entraîner 'celui*ci comme i) avait cherché à influencer 
"Lalère." 

Plus loin, il dit que "la femme Pcsnel me persuada de convertir 
"en argent tous me- iinmeuhles de Londres, après avoir répandu le 
"bruit auprès de nie:* intinu'.i que j'allais me marier en Amérique." 

Il dit ausâi, en réponse à la questicm suivante: "l'eut-on dire 
"qu'il ait été le complice de cette femn"^ ?" 

"Tout le laissait i-upjwser, jusqu'à ?^on étrange attitude lors du 
"dépôt des plaintes Lalère et Sudre, alors qu'il consentait à verser 
"(i,000 frs pour les désintéresi^er." 

"Durant 'l'instruction, '^on système de défense, contraire souvent 
"à la vérité, notamment lors de sa confrontation avec Me Brunet, 
"les accusations ncharreées de Mme Pe^nel ne [wuvaient que faire 
"croire à sa culpabilité." 

"Ce ne fut ([ue de la correspondance déposée par Hébert et de 
"l'ensemble des faits que finit par surgir le véritable caractère de son 
"rôle qui peut se résumer en un mot: Il fut en même temps un 
"instrument entre les mains de Mme Pesnel, et une dupe; mais rien 
"ne permei: d'établir qu'il ait été un complice." 

.Te dois dire que, i part le fait d'établir mon innocence des ac- 
cusaliona portées contre moi. et l'affirmation que je suis un homme 
honorable, honnête, (ce que je prétends moi-même aussi bien qu'ad- 
mettre que M. Dayras l'est aussi) que je suis d'une grande bonté, etc., 
etc., la description qui m'est attribuée dans cette esquisse n'est pas 
très flatteuse. 

ilais il ii'y a rien de si facile, avec une bouteille d'encre, une 
feuille de papier, l'aide de faux témoins s'il est nécessaire, et un 
décret ou une ordonnance que deux "rions" et deux "riens" font 
quatre "quelque-choses", que de construire une histoire plausible en 
faisant montagne do toute taupinière qu'on rencontre, en décernant 
des noms prodigieux et grandioses, en combinant les faits et la fiction, 
et en les décrivant dans un langage romanesque qui souvent obscur- 
cit la raison, il n'est rien de si facile, dis-je que d'attaquer la répu- 
tation d'un homme, principalement si l'on omet ou amoindrit ce qui 
peut être en sa faveur; mais la question importante est: Ces spécu- 
lations sont-elles d'accord avec l faits ? 

Il y a, dans cette diatribe, un grand nombre d'affirmations que 
M. Dayras n'a pas pris la peine de vérifier, I^a raison en est qu'elles 
mtti trop nécessaires pour soiiteuir ?a théorie, pour ne pas les croire. 



LA VERITE CONCERNANT L'AFFAIRE UEBEUT 189 

ou même pour les souiller du moindre doutf. Ct ne «ont que ie «im- 
pies détails ot JI. Dayras dirait ptut-itro (|uellos nf «ont dautune 
importance. Ce ne seraient que de simples détail», si elles n'étaient 
pus de» affirmation» entraînant quelqui' iliuse d'imiiortant ; mais 
elles sont un sine qua non de sa théorie, qui s'écroule, si ces pri'somp- 
tions insinuantes sont démontrées fausse». 

Mais M. Dayra» avait un devoir à remplir, il avait ii présenter, 
au monde civilisé, uue t.veuse pour l'arrestation il'un homme eaime, 
honnête, d'une honora,l)ililé im|)eecaMe, médecin distingué et estimé, 
d'une très grande bonté, victime d'une lâche tentative de meuÉ-tre; 
pour le détenir sous verrous jwndant deux ou trois mois, dan» une 
condition phj-sique entre la vie et la irort, tandis qu'il aurait dû 
être dans une chambre de malade, entouré de soins, et pourvu d'un 
traitement iiié<lical; et pour le soumettre à l'inhumanité d'une inqui- 
sition brutale. 

M. Dayras avait à pré9<>nter quehiues excuses pour le» bévues de 
-Manglji ■ >c(|uet comme niemlire de radministration et. ipie ces excu- 
ses fussent logicjucs ou non, il fallait les forcer à remplir ce service; 
que les preuves fournies pour les élayer fussent valides ou inspirées' 
par des préjugés, il fallait les adapter à cette fonction. 

D'ail' mrs. il n'y a -ion de si facile que de se persuader qu'une 
théorie, qu'on a pris la peine d'avancer, est vraie. Mangin Bocquet 
m'aurait sacrifié et fait condamner simplement pour couvrir ses 
liévues et gagner la notoriété qu'il convoitait, et tout aurait été dit ; 
mais M. Dayras était trop honnête pour me voir souffrir une p»ii£ 
que je ne méritais pas. Il employa contre moi des allégations (; ■ 
ses qu'il crut vraies et qu'il ne prit pas la peine de vérifier. Mai a 
Boequet savait que les allégations dont il se servait estaient fausses, 
parce qu'il en avait avancé lui-même plusieurs. Mais, après m'avoir 
sauvé d'une condamnation injuste, imméritée, il avait à sauver l'ad- 
ministration des erreurs de ses fonctionnaires. Nous allons voir cora- 
ment il s'y prit. 

Son principal but fut de me faire passer pour imprudent, et de 
faire croire que j'avais été moi-même la cause de i.ion infortune, par 
ma "crédulité immense" et ma grande confiance en la femme Pesnel. 
Pour y réussir, il prétendit, avec quelles preuves, nous allons mainte- 
nant le voir : 

lo. Que j'avais la plus grande confiance dans la femme Pesnel 
et que. par conséquent, j'étais d'une crédulité immense, et très impru- 
dent. 

îo. Qu'elle me persuada de convertir en argent tous mes immen- 



1!I0 



f.V tiV.lSDALU FRANC Ain 



bl('8 (le I^ndres, après avoir répandu lo bruit parmi luos intinK'i* que 
j'allais nie marier en Ainéritiue. 

3o. Que lo procédé de t'esliron élait un seeret de Polichinelle 
et que j'aurais dû ral)andonner immédiatement. 

4o. Que ma soif pour l'argent, qu'il appelle un fail)le, m'indui- 
sit à laisser Lalère croire que j'étais le tuteur de Miss Northclift et à 
donner des conseils sur lo placement dos fonds, aïin do diriger cet 
argent dans la eaisso de la société au lait. 

Ro. (Jue mou système Ue défense, i co qu'il dit, a été fouvont 
contraire à la mérité, notamment (c'est le seul exemple qu'il donne) 
lors de ma confrontation avec Brunot; que je m'attt ■hais aux iwtits 
détails dans lesquels je me perdais quelquefois, et que les fausses 
accusations acharnées do Mme Pesnel ne pouvaient que faire croire 
à ma culpabilité. 

<io. Que ;e consentis à verser 0,000 frs pour désintéresser Lalère 
et Sudre. 

?o. Qu.' v^ P3 fut que de la correspondance déposée par noi 
que surgit It caractère de mon rôle, qui fut cidui d'instrument et de 
dupe; mais que rien ne permettait d'établir que j'aie i-té un complice. 

Toutes ces suppositions, sur lesquelles M. Dai s base sa théorie 
de ma prétendue imprudence et de mon apparen<« de culpabilité, cela 
dans le but de défendre l'administration et Mangin Bocquet, sont 
fausses, comme nous allons lo voir à l'instant. En effet, l'imprudenre 
est de leur côté, la "crédulité immense", comme je le ferai voir claire* 
ment, est la leur; les affirmations contraires à la vérité sortent de 
leur propre bouche. 

Il n'est pas très rare, pour une personne coupable, d'en accuser 
une autre du crime ou de l'offense qu'elle a elle-même commis; de 
même pour un juge qui attribue ses erreurs à ses victimes, car cela lui 
est doublement facile, puisqu'i' peut le faire par l'arrêt ou l'ordon- 
nance qu'il peut impo.^er par i rnprisonnement. Mais ce n'eet pas de 
la logique bien fondée. 

lo. Ma prétendue imprudence et crédulité. 

Ça faisait parfaitement l'affaire de M. Davras de présumer que 
j'avais la plus grande confiance en la >';mme Pesnel; mais les faits 
n'étayent pas cette opinion S'il eût été nécessaire pour la théorie 
de M. Davras de supposer que je n'avais aucune confiance en elle, il 
aurait pu trouver plus de raisons pour prouver cette version. 

L'oeeasion o\> je me présentai au Crédit Lyonnais, lundi liT 
octobre 1906. pour leur demander de téléphoner à leur agence de 



LA VERITE CONCERNANT LAFf.UHE lir.nEltT 191 

Ixindres <Ic ne délivrer aucune valeur ou titre en mou nom et de ne 
juyer aucune somme aur mon cnnipte à .|ui ipie ce «oit, (avant en vue 
la femme 1 esnel,) jusiju'ù nioL retour à Londres, et le (ait <le répiter 
(v message jrar télégraplie, prouvent le contruir,. de l'attirmation de 
Jl. Davras el montrent eombien était inju.nifiable le langage exagéré 
dont il fit usage en décrivant la prétendue lonfianee illimité,., qu'il 
me supposait avoir en elle. 

U fait i)ue je ne voulus j«3 me fier à elle \m\T me. donner dw 
noms de références, et .|ue j'allai i la mairie de Versailles pour 
prendre dm renseignements sur elle et sur Cesliron prouve aussi que 
je n avais pas en elle c^itte confiance qu'il nijit à M. Uavras de iir,- 
sumer. ' 

Kn effet, sans ces ren-eignei.ients tavoralilcs à l'wliron et à l'es- 
neJ, que je reçus  la mairie, je ai serais pas retourné une seconde 
fois ù Versailles et, par conséquent, je n'aurais rien fait pour les aider 
a se d.-brouiller avw la police, bientôt après, ceiienda-.it, j'en revins 
encore à mea soupçons de lei-r duplicité, et je ne mmquai pas de le 
leur faire savoir, ce qui a peut-être pu pri^ipiter leurs desseins de 
m assassiner. 

Elle m'a dit un grand nombre de choses que je n'ai pas crues- 
pourtant M. Dayras se croit bien certain que je n'ai rien soupçonné 
mais en cela comme en plusieurs autres choses, il est un peu uait, M. 
Dayras. Il ne voit pas que c'est parce que je n'étais pas assez crédule 
et as^ez confiant et que je voulais vérifier leurs histoires qu'ils ont 
tente de m aâsaasiLdi. 

Il ne s'ensuit pas que je l'aie crue, quand aile me donnait de 
fausses excuses pour ne pas me rendre .-nés documents, bien que je 
m efforçasse encore de les recouvrer, car cela ne me les aurait pas ren- 
dus de lui dire qu'elle n.entait. 

M. Dayras parait tout-à-fait certain qu'il aurait au immédiate- 
ment quoi faire devant les tergiversations de Pcsnel. J'avoue franche- 
ment que je ne le savais pas. M. Dayras semble penser qu'il n'v avait 
qu a s apercevoir qu'elle mentait pour que mes documents me tombas- 
.^nt dans les mains spontanément. Ce n'était pas la confiance que 
J avais dans le couple qui me '.aisait le suivre, ni mon anxiété de 
rencontrer Mary Smith, sauf pjur en obtenir la clef du coffre-fort si 
elle l'avait, et pour lui demander les renseignements que la Pesnel 
me dissimulait. C'était, en -orc une fois, pour avoir l'occasion de 
remettre la main sur ces documents, dans l'intention de m'en retourner 
à Londres auasitM que j'aurais pu lea recouTrer; et, afin de retrouver 
(■•■tte oc-casion, je vis qu'il éttit nécessaire d'entrer dans ses projets 
et de paraître approuver ses propoetions, car je m'apenjus que toute 



liii 



UN SVANDALB FRANÇAIS 



opposition «aod rt'serve à ses plana aurait d^'truit toute chance de 
ravoir mes document», de i«ortc- qui' jt; fus obligi' de !a laiuer uitpiTL'r 
bcauL-oup i\c cIioh;» que je a'avaie pai« rinteiitiou de fain-. 

Il n'y avait pai, non plu^, preuve de tant de coufianve en elle 
qu'il le iparaltrait, à lui laisser emporter iiie^ documenta; car iU 
étaient tous enregistréx, l't ne iKtuvaieut être d'uucuiïM utilité pour 
«lie sans uiu signature en due forme; à moins que je ne disiAruasc i 
qu'elle pfiL contrefaire ma signature en fau\. •)<■ ne pouvaiii pae 
croire t(u'ellc voulût garder mes <I<K-U)iients «iinvleinent i>our me 
donner de Tennui ; je savais que, tant que je seraiii là, elle ne pourrait 
pas s'en servir ù mon préjudin-. ni m'est- roijuer. 

Je ne la considérais pas si habile (jue le faisait M. Dayras, car 
je ne voyais pas tant d'huhileté <jue lui à mentir et Ji assassiner, ce 
que tout tcélérat sans scrupule peut faire. Elle m'écrvit les lettres 
les plus maladroites de la prison do Fontainebleau, si on l«s regarde 
au point de vue de son irtérêt. Kiles ne lui servirent à rien, mais 
constituèrent une des meilleures conflrmationa de son imposture, et 
éclairèrent complètement les juréf de Mclun, qui doutaient qu'elle 
employât tous les mo;,ens pour en imposer au Tribunal. Elle n*a pas 
dté assez habile pour éviter de se faire emprisonner plusieurs fois et de 
passer la moitié de sa vie active en prison. 

Beaucoup d'enfants peuvent mentir aussi effectivement qu'elle 
le fait. La même audace, les mêmes manoeuvres trompeuses se ren- 
contrent souvent chez dei esprits bien inférieurs. 

.ravouc que je n'ai pas soupçonné leur projet de m'aseassiner 
avant le moment de la tentative de meurtre sur ma pcrsonm^; mai;* 
on ne pourrait, en aucune manière, soutenir logiquement que c'était 
une preuve de confiance en elle, ni que j'avais été intprudent. 

Sans doute, les gens prudente éviteront dant; la vie plus d'em- 
bûches que les autres; mais il y a des accidents qui sont inséparableh 
de la nature de notre système social. Nous avons, par nécessité, lï 
pla<?er une certaine confiance dans les autres, dans nos relations avei' 
eux, et il y a toujours une possibilité de se faire tromper par ceux 
qui veulent tirer avantage de cette confiance ; mais il est nécessaire df 
protéger ce degr^ de confiance, dont dépend le maintien de la société, 
et c'est le devoir de l'Etat de punir ceux qui pèchent contre cottf 
obligation envers la société, au lieu d? les en louer et de se moquer de 
leurs victimes. 

Certains négociants, par exemple, sont obligés de faire crédit 
sur dcï référencer, souvent très ambiguës, ou d'abandonner leurs 
clients à des cumpétiteurs qui accepteront les risques. 

Un médecin est appelé de nuit, pour un cas de grande urgence : 



pu 



/..l VKRITE COyvKIlN.lXr I.WFFMIIK IIHHEIIT l!i:j 

(■!■ jHMit n'fttv i|u'un projet [Kiiir lui iIri-.iT un i'ui't-«))cn« iIjik iiji 
pait(irt;fe nbhcur iiù on veut .'ai*»tH«rini'r. 

Toute» les foi< i|Ue iiou.' allons liiez le Imrliicr, noll« lui ilonnona 
l'oecnsion dp no.- eoll|HT lu ll«T;ti- «ins cilu-ljule. .le ne |«'n«<' I IH i|Ui' 
le Lurliier i{ui le feruit «oit ilonnnninieut liHliile. ni l'homim 
irait elu'z lui pour s,' (aire nier, exiTs-iveiueiit iiiipriulent. 

Cluieun pinee ee cli.;rrc-lù île eonfiiin.e en aiilrui. priitniueiuenl, 
lou» le» jours île sa vie; ee|ien.lnn<. M. lla.vras ne \mt rien île le» eho- 
«es là. mais il suit .pie le n.').'oei«nt n'aurait pas .lu [aire erJ'.lit; le 
ilootcur n'aurnit pa> .Ift sortir telle nuit-là; tout liomiue ilevrait se 
raser lui-niênie. M. Dayias saurait, par eveuipl.'. ipianil un honinie 
s'est f-': tuer ilans un ai*iilent il.' eheiiiin il. fer. qu'il aurait ilil 
voja^er en liateau. et lors.priin autre niallieureux se noie à l'oieasion 
.l'une lollisii n en mer. M. llavras ■■loiujirenilrait à in.'rveille" .pie 
cet iinpni.lent aurait ilû avoir la sajjesse île voviiL-er en eli.'inin ilc 
fer. l'e i|ue .M. I)a;ras ne sait pas, t'est tle ilisiinguir entre la sagesse 
t|Ui surjtit ajirès un événement et celle .|u'on |K'iit raisonnalilement 
raijjer tle la onnsiilération île toute» les possiliiliti;» tl'une oeeurreiur 
future. 

Ij» pus (iranile inipruileni.e i|iie j'ai riininiis», e'est il'avoir pré- 
sumé que eertains inilivi.lus incnni|H'tents île l'ailministratiiin tran\Mise 
avaient la capacité et l'honnêteté île ilislin^fuer entre la vérité simple 
et la fausseté évitleute. et ilc nie ilonner jusliee. Si j'avais soii|K,onné 
leur incapacité et étais allé tlirectimenl à Lonilres. au lieu iPaller à 
Taris, .pour être protégé, j'aurais au moins évité leurs traitements 
barbares. 

Pour ce ipii est île ma "c. uiplicilé ineonsciente". et .l'avoir 
été un instrument ilans les jnains tle Pesnel, un .■xemple sin;.Milier eut 
lieu récemment à Paris, tlans Ictpiel le commissaire île police fut aussi 
un "complice inconscient" et un "instruiuent" ilans la proiluttion 
.l'un "canaril" autlacicux à la .Maison Ijaffite; .l'eu reproiluis ici 
le récit tlu DaUif Chronich ilu .") mars liMUt ; 



« 



"Cmmril Parisien". — Un imitateur français du fameux 
Capitaine de Koepentck: — Incursion dans un rlnh riche. 



Paris, jeudi. 

"Un imitateur français du 
"amené récemment un couj 
''frt'quent'é par de ^rrands fi •■: 
"(\p jeux tîo hasarfî. 

'*L*année dernière, la police fit une incursion dang le club; mais 



frtmoux capitiiini' de Koopenick a 

, \re à la Maison Laffitc, pluSi 

I et autre?, et lieu de l)eauooup 



lUl t'A- aCASDÀhH fK4A(.'.</*' 

"eoiniiw. 1m nvcmbro. .v.icnt éi;. averti*, on M 1™ .urprit i rien d« 
' i>lm Mric.x qu'une innocente i>orlie Av Jix. 

"I/.utru jour, lonMjue l.« tal.ii'. .le jeu étaient rempLe», un 
"innn«ieur .r.pi..nMitv «étante, avec ,n eompagnoni, .pi>«rut .ur 
'Ma «ène. U- «uide. /a.ln«ant aux joueur», «'ecna: Je aui* corn- 
"n.^«ire de poli«., ..t_, au nom de la loi, j'interdii à tout le monde 

"de iiuitter la inai«on." , ,, 

"Il V eut Iwaucoup .le <on«tcrn«tion. \m "fIim proi«da * 1 o- 
"p<.rati<m de fermer le» iK.rte. à clef, iH'ndant que leur guide to 
"commi..aire", reenoillait tout Tarifent nur le. table., qui •« montait, 
"h peu pri» à ïingt-iinq mille fr». 

'\T.tit avoir pri« le. nom. et le* .dre.«» de toute le. per.onnea 
"présente», d'une manière otficioUc, de. plu» «éri..u.e et de. mieux 
"approuvé,., il leur annonça qu'on instruirait de. [wursuite. contre 
"tou. ceux qu'on avait trouvé, là. tj. répoi.« à ph-ieur. qm le pri*. 
"rcnt de le. lai»»iT aller, le "cominU«iire" leur di. qu d n avait, lui, 
"(lu'à faire .on devoir. En.uite, il le retira. 

Comme aueut deux ne reçut d'avi. de p<mr«uite, il. «e deei- 
dirent à aller trouver Je commiisairc de police, et i le prier rte lai.- 

Bcr l'affaire lomtier dami l'oubli. 

Quel ne fut pa» leur étonnement, quaL « trouvèrent à même 
de c«n.tater <iue le eommi»«aire de police . • "fonctionnaire qui 
avait vi»ité le club étaient deux personne, di rente»! fcn etiet, le 
commissaire réel ne connaissait rien du tout . 1 affaire, et U e»t 
maintenant induit i faire U ohasse à l'auteur de ce canard amuwnt 
et audacieux." 



Pan» cet exemple, il aurait aé aussi logique de présumer que le 
eommi»8oire de police, qui ne .avait rien de l'affaire, avait la plus 
grande confiance en cet imposteur, de l'arrêter, et de le détenir en 
pri*.n i«ndant deux moU et demi, pour faire une enquête sur le 
degré d'imprudence c» de responsabilité dont U s'était rendu coupable, 
et pour la "complicité inconMiente" et le r6le d'inrtrument qu'il avait 
joué dans l'affaire. De plus, le contraindre à désintéiewer les joueurs 
de leur» pertes, avant de le remettre en liberté. 

2o. Mon prétendu nfxriage en Amérique. 

Il n'est pas vrai que j'aie vndu tou» ou partie de mes immeuVie?, 
ni aucune autre propriété à lymdres ou ailleurs. La femme Peanel 
avait proposé d'acheter le bail de ma maison dans Toit Place, e. 






u YEitiTt: voxcEitx.ixr i/AtfMiit: imimitT m 

j'aai.,li.p„4i 4 I., lui vemlrf à d... ™n.liii„i,.H ,,,,1 niaurainit cMnonu; 
.«r vllo „K. ,1,1 ,,uVllo avait 17o,().,i. m- à ,u ,l,.,„„,ii,m dioA wn 
.■•;rrn..fort, «.miin.- ,iï„. |a,|,ii.|l.. vU^ ,K„uaii p^vr .-..mniaiu ; mun rllo 
ndura.t ,«, pu l\,l,te„ir ,,„Mr ri.n m M. „'a>:ut pu. ,rurK,.nt. 

1 n.'«t pa* irai, non plus quo j'aie ,lit à ,|n.|,|u'uii ,],. nu'* a.iiin. 
..Il à .1 aiitr.*, m .(uc. j* ilmain aller me mariiT ,.ii Am.ri.iu.., m ,„é„„, 
».i.il.li.rn,.nt .|ii.. je .levai, faire un 1„iik v„>a,{e wi .\in,.ri.,i,e ..u ail- 
li'UrB. * 

n'ajUM cclto iiul.lieiilion, cela .levrail être la eliu,.. la nlu, taeile 
.lu Mion.le de trouver, „u .le |,ru.luire. „u .1,. ,l„„ii,.r le n„iii ,1e ,,-. inti- 
nie« ù .,„, M. Dajra. affirme .pie ja, ,l„ „„e .h.we pan'ill,.. et je lui 
.l..niand« il ou vient ce ti.in..i»na>te, et «ir ,,iielle autorité il otfirme 
rej clio».s .lam. son ré.|ui«itoiro ? 

J'ai «lit i me» intime» ipie j'allai» à l'aria, et .|ue je serai- .le 
retour dan» une «cmaine .m ,leu.v. ca. je n'aivai» pas eu ,1e loniju,.* 
.aeano..* durant l'été, et je ne partis pas avee l'idi,. ,1,. me marier, 
m ni atten.Iais-je à le faire. 

Comme je l'ai dit auiwravant j'allai voir les fosl.ron l'esncl 
>.ir leunnvitation, (,)uels ,|i,e soient les motifs ,|u'ils ai.nt eus, M» 
n,. modifie pas le liut .|ue j'avais en vue, mix l'idré de trouver l'oc- 
casion de rencontrer ce» eapiialist,.- ,lont ils m'avaient pari, iwur l.iir 
fçire voir le rfaultat de mes rcclurches sur ', conservation ,lu lait 
.1 aval» aussi préparé le capital n.tessaire p. . m'a»suf».r un intérêt 
*.li.le dan» la formation d'une société, si je trouvais une .Hva-i.in U»,. 
rable et profitable de le faire, pour l'avantnge de mon parent. 

.'c n'acceptai point l'histoire de la Pesnel comm,. représi^iitant les 
^ntinient. permanents de Mary Smith, et j'eus ,1e grave» soup^^on» 
«ur la duplicité de la Pt«nol. jusqu'au moment où je pris des ren- 
seifinements sur eux à la mairie; mai» les bonnes références que je 
ti\m à sur leurcimptc, sa réitération de produire la prétendue f.ir- 
tune, le tout m'étant imposé sans que je l'eusse ,lemand.s, ses visites 
reitori.es chez le,s consuU et ailleurs, l'impossibilité supposé^, de 
rencontrer, pour le moment, les prétendu» capitalistes à Paris, parce 
'i;ie. disait^llc, ils demeuraient en Normandie dans le voisinage 
a.\ ençon, me fit écouter le» propositions qu'elle rae faisait en atten- 
.lant; car je ne voyai» aucun mal à la laisser continuer .son histoire 
.t a la laisser prouver ce qu'elle promettait continuellement de faire- 
m»,, ,1 est probable qu'elle esjiérait me voir accepter sa propo- 
«itwn. sans attendre la yérification qu'elle prétendait me presser d'ac 

Selon l'état des choses, s'il, n'avaient pa., t/>nt^ de m'assassiner, 
J aurai» tout wmplement déconvert pour certain la fausseté de ce 



UN aCAXDALÈ! FRAycMS 



qu'elle avançait ; eomrae bien d'autres fausise^ hit>toire8 que M. Dayraa 
a entendues durant sa vie, et je semis devenu tout aussi sage, tout 
aussi prudent, tout ausr^i peu crMule que M. Dayras lui-mêm»î croit 
l'être. 

I] s'ensuit que la grande erreur que j'ai faite, est d'avoir reçu 
deux balles dans la tête. Peut-être JI. Dayras aurait-il découvert 
d'avancf» l'intention de ces meurtriers, tandis ijuo je ne l'ai jtas 
fait; mais s'il peut si facilement dwouvrir les motifs et le,s projets 
des afSaNjins, sa pluiv. devrait être |irès des têtes couronnées, qui sont 
exjiosées à l'assassimit. 

On peut voir, par ce qui j>rt'pè(le. et par d'autres fausses repré- 
sei'tations, que M. Dayras «'rivait un roman au lieu de rapporter 
exactement des faits, sur lesquels il devait baser ses allégations. 

liais je pus comprendre, mieux qu'ils ne le pensaient, l'idée 
(|ui guidait les fonctionnaires du Parquet. Je vig qu'en présence de 
leurs propres bévues, ils trouvaient nécessiire de me vilipender, de 
se oquer de moi, de me faire paraître lussi petit et aussi iiisiguifiant 
qi possible, afin de donner l'apparence d'un grand contraste avec 
leur propre imjwrtance majestueuse. Cela leur donnait conscience 
de leur supériorité immense, ce qui leur ^ rocurait un plaisir person- 
nel intense, et les faisait se croire au-dessus de Uurs erreurs. 

Dans cet état d'esprit, ils ne voyaient pas la même nécessité de 
?e protéger de leurs erreurs en me condamnant injustement. C'est 
pourquoi les jilaisanieries qu ils firent sur mes reh+icns avec Maiy 
Smith leur jiarurent une substitution suffisante. 



Zm véritt t§t J'autant ^fu» ttrangt qui 
la fiction, que U ftut trap* craint Jt )a Jiri 
di ^ur d'ftrê jvgé mtntiur, 

VINCENT LAURENS, 

lit, conmio je compris, à l'époijuc de mon entrevue avec M. 
Dayras, au sujet de l'ordonnance de non-lieu en ma faveur, qu'elle 
m'était accordée à condition que je reconnusse tacitement que j'avais 
été imprudent; de même je compris, au moment de l'instruction, qup 
si je niais ouvertement avoir eu aucune intention de me marier, lors- 
que je vins à A'ersailles; lors même que c'était la pure vérité, leur 
propre nature, leur caractère et leur con<luite auraient été en contra- 
diction absolue, et les aurait privés de l'excuse qu'ils ont utilisée 
pour sortir de leur dilemme en me trou'vant innocent. Ils auraient 
de plus discrédité tout le reste de mon témoignage. 

Je via alors îe grand intérêt qt'c j'avais à ne pas déranger leur 
état d'esprit sur ce point, et je ne leur contestai rien; d'autant plus 



il VEIUTE lOXCLUXAM l.AhFMItt: IIHlUniT 1V7 

uue mon conseil nravnit dit que «• s.Tail eu ma faveur -'ils le 
croyaient ; et, de toutes les fausses accusations .|.ron porta contre moi, 
je préférais c|u'on me trouvât cou].aiile deir,. aluoureu.v. ,,ue d'être 
un espion ou un escroc ou un meurtrier. 

Tout cela, cependant, ne rend pas uaie la fausse affirmation 
de M. Dayras ,|ue j'aurais converti e.i ar-enl tous mes imiueul.le> de 
Londres, après avoir répandu le lu'uit auprès de ii,e< intime^ ipie j'al- 
lais me marier en Aniéri(|ue. 



.10. 



Ijf pnrf,U de coii.ii-miHiiii du lait de VfAniii. 



Le procédé de conservation du lait jiar Cesl.ron n'était pas un 
secret de Polichinelle, car il répond parfaitement l.ien au.x besoins 
du négociant, même s'il y a ipielipie iloute sur l'effet i|u'il peut avoir 
sur le consommateur; et. Iiien i|u'il soit défendu par la loi. en Kranee, 
d'employer le formol comna. prést-rvatif d'aliments, on l'emploie, en 
France, au moins autant f|u'en Angleterre, où il n'est |ias défendu. 

Plus de la moitié de tout le lait eon.servé vendu en Kranee. et 
conservé avec du formol, sous le nez des autorités cpii s'évertuei'it à 
l'cmpêelier, et à qui on le vend quand même. 

Evidemment M. Dayras ne connaît pas ïraud'cliose de la conser- 
vation du lait, et c'est prolialilenient la raison |»iur laquelle il est ^i 
dogmatique, au sujet de l'aliandon de Ja pnqmsition de Ceshron, parce 
que son proeéoé contenait du formol; mais nous oonnaissous dn'.jà 
tous ces gens habiles après coup, et la facilité ancc laipiidle ils peuvi'iil 
fabriquer un prétenilu fait qui leur convient. 

ifême en sujMsant que le procédé de Ceslirou eût été un secret de 
Polichinelle, la correspondance qui avait pa.ssé entre Cesbron et moi. 
et que M. Dayras avait dans le dossier, prouvait <|Uc j'avais découvert 
un procédé moi-même, pour conserver le lait sans formol. C'aurait 
pâté entièrement l'arftument de 51. Dayras de faire mention de ce fait, 
vu qu'il n'aurait pas pu classer mon attitude en cette affaire .sous 
l'étiquette: erreur grossière, ou acte invrai.sem.l)lable; car tout homme 
d'expérience aurait pu voir combien il eflt été illo>ri(pic <l'aliandonner 
une transaction qui aurait pu réu.ssir, quand j'avais m.d-méme trouvé 
un substitutif exempt du formol interdit. Seulement ceux qui ne 
^'y connaissent pas plus en affaires .pic Jf. Dayras. nl>andonnent t.nit 
S la première difficulté apparente et ils concluent que tous les autres 
devraient faire comme eux. 

Le rejet de la proposition de Cesbron pour cette raison, dans 
l'es circonstances, aurait été absurde; car je me trouvais placé dans 
une condition plus favorable qu'auparavant, dans l'affaire: mais. 



wm 



lus 



U2i UVASDALE FRAM^AiH 



selon M. Dayra«, vous navez qu'à tout abandonner, et vous n'aurez 
jamaÎB d'eunui. 

11 aurait pu ajouter: il ne faut jamais aller en Allemagne, ni 
parler à un AUeinand, et vous éviterez qu'on vous accuse d'espionnage 
au semice de l'Allemagne contre la France; mais mon opinion est 
qu'aucune mesure préventive n'empêchera un juge d'instruction ambi- 
tieux qui a en vue son avancement, de 8oui»(;onner une affaire d'es- 
pionnage chez un étranger qui en est accusé par le plus vil des crimi- 
nels, et même par un perroquet. 

On peut encore observer un autre raisonnement absurdr de la 
pf rr de M. Dayraa, qui est aussi une peinture «le la logique bât Je 
employée dans son réquisitoire, où il affirme que non seulement on 
enverra le lait en AnijUterre, mais même en Suinsie! ce qui, naturel- 
lement, a fait rire tous les gens malins. Mr. Justice Darling lui-même, 
après avoir lu le réquisitoire fut vivement impressionné par le long 
trait d'exelaniation qu'il trouva à la fin de Ja phrase, et il compara 
l'idée, très à propos, sans doute, à celle de transporter du charbon 
à Newcastle, après l'anoir acheté à bon marché à Londres. 

J'ai déjà cité, page 8, une lettre datée du '^7 mars 190(i, que j'ai 
reçue des Cesbron, tians laquelle ils disent qu'ils pensent qu'il y a 
aussi quelque chose à faire avec la Suisse." Il n'y avait pas ici de 
"long trait d'exclamation." 

Ils ne disent pas Ju tout qu'ils se proposent de vendre du lait 
en Suisse; au contraire, ils écrivent sur le sujet de l'organisation de 
l'affaire du lait; ils disent qu'on leur demande de faire un essai, et 
qu'ils doivent donner réjMinse; ils '\eulent savoir si je combine à d'état 
liqui4le ou autrpment, et demandent que je leur envoie une petite quan- 
tité toute faite ou la formule. 

Il n'y a pas un mot dans la lettre au sujet de vendre du lait en 
Suisse, et il est évident, en la lisant, qu'on propose la Suisse comme 
*ine source d'approvisionnement, en plus ou au lieu de la Normandie. 
on leurs efforts n'avaient pas eu autant de succès qu'ils s'v atten- 
daient, et ils suggèrent qu'ils y avaient trouvé d'autres capitalist'-s 
qui désiraient connaître quelque chose du procédé de conservation 
?n question. 

Je soupçonnais, moi, que le but réel des Cesbron était d'obtenir 
de moi un échantillon, qu'ils essayeraient do copier, et j'ai refusr 
leur proposition; mai? je leur offris d'aller à Paris pour produire du 
liiit conservé en présence des capitalistes, s'ils voulaient payer me^ 
dépen.«e8 de voyage. On n'a pas accepté mon offre. 

Rien autre chose n'a été dit entre nous, à aucune autre époque, 
au pujet de la Suisse; et je demande à queJle conclusion nous devons 



J.i VmUTE CONVBUNAST LAFFAIRE UEUERT 19a 

en ivenir. M. Bayras plaisantait-il;- Ou bien n'était-il pas duposi 
a suivre "les petits détails", afin de comprendre ce dont il parilit? 
Voulait-il embrouiller les choses pour mjstificr .luelqu'un délibéré- 
ment, ou bien cherchait-il la première excuse venue pour couvrir l'ad- 
ministration, en essayant de me faire paraître ignorant ? 

"e '""te manière, ce ne sont pas les conseils bonasses et cocassee 
de .M. XJayrae, sur la validité d'un proe^-dé de conservation du lait ou 
sur la probabilité de succès ou d'insuccès, cjuc je suivrais, si j'entre- 
prenais une affaire de lait. 



4o. J/on prétendu faible pour ï argent. 

il n'est pas vrai que j'aie donné des conseils pour diriger l'argent 
de 1-alere dans l'affaire du lait, ou que j'aie eu scmblalile intentien. 
Uans une conversation que j'ai eue avec M. Dajras à ce sujet, 
je lui dis (pie j'aurais considéré comme inconvenable de ma part de 
conseiller Ulère ou Sudre, ou de leur imposer cette condition qu'après 
leur raariage ils dussent fournir de l'argent pour l'affaire du lait 
11. Dayras me répondit qu'il aurait été lout-à-fait légitime iMur moi de 
le faire. Néanmoins, je pense encore que ce n'aurait pas été bien 
et je n ai jamais mentionné l'affaire du Jait à Lalcre, ni à Sudre et 
il nest nullenient mentionné dans leur témoignage que je l'aie fait 
\m femme l'esnel m'avait suggéré de le dire à Ulère, et je lui 
repondis que je ne le ferais pas; ca. luisqu'elle avait entrepris de 
trouver des capitalistes, elle ne devait pas compter sur moi pou- per- 
suader a quoiqu'un de placer son argent dans l'affaire. Pour cette 
raison, j'ai évité avec soin de dire un i»ul mot à Lalère au sujet de 
1 affaire du , à moins qu'il en parlât lui-même, le i.reniier, et 
parut desirei joindre à l'entreprise. ; de sorte qu il ne tut jamais fait 
mention entre nous de l'affaire du lait, ni entre Sudre et moi non plus. 
.)e ne voulus pas non plus consentir à la proposition de Cesbron 
dans ,1 une de ses lettres, de former une société en participation et 
■de s adresser au public pour les fonds, de sorte que l'affaire du lait 
ne me rendait pas assez avide de profits, pour m'induire à faire quel- 
que chose de blâmable, comme il a plu à .M. Davras de le repré.senter 
et il est plus que probable que je ne suis pas plus avide d'argent que 
Jr. Dayras lui-même bien que je puisse être plus méthodique. 

Il n'est pas vrai non plus, que j'aie laissé Lalcre croire que j'é- 
«18 le tuteur de Miss Northcliff. Je lui ai dit clairement, comme 
je 1 ai déclare auparavant, et je l'ai fait avec autant de foree que M 
I.alère, ou M. Dayras lui-même, l'aurait probablement fait dans les 
mêmes circonstances; mais si Mangin Bocqnef a mi= prè= de troi* 



200 



UX t<L:L\0.lLE tll.L\\AI^ 



mois à s'apercevoir 4110 je lui avais dit (juc j'élaia innocent, bien que 
ce fût écrit dans le dossier depuis le coraraencement de l'instruction, 
même en présumant nue Lalére possédât la même vitesse de concept:™ 
qile le malin Jlangin Bocipict, il est évident (|ue vingt minutes n'é- 
taient pas un temps assez long pour l'éveiller de son état d'iopno- 
tisuie. 

Jr. Davras regardait l'imposture pratiquée sur Lalère par la fem- 
me Pesnel comme une preuve de ma confiance en elle, parce quelle 
fit usage de mon nom, à mon insu, pour lui en imposer, et il présume 
que j'étais responsable jwur la confiance que Ulère plaçait dans les 
dires de cette femme lorsqu'il vint chez moi, et que, pendant les 
vingt uiinutw qu'il passa chez moi, il ét;r inconteslahle- 
iiient de mon devoir de percer le mystère de son obsession, et de l'en 
délivrer à l'instant, ce qu'eux-mêmes n'ont pu aeccuplir qu'A demi 
dans l'espace de plus d'un an, avec tout l'attirail de Ja loi, l'emprison- 
nement, les ruses et les manoeuvres du juge d'instruction. Voilà ce 
que y\. Dayras appelle ma grande imprudence, et les erreurs gros- 
sières que j'ai commises. Il ne demandent pas beaucoup au.it étran- 
gers, ces fonctionnaires français, n'est-ce pas ? Ne serait-ce pas tout 
aussi sensé ou tout aussi insensé de dire que M. Davras, lui-même, 
aurait du avertir Lalère que la femme Pesnel lui en imposait. 

Pourquoi .M. Dayras n'a-t-il pas trouvé lui-même en vingt minu- 
tes que j'étais innocent, au Jieu de prendre 8i.x à sept mois pour le 
faire ? Pourquoi n'a-t-il pas trouvé la culpabilité de la femme Pes- 
nel en vingt-minutes, au lieu de prendre dix-sept à dix-huit mois ? 

.'10. Mon sysihnc fautif de défense. 

IFon système de défense n'a pas été ce que V. Dayras eût espéré 
d'un homme innicent. Néanmoins, dès le commencement, j ai nié 
les fausses aeeusatiens et les allégations incriminantes portées contre 
moi par la femme Pesnel et autres. J'ai produit les preuives documen- 
taires que j'avais, pour soutenir mes dénégations; j'ai démontré, par 
un cahne raisonnement, l'absurdité de ces accusations, et le manque 
de logique des arg-.'nients avancés contre moi, et je m'en suis toujours 
tenu à mes affirmation^ sans jamais me contredire. 

M. Dayras fit mention de mon témoignage contradictoire avec 
celui de Brunet. comme un exemple où je suis supposé n'avoir pas dit 
la vérité, mais I ■ vérité ne produit pas toujours une impression assez 
Tnvo pour déraciner le préjudice chez certains esprits. En effet pour 
eux. le vrai n'est pa-s vraLsemblable, après l'avoir revêtu du manteau 
fantastique de leur propre imagination. Evidemment M. Dajraa ne 



/. 1 VKlilTt: CO.WEHAAM LAFF.Ulli: UKItEUr -an 

connait pas la différence entre une vérit,'. ,.t „„ inenscm.'c, aimi)l..]ii/-Dt 
a les entondre prononcer; car je crois a;„ir prouvé la véracité de mon 
tcmo,;:„age ,1 une manière concluante à toute i,.rsonne lo.'i.iue et 
sans prejUKc. .,ui puis» me suivre dans "n.es petits détails" où M 
Uavras affiriji,. ipie j,' me jierds quel.iuefois. 

(■cite affirmation de il. Dayras a rapi»,rt à quatr,. mémoires 
^ue j «r.vis pendant ma détention, pour criti.,uer le ténmi-na^e de 
Brunet. et dans leipiel je fi, voir les défauts et les inconsém.encM ,|ui 
8.V trouv,.nt, ainsi qu,. les différences et cntradi lions avec le té.noi- 

dans ,1e petits détails; c'était l.ien M. Dayras qui ne pouvait pas m'v 
suivre, et qui so perdit lui-même ilans le Uliyrinthe des .nen-ongefi 
de Pi'snel, en vains efforts pour y découvrir la vérité; car l'histoire 
fondamentale du réquisitoire de M. Dayras a été prise dans le récit 
original <le la Pesnel, qui fut amendé, où on le prouva fauv niai« 
retenu, nu 1 on ne trouva ])as de preuves contradictoirw, bien qu'il 
y soit tout aussi faux. 

Pesnel elle-même était pleine de confiance en son ])ouvoir do leur 
en impos<.r. et c'est quelque chose qui me surpasse, qu'un magistrat 
prenne le lavardage d'une femme si criminelle, et en fasse la hase de 
1 histoire d une affaire sérieuse, dans laquelle elle est la |,Uls intén.ssé'c 
J i:is .1 y avait quchpie chose dans mon système de ('cfen«c qui 
empêcha M. Dayras de croire en mon innocence, qu'il évita de men- 
tionner et ,pii fut pour l,e^uuo„,p dans le iiréjudice im'il s'était formé 
contre moi. a savoir: 

^ Je n'ai pas montré mon mépris pour un trihunal de justice dont 
J espérais recevoir justice et équité; je n'ai fait aucune démonstra- 
tion ; je n ai pas gesticulé comme un mania.pic ; je n'ai pa.s crié plus 
fort que tous les autres; je n'ai non plus rien affirmé, uir un .ertain 
ton de V01.V que les sages de l'administration considèrent comme ca- 
nicteristique de l'innocence. Au surplus, j'avais la mauvaise habitude 
dL^outer 1 autre côté, et de raisonner, quand. .,<don eux. j'auiais dû 
me mettre en colère, afin ,1e donner à mes affirm..tions l'empreinte 
Ile hi smcente. Je n'ai, non plus inventé de fausses accusations contre 
l>ersonne. et tout cela les surpassait. Iji femme Pesnel fit tout cela 
cl s attira leur admiration, et l'attribut de la perftvtiim. 

Certaines autorités judiciaires françaises croient .éellement pou- 
voir diVider de la véracité d'une affirmation, par le ton de voi. avec 
lci|ucl elle ost exprimée, et se fient à leur impression en donnant leur 
jugement, 

T'n exemple notable de ce cpie je veux dire a eu lieu récemment 
en tranw, et fait voir le principe de la tonique qui caractérise l'in- 



203 



UN ^VANDALE FliASÇAIH 



nocencCj et )a tendance des tribunaux français à découvrir indiffé- 
remment un coupable ou un bouc 'imiesairc, pour tranquiliser l'ee- 
prit frani^is au sujet d'accusations douteuses. 

Je fais allusion à l'affaire de l'assassinat de M. llémy, un ban- 
quier do Paris en retraite, par son vtilet nommé Courtois, qui accusa 
le sommelier lîeni'rd de eomplicité dans le mcui-tre. 11 n'y avait 
aucun témoignage contre Kenard, qui a toujours protesté de son 
innocence. Itien que des préjugés et dos opinions i)réconçuc8 de gens 
vains et suffisants, genre Brunet, qui firent part de leurs impressions, 
lesquelles n'étaient ibaséos sur aucun fait, et lîenard fut condamné 
aux travaux forcés à peri>étuité, tandis que Courtois, l'assassin réel, 
fut condamné à \ ingt ans. 

1* Vaihj Chrunicle du 11 février 2909, rapporte que: 

"L'un des membres du jury qui condamna le couple, interviewé 
"aujourd'lmi, dt'clara qu'au premier scrutin, huit d'entre eux votèrent 
"la condaumation de lîenard. Avant même de se retirer, les jurés 
"décidèrent que les protestations d'innocence de Kenard n'étaient pas 
"sincères," (c'est-à-dire n'émettaient pas la tonique requise). "Ils 
"hésitèrent, cependant, à l'envoyer à la guillotine, et on lui accorda 
"le Iwnéfice de cirion^jtances atté-nuantee." 

Par la suite, l'annonce qui suit parut dans le Daily Chronicîe du 
9 juin 1909: 

"Parif^, 8/6/09. — Courtois, le valet et l'assassin de M. ïlémy, 
"Iianquior en retraite, et qui mourut en prison, en attendant sa 
"transporta tion à ('sivenne, avoua à trois compagnons condamnés, 
"peu de temps avant sa mort, que lui seul était coupable du crime 
"et (1110 Hcnard. le sommelier accucé avec lui, était innocent." 

Cet exemjde fait voir clairement qu'en France, on est ex!>osé à 
être accu:?é, eondanmé et peut-être exécuté sur de fausses allégations, 
soutenues seulement par des préjugés sans aucune preuve de faits, 
à peu près comme on le voit dans les soi-disant pay? non civilifiés. 
Si Courtois n'avait pas été sur le point de mourir. Renard aurait été, 
sans doute, envoyé à son châtiment comme beaucoup d'autres, dont 
personne n'entend plus parler après. 

On fera quelque L'hose, maintenant, à l'aide d'une bouteille d'en- 
cre, d'une feuille de papier et d'un fonctionnaire romancier, pour ca- 
cher les bévues de l'administration aux yeux du publie, comme on Ta 
fait. Pieu sait combien de fois, dans l'histoire de Padminiatralion de 
la justice en France, et comme on Va fait pour moi. 

Ti*affirmation de M. Payras, que tout L.iseait supposer que j'é- 
tais le complice de la Pesnel, n'est qu'une excuse pour les erreurs des 
foncliuiiiiains de Padministralion, qu'il faut présumer infaillil)le«. 



, un ban- 






LA VERITE CONCERNAIT L'AFFAIRE HEBERT 203 

en produisant .,e, piénon.Le, ë ,U , J ^ . ' a„7d„uT """ 

e; «ci.. ;^s:;i:z^irrr:r^rizr^ 

e«. pour e„,p,oKr le l'an^L d^ JlX-.™"'""" ^" " "'"■' ^" 



Co. 



Pourquoi j'ai payé 6,000 francs 



o^raott:.""""" """"" '^' ""^"^^ "- 'o™"™t le ";:.''■ de 

Je le demande, maintenant, au lecteur- 
mvrZ^i'V T '* ""' '"'""' ■■«•P'-œ™tation de la part de Af 

Mai?, ici, il V a encore un faui r«it des fait, dans l'expo«<i de 
a fer^'T' ,''d'''" ?"" ■^•"^^ "'"'•"■' ^'•^" -l" «™* « voir dan'cttl 
plu» ard ; d adieurs, e, M. Daj-ras a dane l'idée non pas \m f! MO f™ 

ser I^lère et Sudre so.t à déposer une somme d'argent comme oauHm 
elon I. eo„d,t,o„ ™p<„ée par Mangin Bocquet ?our m«" ndr" Z' 
HWté, en attendant la d^i.ion du Tribunal: abra, comme je Z 



«M 



f.V eiC.l.SUALE FliAXÇAIH 



dit auparavant, je l'ai fait cujnine une ranv'on (quoi qu'aient pu le 
nommer les sagw de Vcrjaille^) pour 8ou\cr ma vie dea mains d'hom- 
mes (|ui étaient, ou tuut-à-fait ignorants de ma eundition physique, 
ou qui désiraient ma mort, et que je regardais eoiume j'aurais regar- 
dé des brigands qui m'avant eapturé, mu demanderaient la bourse 
ou la vie. , 

Mais on verra la décevanee de a'tte affirmation de M. Dayras, 
lorsqu'on saura cpie le 'l'riliunal de \'ersailles a rendu un 
jup'ment en ma faveur, le 4 mars Wlll (plus de trois ans après 
l'initiation de mes [H)ursuiti'S) pour me remliourser eet arjrent du prix 
des objets mobiliers du couple Cesbron Pesnel saisis et vendus à leur 
domicile. En effet, si cet argent eut été déposé pour (Mlyer Ijalère 
et Sudre, le Tribunal de Versailles se serait e()ntredit en on ordonnant 
le rembouraement à moi, des objets mobiliers de la femme Pesnel; 
mais le Tribunal a préféré contredire M. Da.vras, le fait est que le 
jugement fut rendu pour le paiement de la note promissoire signée 
par Cesbron et Pesnel en ma faveur. 

Tja difficulté que j'éprouve maintenant n'est pas due à ee que j'ai 
fait crwlit à la femnu' Pesnel en me rejKwant sur la valeur de ses 
effets ,mais c'est pour recouvrer l'argent des mains du Trésor public, 
ce que je n'ai pa^ encore pu atcomplir, bien que cette affaire ait été 
en cour depuis plus de trois ans. 

ConH'ie une nouvelle confirTuatinn, j'ajouterai qu'au moment où 
je devais envoyer mon manuscrit à l'imprimeur je reçus une lettre 
de mon avoué à Versailles m'informant que je [muvais toucher immé- 
diatement, en vertu du jugement du 4 mars 1910, une partie des fonds 
de Pesnel saisis au Parquet. ,Ie me rendis aussitôt à Versaillea, et 
le ,'ÎO janvier 1»11, je retirai, de la Caisse des Dépôts et Consigna- 
tions, la somme de H.fill francs et .1."> centimes ù déduire de la somme 
à moi due par Pesnel Mon avoué m'informa aussi qu'il faudra encore 
dfts fornwlités et peut-être un autre jugement pour retirer la balance; 
mais il m'assura que cela ne prendra jias plus que quelques mois en- 
core pour terminer l'affaire . Il «e peut cependant, que la publication 
de ce rréit dans l'intervalle, puisse moilifier le résultat de ces nouvel- 
les poursuites. 

7o. ^fon innocence prourée par la correspondance. 

M. Dayraa finit sa diatribe en disant que ce ne fut que grâce à 
la correxjiondance dépo-iée par moi qu'on put reconnaître mon inno- 
cence, mail que j'arain été un instrument et une dupe. 

Eh bien I alors, ai cette correspondance était ai décisÎTe, pourquoi 



U VERITE COyVERSAST LAFFMRE HEBERT 20J 

touto la i*ine de cette intermiii«l,k. tmiuéto;- U corrcupoiidance 
qui prouva mon innwen™ fui diicuvortu dans mes malle» et saisie 
par Ir ju^c d inslructmn, que' |Ucj juuis npr;.» mon entrée à rhùpiUl, 
.1 t,jut ce que j'ai dépo«é (iisuitc ne fil (,uc confirmer ce qu'on y 
trouva, — Ceci tut reconnu à cette é|K.,|uc ,1 piihli,'. dans la \m*»,' 

l.e Dailu Teltpniph du 6 décembre 19(1(1 rapport,, ce qui suit à 
ce sujet : 

•U malle du Dr Hibert contenait diflërcnla papier», et la corrcs- 
"pondancc ejpiJice de Paris, rjui prouve complètement sa bonne foi, 
'et fa:t savoir comment il a été dupé,,. .Si la moindre ombre de 
■•doute a jamais ciisté dan.i l'esprit du juge d'instruction, au sujet 
du rôle que le docteur Hébert a joué danj cette affaire, elle mt à pré- 
sent complètement disêi|we. Il fut la dupe des C'esbron-Guérin, 
"et rien de plus." 

Le Daili/ Chroniile de la mémo date, dit: 
^^ "D'après un télégramme de V Ejcliaiiije, il n'y a pas de doute 
'que l'accusation de complicité dans les fraudes matrimoniales, contre 
le Dr Hébert, sera abandonnée." 

Toute la pres.sc anglaise et française en était remplie. 
I)e plus, il n'y avait aucun doute, étant donné 1™ preuves que le 
Parquet possédait, que le couple avait élaboré des préparatifs ponr 
m assassiner. Les preuves, de tous côtés, étaient complètes et déci- 
sives. 

Mangin Bocquet, eependan;. aurait perdu la notoriété (pi'il con- 
voitait, et 1 avancement qu'il avait en vue, si l'accusation contre moi 
avait été abandonnée à ce moment; mais il ne voulait à aucun prix 
perdre cette occasion. 

Dans la même partie de son réquisitoire. M. Tavras dit. en par- 
lant de moi, relativement à la Pesnel : Elle fit de lui mn instrument 
Ile tom les tnstanh, car cet homme calme « Iroura vite comme fan- 
cine par ce rerbmgv quelque peu enfantin, mais qui le nmail. Ven- 
tramait, le persuadait. 

_ Toutes ces banalités de M. Dayras ont rapport aux vingt minutes 
qu elle a paestvs chez moi, accompagné* de I^lère, oue je n'ai jamais 
revu avec elle à aucune autre époque, jusqu'au moment de l'imitruetion. 
Ces vingt minutes .-ont maintenant devenues "tous les instants." Il 
a conçu l'idée de les transformer en une éternité de tous lee instants, 
pour donner de la force aux suppositions qu'il affirme dans son réqui- 
sitoire. 

_ En lisant ce passage, réellement, on s'étonne qu'un homme d'un 
calme imperturbable' une minute auparavant, .se trouve si aisément et 
SI vite en proie à de si singulières perturbations d'esprit. Ça reMem- 



toc 



V.y UVASVALJi fRANÇAlU 



b\e un peu à un mate di- Uv, ou i une tramfornurtion de loup- 
garou. t'omnifiit faut-il appeler cel», «i co nVut pai du ronuin ? On 
croirait que M. Dajraa rat là [wur voir tout ce <|ui «j paMu iii moi, 
et qu'd le ressent lui-nièuie. X'est-il pai plua probable que M. Ua^raa 
dwnt 801 propre» «entinicnts au moment cil la l'oinel lui en imposait ? 

Quant i l'affirmation de M. Dayras que j'ai été une dui»-, c'est 
plus par les dupes que la l'esnel a faite» des autorilv» du Parquet de 
Versailles à mon préjudice que j'ai souffert que par m'en avoir imposé 
à moi-raémc. Tout ce que M. Dayras peut voir, c'est que jai été vic- 
time et il est incapable de discorner la différence entre cela et être 
dupe parce qu'il ne peut pas suivre les |)etits détails de l'affaire. 

Considérez le nombre de lecteurs de la presse anglais ei français 
qui ont cru les mensonges publiés dans les journaux à mon sujet. 
KUient-ils ton» des dupes imprudentes? Personne d'entre eux ne «'est 
donné beaucoup de trouble pour vérifier ces histoires qui, a l'exception 
de celles inventées par Mangin Bocquet, puisaient presque toutes leur 
origine de la femme Pesnel. Ua a-t-clle tous du|)és à dL.'tance? 
Pourquoi M. Uayras n'a-t-il pas fait mention de ce fait dans son réqui- 
•itoire, ce qui aurait été tout aussi à propos que ce qu'il en a dit 
de moi ? 

Pour conclure, je retourne à M. Dayras touts les insultes gratui- 
tes, les invectives et les vilenies dont il cherche à me couvrir dans sou 
réquisitoire, car je considère qu'il les mérite plus que moi. 



M. FABKE DE PARREL. 

Vout qui fCMtn awte erUuliti. Ut mur- 
murn d* î'imaginatim et ^rtitnng bmc 
trdetàr Itg fantimn de Ftt^JraHct, 

JOHNSON, "Rssselai," ctiap. I. 

M. Fabre de Parrel, Procureur de la République au Parquet de 
Versailles, (qu'il ne faut pas confondre avec M. Hector Fabre Com- 
m.saire Général du Canada en France), à en juger par sa position 
élevée, doit être un homme intelligent et de connaifflances étendues 

J ai eu fort peu d'occasions de l'observer. Je l'ai tu deux on trois 
foia pendant ma détention à Versailles. Je ne puis, par conséquent, 
faire d observations sur son compte que par ce qui s'est passé à ces 
occasions, et par sa conduite à ce moment-Ià, plus particu'-'èreraent 
» locrasion de 1 entrevue que j'ai eue avec Ini, et dont Me Allain me 
parle dans ses lettres; mais, prenant cet incident par lui-même l'on 






»i t« lai'iie lie voir, par Ils dtnw .1.. \i *m ■ 

Krr ■' ■'""*■ "' "■■ '■«'-■ — j- -"i^tî. 

seil- et „,,7ni , ^"'"'' P'"»'*'"" foi» sdnn leur ion- 



»«• Uy .SCASOALB t'llA.\ÇAI.i 

(«i vvnnri ù ranii «vnur»; nmii ji' ni' «avais jias iju'on lui rii a^ail 
iiiilinn/' a\ri iii.i' !• Miiin! de la nurli'. 

Il lit niD vint mime pan i l'iild»', tiana la «uitt. nu'il in'iuail |ii'iu. 
ftru A l'aviTtii'fom'ril il.' la l'u»m'l A l'audi.Dif di'n 11 ni i:) juillet 
l'")7, ù Vi railles, qu'il y avait .(OO.dOU fuïiia intru iiKii tt la FraniT 
poiif iiiu >i ulinir ilana miii |>rt't<>ndu< exploit* ilVaiiionnagi'. 

AjiK'' liiui. «Tait-i'e l'esncl qui lui aurait «ujoji'ic l'ii |iariiiiiliir 
«■lti> iriC. ainsi ijuc l'hintoiru ilunt Me Allain /f«l plaint à iiiji ? 

Il . aurait eu quflqui' exi-uac, |Hiur .M. Iv rrucurfur, ù ptiiwr 
que ;'i,urai< pu oroire une hinioiri' de la «orlu, \u (jue tout le l'anpiet 
im'ttait en doute ma «anti mentale, au jwint d'inatruirc un luédeein 
aliéni.le de lonir m'exaininer; mai*, eroirc qu'un lionune Jana la 
position de Me Allain au Barn'au français, aurait proposi ou promis 
une aiwunlité de la sorte, et en être asM'z ecrtain pour n'en paa deman- 
der la nu)indre confirmation, ne peut être qualifié par aucune exprès- 
sion plus appropriée que celle de "crédulité immense", qu'on trouve 
dans le vocabulaire de M. Dajraa. 

Kvideraracnt. M. le Procureur en était certain, et se trouvait 
aussi profondément hypnotist' par cette suggestion que Lalère l'avait 
été par la femme l'esnel, et il n'était probablement paa dans un meil- 
leur état de conception [Mur accenter ou pour entendre mw déné);a- 
tion, si on en avait fait une, eu, ^le j'ai l'ait ia triste cxpOricnce'^^le 
l'observer auparavant avec pluiieurs d'entre eux. 



Mr. WOllMU. 

M. Worms «t le Président du tribunal de Versailles, .l'ai 
eu bien peu d'occasions de l'observer. En effet, la seule où je lui ai 
parlé fut dans le mois de juillet 1907, à l'audience de l'affaire d'es- 
croquerie contre la femme Pesnel . A cette occasion, il était Président 
du Tribunal qui jugea la cause. Je laisserai donc la tùclie de le pré- 
senter ù mes lecteurs, au Journal des Débats ilw 1.1 juillet lIMir, dont 
je cite l'appréciation suivante: 

Journal Je» Débats. Samedi, 13 juillet 11107. 
Au jour le Jour.— in juge. — M. Worms, juge, est en train d'ac- 
quérir quelque célébrité. On parla de lui. pour la première fois, lors 
des inventaires. Il avait à juger M. de Vézins et ses co-accusés qui 
avaient, des galeries d'une cathédrale, lancé «ne chaise sur la tête 
d'un préfet. Il lee condamna, ce qui était «on devoir; il les condamna 
très sévèremen», ce qui était, à la rigueur, «on droit. Préalable- 



Là VBitiTK (:oyrni:.\\M i:.\n\\ii:i-: iiKiiKur 



im-nt j'i (vtif i-oniUiiiiiiUion, il niint i rii <ii'M>ir leur mln'siit-r 
iiui0i|ui's iiivwliviv. Il Im avHll U|p]»'li-. n.iiiiinliifnl, ilia uiui.Im 
liicux, (V mut lui avilit fuit pliii-ir ,i hiiMi.iiii'. ii il i'uvuil tv\ti\i 
À [ilii^iciirH rf')irir>vH. 

On iniiit p-ntTtitftiK-nt tnuivr. à irit.- i|mi.jiic, i|ii,> ir iiuixii'trat. 
qui, •iiliili'iiii'nt ulpriti' cliTricTc «on ■■(..Mi|iii.ir', -.• |i.Tiiitttait .l'iiniil- 

ter ili'-i liiirr »ur i|iii il ullnit n«-riu r 4i'ii\ ,iii« ,\r |iri.iiii. l'tuil MtM 

iK'imiirni .r.lr^.uiiii. <|u,i iI'Ih.iiiis |.| |..,i ,:,. ;.,.„- avaiwit <ir' iviittH 

d'iMiniiliT sa |.hy»iiinnmif, i{iii wl ,W* plu* |Biitii iili.Ti.*, à la fijiure 
impartiale H nn'iiif ilc lu jimtiir. 

XiMin avoua l'U hiiT uiu' nouvclli' imarriiilicm ilc ir Kréncli jiicli- 
■\\iK* le ju)ti' ipii frapiio, li'iiii a\oii< imi li' jup. i{ui rit. Ci' 



irA^sieert lie VlTMliU 

r (.'xt'MT «'» talents 



fut une iiranilu ptruiière, dan» la salle île la l 
le», m'i ce iiia)(i»trat s'était trans|iorté |Kiur pi 
devant un pu4ilie digne ilc lui. 

On jugeait Mme Cent-Kilo», qui pratiqua IV-eroquerie au maria- 
ge. U dame et le jugi' firent ra|)idement iissaui de Imns mot». M. 
Worm» avait préparé, dit-on. le» «iens. Jhiiv lent-Kilo» improvinait 
les répliques. (hielqneSTun)» fuient lieureu*» .'t d'autres fou. 
droyante». 

Ces deux partenaires, en somme, se montrèrent à la l^auteur 
l'un lie l'autre; il» furent vile -'e plain-piisl. et, au Ion de eourtoi»i« 
prévenant an* lequel ils discutaient, on en arrivait à ne plus savoir 
lequel jugeait l'autre. 

Il y eut un moment où SImo Cent-Kilo» eut l'avantage; ce tut 
sur le terrain du Iroit; lorsque le juge, ayant émis, sur la rigueur 
de la preuve en matière |>énale. une tlii'nrie <|ui généralement n'a 
pas cours, son interlocutrice le rappela viclorieusimeut au n'spect 
des princijies. 

Mai» où .M. Worms reprit ses avantages, c'en quand il eut à parler 
d'un personnage qui s'appelait Soleil, et qui jouait un rôle dans 
l'affaire. Ce nom lui inspira des traits dignes de .Molière. A iiropos 
d'une vieille marqlii»e qu'on voulait lui l'aire .'pou'er. (je dis à Soleil 
et non à M. Worms) M. Worms suggéra ".lUe -es rayon» l'auraient 
peut-être rajeunie". Il insista sur le trait, de peur qu'il ne tût pa» 
compris. Il dit que le nom de .Soleil devrait illuminer le "Boltin des 
poires." Il dit eiuore "Xous voulons faire la lumière complète, 
éblouissante, surtout quand il s'agit de Soleil." 

Par le sujet de la iiièee. la scène représentait la ^agnotle; par 
le niveau du comii|uc. elle la dépassait. I,a salle était sivoui* d'un 
rire irn'sistililc. Les avocats ,se cacliiiienr la têic dans leurs manches. 



210 



{■.V SCAXiJAlE FRAXÇAJs 



les assesseurs se tenaient le 
JaiiiaLs été à pareille Ktc. 



côtés, et 



. i^.eu.e lete '" '"■""""^ olle-mônie r 

Quan,l 5r. le vice!nrJ,le„r«-„" '''"*, '""»»-'. «misent par 

oure. et sora la, /„ Wre e" ^ Ztl^r lî """''^ ""'" « 
^^Tieuses et lui donnera le nm.imum r ', ' '' P™*"'" ""'^ ' 
"".«no;; „, „,, ,„,,,, , J';r:rn;issa'rre.-F" """""""' " 
ri«. "^ d^.'trV^î^r"'^'--;' '"-M e..ue» plais, 
j« racontais la tentât" e de ,n„„ f^" .""""^-P' " "'""""' 

d« ,u-o„ attendait iwlrrrrs^t^'""''™'"' "' "' J' 
les raob "Enfin seuls" • Jl l', "l" ^ ■'°" ">™'=. '■ me so, 

duel de bons mots à la hâtea e h° '"Ti" ""■ '* P™™"''™ ^ 

d'esprit du Tril,„nal eonvrnant 1,' ^ .'""" '>"'• <■»»' ''""I 

plaisanteries n'auraient pàsT)'','"' '"l*"""" intellec.tuelle, 

trouver de ia folie. Je no luUi i™' "" 'T"''"- ™ »'■"" P 

-ee elle, auparavant. .l" ni «r^T' 'T ''1 '"" ^■'''™'' «'^ ' 

à sa ,,„ysionomie partieulière ,!,„•' ^ "' '""•'' "'"•""'' «""' 

n>5n,e ,„e l'auteur' le 't; Z u'T '"Vf""' ^""'""l"™ -' 

"'ention; car si je l'avais fat 'aur, """'" ''" """"' ™ ™t i 

,0» .-.nus n'étions pa?" '„, n™ d™ '"-"r'" " ™ »"«-; 

tons mots sur mon do.sier. cou me oS, dit ", 'p'"" .""" '''P^^'^ " 

Je n'avais pas de dossier «TZLZv ''" '' ' ""»" f'"' '"i-"™ 

attention .'ce ,,„i n'avait' p'a" tr^rau ,ufer""° ""r' '' ™ P^'"^' ' 

jouir de sa plaisanterie en silence ' ''""■''"™' ''' J'' '= '«'« 

1.0 /V/i7 Journal du 14 juillet Igoî „., j ■ . „ 
sdencc et à l'agit,ition do Pesnel ou, , : . ""*"' ''"''^'™ ^ ™' 
•attention du tribunal avec la" ûeslL d'" "''" '"""' « ''^■•'' 
à faire oublier au.x autorilX le. !• P'""'"'*''*' '""^"^ "oi, 

tative de meurtre contt elle *t- " "" '' »*™T'"- et de te, 

';j/animation de Justine est'conta»icuse. 
"l'audl^i;:.'"' '"*• '''''^'- ^' "^ P'-'-l-t a grand-peine à calme 

"rep:reV,utt";d"tr;r„r""' ■'-' """-^^ " '"•" "«'- 

"au débat. '"" P^P"^" assassinat pour .|u'il s'intéress, 

"lonZ"tu"e;\f;ri;;™ce'"nÔn 1" ''"'"'""■''• '' P^"'= P^-^""' *™ 
"droyants contr; Ju,t,ne " '^ ""' """' '"'" «'l«i»itoires fou- 

-''^Sa:x';rt':S;r.r'mU^r'' ^-^ ^'- ^™' 

m admettre comme "partie 



elle-mêmo n'avait 

es meilleures plai- 
finissent par finir, 
laisir qu'il se pro- 
'cns<-ra aux choses 
commencé par ]e 

«Ntiics plai-^ante- 
u moment oii 
"J>'ï. et où je lui 
'me, il me souffla 
provocation à un 
e, dans l'attitude 
itellectuelle, mes 

on aurait pu y 
' j'avais été seul 
aucune allusion 
*emar<|uée avant 
'ôa'jf en eiit fait 
en souffrir; ra 
o&à épingle mes 
' fait lui-même. 
ie ne prêtai pas 
, et je le laissai 

illusion à mon 
ore à absorber 
contre moi, et 
'rie et <ie ten- 



«?inc à calmer 

il faut qu'on 
"'il s'intéresse 

pendant trois 
lisitoires fou- 



LÀ VERITE CONCERNAIT L'AFFAIRE HEBERT 211 

ç' " fut .1m idée -on-tre moi. Ce tribunal, cependant, n'était proba- 
oii;utMi: iiiiH jK-épiii-: à faire face aux con.'*équeuces d'une déoision 
co ira L'ti ; t-ai" s'il m'avait accordé mon admission comme "partie 
ci\ii '. 'leu conB--.!), Me Salmon, se proposait de porter objection à 
la conijwtenec '.\. tribunal à décider de l'affaire, et de formuler une 
demande pour une ordonnance do transférer l'affaire à Fontaine- 
bleau : ce qui aurait été un aveu que toute cette longue instruction 
n'avait s.tvï à rien, étant donné qu'on avait déjà refusé la même de- 
mamle plusioups fois au cours de l'instruction. 

Il y a. cependant, plusieurs pointa en faveur de M. Worms 
que je (UVire reconnaître publiquement: Ijorsque Me Crémieux tenta 
de me dk-onceiiter en me disant, au commencement de l'audience, 
qu'au lieu d'être at^sis parmi les témoins et d'être admis partie civile, 
je devrais t-tre îi côté de sa cliente comme accusé avec elle, M. Worraa 
le remit immédiatement à sa place, en lui faisant remarquer qu'il 
n'avait aucun droit de dire cela et il s'exprima d'un ton qui ne laissa 
à Me CrémioHx aucun encouragement à revenir à cette tactique. 

M. Worms reconnut quen lisant le doàsier de l'instruction, il 
avait remarqué les contradictions que j'avais indiquées entre les témoi- 
gnages de Brunet et de I^lère. Il reconnut aussi, ouvertement, que 
le témoignage de Lalère à l'audience était en contradiction avec celui 
qu'il avait rendu à l'instruction. 

En somme, je puis dire qu'il a été juste. La question de mon ad- 
mission comme partie civile aurait pu amener pour eux des difficultia 
qu'il ne considérait pas comme nécessaire d'encourir après m*avoir 
fait Iwnéficior d'une ordonnance de non-lieu. 

M. Dayras lui-même s'opposa à mon admission comme partie ci- 
vile, et je ne penee pas qu'il ait adopté cette opinioi. sans quelque rai- 
son importante, à moins qu'il ne reconnût trop de contradiction avec 
une de ses déclarations, dans son réquisitoire, que l'inculpation relevée 
» ma cbargo n'avait pas été suffisamment établie, ce qui impliquait 
la possibilité de l'établir par plus de prouve»; tandis que mon admis- 
sion comme "partie civile" était un décret judiciaire que mon innocen- 
ce et ma décharge étaient complètement établies, semblable en cela à la 
déclarution d'un tribunal d'Angleterre, qu'un accusé quitte la Cour 
sans une tache à sa réputation. Toutefois, la Cour d'Api^el de 
Paris a infirmé leur jugement, et m'a reçu partie civile. 



it M. Worms 

mjo "partie 



51J UN aCAXDALf: FR.iyr.ilS 

l!EM.iHQi:E-: 

On peut voir par cet exposé <|ue j'ai i''to soumis au jugemi'D 
aiiomnios ordinaires en tout, il'unc nature fragile cl i^ccalile (omm 
on en rencontre tous ]ps jours et ]iartout; (|i'eli|ues-uns jilus oeeupi 
de leur avancement (jue de riMuiilir les fonilions de leur eiriploi 
quelques-uns vains, prêts à vi..pendor un aw-ust^, dans 1. luit dt 
e'élever au-dessus de toute criti(|ue, disposés à se mettre à .'iiljri d 
tout blâme, pour leurs erreurs, en les attribuant à leurs accusés; quel 
(jucs-uns ayant recours à des mensongï's sous pr,'-texte dVn cxtrair 
la vérité; quelques-uns prétendant juger par des signes et di's présage 
à peine supérieurs à la nécromancie et autn's formes de divinatior 
pratiquées par les anciens; quelques-uns. de vrais iiailtins, dansen 
mécaniquement dans leur toge magistrale, au seid niuriiiure du nio 
"espion" prononcé par la femme Pesnel et avec la même ccvtituile fa 
taie qu'un pantin en bois répond à un tirement de fil ou un terrier at 
seul son du mot "rats"'; tous pleins de confiance en leur capacité; e1 
peu parmi eux s'occupant d'être justes et équitalilcs envers tous et et 
toutes circonstances, plusieurs d'entre eux, je pourrais dire, de beau, 
coup mes inférieurs moralement et intellectuellement. 

En guise d'expérience, je suggérerais comme moyen de perfec- 
tionner leur compétence, de mettre tous ces juges et ces fonctionnaires 
d'administration en général, en accusation, pour quelque crira-j qu'ils 
n'ont pas commis, et de les soumettre à un procès jugé par une autre 
classe de fonctionnaires, mais selon leurs propres méthodes. 



Cie de Publicatiors Commerciales. 

42, Place Jacques-Cartier, 

Moiitroal. 



n de prrfec- 

onct ion na ires v 

crime qu'ils ' 

>ar un-? autre î 

Lies. !